Tanzanite : le guide de référence
Partager cet article
La tanzanite est une variété gemme bleue à violette de la zoïsite, un silicate de calcium et d’aluminium de formule Ca₂Al₃(SiO₄)₃(OH). Découverte en Tanzanie à la fin des années 1960, elle est devenue en quelques décennies l’une des pierres de couleur les plus reconnaissables grâce à ses nuances allant du bleu violacé au violet bleuté.
Sa couleur est principalement liée à de faibles quantités de vanadium incorporées dans la structure cristalline. La tanzanite possède également un pléochroïsme particulièrement marqué : un même cristal peut présenter différentes nuances de bleu, de violet et, dans le matériau non chauffé, de brun, de vert ou de jaune selon la direction d’observation. La majorité des tanzanites utilisées en joaillerie sont chauffées afin d’éliminer ces composantes brunâtres et de renforcer visuellement les tons bleu-violet.
La tanzanite possède surtout une particularité géographique exceptionnelle : le matériau de qualité gemme est exploité commercialement dans une seule région du monde, les collines de Merelani, dans le nord de la Tanzanie. Cette origine extrêmement localisée distingue la tanzanite de nombreuses autres gemmes présentes sur plusieurs continents.
La tanzanite en bref
| Propriété | Donnée |
|---|---|
| Nom | Tanzanite |
| Espèce minérale | Zoïsite |
| Nature | Variété gemme bleue à violette de la zoïsite |
| Formule chimique | Ca₂Al₃(SiO₄)₃(OH) |
| Classe minérale | Silicates, sorosilicates |
| Groupe minéral | Groupe de l’épidote |
| Système cristallin | Orthorhombique |
| Couleur | Bleu, bleu violacé, violet bleuté à violet |
| Principal élément associé à la couleur | Vanadium |
| Dureté | 6 à 7 sur l’échelle de Mohs |
| Densité | Environ 3,35 |
| Indice de réfraction | Environ 1,691 à 1,700 |
| Biréfringence | Environ 0,008 à 0,013 |
| Caractère optique | Biaxe positif |
| Éclat | Vitreux |
| Transparence | Transparent à translucide |
| Clivage | Parfait dans une direction |
| Pléochroïsme | Très fort |
| Couleurs pléochroïques | Bleu, violet et brun, vert ou jaune dans le matériau naturel non chauffé |
| Traitement courant | Chauffage |
| Provenance gemme | Merelani, Tanzanie |
| Présence de zoïsite au Québec | Oui |
| Tanzanite reconnue au Québec | Non |
Les valeurs gemmologiques de référence de la tanzanite correspondent à celles de la zoïsite gemme : dureté de 6 à 7, densité autour de 3,35 et indices de réfraction approximativement compris entre 1,691 et 1,700. Son pléochroïsme constitue l’une de ses caractéristiques les plus importantes.
Qu’est-ce que la tanzanite?
La tanzanite est la variété bleue à bleu-violet de qualité gemme de la zoïsite. Elle ne constitue donc pas une espèce minérale indépendante : sa structure cristalline et sa composition fondamentale sont celles de la zoïsite.
La zoïsite peut présenter plusieurs couleurs.
Des spécimens incolores, gris, verts, jaunes, bruns ou roses existent. La thulite correspond notamment à une variété rose à rougeâtre de zoïsite riche en manganèse, tandis que le nom tanzanite est appliqué au matériau gemme bleu à violet associé au gisement de Merelani en Tanzanie.
La pierre a été découverte en 1967 dans le nord de la Tanzanie. Sa couleur et son fort pléochroïsme ont rapidement attiré l’attention du marché des pierres gemmes.
Le nom « tanzanite » fait directement référence à la Tanzanie, son pays d’origine.
Les cristaux naturels sont généralement prismatiques et peuvent présenter des stries longitudinales. Les meilleurs cristaux possèdent suffisamment de transparence pour être facettés en gemmes présentant une excellente brillance.
La tanzanite se distingue cependant d’une grande partie des autres pierres précieuses par l’extrême concentration géographique de son gisement.
Le GIA indique qu’elle est commercialement exploitée dans une seule région, aux collines de Merelani dans le nord de la Tanzanie. Les données minéralogiques consacrées au gisement confirment également que Merelani constitue la localité mondiale classique de cette variété.
