Rubis naturel sur fond noir.

Rubis : le guide de référence

Le rubis est la variété rouge du corindon, une espèce minérale composée principalement d’oxyde d’aluminium, Al₂O₃. Sa couleur va du rouge légèrement orangé au rouge pur et au rouge violacé, principalement sous l’influence de faibles quantités de chrome intégrées à la structure cristalline.

Avec une dureté de 9 sur l’échelle de Mohs, le rubis figure parmi les pierres gemmes naturelles les plus résistantes aux rayures. Sa combinaison de dureté, de ténacité, de couleur et de rareté explique son utilisation historique dans la haute joaillerie et sa capacité à conserver un excellent poli pendant des décennies.

Les rubis se forment dans plusieurs contextes géologiques, notamment dans des marbres métamorphiques et dans des environnements métasomatiques associés aux roches ultramafiques. Le Myanmar, le Mozambique, le Sri Lanka, le Vietnam et plusieurs régions d’Afrique et d’Asie comptent parmi les provenances les plus importantes. Du corindon rouge naturel est également documenté au Québec, notamment dans les monts Torngat, mais la province n’est pas une source commerciale majeure de rubis gemme.


Le rubis en bref

Propriété Donnée
Nom Rubis
Nature Variété rouge du corindon
Espèce minérale Corindon
Formule chimique Al₂O₃
Classe minérale Oxydes
Système cristallin Trigonal
Couleur Rouge orangé, rouge, rouge légèrement violacé
Principal élément responsable du rouge Chrome Cr³⁺
Dureté 9 sur l’échelle de Mohs
Densité Environ 3,97 à 4,05
Indices de réfraction Environ 1,762 à 1,770
Biréfringence Environ 0,008 à 0,010
Caractère optique Uniaxe négatif
Éclat Vitreux à subadamantin
Transparence Transparente à opaque
Clivage Aucun véritable clivage
Fracture Conchoïdale à irrégulière
Ténacité Excellente à très bonne
Pléochroïsme Rouge à rouge violacé ou rouge orangé selon la pierre
Fluorescence Souvent rouge sous UV, intensité variable
Phénomène possible Astérisme
Traitement le plus fréquent Chauffage
Autres traitements Remplissage de fractures, diffusion dans certains matériaux
Principales provenances Myanmar, Mozambique, Sri Lanka, Vietnam, Tanzanie, Afghanistan, Madagascar
Présence au Québec Oui, corindon rouge documenté
Occurrence québécoise notable Monts Torngat, nord-est du Québec

Les propriétés physiques du rubis sont celles du corindon. La couleur rouge constitue la caractéristique qui le distingue des saphirs, lesquels appartiennent exactement à la même espèce minérale mais couvrent les autres couleurs gemmes du corindon.


Qu’est-ce qu’un rubis?

Le rubis est la variété rouge du corindon, un oxyde d’aluminium de formule Al₂O₃. Un corindon chimiquement très pur serait incolore : le rouge caractéristique du rubis apparaît lorsque de petites quantités de chrome remplacent une partie de l’aluminium dans sa structure.

Le rubis et le saphir ne sont donc pas deux espèces minérales différentes. Tous deux sont du corindon, et leur séparation repose principalement sur la couleur. Le terme rubis est réservé aux pierres dont la couleur est suffisamment rouge, tandis qu’un corindon rose est généralement appelé saphir rose.

La frontière entre rubis et saphir rose n’est cependant pas définie par une concentration universelle de chrome ou par une mesure unique. Elle dépend de l’impression visuelle globale de la pierre, notamment de sa teinte, de sa saturation et de son ton. Une pierre très claire et nettement rose sera normalement classée comme saphir rose, tandis qu’une couleur dominée par le rouge entre dans la catégorie du rubis.

Les rubis peuvent être transparents, translucides ou opaques. Les pierres transparentes présentant une belle couleur sont généralement facettées, tandis que les matériaux translucides ou contenant suffisamment d’inclusions orientées peuvent être taillés en cabochon.

Certains rubis produisent alors un astérisme. Sous une petite source lumineuse, trois bandes réfléchissantes peuvent se croiser sur la surface du cabochon et former une étoile à six branches. Ces pierres sont appelées rubis étoilés.

Le rubis naturel peut également contenir une grande variété d’inclusions. De fines aiguilles de rutile, des cristaux de spinelle, de zircon, d’apatite, de mica ou d’autres minéraux peuvent fournir des renseignements précieux sur sa formation, son origine naturelle et parfois sa provenance géographique.


Pourquoi le rubis est-il rouge?

Le rouge du rubis provient principalement du chrome trivalent Cr³⁺. De petites quantités de cet élément remplacent des ions aluminium Al³⁺ dans la structure du corindon et modifient la manière dont le cristal absorbe la lumière visible.

Le résultat peut produire certaines des couleurs rouges les plus saturées observées dans les pierres gemmes naturelles.

Le rôle du chrome Cr³⁺

Le chrome possède une taille et une charge lui permettant de prendre la place d’une petite partie de l’aluminium dans le cristal.

Une fois installé dans cet environnement, Cr³⁺ absorbe fortement certaines régions du spectre visible, particulièrement dans le violet, le bleu-vert et une partie du jaune-vert. Les régions rouges de la lumière sont davantage transmises ou réfléchies.

La pierre apparaît ainsi rouge.

La concentration en chrome influence l’intensité du phénomène. Un corindon contenant très peu de chrome peut apparaître rose, tandis qu’une concentration suffisante produit un rouge beaucoup plus saturé.

