Péridot naturel sur fond noir.

Péridot : le guide de référence

Le péridot est la variété gemme verte de l’olivine, un groupe de silicates dont la composition se situe principalement entre la forstérite riche en magnésium et la fayalite riche en fer. Sa formule générale peut être représentée par (Mg,Fe)₂SiO₄. Contrairement à de nombreuses pierres dont la couleur provient de traces d’un élément étranger, le péridot doit directement son vert au fer faisant partie de sa composition.

Sa palette est relativement limitée : vert jaunâtre, vert olive, vert pomme à vert relativement pur. Les pierres les plus recherchées présentent généralement un vert vif et suffisamment saturé, avec le moins possible de jaune ou de brun. Le péridot possède également une forte biréfringence, qui peut provoquer un dédoublement visible des arêtes des facettes lorsqu’on observe attentivement l’intérieur d’une pierre taillée.

Le péridot possède une origine géologique particulièrement intéressante. Une grande partie du matériau gemme provient de roches formées dans le manteau supérieur de la Terre puis transportées vers la surface par des magmas basaltiques. D’autres gisements se trouvent dans des péridotites et dunites tectoniquement remontées vers la croûte. Plus exceptionnel encore, des cristaux d’olivine suffisamment transparents pour être facettés ont été découverts dans certaines météorites pierreuses-métalliques appelées pallasites.


Le péridot en bref

Propriété Donnée
Nom Péridot
Nature Variété gemme verte de l’olivine
Groupe minéral Olivine
Composition générale (Mg,Fe)₂SiO₄
Pôle riche en magnésium Forstérite, Mg₂SiO₄
Pôle riche en fer Fayalite, Fe₂SiO₄
Classe minérale Silicates, nésosilicates
Système cristallin Orthorhombique
Couleur Vert jaunâtre, vert olive, vert pomme à vert relativement pur
Principal élément responsable de la couleur Fer, principalement Fe²⁺
Dureté 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs
Densité Environ 3,3 à 3,4 pour la majorité des péridots gemmes
Indices de réfraction Environ 1,654 à 1,690
Biréfringence Forte, environ 0,035 à 0,038
Caractère optique Biaxe
Éclat Vitreux
Transparence Transparent à translucide
Clivage Faible à imparfait
Fracture Conchoïdale à irrégulière
Formes cristallines Cristaux prismatiques à tabulaires, grains irréguliers et nodules
Inclusions caractéristiques Chromite, spinelle, inclusions fluides et fractures en disque
Principales provenances Myanmar, Pakistan, États-Unis, Chine, Vietnam et Égypte historique
Olivine présente au Québec Oui
Péridot gemme reconnu au Québec Non comme provenance commerciale établie

Les propriétés du péridot varient légèrement selon le rapport entre magnésium et fer. Les péridots de qualité gemme sont généralement beaucoup plus proches de la forstérite que de la fayalite, ce qui explique leur composition riche en magnésium et leur couleur principalement verte.


Qu’est-ce qu’un péridot?

Le péridot est le nom utilisé pour désigner l’olivine verte suffisamment transparente et esthétique pour être utilisée comme pierre gemme.

L’olivine n’est pas une seule composition chimique parfaitement fixe.

Elle forme principalement une série continue entre deux pôles : la forstérite Mg₂SiO₄, riche en magnésium, et la fayalite Fe₂SiO₄, riche en fer. Dans un cristal naturel, le magnésium et le fer peuvent se remplacer mutuellement dans la structure.

Les péridots gemmes se trouvent généralement du côté riche en magnésium de cette série.

Leur teneur en fer reste néanmoins essentielle puisqu’elle produit directement la couleur verte de la pierre.

Cette particularité fait du péridot une gemme dite idiochromatique.

Dans une gemme allochromatique comme le rubis, le minéral de base serait incolore sans l’introduction d’un élément étranger comme le chrome. Dans le péridot, le fer responsable du vert fait normalement partie de la composition de l’olivine elle-même.

Le péridot présente donc presque toujours une couleur verte.