Pourquoi la tanzanite est-elle bleue à violette?
La couleur de la tanzanite est principalement liée à la présence de faibles quantités de vanadium dans la structure cristalline de la zoïsite.
Une zoïsite chimiquement dépourvue de ces éléments colorants ne présenterait pas nécessairement le bleu-violet caractéristique de la tanzanite.
Le mécanisme exact de coloration est toutefois plus complexe qu’une simple relation entre quantité de vanadium et intensité du bleu.
Le rôle du vanadium
Le vanadium peut remplacer une petite partie de l’aluminium dans la structure cristalline.
Ses différents états électroniques produisent des absorptions dans certaines régions du spectre visible.
Les études spectroscopiques modernes sur la tanzanite montrent que le vanadium joue un rôle majeur dans les couleurs bleues et violettes caractéristiques. Les échantillons étudiés présentent généralement beaucoup plus de vanadium que de titane, ce qui soutient son rôle comme principal chromophore.
La concentration nécessaire reste très faible par rapport aux principaux constituants du cristal.
Comme pour de nombreuses pierres gemmes, des éléments présents à l’état de traces peuvent donc complètement transformer l’apparence d’un minéral.
Le pléochroïsme
La tanzanite est fortement pléochroïque.
Cela signifie qu’un même cristal absorbe la lumière différemment selon sa direction cristallographique.
Une tanzanite naturelle non chauffée peut montrer trois couleurs nettement différentes lorsque le cristal est observé suivant ses trois directions optiques principales.
Le bleu et le violet sont généralement présents, accompagnés d’une composante verte, jaune, brune ou rouge brun selon le cristal.
Cette propriété est appelée trichroïsme puisqu’un cristal orthorhombique peut montrer trois couleurs principales.
Le phénomène est suffisamment important pour qu’un cristal brut puisse sembler violet dans une direction et sensiblement plus bleu ou brun dans une autre.
Le rôle du chauffage
La majorité des tanzanites utilisées en joaillerie sont chauffées.
Le traitement est généralement réalisé autour de quelques centaines de degrés Celsius, souvent vers 500 °C.
Le chauffage réduit les composantes jaunes, vertes ou brunâtres observées dans une partie du matériau naturel et laisse principalement apparaître le bleu et le violet.
Le cristal passe alors généralement d’un comportement visuellement trichroïque dominé par bleu-violet-brun à une apparence principalement bleu-violet. Des études expérimentales associent cette modification à des changements d’absorption impliquant notamment l’état du vanadium.
Bleu ou violet?
La différence entre une tanzanite principalement bleue et une pierre davantage violette ne dépend pas uniquement de sa composition.
L’orientation de la pierre pendant le facettage joue également un rôle majeur.
Le lapidaire peut orienter le brut afin de présenter davantage la direction bleue ou la direction violette sur le dessus de la gemme.
Cette décision influence également le rendement.
Une orientation offrant la meilleure couleur n’est pas toujours celle qui conserve le plus de poids à partir du cristal brut.
Le compromis entre couleur finale, dimensions et proportions constitue donc une partie essentielle du travail de taille de la tanzanite.
Composition chimique et structure cristalline
La tanzanite possède la composition fondamentale de la zoïsite : Ca₂Al₃(SiO₄)₃(OH), également représentée sous la forme structurale Ca₂Al₃[Si₂O₇][SiO₄]O(OH).
Elle contient principalement du calcium, de l’aluminium, du silicium, de l’oxygène et de l’hydrogène.
La zoïsite appartient aux sorosilicates et au groupe de l’épidote.
Sa structure contient notamment des groupes silicatés SiO₄ et Si₂O₇ associés à des sites occupés principalement par du calcium et de l’aluminium.
La tanzanite cristallise dans le système orthorhombique.
Cette structure la distingue de la clinozoïsite, une espèce très proche possédant pratiquement la même composition générale mais une structure monoclinique.
Le vanadium responsable de la couleur représente seulement une faible proportion du cristal.
Il peut remplacer une partie de l’aluminium dans certains sites de la structure.
De petites quantités de chrome, de titane, de fer et d’autres éléments traces peuvent également être présentes et contribuer aux variations de couleur entre différents cristaux.