Une concentration extrêmement élevée n’est toutefois pas nécessairement meilleure. Elle peut augmenter l’absorption globale de lumière et rendre la pierre plus sombre.

Fluorescence rouge

Le chrome possède une autre caractéristique importante : il peut provoquer une fluorescence rouge.

Lorsqu’une lumière contenant suffisamment de longueurs d’onde capables d’exciter Cr³⁺ atteint le cristal, une partie de cette énergie est réémise dans le rouge.

Cette fluorescence peut visuellement renforcer la couleur du rubis.

Sous une lumière riche en ultraviolet, certains rubis semblent ainsi presque lumineux.

L’intensité de cette fluorescence varie fortement selon la composition de la pierre. Les rubis pauvres en fer présentent généralement une fluorescence plus forte que les rubis contenant davantage de fer.

Le rôle du fer

Le fer n’est pas le principal élément responsable du rouge, mais il influence fortement l’apparence de nombreux rubis.

Une concentration importante de fer peut absorber certaines longueurs d’onde nécessaires à l’excitation du chrome et réduire la fluorescence rouge.

Les pierres deviennent alors généralement plus sombres ou moins intensément fluorescentes.

Cette différence explique en partie pourquoi certains rubis formés dans les marbres pauvres en fer peuvent posséder une apparence rouge extrêmement vive.

Les rubis provenant d’environnements géologiques plus riches en fer peuvent présenter des teintes plus sombres ou légèrement brunâtres.

Rouge orangé ou rouge violacé

Tous les rubis ne possèdent pas exactement la même teinte.

Une pierre peut être légèrement orangée lorsque certaines absorptions laissent davantage ressortir les longueurs d’onde jaunes et rouges. Une autre peut être légèrement violacée en fonction de sa composition et de l’équilibre entre les différentes régions du spectre.

La couleur recherchée dépend ensuite des préférences du marché.

Les rouges fortement saturés mais suffisamment lumineux sont généralement très appréciés, particulièrement lorsque ni l’orange ni le violet ne dominent excessivement.

Qu’est-ce que le « sang de pigeon »?

L’expression « sang de pigeon » est une description commerciale historique utilisée pour certaines couleurs de rubis particulièrement recherchées.

Elle ne correspond pas à une espèce minérale différente et ne peut pas être déterminée simplement par la présence d’une certaine quantité de chrome.

Les laboratoires qui emploient cette expression appliquent leurs propres critères précis de teinte, de saturation et de ton.

Un vendeur ne devrait donc pas utiliser automatiquement cette appellation simplement parce qu’un rubis possède un rouge intense.

La qualité d’un rubis doit être évaluée directement plutôt qu’à partir d’un nom commercial.


Composition chimique et structure cristalline

Le rubis possède la formule fondamentale du corindon :

Al₂O₃

Il est donc constitué principalement d’aluminium et d’oxygène.

Le chrome responsable du rouge n’est présent qu’en quantité relativement faible et ne change pas l’identité minérale fondamentale de la pierre.

Le corindon cristallise dans le système trigonal.

Les ions oxygène forment une organisation compacte dans laquelle une partie des espaces octaédriques est occupée par des ions aluminium Al³⁺.

Les ions chrome Cr³⁺ peuvent remplacer directement une petite quantité de ces ions aluminium.

La similarité de charge facilite cette substitution.

Le cristal conserve alors sa structure de corindon tout en développant une nouvelle absorption optique.

D’autres éléments traces peuvent également être présents.

Le fer, le titane, le vanadium, le magnésium et le gallium figurent parmi les éléments étudiés dans les analyses modernes du corindon.

Leur concentration peut fournir des informations sur l’environnement géologique et contribuer à distinguer certains types de gisements.

Les cristaux naturels peuvent former des prismes, des barillets, des bipyramides et des cristaux plus tabulaires.

Même si leur apparence extérieure peut sembler hexagonale, la véritable symétrie cristalline du corindon est trigonale.

Les faces peuvent montrer des stries ou des figures de croissance triangulaires.

Des macles peuvent également être présentes.

Dans certaines pierres, elles produisent des plans internes qui deviennent visibles sous grossissement ou lumière polarisée.

Ces structures sont particulièrement utiles en gemmologie lorsqu’on cherche à comprendre la croissance d’un rubis naturel.


Propriétés physiques et optiques

Le rubis possède une dureté de 9 sur l’échelle de Mohs.

Cette valeur correspond à celle du corindon et place le rubis parmi les pierres naturelles les plus résistantes aux rayures. Seul le diamant possède une dureté nettement supérieure parmi les principales pierres gemmes naturelles.

La densité se situe généralement autour de 4,00, avec de légères variations selon la composition et les inclusions.

Cette densité est sensiblement supérieure à celle du quartz, du béryl et de nombreuses autres pierres rouges.

Elle fournit donc un critère d’identification particulièrement utile.

Les indices de réfraction se situent approximativement entre 1,762 et 1,770.

La différence entre les deux valeurs produit une biréfringence d’environ 0,008 à 0,010.

Le rubis est optiquement uniaxe négatif.

Cette combinaison de propriétés permet de le distinguer facilement du spinelle rouge, qui est normalement isotrope et possède un indice de réfraction différent.

L’éclat est vitreux à subadamantin.

Une pierre transparente correctement facettée possède une excellente brillance, particulièrement lorsque sa taille permet à la lumière de revenir efficacement vers l’observateur.