Il n’existe pas de péridot naturellement rouge, bleu ou violet au sens gemmologique traditionnel.

Sa gamme s’étend plutôt du vert jaunâtre au vert olive et au vert relativement pur.

Des olivines devenant beaucoup plus riches en fer peuvent évoluer vers des tons brunâtres, mais elles ne correspondent généralement plus à l’apparence classique recherchée pour le péridot.

Le péridot est également l’une des rares pierres gemmes pouvant posséder une origine extraterrestre.

Certaines pallasites, une catégorie de météorites composées principalement d’un réseau métallique de fer-nickel contenant de grands cristaux d’olivine, renferment des cristaux suffisamment transparents pour être facettés.

Ces pierres sont extrêmement inhabituelles et représentent une catégorie distincte du péridot terrestre utilisé dans la majorité des bijoux.


Pourquoi le péridot est-il vert?

Le péridot doit principalement sa couleur au fer ferreux Fe²⁺ intégré directement à sa structure cristalline.

Il s’agit d’une différence importante par rapport à de nombreuses autres pierres vertes.

Une émeraude est verte parce que de très faibles quantités de chrome ou de vanadium sont ajoutées à une structure de béryl qui serait autrement presque incolore. Le péridot contient naturellement du fer en quantité beaucoup plus importante dans sa composition fondamentale.

Le rôle du fer Fe²⁺

Dans la série de l’olivine, le magnésium Mg²⁺ et le fer Fe²⁺ peuvent occuper les mêmes types de sites cristallographiques.

Lorsque du Fe²⁺ est présent, ses électrons interagissent avec la lumière visible.

Certaines longueurs d’onde sont absorbées tandis que les longueurs d’onde correspondant principalement au vert sont davantage transmises.

La pierre apparaît alors verte.

Les péridots gemmes de grande qualité contiennent suffisamment de fer pour créer une couleur visible, sans en contenir au point de produire une pierre excessivement sombre ou brunâtre.

Pourquoi certains péridots sont-ils jaunes?

La majorité des péridots naturels possèdent une certaine composante jaune.

La couleur classique observée dans le commerce est d’ailleurs souvent décrite comme vert jaunâtre.

La quantité totale de fer, son état d’oxydation et la manière dont les ions fer sont répartis dans la structure influencent la position et l’intensité des bandes d’absorption.

Une augmentation de certaines composantes liées au fer peut produire davantage de jaune.

La pierre passe alors du vert relativement pur au vert citron, au vert jaunâtre puis au vert olive.

Pourquoi certains péridots deviennent-ils brunâtres?

Une proportion de fer plus importante dans l’olivine tend à assombrir la matière.

À mesure que la composition se rapproche du pôle fayalite riche en fer, des tons jaunes, brun-vert et brunâtres peuvent apparaître.

Les olivines très riches en fer ne sont généralement pas considérées comme les péridots gemmes les plus intéressants.

Pour cette raison, les pierres possédant un vert soutenu sans composante brune importante sont davantage recherchées.

Le chrome

De faibles quantités de chrome peuvent également être présentes dans certains péridots.

Le chrome n’est toutefois pas le principal responsable de leur couleur verte.

Le fer demeure le chromophore essentiel.

Le chrome peut dans certains cas modifier légèrement la vivacité du vert, mais son rôle n’est pas comparable à celui qu’il joue dans l’émeraude ou le spinelle rouge.

Une couleur naturelle dans toute la pierre

Le péridot présente normalement une couleur répartie dans l’ensemble de son cristal.

Elle ne correspond pas à une simple couche superficielle.

Une pierre fraîchement cassée conserve donc sa couleur à l’intérieur.

Des variations de composition pendant la croissance peuvent cependant produire de légères différences d’intensité entre différentes zones d’un même cristal.


Composition chimique et structure cristalline

Le péridot appartient au groupe de l’olivine.

Sa composition générale peut être représentée par la formule (Mg,Fe)₂SiO₄.

Les deux principaux pôles de la série sont la forstérite Mg₂SiO₄ et la fayalite Fe₂SiO₄.