Les cristaux naturels de zoïsite sont généralement prismatiques et peuvent présenter des stries parallèles à leur axe d’allongement.
La zoïsite possède aussi une direction de clivage parfait, une propriété particulièrement importante pour l’utilisation de la tanzanite en joaillerie.
Propriétés physiques et optiques
La tanzanite possède une dureté comprise entre 6 et 7 sur l’échelle de Mohs.
Elle résiste donc raisonnablement aux rayures, mais reste nettement plus tendre que le spinelle, le saphir ou le diamant.
Sa durabilité ne doit cependant pas être évaluée uniquement à partir de sa dureté.
La zoïsite possède un clivage parfait dans une direction.
Un choc suffisamment important et correctement orienté peut donc provoquer une cassure nette, même lorsqu’une pierre ne présente presque aucune rayure.
Sa densité est d’environ 3,35.
Cette valeur est supérieure à celle du quartz et de l’iolite, mais inférieure à celle du saphir et de plusieurs spinelles.
Les indices de réfraction se situent approximativement entre 1,691 et 1,700.
La biréfringence est généralement comprise entre 0,008 et 0,013.
La tanzanite est une gemme biaxe positive.
Son caractère optique permet de la distinguer facilement du spinelle, qui est isotrope, et du saphir, dont les indices de réfraction sont nettement plus élevés.
L’éclat est vitreux.
Une tanzanite transparente correctement facettée peut présenter une excellente brillance, particulièrement lorsque sa taille limite les zones de fuite de lumière.
Le pléochroïsme est extrêmement important.
Le GIA considère d’ailleurs cette propriété comme l’une des caractéristiques fondamentales de la pierre : différentes directions du cristal montrent des couleurs distinctes.
Comment se forme la tanzanite?
La tanzanite s’est formée dans un contexte géologique exceptionnel au sein de la ceinture métamorphique du Mozambique, dans le nord-est de la Tanzanie.
Les roches de Merelani ont subi plusieurs épisodes de déformation, de métamorphisme et de circulation de fluides.
La combinaison de ces événements a permis de réunir le calcium, l’aluminium, la silice et surtout le vanadium nécessaires à la formation de zoïsite bleu-violet de qualité gemme.
Métamorphisme des roches de Merelani
Le secteur est constitué notamment de gneiss graphiteux, de roches calcosilicatées et de marbres dolomitiques métamorphisés.
Ces roches ont subi un métamorphisme important au cours de l’évolution de la ceinture du Mozambique.
Les études pétrologiques indiquent des épisodes de métamorphisme à haute température suivis d’un refroidissement et d’une évolution rétrograde.
C’est pendant cette histoire tardive que la circulation de fluides a joué un rôle essentiel dans la formation de la tanzanite.
Circulation de fluides hydrothermaux
Des fluides ont circulé dans les fractures et zones de déformation des roches.
Ces solutions ont favorisé le déplacement de plusieurs éléments chimiques, notamment le vanadium nécessaire à la coloration.
La tanzanite apparaît notamment dans des zones hydrothermalement altérées et dans des fractures traversant des gneiss riches en graphite.
Des études du district décrivent la tanzanite gemme dans des veines pegmatitiques boudinées et des remplissages de fractures hydrothermales avec du quartz, du diopside, de la calcite et du graphite.
Origine du vanadium
Les roches graphiteuses du district jouent probablement un rôle essentiel dans l’origine du vanadium.
Les sédiments à l’origine de ces gneiss contenaient les éléments qui ont ensuite été mobilisés pendant le métamorphisme et l’altération hydrothermale.
La déformation a créé des fractures et des zones de circulation permettant aux fluides de déplacer puis de concentrer ces éléments.
La combinaison de roches carbonatées fournissant notamment du calcium et de roches riches en vanadium constitue une partie importante du caractère exceptionnel du gisement.
Cristallisation dans les fractures
Les cristaux de tanzanite se développent notamment dans des fractures et veines associées aux zones plissées et déformées.
Ces espaces permettent aux cristaux de croître plus librement que dans une roche complètement compacte.
La tanzanite peut alors être accompagnée de graphite, de calcite, de quartz, de diopside, de grossulaire et de différents sulfures.
La formation de zoïsite vanadifère est associée aux derniers épisodes d’altération et de métamorphisme rétrograde du système de Merelani.