Le rubis ne possède aucun véritable clivage.

Des séparations peuvent toutefois se produire selon certaines directions liées à la macle ou à la structure interne.

L’absence de clivage parfait améliore considérablement sa résistance dans les bijoux.

La ténacité est généralement excellente à très bonne.

Un choc violent peut évidemment ébrécher une arête ou provoquer une fracture, mais le rubis demeure beaucoup plus adapté aux bijoux quotidiens que des pierres possédant un clivage parfait.

Le pléochroïsme peut être clairement visible.

Une même pierre peut présenter des nuances allant du rouge violacé au rouge orangé selon sa direction cristallographique.

Le lapidaire doit tenir compte de ce phénomène afin d’obtenir la couleur la plus attrayante possible une fois la gemme facettée.


Comment se forme le rubis?

Le rubis nécessite une combinaison géologique relativement rare : une concentration suffisante d’aluminium pour former du corindon, très peu de silice disponible et une source de chrome capable de produire la couleur rouge.

Cette combinaison explique pourquoi le corindon peut être relativement répandu alors que les grands gisements de rubis gemme sont beaucoup plus rares.

Rubis formés dans les marbres

Certains des rubis les plus célèbres se forment dans des marbres métamorphiques.

Le Myanmar, le Vietnam, l’Afghanistan et différentes régions de l’Himalaya possèdent des gisements appartenant à cette grande famille.

Le matériau de départ contient des carbonates et de petites quantités d’aluminium, de chrome et d’autres éléments.

Pendant un métamorphisme de haute température et de pression importante, les minéraux originaux recristallisent.

Si l’environnement reste pauvre en silice, l’aluminium ne peut pas facilement former des silicates comme le feldspath. Le corindon devient alors une phase stable.

Des fluides peuvent simultanément transporter ou redistribuer le chrome.

Le rubis se développe dans le marbre avec la calcite, la dolomite, le spinelle, le mica et différents minéraux accessoires.

Ces marbres sont souvent relativement pauvres en fer.

La fluorescence rouge du chrome peut donc être particulièrement forte.

Rubis métasomatiques

D’autres rubis se forment lorsque des fluides réactifs circulent entre des roches de compositions très différentes.

Le métasomatisme modifie chimiquement les roches sans les faire fondre complètement.

Une situation importante se produit près du contact entre des roches ultramafiques riches en chrome et des roches contenant davantage d’aluminium.

Des fluides peuvent mobiliser certains éléments et produire localement un environnement riche en aluminium et chrome mais pauvre en silice.

Le corindon rouge peut alors cristalliser.

Ce contexte joue un rôle important dans plusieurs gisements d’Afrique orientale.

Rubis associés aux amphibolites et roches mafiques

Le Mozambique, aujourd’hui l’un des principaux producteurs mondiaux, possède plusieurs gisements associés à des terrains métamorphiques complexes comprenant des amphibolites et des roches ultramafiques.

Les réactions entre ces unités et la circulation de fluides ont favorisé la formation de rubis.

Ces pierres contiennent généralement davantage de fer que plusieurs rubis formés dans les marbres.

Leur fluorescence peut donc être plus faible, même lorsqu’elles présentent une excellente couleur rouge.

Dépôts secondaires

Le rubis possède une dureté exceptionnelle et résiste relativement bien à l’altération chimique.

Lorsque sa roche encaissante est érodée, le cristal peut survivre et être transporté par les cours d’eau.

Sa densité élevée favorise ensuite sa concentration dans certains graviers avec d’autres minéraux lourds.

De nombreuses pierres gemmes sont ainsi récupérées dans des dépôts alluviaux plutôt que directement dans leur roche d’origine.

Le Sri Lanka représente un exemple classique.

Les rubis y sont trouvés dans des graviers gemmifères avec le saphir, le spinelle, le zircon et différentes autres pierres.


Où trouve-t-on le rubis dans le monde?

Les rubis se trouvent dans plusieurs régions d’Asie, d’Afrique et, plus rarement, d’autres continents. Le Myanmar possède la réputation historique la plus célèbre, tandis que le Mozambique est devenu l’une des principales sources modernes. Le Sri Lanka, le Vietnam, la Tanzanie, Madagascar et l’Afghanistan produisent également du rubis.

Myanmar

Le Myanmar constitue la provenance historique la plus célèbre.

La vallée de Mogok, dans la région de Mandalay, produit du rubis depuis plusieurs siècles.

Les rubis classiques de Mogok sont associés à des marbres métamorphiques.

Certaines pierres présentent un rouge très saturé accompagné d’une fluorescence intense.

Le faible contenu en fer de nombreux rubis formés dans le marbre contribue à cette apparence.

Mogok produit également une extraordinaire diversité d’autres gemmes, notamment du spinelle, du saphir, du péridot et différentes pierres rares.

La région de Mong Hsu est une autre source importante du Myanmar.

Les rubis bruts peuvent présenter des caractéristiques de couleur différentes de ceux de Mogok et une partie importante de la production a historiquement été chauffée afin d’améliorer son apparence.

Mozambique

Le Mozambique est devenu l’une des sources modernes les plus importantes.

Le district de Montepuez, dans la province de Cabo Delgado, possède d’importants gisements découverts et développés à grande échelle au XXIe siècle.

Les rubis peuvent présenter des couleurs allant du rouge légèrement orangé au rouge profond.

Certaines pierres transparentes atteignent une excellente qualité gemme.