Dans les olivines naturelles, le magnésium et le fer ferreux se substituent l’un à l’autre dans la structure cristalline.

Les péridots gemmes sont généralement riches en forstérite.

Les analyses réalisées sur plusieurs gisements montrent fréquemment des compositions contenant autour de 80 à plus de 90 % de composante forstérite.

Les péridots provenant directement du manteau terrestre sont souvent particulièrement riches en magnésium.

Le péridot appartient aux nésosilicates.

Dans cette structure, les tétraèdres SiO₄ sont relativement isolés les uns des autres et liés par des ions magnésium et fer.

Cette organisation contraste avec celle du quartz, où les tétraèdres de silice sont reliés en un réseau tridimensionnel continu.

L’olivine cristallise dans le système orthorhombique.

Les cristaux bien développés peuvent être prismatiques, tabulaires ou relativement courts.

Dans de nombreux basaltes, l’olivine apparaît plutôt sous forme de grains arrondis ou irréguliers inclus dans la roche.

Dans les péridotites du manteau, elle peut constituer une proportion considérable de la roche.

De faibles quantités de nickel, manganèse, chrome, calcium et autres éléments peuvent également être présentes.

Ces éléments fournissent des renseignements importants aux géologues et aux gemmologues puisqu’ils peuvent aider à comprendre l’environnement de formation et, dans certains cas, à différencier plusieurs provenances.


Propriétés physiques et optiques

Le péridot possède une dureté comprise entre 6,5 et 7 sur l’échelle de Mohs.

Cette dureté lui permet de résister raisonnablement aux rayures et d’être utilisé en joaillerie.

Il est toutefois moins dur que le spinelle, le saphir et le diamant et demande davantage de précautions dans les bijoux exposés aux chocs.

Sa densité varie selon sa teneur en fer.

Pour de nombreux péridots gemmes, elle se situe autour de 3,3 à 3,4, avec une valeur typique d’environ 3,34.

À mesure que la proportion de fer augmente dans l’olivine, la densité tend également à augmenter.

Les indices de réfraction sont relativement élevés et variables selon la composition.

Ils se situent généralement approximativement entre 1,654 et 1,690 pour les péridots gemmes.

La différence entre les principaux indices produit une biréfringence particulièrement forte, généralement comprise entre environ 0,035 et 0,038.

Cette propriété constitue l’une des caractéristiques gemmologiques les plus utiles du péridot.

Dans une pierre facettée, les arêtes situées à l’arrière de la gemme peuvent sembler dédoublées lorsqu’elles sont observées à travers la table.

Cet effet de double réfraction est souvent visible avec une simple loupe.

L’éclat est vitreux.

Une pierre transparente correctement facettée peut présenter une excellente brillance, particulièrement lorsqu’elle possède une couleur suffisamment claire pour permettre une bonne circulation de la lumière.

Le péridot ne possède pas un clivage extrêmement facile comme la kunzite ou la topaze.

Il présente néanmoins des directions de clivage relativement faibles à imparfaites et peut se fracturer sous un choc suffisamment important.

Sa ténacité est généralement considérée comme passable à bonne pour une pierre gemme.


Comment se forme le péridot?

Le péridot possède principalement une origine profonde.

Une grande partie des olivines gemmes se forme dans le manteau supérieur terrestre, à plusieurs dizaines de kilomètres sous la surface.

Elles peuvent ensuite être transportées rapidement vers le haut par des magmas volcaniques ou être ramenées progressivement vers la croûte par les mouvements tectoniques.

Formation dans le manteau terrestre

L’olivine constitue l’un des minéraux dominants du manteau supérieur.

Les roches appelées péridotites sont en grande partie composées d’olivine accompagnée de pyroxènes et de différents minéraux accessoires.

À grande profondeur, ces minéraux sont stables sous les températures et pressions caractéristiques du manteau.

Des cristaux de forstérite riche en magnésium peuvent y croître et recristalliser pendant de très longues périodes.