Où trouve-t-on la tanzanite dans le monde?
Contrairement à la majorité des pierres gemmes importantes, la tanzanite ne possède pas plusieurs grandes provenances réparties dans différents pays.
Sa production commerciale est concentrée dans une seule région : les collines de Merelani, dans le district de Simanjiro, au nord de la Tanzanie.
Cette zone se trouve près du mont Kilimandjaro et de la ville d’Arusha.
Le GIA considère Merelani comme l’unique source commerciale de tanzanite, tandis que les études minéralogiques consacrées à la zoïsite gemme décrivent également cette région comme la localité mondiale unique du matériau bleu-violet de qualité gemme.
Les collines de Merelani
La zone minéralisée s’étend sur une bande géologiquement très limitée.
Les travaux miniers sont traditionnellement répartis en différents secteurs appelés blocs.
Les blocs A, B, C et D ont chacun produit de la zoïsite gemme, même si leur importance économique et la qualité des découvertes ont varié avec le temps.
Les cristaux proviennent de zones déformées et hydrothermalement altérées au sein de gneiss graphiteux et de roches calcosilicatées.
Ils peuvent être accompagnés de graphite, de calcite, de diopside et de grossulaire vert.
Bloc A
Le bloc A fait partie de la zone historique d’exploitation de Merelani.
De la zoïsite bleu-violet y est documentée sous forme de cristaux prismatiques pouvant présenter plusieurs couleurs selon l’orientation.
Comme dans l’ensemble du gisement, le pléochroïsme peut être extrêmement marqué.
Bloc B
Le bloc B a également produit de la tanzanite et du graphite.
Les cristaux peuvent être bleus, violets ou présenter plusieurs couleurs.
L’exploitation de ces zones nécessite de suivre précisément les structures géologiques favorables puisque la minéralisation n’est pas distribuée uniformément dans toute la roche.
Bloc C
Le bloc C constitue l’un des secteurs les mieux connus du district.
Des cristaux de dimensions exceptionnelles y ont été documentés.
Mindat rapporte notamment un cristal de qualité gemme surnommé « Mawenzi » atteignant plusieurs kilogrammes, ce qui illustre les dimensions extraordinaires que peut atteindre la zoïsite gemme dans certaines poches.
Bloc D
Le bloc D est lui aussi célèbre pour ses cristaux.
Des spécimens bicolores ou fortement pléochroïques peuvent conserver des couleurs naturelles différentes selon leur orientation et leur histoire thermique.
Comme pour les autres blocs, la présence de graphite dans la roche encaissante est une caractéristique fréquente du district.
Une origine géographique exceptionnelle
De la zoïsite ordinaire existe ailleurs dans le monde.
On la trouve notamment en Autriche, au Pakistan, au Canada et dans de nombreux autres environnements métamorphiques.
Cela ne signifie toutefois pas que ces occurrences produisent de la tanzanite gemme comparable au matériau de Merelani.
La combinaison particulière de composition des roches, présence de vanadium, métamorphisme, déformation et circulation hydrothermale de Merelani explique pourquoi cette petite région reste exceptionnelle.
La tanzanite au Québec
La tanzanite n’est pas une pierre reconnue comme provenant naturellement du Québec.
Cette distinction est importante, car la zoïsite — l’espèce minérale dont la tanzanite est une variété — est bel et bien présente dans la province.
Des documents historiques du Service géologique du Canada signalent notamment de la zoïsite associée à l’épidote et à la calcite dans des anorthosites de l’ancien comté de Terrebonne.
La mine Jeffrey, à Val-des-Sources en Estrie, possède également de la zoïsite documentée.
Les spécimens de cette localité peuvent notamment présenter des teintes roses et des cristaux ou agrégats allongés et radiés.
Dans le secteur de Black Lake et de Thetford Mines, de la zoïsite est également connue.
Des spécimens de thulite, la variété rose manganésifère de la zoïsite, provenant de la mine British Canadian sont notamment conservés dans des collections minéralogiques.
La zoïsite est aussi répertoriée à l’ancienne mine du lac Memphrémagog, à Potton en Estrie.
Ces occurrences démontrent que les conditions permettant la formation de zoïsite existent au Québec.