La géologie diffère de celle des rubis de marbre classiques du Myanmar.

Les concentrations en fer sont généralement plus élevées, ce qui produit souvent une fluorescence moins forte sous les ultraviolets.

Le Mozambique a néanmoins produit des rubis exceptionnels rivalisant visuellement avec certaines des meilleures pierres historiques.

Sri Lanka

Le Sri Lanka possède une très longue tradition d’exploitation des gemmes.

Les rubis sont principalement récupérés dans des graviers secondaires avec les saphirs, spinelles, zircons, chrysobéryls et grenats.

Les couleurs peuvent être relativement claires et présenter une composante rose ou violacée.

Certains corindons se situent d’ailleurs près de la frontière visuelle entre rubis et saphir rose.

Le pays reste davantage célèbre pour ses saphirs que pour ses rubis, mais des pierres rouges de qualité sont bien documentées.

Vietnam

Le nord du Vietnam possède d’importants gisements associés aux marbres métamorphiques.

La région de Lục Yên, dans la province de Yên Bái, est particulièrement célèbre.

Les rubis se présentent dans le marbre et dans les dépôts secondaires produits par son érosion.

Des spinelles rouges et roses exceptionnels peuvent être trouvés dans les mêmes régions.

Cette association historique entre rubis et spinelle explique pourquoi une identification gemmologique précise reste indispensable.

Tanzanie

La Tanzanie produit du rubis dans plusieurs secteurs.

Longido constitue une localité historique où du corindon rouge peut se présenter dans une zoïsite verte, formant la roche ornementale souvent appelée rubis dans zoïsite.

Ces cristaux sont généralement opaques et destinés à la sculpture plutôt qu’au facettage.

D’autres gisements tanzaniens ont produit des rubis transparents de qualité gemme.

Le pays possède une géologie exceptionnellement riche en gemmes, comprenant également la tanzanite, la tsavorite, le spinelle et de nombreux grenats.

Afghanistan et Tadjikistan

L’Afghanistan possède des rubis liés à des marbres métamorphiques, notamment dans la région de Jegdalek.

Les cristaux peuvent être associés à la calcite et présenter de belles couleurs rouges.

Les terrains montagneux du Tadjikistan et du Pamir contiennent également des gisements de rubis liés aux marbres.

Ces régions appartiennent à de vastes ceintures métamorphiques produites par les collisions continentales de l’Asie.

Madagascar

Madagascar possède plusieurs occurrences de corindon rouge.

Le pays est surtout devenu célèbre pour ses saphirs, mais différents districts ont également fourni du rubis.

Les environnements géologiques sont variés et comprennent plusieurs terrains métamorphiques.

Comme pour les autres pierres malgaches, la provenance exacte peut jouer un rôle important dans les études gemmologiques modernes.

Groenland

Le Groenland possède également d’importantes occurrences de rubis et de saphir rose.

Le secteur d’Aappaluttoq, au sud-ouest du Groenland, a fait l’objet d’une exploitation commerciale.

Les rubis sont associés à des roches métamorphiques anciennes et peuvent apparaître avec des amphiboles, du mica et différents minéraux.

Cette provenance démontre que les grands gisements de rubis ne sont pas limités aux régions tropicales.


Le rubis au Québec

Le rubis est réellement documenté au Québec, mais la province n’est pas une provenance commerciale majeure comparable au Myanmar ou au Mozambique.

L’occurrence québécoise la plus intéressante se situe dans les monts Torngat, à l’extrême nord-est du Québec.

Des travaux d’exploration réalisés dans ce secteur ont récupéré du corindon rose et rouge dans des roches et concentrés associés à des dykes kimberlitiques.

Certaines particules de corindon rouge ont été identifiées comme rubis lors d’analyses réalisées dans le cadre de ces travaux.

Du corindon rose transparent a également été récupéré.

Les fragments étudiés étaient généralement de petite dimension, mais leur présence démontre que du corindon chromifère naturel capable d’atteindre des couleurs roses à rouges existe réellement dans le nord québécois.

La géologie des monts Torngat est extrêmement complexe.

Elle comprend des terrains métamorphiques très anciens, différentes intrusions et des dykes plus jeunes ayant pu transporter des fragments de roches et des minéraux provenant de niveaux plus profonds.

La présence du rubis dans ce contexte ne signifie donc pas nécessairement que les cristaux ont directement cristallisé dans le magma kimberlitique.

Les kimberlites peuvent transporter vers la surface des minéraux formés antérieurement dans d’autres roches.

Le Québec possède également du corindon dans plusieurs autres régions.

Le réservoir Cabonga, en Abitibi-Témiscamingue, est notamment bien documenté pour ses corindons bleus, jaunes et blancs associés aux syénites néphéliniques.

Ces matériaux appartiennent principalement au domaine du saphir plutôt qu’au rubis.

Du corindon est également connu à la mine Jeffrey, au mont Saint-Hilaire, à Notre-Dame-du-Laus et dans plusieurs autres localités québécoises.

La présence de corindon ne permet cependant pas d’utiliser automatiquement le nom rubis.

Pour être appelé rubis, le matériau doit posséder une couleur rouge suffisamment marquée, généralement produite par le chrome.

Le Québec peut donc être considéré comme une région où du rubis naturel est documenté, particulièrement dans les monts Torngat, mais il ne possède pas actuellement une industrie établie de rubis facettables.

Les occurrences présentent surtout un intérêt géologique et minéralogique.