Pour devenir du péridot gemme, une partie de cette olivine doit posséder suffisamment de transparence, une couleur intéressante et relativement peu de fractures ou inclusions.

Transport par les basaltes

Dans certaines régions volcaniques, un magma basaltique remonte rapidement depuis le manteau.

Pendant son ascension, il peut arracher des morceaux de péridotite aux roches traversées.

Ces fragments sont appelés xénolithes.

Lorsque le magma atteint la surface et se solidifie, les xénolithes du manteau restent emprisonnés dans le basalte.

L’érosion peut ensuite libérer les grains et cristaux de péridot.

Cette origine est particulièrement importante dans plusieurs gisements des États-Unis, de Chine et du Vietnam.

Les nodules verdâtres visibles dans certains basaltes sont littéralement des fragments de roche provenant du manteau terrestre.

Péridotites et dunites remontées tectoniquement

Tous les gisements ne sont pas directement associés à un volcanisme basaltique récent.

Des fragments du manteau peuvent être remontés vers la croûte lors de grands événements tectoniques et incorporés à des chaînes de montagnes.

Les péridotites et dunites ainsi exposées peuvent subir une déformation, une recristallisation et une circulation de fluides.

Dans certains cas, de nouveaux cristaux d’olivine suffisamment purs et transparents peuvent se développer dans des fractures ou zones de tension.

Les gisements du Pakistan et du Myanmar illustrent notamment des contextes dans lesquels des roches ultramafiques déformées ont produit de grands cristaux gemmes.

Serpentinisation

L’olivine n’est pas toujours stable lorsqu’elle est exposée à l’eau dans certaines conditions de température.

Elle peut alors être progressivement transformée en minéraux du groupe de la serpentine, accompagnés notamment de magnétite et parfois de brucite.

Ce processus s’appelle la serpentinisation.

Une péridotite initialement riche en olivine peut ainsi perdre presque entièrement ses cristaux originaux.

Cette transformation est particulièrement importante lorsqu’on étudie les roches ultramafiques anciennes du Québec : plusieurs contiennent des formes ou pseudomorphes montrant qu’une importante quantité d’olivine était présente à l’origine, même lorsque le minéral frais est aujourd’hui largement remplacé.

Péridot météoritique

L’olivine n’est pas limitée à la Terre.

Elle est également présente dans plusieurs météorites.

Les pallasites sont particulièrement célèbres puisqu’elles contiennent de grands cristaux d’olivine enchâssés dans un réseau de fer-nickel.

Certains cristaux sont suffisamment transparents et peu fracturés pour être retirés et facettés.

Ce péridot d’origine extraterrestre est beaucoup plus rare que le matériau terrestre et possède un intérêt particulier pour les collectionneurs.


Où trouve-t-on le péridot dans le monde?

Le péridot de qualité gemme est exploité dans plusieurs environnements géologiques répartis dans le monde.

Les États-Unis, le Myanmar et le Pakistan figurent parmi les provenances les plus connues, tandis que la Chine, le Vietnam et différentes régions d’Afrique ont également fourni du matériau gemme.

L’île de Zabargad, en Égypte, possède quant à elle une importance historique exceptionnelle.

Égypte

Zabargad, également appelée île Saint-Jean, se trouve dans la mer Rouge.

Elle constitue l’une des plus anciennes provenances de péridot connues.

Des gemmes vertes y étaient exploitées depuis l’Antiquité, et le matériau fut pendant longtemps confondu avec d’autres pierres vertes.

Les péridots de Zabargad se trouvent dans des roches ultramafiques remontées du manteau.

Des cristaux peuvent apparaître dans des zones de péridotite et dans des cavités ou fractures associées aux processus d’altération et de déformation.

La production moderne de l’île est très limitée.

Une pierre accompagnée d’une provenance Zabargad crédible peut donc présenter un intérêt historique supplémentaire.

États-Unis

L’Arizona constitue l’une des plus importantes sources modernes de péridot.

Peridot Mesa, dans la nation apache San Carlos, a produit de très grandes quantités de matériau gemme.