Elles ne produisent toutefois pas la variété bleu-violet vanadifère de qualité gemme connue sous le nom de tanzanite.
Pour un lecteur québécois, la différence essentielle est donc simple : la zoïsite existe au Québec, mais la tanzanite gemme reconnue provient de Merelani, en Tanzanie.
Un spécimen commercialisé comme « tanzanite du Québec » devrait par conséquent être considéré avec beaucoup de prudence et faire l’objet d’une identification et d’une documentation particulièrement solides.
À quoi ressemble une tanzanite naturelle?
Une tanzanite naturelle brute ne ressemble pas nécessairement aux pierres bleu-violet intenses visibles en bijouterie.
Une grande partie du matériau extrait présente initialement des tons brunâtres, verdâtres, jaunes, bleus ou violets différents selon l’orientation.
Cette apparence résulte de son très fort pléochroïsme.
Un seul cristal peut sembler bleu lorsqu’il est observé selon un axe, violet selon un autre et brunâtre ou verdâtre selon une troisième direction.
Les cristaux sont généralement prismatiques et allongés.
Ils peuvent présenter des stries parallèles à leur axe principal et des terminaisons naturelles lorsque leur croissance n’a pas été interrompue.
La transparence varie.
Les cristaux destinés à la joaillerie sont généralement transparents, tandis que d’autres spécimens peuvent contenir suffisamment de fractures ou d’inclusions pour devenir translucides.
La couleur d’une tanzanite naturelle déjà bleue peut être extrêmement intense.
Tous les cristaux ne nécessitent donc pas nécessairement un chauffage pour présenter du bleu ou du violet.
Une petite proportion du matériau possède naturellement une couleur suffisamment attractive pour être utilisée telle quelle, mais la majorité des pierres commercialisées ont été chauffées afin de supprimer les composantes brunes ou jaunes.
Après facettage, la pierre présente généralement un mélange visible de bleu et de violet.
L’intensité relative de ces deux couleurs dépend de l’orientation choisie par le lapidaire, de l’éclairage, de la profondeur de la pierre et de son traitement éventuel.
Les plus belles tanzanites possèdent une saturation importante sans devenir suffisamment sombres pour perdre leur brillance.
Comment identifier une tanzanite?
La couleur bleu-violet ne permet pas à elle seule d’identifier une tanzanite.
Le saphir, l’iolite, le spinelle, certaines améthystes et plusieurs matériaux artificiels peuvent présenter des teintes suffisamment proches pour entraîner une confusion.
Les propriétés optiques de la zoïsite permettent cependant une identification fiable.
Indice de réfraction
Les indices de réfraction de la tanzanite se situent approximativement entre 1,691 et 1,700.
Cette plage constitue un excellent critère diagnostique.
Elle est nettement inférieure à celle du saphir et supérieure à celle de l’améthyste et de l’iolite.
Une mesure au réfractomètre permet donc de séparer rapidement plusieurs pierres visuellement similaires.
Biréfringence
La biréfringence se situe approximativement entre 0,008 et 0,013.
La tanzanite est optiquement biaxe positive.
Cette propriété la distingue immédiatement du spinelle, qui cristallise dans le système cubique et ne possède normalement aucune biréfringence.
Densité
La densité est d’environ 3,35.
Elle est supérieure à celle de l’iolite et du quartz, mais nettement inférieure à celle du saphir.
Une mesure hydrostatique peut donc fournir un excellent indice lorsque la pierre n’est pas montée.
Pléochroïsme
Le fort pléochroïsme représente l’une des caractéristiques les plus utiles.
Une tanzanite peut présenter du bleu et du violet très différents lorsqu’elle est examinée avec un dichroscope ou selon plusieurs orientations.
Le matériau naturel non chauffé peut présenter une troisième composante brune, verte ou jaune particulièrement nette.
Le chauffage réduit généralement cette troisième couleur et laisse principalement le bleu et le violet.
Clivage
La zoïsite possède une direction de clivage parfait.
Cette propriété constitue un indice minéralogique, mais elle ne doit évidemment jamais être testée volontairement sur une gemme.
Des fractures internes parallèles à certaines directions peuvent parfois refléter cette structure.
Microscopie
La tanzanite de qualité gemme peut être extrêmement propre.
La présence de peu d’inclusions visibles n’est donc pas inhabituelle.