À quoi ressemble un rubis naturel?

Un rubis naturel brut peut posséder une apparence très différente de celle d’une gemme facettée.

Les cristaux peuvent être rouges, rouge violacé, rouge rosé ou rouge légèrement brunâtre. Certains sont parfaitement transparents, tandis que d’autres sont translucides ou complètement opaques.

La forme cristalline peut être prismatique, tabulaire, bipyramidale ou en barillet.

Les faces naturelles peuvent montrer des stries, des irrégularités et différentes figures de croissance.

Dans un marbre blanc, un cristal rouge peut produire un contraste particulièrement spectaculaire.

Les rubis provenant de dépôts alluviaux possèdent généralement des formes beaucoup plus arrondies.

Des millions d’années d’érosion et de transport peuvent enlever les arêtes et une partie des faces originales.

La surface peut alors sembler mate jusqu’à ce que le cristal soit coupé et poli.

Le zonage de couleur est fréquent.

Certaines régions d’un cristal peuvent être rouge intense tandis que d’autres sont plus roses ou presque incolores.

Des bandes suivant la croissance du cristal peuvent être visibles sous grossissement.

Les inclusions naturelles sont extrêmement diverses.

La « soie » de rutile correspond à de minuscules aiguilles de TiO₂ réparties selon des orientations contrôlées par la structure cristalline.

Une quantité modérée de soie peut diffuser légèrement la lumière et donner au rouge une apparence plus douce.

Lorsque les aiguilles sont nombreuses et parfaitement orientées, elles peuvent produire un astérisme.

Des cristaux de spinelle, zircon, mica, apatite et différents autres minéraux peuvent également être enfermés dans le rubis.

Des empreintes cristallines, inclusions fluides, fractures cicatrisées et zonages de croissance peuvent fournir des renseignements précieux lors de l’identification.

Une pierre naturelle peut néanmoins être très propre.

L’absence d’inclusions facilement visibles ne constitue donc pas une preuve de synthèse.

Les laboratoires étudient plusieurs caractéristiques simultanément avant de déterminer l’origine d’un rubis.


Comment identifier un rubis?

Une pierre rouge ne peut pas être identifiée comme rubis simplement par sa couleur.

Le spinelle rouge, certains grenats et la tourmaline rubellite peuvent présenter des teintes très proches. Le rubis est identifié grâce à la combinaison de ses propriétés physiques, optiques et microscopiques.

Dureté

Le rubis possède une dureté de 9.

Il est donc beaucoup plus dur que le grenat, la tourmaline et le spinelle.

Cette propriété constitue un excellent critère théorique mais ne devrait pas être utilisée sous forme de test de rayure sur une gemme.

Une telle méthode pourrait endommager la pierre ou le bijou.

Densité

La densité est proche de 4,00.

Elle permet de distinguer le rubis de nombreuses pierres rouges.

Le spinelle possède par exemple une densité généralement proche de 3,6, tandis que plusieurs tourmalines se situent autour de 3,0 à 3,2.

Certains grenats peuvent cependant présenter des valeurs proches ou même supérieures à celles du rubis.

La densité ne doit donc pas être utilisée seule.

Indices de réfraction

Les indices du rubis sont approximativement de 1,762 à 1,770.

Cette plage est particulièrement caractéristique.

Un spinelle rouge présente généralement un indice proche de 1,718, tandis qu’une tourmaline rouge possède des valeurs plus faibles.

Le réfractomètre constitue donc l’un des instruments les plus efficaces pour une pierre facettée.

Biréfringence

Le rubis possède une biréfringence faible d’environ 0,008 à 0,010.

Le spinelle est normalement isotrope et ne possède donc aucune véritable biréfringence.

Cette différence permet une séparation rapide entre deux pierres qui peuvent sembler pratiquement identiques à l’œil.

Pléochroïsme

Le rubis présente du pléochroïsme.

À l’aide d’un dichroscope, deux nuances différentes peuvent apparaître selon l’orientation du cristal, généralement rouge violacé et rouge orangé.

L’intensité varie d’une pierre à l’autre.

Le spinelle rouge ne présente normalement pas ce même pléochroïsme puisqu’il est cubique.

Fluorescence

De nombreux rubis présentent une fluorescence rouge sous les ultraviolets.

L’intensité dépend fortement du chrome et surtout de la teneur en fer.

Une forte fluorescence peut constituer un indice utile, mais elle n’est pas une preuve définitive.

Les rubis synthétiques au chrome peuvent également montrer une fluorescence extrêmement intense.

Certains rubis naturels riches en fer réagissent beaucoup plus faiblement.

Inclusions

L’observation microscopique est essentielle pour déterminer si un rubis est naturel, synthétique et parfois traité.

Une soie de rutile naturelle, des cristaux inclus et des structures de croissance peuvent fournir des indices importants.

Le chauffage peut modifier ces caractéristiques.

Des aiguilles de rutile peuvent être partiellement dissoutes et devenir fragmentées.

Des halos de tension autour des cristaux inclus peuvent également apparaître ou changer pendant le traitement.

Spectroscopie

Le chrome produit des absorptions et émissions spectroscopiques caractéristiques.

Une forte double ligne proche de 694 nm est notamment associée au Cr³⁺ dans le corindon.

Les spectres permettent également d’étudier le fer et différents centres colorés.

La spectroscopie infrarouge peut fournir des indices supplémentaires concernant le chauffage.