Le péridot apparaît principalement sous forme de grains et cristaux présents dans des basaltes alcalins et leurs xénolithes mantelliques.

Les pierres sont généralement de dimensions modestes mais peuvent présenter une couleur vert jaunâtre particulièrement attractive.

L’importance de cette production a fait de l’Arizona l’une des provenances les plus familières du marché nord-américain.

Myanmar

Le district de Mogok, au Myanmar, produit certains des péridots les plus réputés.

La région de Pyaung-Gaung est particulièrement connue pour ses grands cristaux.

Contrairement aux petits grains transportés dans des basaltes, le péridot de cette région se trouve dans des roches ultramafiques fortement déformées et serpentinisées.

Des cristaux recristallisés peuvent se développer dans des fissures de tension et atteindre des dimensions remarquables.

Le matériau de Mogok peut être très transparent et présenter un vert relativement saturé.

De grandes pierres facettées sont ainsi possibles à partir des meilleurs cristaux.

Pakistan

Le Pakistan est devenu une importante source de péridot de grande qualité, notamment dans la région du Kohistan.

Les gisements de Sapat sont particulièrement célèbres.

Les cristaux se développent dans des roches ultramafiques de montagne et peuvent être trouvés dans des zones fracturées et déformées.

Certains cristaux atteignent plusieurs centimètres et permettent de tailler des pierres dépassant largement les dimensions habituellement disponibles dans le matériau basaltique.

Les meilleurs péridots pakistanais présentent un vert vif et une très bonne transparence.

Cette combinaison en a fait l’une des principales provenances de haute qualité du marché moderne.

Chine et Vietnam

La Chine et le Vietnam possèdent des gisements de péridot liés principalement aux basaltes.

Dans ces contextes, le magma a transporté vers la surface des fragments de péridotite provenant du manteau.

Le péridot apparaît à l’intérieur de nodules ou directement sous forme de grains dans les roches volcaniques.

Les Hauts Plateaux du centre du Vietnam ont notamment produit du péridot gemme dont la composition et les inclusions ont fait l’objet d’études détaillées.

Les cristaux peuvent contenir de la chromite, de l’hercynite, des inclusions fluides et différentes fractures de tension caractéristiques.

Afrique de l’Est

De nouvelles sources de péridot ont également été documentées en Tanzanie et dans certaines régions voisines.

La qualité peut aller de petits grains jaunâtres à des pierres vertes transparentes de qualité gemme.

Comme pour les autres provenances, le simple pays d’origine ne détermine pas la qualité.

La couleur, la transparence, les dimensions et la qualité de la taille restent les principaux critères d’évaluation.


Le péridot au Québec

L’olivine est bien présente au Québec.

Elle constitue ou constituait à l’origine une partie importante de nombreuses roches ultramafiques de la province, particulièrement les péridotites, dunites, komatiites et certaines intrusions mafiques à ultramafiques.

La situation est toutefois différente pour le péridot gemme transparent.

Géologie Québec documente notamment une olivine primaire dans l’Intrusion de Rocher, dans la Province du Supérieur.

Dans les niveaux de péridotite, l’olivine constitue une phase cumulus importante accompagnée d’orthopyroxène et de clinopyroxène.

Ces roches illustrent parfaitement le type d’environnement dans lequel l’olivine peut représenter une proportion importante de la roche.

D’autres exemples sont connus dans l’Intrusion ultramafique du lac des Montagnes.

La péridotite y montre localement une structure magmatique à cumulat et des reliques d’olivine. Une partie considérable de l’olivine originale a toutefois été transformée en serpentine et en talc.

Des pseudomorphes conservent la forme des anciens cristaux même lorsque leur composition originale a presque complètement disparu.

Ce phénomène est extrêmement fréquent dans les roches ultramafiques québécoises.

À Val-des-Sources, l’ancienne mine Jeffrey est elle aussi associée à de vastes masses de péridotite et de dunite fortement serpentinisées.

Les études géologiques montrent que les roches originales contenaient notamment de l’olivine et des pyroxènes avant leur transformation progressive en serpentine, magnétite, brucite et autres minéraux secondaires.