Lorsqu’elles sont présentes, des inclusions fluides, fractures cicatrisées, tubes et petits cristaux minéraux peuvent fournir des renseignements utiles.
L’étude microscopique devient également particulièrement importante pour reconnaître certains revêtements artificiels appliqués à la surface d’une tanzanite.
Spectroscopie
La spectroscopie permet d’étudier les absorptions liées au vanadium et aux autres éléments traces.
Une combinaison de mesures optiques, de spectroscopie Raman et d’analyses chimiques permet de confirmer l’identité de la zoïsite et d’étudier des traitements inhabituels.
Pour une pierre de valeur importante, un laboratoire gemmologique peut donc déterminer beaucoup plus précisément la nature du matériau qu’une simple observation de sa couleur.
Tanzanite naturelle, synthétique et traitements
La majorité de la tanzanite vendue sur le marché est constituée de zoïsite naturelle provenant de Tanzanie.
Le chauffage représente de loin le traitement le plus courant.
Les véritables synthèses de zoïsite destinées à reproduire commercialement la tanzanite jouent un rôle beaucoup moins important que les imitations fabriquées à partir d’autres matériaux.
Chauffage
Le chauffage constitue une pratique très répandue.
La zoïsite brute possède fréquemment une composante brunâtre, jaune ou verte qui accompagne le bleu et le violet.
Un chauffage modéré autour de 500 °C peut éliminer ou réduire ces couleurs indésirables et produire l’apparence bleu-violet recherchée.
Le traitement ne transforme pas une autre espèce minérale en tanzanite.
La pierre reste de la zoïsite naturelle : son état de couleur est simplement modifié.
Le GIA indique que la majorité des tanzanites bleues présentes aujourd’hui sur le marché doivent leur apparence finale au chauffage. Le traitement est tellement courant qu’il a généralement peu d’effet négatif sur la valeur commerciale.
Détection du chauffage
Déterminer avec certitude qu’une tanzanite a été chauffée peut être difficile.
Le traitement utilise des températures suffisamment modérées pour ne pas nécessairement laisser les mêmes modifications d’inclusions que celles observées dans certaines autres gemmes chauffées à beaucoup plus haute température.
Pour cette raison, les laboratoires ne peuvent pas toujours distinguer une tanzanite naturellement bleue d’une pierre ayant obtenu une apparence comparable après traitement thermique.
L’absence de preuve de chauffage ne signifie donc pas automatiquement qu’une pierre est non traitée.
Revêtements de couleur
Des revêtements artificiels ont également été appliqués à certaines tanzanites afin de renforcer leur couleur.
Le GIA a documenté des pierres recouvertes notamment de couches contenant du cobalt ou du titane.
Le revêtement est généralement appliqué sur les facettes du pavillon afin que sa couleur influence l’apparence de toute la pierre lorsqu’elle est regardée depuis le dessus.
Une usure le long des arêtes de facettes, une couleur anormalement concentrée à la surface ou des différences d’éclat peuvent révéler le traitement sous microscope.
Ces traitements de surface sont beaucoup moins courants que le chauffage.
Tanzanite synthétique
Il n’existe pas de production commerciale importante de véritable tanzanite synthétique comparable aux volumes de rubis, saphir, spinelle ou quartz synthétiques.
Le marché contient surtout des simulants, c’est-à-dire des matériaux qui ressemblent visuellement à la tanzanite sans posséder sa composition ni sa structure.
Le GIA a documenté plusieurs imitations manufacturées, notamment du verre, du YAG, du corindon synthétique et de la forstérite synthétique dopée au cobalt.
Imitations
Un simulant peut présenter une couleur très convaincante.
Cela ne signifie pas que ses propriétés gemmologiques sont identiques.
Un verre est généralement isotrope et présente un indice de réfraction différent. Le YAG possède une densité et un indice de réfraction beaucoup plus élevés.
Le corindon synthétique est également beaucoup plus dur et possède des propriétés optiques distinctes.
La forstérite synthétique peut être particulièrement trompeuse puisqu’elle peut montrer un fort pléochroïsme, mais ses indices de réfraction permettent de la distinguer de la tanzanite.
Une série de tests gemmologiques relativement simples suffit donc généralement à reconnaître les principales imitations.