Analyse des éléments traces

Les laboratoires utilisent aujourd’hui des techniques extrêmement sensibles pour mesurer le chrome, le fer, le titane, le vanadium, le magnésium, le gallium et d’autres éléments.

Ces données permettent de distinguer plusieurs environnements géologiques et peuvent contribuer à une opinion sur la provenance.

Elles ne remplacent toutefois pas la microscopie et la spectroscopie.

Une détermination sérieuse combine plusieurs méthodes indépendantes.


Rubis naturel, synthétique et traitements

Le rubis est l’une des pierres pour lesquelles la distinction entre naturel, traité et synthétique est particulièrement importante.

Le traitement thermique est extrêmement répandu et généralement accepté lorsqu’il est déclaré, tandis que le remplissage au verre peut transformer radicalement un matériau de très faible qualité.

Rubis naturel non chauffé

Un rubis naturel non chauffé possède une couleur et une transparence qui n’ont pas été améliorées artificiellement par chauffage après son extraction.

Les pierres de grande qualité répondant à cette définition sont rares.

Un rapport gemmologique indiquant qu’aucune preuve de chauffage n’a été observée peut donc augmenter considérablement l’intérêt d’un beau rubis.

Non chauffé ne signifie toutefois pas automatiquement de haute qualité.

Une pierre sombre, opaque et fortement fracturée peut être entièrement naturelle et non traitée tout en restant beaucoup moins recherchée qu’un excellent rubis chauffé.

Le traitement doit être évalué en même temps que les qualités réelles de la pierre.

Chauffage traditionnel

Le chauffage constitue le traitement le plus courant.

Les rubis peuvent être exposés à des températures élevées afin d’améliorer leur couleur ou leur transparence.

La chaleur peut modifier ou dissoudre certaines inclusions.

De fines aiguilles de rutile peuvent notamment se dissoudre partiellement dans le corindon.

Cette transformation réduit parfois l’aspect laiteux de la pierre et améliore sa transparence.

La couleur peut également devenir plus homogène ou perdre certaines composantes indésirables.

Les effets exacts dépendent de la composition et de la température utilisée.

Un chauffage correctement réalisé produit généralement un changement permanent et stable dans les conditions normales d’utilisation.

Chauffage avec flux

Certains traitements utilisent des substances fondantes pendant le chauffage.

Ces produits peuvent pénétrer dans des fractures et les cicatriser partiellement.

De nouveaux dépôts peuvent se former à l’intérieur des fissures.

La distinction entre simple chauffage et chauffage accompagné d’une cicatrisation importante des fractures devient alors essentielle lors de l’évaluation.

Les laboratoires utilisent notamment le microscope pour observer les résidus de flux et les structures caractéristiques.

Remplissage au verre au plomb

Les rubis de très faible qualité peuvent être fortement fracturés.

Un traitement particulièrement important consiste à remplir les fractures avec un verre riche en plomb ou un matériau vitreux apparenté.

Le verre possède un indice de réfraction suffisamment proche de celui du corindon pour rendre les fissures beaucoup moins visibles.

Un matériau initialement opaque et peu attrayant peut ainsi devenir beaucoup plus transparent.

Ces pierres contiennent toujours du corindon naturel, mais leur apparence dépend fortement du verre ajouté.

Elles sont généralement beaucoup moins précieuses qu’un rubis naturel simplement chauffé.

Le traitement affecte également l’entretien : certains acides, la chaleur et les opérations de réparation peuvent endommager le remplissage.

Diffusion

Des traitements de diffusion peuvent introduire certains éléments depuis la surface à très haute température.

Ce type de traitement est davantage associé à plusieurs couleurs de saphir, mais des procédés permettant de modifier la couleur du corindon existent également.

Lorsque la couleur est limitée à une couche superficielle, un repolissage ou une retaille peut la modifier considérablement.

Une analyse de laboratoire est nécessaire pour les pierres importantes dont la couleur pourrait avoir été obtenue de cette façon.

Rubis synthétique Verneuil

Le procédé Verneuil, développé au tournant du XXe siècle, permet de produire de grandes quantités de rubis synthétique.

De la poudre d’alumine contenant une quantité contrôlée de chrome est fondue dans une flamme.

Les gouttelettes se déposent progressivement et forment un monocristal appelé boule.

Le résultat est du véritable corindon synthétique.

Sa composition fondamentale, sa dureté, sa densité et ses indices de réfraction sont donc pratiquement identiques à ceux d’un rubis naturel.

Des lignes de croissance courbes et des bulles peuvent cependant permettre d’identifier certains rubis Verneuil sous grossissement.

Rubis synthétique en flux

Le procédé en flux fait croître le corindon dans un matériau fondu servant de solvant à haute température.

La croissance peut être relativement lente et produire des cristaux dont les inclusions ressemblent parfois davantage à celles des rubis naturels.

Des résidus de flux, des voiles et différents modèles de croissance peuvent fournir des indices.

Les meilleures synthèses en flux nécessitent parfois des analyses avancées pour être identifiées avec certitude.

Croissance hydrothermale et autres méthodes

D’autres méthodes permettent également de fabriquer du corindon en laboratoire.

Les matériaux synthétiques modernes peuvent être extrêmement convaincants.

La simple absence de bulles ou de lignes courbes ne permet donc pas de conclure qu’un rubis est naturel.

Pour une pierre importante, une analyse gemmologique complète reste la meilleure solution.


Rubis, saphir rose, spinelle rouge, grenat rouge ou rubellite?