De nombreuses autres unités ultramafiques de la Province du Supérieur contiennent de l’olivine fraîche, des reliques d’olivine ou des pseudomorphes produits par sa serpentinisation.

Le Québec possède donc sans ambiguïté les environnements géologiques et le minéral olivine.

Cela ne signifie toutefois pas que ces occurrences produisent du péridot gemme.

Pour être commercialisé comme péridot, le matériau doit être suffisamment transparent, présenter une couleur verte attractive et pouvoir être taillé ou poli comme gemme.

Le Québec n’est pas actuellement reconnu comme une provenance commerciale ou classique de péridot gemme comparable à l’Arizona, Mogok ou au Pakistan.

Une pierre présentée comme « péridot du Québec » devrait donc être accompagnée d’une localité précise et d’une documentation démontrant qu’il s’agit réellement d’olivine transparente de qualité gemme plutôt que simplement d’olivine présente dans une péridotite québécoise.


À quoi ressemble un péridot naturel?

Un péridot naturel possède toujours une couleur appartenant à la gamme du vert.

Le ton le plus fréquent est un vert jaunâtre relativement lumineux.

Des pierres vert olive, vert pomme et vert plus pur existent également.

Une importante composante brune est généralement moins recherchée.

À l’état brut, le péridot peut prendre plusieurs apparences selon son gisement.

Dans les basaltes, il est fréquemment observé sous forme de petits grains irréguliers, de nodules verdâtres ou de cristaux contenus dans des fragments de péridotite.

La roche basaltique noire crée alors un contraste très marqué avec l’olivine vert clair.

Dans les gisements du Pakistan et du Myanmar, les cristaux peuvent être beaucoup plus grands.

Ils présentent parfois des faces cristallines naturelles et des formes prismatiques relativement bien développées.

La surface extérieure peut être gravée, mate ou partiellement altérée alors que l’intérieur reste transparent.

Le péridot facetté possède un éclat vitreux et une apparence particulièrement brillante.

Sa forte biréfringence peut produire un léger aspect de dédoublement à l’intérieur de la pierre.

En regardant attentivement les facettes du pavillon à travers la table, certaines arêtes peuvent sembler apparaître deux fois.

Les inclusions varient selon la provenance.

De petits cristaux noirs de chromite ou de spinelle sont relativement fréquents.

Des inclusions fluides peuvent créer des formes arrondies ou irrégulières entourées de fractures en tension.

Certaines structures produisent une apparence appelée lily pad, ou feuille de nénuphar, dans laquelle une inclusion est entourée d’une petite fracture discoïdale.

Ces inclusions constituent un indice classique du péridot naturel, même si leur absence ne signifie évidemment pas qu’une pierre est synthétique.


Comment identifier un péridot?

La couleur vert jaunâtre constitue un premier indice, mais plusieurs pierres peuvent ressembler au péridot.

Une identification fiable repose principalement sur ses indices de réfraction, sa forte biréfringence, sa densité et ses inclusions.

Indices de réfraction

Les indices de réfraction du péridot se situent généralement entre environ 1,654 et 1,690.

Les valeurs précises varient avec la composition.

Une augmentation de la teneur en fer tend notamment à modifier les indices de réfraction.

Cette plage permet de distinguer le péridot de nombreuses autres pierres vertes.

L’émeraude possède des indices sensiblement plus faibles, tandis que plusieurs grenats verts possèdent des valeurs plus élevées.

Forte biréfringence

La biréfringence du péridot atteint environ 0,035 à 0,038.

Cette valeur est suffisamment élevée pour provoquer un dédoublement visible des arêtes des facettes.

À l’aide d’une loupe, on peut observer une arête située sur le pavillon à travers la table puis faire varier légèrement l’angle de vue.

Deux images de la même arête peuvent devenir visibles.

Cette propriété constitue l’un des moyens les plus caractéristiques de reconnaître un péridot facetté.

Densité

La densité est généralement proche de 3,34 pour de nombreux péridots gemmes.