Tanzanite, saphir violet, améthyste, iolite ou spinelle violet?
La tanzanite peut être confondue avec plusieurs pierres bleues ou violettes, particulièrement lorsqu’elles sont facettées et observées uniquement par leur couleur.
| Propriété | Tanzanite | Saphir violet | Améthyste | Iolite | Spinelle violet |
|---|---|---|---|---|---|
| Espèce minérale | Zoïsite | Corindon | Quartz | Cordiérite | Spinelle |
| Composition principale | Ca₂Al₃(SiO₄)₃(OH) | Al₂O₃ | SiO₂ | (Mg,Fe)₂Al₄Si₅O₁₈ | MgAl₂O₄ |
| Couleur typique | Bleu-violet à violet bleuté | Violet à violet bleuté | Violet | Bleu violet à violet grisâtre | Violet, lilas à violet gris |
| Dureté Mohs | 6–7 | 9 | 7 | 7–7,5 | 8 |
| Densité approximative | 3,35 | Environ 4,0 | 2,65 | Environ 2,6 | Environ 3,6 |
| Indice de réfraction | 1,691–1,700 | Environ 1,76–1,77 | 1,544–1,553 | Environ 1,54–1,62 | Environ 1,718 |
| Biréfringence | 0,008–0,013 | Présente | Environ 0,009 | Marquée | Aucune |
| Pléochroïsme | Très fort | Présent | Faible à modéré | Très fort | Aucun normal |
| Clivage | Parfait dans une direction | Aucun véritable | Aucun | Présent | Aucun net |
| Caractéristique principale | Bleu-violet fortement pléochroïque | Très grande dureté et densité | RI et densité beaucoup plus faibles | Très fort pléochroïsme mais faible densité | Isotrope et plus dur |
Le saphir violet possède une dureté nettement supérieure et une densité proche de 4. Ses indices de réfraction sont également plus élevés, ce qui permet de le distinguer rapidement de la tanzanite.
L’améthyste est beaucoup plus légère et possède des indices de réfraction sensiblement inférieurs.
Sa couleur est généralement davantage dominée par le violet et elle ne présente pas le même trichroïsme spectaculaire que la tanzanite naturelle.
L’iolite représente l’une des confusions les plus intéressantes parce qu’elle possède elle aussi un très fort pléochroïsme.
Elle peut présenter du bleu violet dans une direction et des couleurs beaucoup plus pâles dans les autres. Sa densité beaucoup plus faible et ses indices de réfraction permettent toutefois de la différencier facilement.
Le spinelle violet peut présenter une couleur très proche.
Son système cristallin cubique le rend cependant isotrope. L’absence de biréfringence et de véritable pléochroïsme constitue donc une différence fondamentale.
Qualité, rareté et valeur de la tanzanite
La valeur d’une tanzanite dépend principalement de sa couleur, de sa transparence, de sa taille et de son poids.
Sa provenance géographique ne joue pas le même rôle que pour certaines autres gemmes puisque pratiquement tout le matériau commercial provient de la même petite région de Tanzanie.
Il n’existe pas de système universel et officiel attribuant des grades A, AA ou AAA à la tanzanite.
Ces classifications sont commerciales et leurs critères peuvent varier fortement d’un vendeur à l’autre.
Couleur
La couleur constitue le principal facteur de valeur.
Les tanzanites bleu-violet ou violet-bleu fortement saturées sont généralement les plus recherchées.
Le GIA indique que les couleurs profondes et saturées représentent les qualités les plus valorisées, tandis que les pierres pâles sont beaucoup plus courantes.
Le ton doit également rester suffisamment clair pour permettre à la pierre de conserver sa luminosité.
Une couleur tellement sombre que la gemme paraît presque noire dans certaines conditions peut réduire son impact visuel.
Les préférences peuvent varier entre un bleu principalement dominant et une pierre présentant davantage de violet.
Les deux peuvent atteindre une excellente qualité lorsque la saturation est forte et que la couleur reste vive.
Transparence et inclusions
Les tanzanites de qualité gemme présentent fréquemment une excellente transparence.
Pour cette raison, les inclusions visibles à l’œil ont généralement un impact négatif plus important que dans des gemmes naturellement très incluses comme l’émeraude.