Plusieurs pierres rouges et roses peuvent présenter une apparence proche du rubis. Leurs propriétés physiques et optiques permettent toutefois de les distinguer avec fiabilité.

Propriété Rubis Saphir rose Spinelle rouge Grenat rouge Rubellite
Espèce ou groupe Corindon Corindon Spinelle Groupe des grenats Tourmaline
Composition principale Al₂O₃ Al₂O₃ MgAl₂O₄ Variable Borosilicate complexe
Couleur Rouge orangé à rouge violacé Rose à rose rougeâtre Rouge à rouge rosé Rouge à rouge brunâtre ou violacé Rose rouge à rouge violacé
Dureté Mohs 9 9 8 Environ 6,5–7,5 7–7,5
Densité approximative 4,00 4,00 Environ 3,6 Environ 3,5–4,3 selon l’espèce Environ 3,0–3,2
Indices de réfraction 1,762–1,770 1,762–1,770 Environ 1,718 Variable, généralement environ 1,73–1,89 Environ 1,62–1,65
Biréfringence 0,008–0,010 0,008–0,010 Aucune normalement Aucune normalement Forte
Pléochroïsme Présent Présent Absent normalement Absent normalement Souvent marqué
Principal critère Corindon rouge au chrome Même espèce mais couleur dominée par le rose Isotrope et RI inférieur Isotrope, propriétés variables selon l’espèce Densité plus faible et forte biréfringence

Le saphir rose représente la comparaison la plus particulière puisqu’il appartient exactement à la même espèce que le rubis.

La distinction repose essentiellement sur la couleur. Lorsque le rouge devient suffisamment dominant, la pierre est appelée rubis. Lorsqu’elle reste principalement rose, elle entre dans la catégorie du saphir rose.

Le spinelle rouge possède longtemps été confondu avec le rubis.

Plusieurs pierres historiques autrefois considérées comme des rubis se sont révélées être des spinelles après le développement de la minéralogie moderne.

Le spinelle possède une dureté de 8, un indice de réfraction généralement proche de 1,718 et un comportement isotrope.

Le grenat rouge constitue une autre confusion classique.

L’almandin, le pyrope et la rhodolite peuvent notamment présenter de magnifiques rouges.

Les grenats sont normalement isotropes et leurs indices de réfraction varient selon leur composition.

Une combinaison de densité, indice de réfraction et spectre permet généralement une identification rapide.

La rubellite est une tourmaline rose rouge à rouge violacé.

Elle possède une densité plus faible et une biréfringence beaucoup plus marquée.

Son pléochroïsme peut également être très évident, avec des différences de saturation selon la direction d’observation.


Qualité, rareté et valeur du rubis

Le rubis de qualité gemme figure parmi les pierres de couleur les plus rares lorsque l’on exige simultanément une belle couleur rouge, une bonne transparence, une taille importante et peu de traitements.

La valeur dépend principalement de la couleur, de la pureté, de la taille, du poids, des traitements et, dans certains cas, de la provenance.

Il n’existe aucun système gemmologique universel attribuant officiellement des grades A, AA ou AAA aux rubis.

Ces désignations sont commerciales et peuvent varier considérablement d’un vendeur à l’autre.

Couleur

La couleur constitue généralement le facteur le plus important.

Un rouge vif à légèrement violacé, suffisamment saturé mais pas excessivement sombre, est particulièrement recherché.

Une pierre trop foncée peut sembler presque noire lorsque l’éclairage diminue.

Une pierre trop claire peut passer visuellement dans la catégorie du saphir rose.

Les composantes orange ou violette peuvent être présentes sans nécessairement rendre la pierre de mauvaise qualité.

L’équilibre général de la couleur reste plus important qu’un nom précis.

La saturation doit également être accompagnée d’une luminosité suffisante.

Une pierre rouge très saturée mais presque opaque à la lumière ne possède généralement pas le même impact qu’un rubis lumineux dans lequel la lumière pénètre et revient vers l’observateur.

Fluorescence

La fluorescence peut augmenter visuellement l’intensité du rouge dans certaines conditions.

Les rubis pauvres en fer peuvent présenter une fluorescence particulièrement forte.

Cet effet contribue à l’apparence remarquable de plusieurs rubis issus de marbres.

Une forte fluorescence ne constitue toutefois pas à elle seule un facteur universel de valeur.

Elle doit être considérée avec la couleur réelle, la transparence et les autres qualités de la pierre.

Pureté

Les rubis contiennent fréquemment des inclusions.

Une pierre parfaitement propre à l’œil devient rare lorsque la couleur et les dimensions sont également excellentes.

Des inclusions facilement visibles qui diminuent la transparence ou fragilisent la pierre réduisent généralement la valeur.

Une petite quantité de soie extrêmement fine peut toutefois produire une apparence visuelle agréable.

Dans les rubis étoilés, les inclusions de rutile sont indispensables.

La pureté doit donc toujours être jugée selon le type de pierre.

Taille

Une excellente taille doit maximiser simultanément la couleur et la brillance.

Le lapidaire doit tenir compte du pléochroïsme, du zonage et de la forme du cristal brut.

Une pierre trop profonde peut devenir sombre.

Une taille trop plate peut produire une fenêtre transparente au centre.

Les rubis bruts possèdent souvent des formes qui obligent à choisir entre la conservation du poids et des proportions idéales.

Cette contrainte explique pourquoi certaines gemmes importantes ne possèdent pas une symétrie absolument parfaite.