Les fractures sont particulièrement problématiques.
En plus d’être visibles, elles peuvent diminuer la résistance mécanique d’une pierre possédant déjà un clivage parfait.
Une tanzanite propre à l’œil et sans fracture importante est donc particulièrement recherchée.
Taille
La taille joue un rôle essentiel dans l’apparence de la couleur.
Le lapidaire doit tenir compte du pléochroïsme afin de décider si la pierre finale présentera davantage de bleu ou de violet.
Cette orientation peut entraîner une perte importante de matière brute.
Une taille bien proportionnée doit également éviter une fenêtre centrale et répartir uniformément la lumière.
Les formes ovales et coussins sont particulièrement fréquentes, mais les tailles rondes, poires, émeraude et fantaisie sont également possibles.
Poids
La couleur de la tanzanite devient souvent plus intense lorsque la pierre est plus grande.
Les petites gemmes possèdent une épaisseur limitée et peuvent donc sembler beaucoup plus pâles.
Le GIA indique que les pierres doivent généralement dépasser plusieurs carats pour présenter les saturations les plus fines, et note particulièrement la qualité de couleur possible au-dessus d’environ 5 carats.
Cela ne signifie pas qu’une petite tanzanite ne peut pas être belle.
Les pierres inférieures à un carat peuvent présenter un bleu ou violet attrayant, mais une saturation vraiment profonde est plus difficile à obtenir.
Rareté géographique
La rareté de la tanzanite est particulière.
La zoïsite elle-même n’est pas rare et existe dans de nombreux pays.
Ce qui est exceptionnel est l’existence de zoïsite vanadifère bleu-violet de qualité gemme dans une zone commerciale extrêmement localisée de Merelani.
Cette concentration géographique signifie que la disponibilité mondiale de la pierre dépend essentiellement d’un seul district minier.
Il faut cependant distinguer cette réalité d’affirmations commerciales annonçant une date précise à laquelle la tanzanite serait « épuisée ».
Les estimations de ressources et de durée de vie d’une mine peuvent évoluer avec les nouvelles explorations, les méthodes d’exploitation, les prix et les conditions économiques. La provenance extrêmement limitée est un fait géologique; une date définitive d’épuisement ne l’est pas.
Utilisation en joaillerie et entretien
La tanzanite est largement utilisée dans les bagues, pendentifs, boucles d’oreilles, colliers et autres bijoux.
Sa couleur spectaculaire et la disponibilité de pierres transparentes de plusieurs carats permettent de créer des pièces particulièrement impressionnantes.
Sa durabilité demande toutefois davantage de précautions que celle du saphir ou du spinelle.
Avec une dureté de 6 à 7, la tanzanite peut être rayée par plusieurs matériaux plus durs.
Son clivage parfait constitue une faiblesse encore plus importante.
Un choc dans une direction défavorable peut provoquer une fracture ou même séparer la pierre.
Les pendentifs et boucles d’oreilles constituent donc des utilisations particulièrement sûres.
Une tanzanite peut être montée en bague, mais une monture protégeant suffisamment la pierre est recommandée. Pour une bague portée quotidiennement, il faut éviter les activités présentant un risque élevé de choc.
Les bracelets demandent également davantage de prudence puisqu’ils entrent fréquemment en contact avec des surfaces dures.
Pour le nettoyage, l’eau tiède, un savon doux et une brosse très souple constituent la méthode la plus sûre.
Les nettoyeurs à ultrasons ne sont pas recommandés lorsque la pierre présente des fractures et représentent un risque inutile pour une gemme possédant un clivage important.
La vapeur doit être évitée.
Les changements rapides de température et la chaleur excessive peuvent créer des contraintes dans la pierre et augmenter le risque de cassure.
Une tanzanite recouverte d’un traitement de surface nécessite encore davantage de prudence puisque le revêtement peut être rayé ou endommagé.
La pierre doit également être conservée séparément des gemmes plus dures comme le quartz, le spinelle, le saphir et le diamant.
Avec un entretien adapté, la tanzanite demeure parfaitement utilisable en joaillerie. Sa provenance concentrée dans une seule région de Tanzanie, son puissant pléochroïsme et ses couleurs allant du violet au bleu profond lui donnent une identité que peu d’autres pierres gemmes peuvent reproduire.