Poids

La taille possède une influence particulièrement forte sur la valeur.

Les petits rubis gemmes sont relativement disponibles, mais les pierres fines de plusieurs carats deviennent rapidement rares.

Un rubis transparent, bien coloré et propre dépassant quelques carats représente déjà un matériau géologiquement inhabituel.

L’augmentation du prix avec le poids peut donc être beaucoup plus forte que pour des pierres relativement abondantes comme le quartz.

Chauffage

La majorité des rubis présents sur le marché peuvent avoir subi un traitement thermique.

Le chauffage traditionnel est généralement accepté lorsqu’il est déclaré.

À qualité égale, un rubis pour lequel un laboratoire n’observe aucune preuve de chauffage peut être beaucoup plus recherché en raison de sa rareté.

Cette différence devient particulièrement importante pour les pierres exceptionnelles.

Le simple fait d’être non chauffé ne garantit toutefois jamais une forte valeur.

La couleur et la qualité générale restent essentielles.

Remplissage au verre

Un rubis fortement rempli de verre appartient à une catégorie commerciale très différente.

La transparence d’un tel matériau dépend en partie du remplissage artificiel de ses fractures.

Même lorsqu’il semble visuellement attrayant, il ne possède pas la rareté d’un rubis naturellement transparent.

Sa durabilité et son entretien sont également différents.

Le traitement doit donc être clairement déclaré.

Provenance

La provenance peut influencer la valeur de certaines pierres exceptionnelles.

Le Myanmar, particulièrement Mogok, possède la réputation historique la plus célèbre.

Le Mozambique produit aujourd’hui d’excellents rubis et peut fournir des gemmes de très grande qualité.

Des pierres remarquables proviennent également du Vietnam, du Sri Lanka, de Tanzanie et d’autres régions.

La provenance ne constitue cependant jamais une garantie de qualité.

Chaque gisement produit simultanément de beaux et de mauvais matériaux.

Pour les rubis importants, une provenance géographique ne devrait être affirmée qu’à partir d’un rapport de laboratoire disposant des analyses nécessaires.

Rubis étoilé

Les critères changent pour un rubis étoilé.

L’étoile doit idéalement posséder six branches fines, droites et suffisamment continues.

Elle doit être centrée sur le dôme du cabochon lorsque la lumière est placée directement au-dessus.

Lorsque la pierre tourne, l’étoile doit se déplacer régulièrement sur la surface.

La couleur du corps reste également importante.

Un rubis étoilé possédant simultanément une belle couleur rouge, une bonne translucidité et une étoile extrêmement nette représente une combinaison relativement rare.


Utilisation en joaillerie et entretien

Avec une dureté de 9, une excellente ténacité et aucun clivage parfait, le rubis est remarquablement adapté à la joaillerie quotidienne.

Il peut être utilisé dans les bagues, alliances, pendentifs, bracelets, boucles d’oreilles, broches et pratiquement tous les autres types de bijoux.

Les rubis transparents sont généralement facettés.

Les tailles ovales et coussin sont particulièrement fréquentes parce qu’elles permettent souvent de conserver une bonne proportion du cristal brut tout en maximisant la couleur.

Les tailles rondes, poires, émeraude et différentes formes fantaisie sont également utilisées.

Le rubis étoilé est taillé en cabochon.

Le lapidaire doit positionner précisément la base de la pierre par rapport aux orientations des inclusions de rutile.

Une erreur d’orientation peut déplacer l’étoile vers le bord ou rendre certaines branches beaucoup plus faibles.

Malgré sa dureté exceptionnelle, le rubis n’est pas indestructible.

Un choc important sur une arête ou une pointe peut provoquer un éclat.

Les pierres présentant des fractures naturelles importantes nécessitent davantage de précautions.

Une monture adaptée protège les zones les plus vulnérables.

Pour un rubis naturel non rempli ou simplement chauffé, l’eau tiède, le savon doux et une brosse souple constituent une méthode de nettoyage sûre.

Le corindon possède une excellente stabilité chimique et supporte bien les conditions normales de port.

Les nettoyeurs à vapeur et à ultrasons peuvent convenir à de nombreux rubis sains, naturels ou chauffés traditionnellement.

Ils doivent toutefois être évités lorsqu’une pierre contient d’importantes fractures, des cavités remplies ou un remplissage au verre.

Dans ce cas, un simple nettoyage doux avec un chiffon humide ou de l’eau savonneuse est préférable.

La chaleur d’une torche de bijoutier peut également présenter un risque pour les rubis remplis ou fortement fracturés.

Le professionnel doit donc être informé de tout traitement connu avant une réparation ou une modification de la monture.

Pour le rangement, le rubis est suffisamment dur pour rayer presque toutes les autres pierres gemmes courantes.

Il devrait être séparé du quartz, de la topaze, du grenat, du spinelle et des nombreuses pierres plus tendres.

Le diamant peut quant à lui rayer le rubis.

Une pochette individuelle ou une boîte compartimentée protège donc aussi bien le rubis que les autres bijoux.

Le rubis réunit ainsi une couleur produite par quelques traces de chrome et l’une des structures minérales les plus résistantes utilisées en joaillerie. Derrière son rouge caractéristique se trouve le même oxyde d’aluminium que dans le saphir, mais l’incorporation du chrome transforme le corindon incolore en une pierre capable de produire à la fois une couleur rouge fortement saturée et, dans de nombreux spécimens, une fluorescence rouge qui accentue encore son éclat.

Retour au blogue