Elle varie cependant avec le rapport magnésium-fer.

Une olivine contenant davantage de fer devient généralement plus dense.

Cette propriété est utile pour distinguer le péridot de l’émeraude, de la chrysoprase ou de nombreuses imitations en verre.

Spectre d’absorption

Le fer produit un spectre d’absorption caractéristique.

Des bandes peuvent notamment apparaître dans la région bleue à bleu-vert du spectre.

Un spectroscope gemmologique permet ainsi d’obtenir un indice supplémentaire sur l’identité d’une pierre.

La combinaison de ces absorptions avec la biréfringence et les indices de réfraction offre généralement une identification solide.

Microscopie

Les inclusions constituent une autre source d’information importante.

De petits cristaux noirs de chromite ou d’autres spinelles peuvent apparaître.

Des inclusions fluides et des fractures de tension sont également fréquentes dans certains matériaux.

Les célèbres inclusions en forme de feuille de nénuphar correspondent généralement à de petites inclusions entourées de fractures discoïdales.

Elles sont particulièrement associées au péridot dans la littérature gemmologique.

Elles ne constituent toutefois pas une caractéristique obligatoire.

Une belle pierre parfaitement propre peut être naturelle.

Analyses de laboratoire

La spectroscopie Raman permet de confirmer directement l’olivine.

Les analyses chimiques peuvent ensuite mesurer les proportions de magnésium, fer, nickel, manganèse, calcium, chrome et autres éléments traces.

Ces données permettent de calculer la proportion de forstérite et de fayalite du cristal.

Dans certains cas, les éléments traces et les inclusions fournissent également des indications sur le type de gisement ou la provenance géographique.


Péridot naturel, synthétique et traitements

Le péridot présente une particularité appréciable sur le marché des gemmes : la grande majorité du matériau commercial est naturel et non traité.

Contrairement au saphir, au rubis, à la tanzanite ou à plusieurs autres pierres, le chauffage n’est pas une méthode courante permettant d’améliorer sa couleur.

Chauffage

Aucun traitement thermique de routine n’est reconnu comme méthode standard pour améliorer le péridot.

Une pierre commercialisée comme « péridot non chauffé » ne possède donc pas nécessairement une rareté supplémentaire.

Cette mention est généralement peu significative puisque les péridots disponibles dans le commerce ne sont normalement pas chauffés pour modifier leur couleur.

La couleur verte observée est donc habituellement naturelle.

Remplissage des fractures

Des traitements visant les fractures existent occasionnellement.

Une substance peut être introduite dans une fissure afin d’en réduire la visibilité et d’améliorer temporairement la transparence apparente.

Ces traitements restent rares comparativement à ceux rencontrés dans certaines autres gemmes.

Ils sont néanmoins importants pour l’entretien.

Une pierre dont les fractures ont été remplies doit éviter la chaleur, les ultrasons et les produits chimiques susceptibles d’endommager ou d’altérer le matériau de remplissage.

Péridot synthétique

Du péridot et de la forstérite peuvent être produits artificiellement en laboratoire.

Des cristaux de forstérite synthétique ont notamment été développés pour différentes applications technologiques, dont certains systèmes laser.

Lorsque ces cristaux contiennent des éléments colorants appropriés, leur couleur peut ressembler à celle du péridot.

Du véritable péridot synthétique possédant une composition d’olivine magnésio-ferrifère a également été produit expérimentalement.

Il demeure toutefois extrêmement rare dans le commerce des bijoux.

La grande disponibilité de péridot naturel rend sa production artificielle beaucoup moins intéressante économiquement que celle du rubis ou du saphir.

Forstérite synthétique

La forstérite synthétique dopée au chrome peut produire une pierre verte pouvant superficiellement ressembler au péridot.

Elle possède toutefois une composition différente puisqu’elle contient beaucoup moins de fer.

Ses indices de réfraction et sa densité sont généralement légèrement inférieurs à ceux du péridot naturel classique.

La spectroscopie permet également d’observer des caractéristiques liées au chrome plutôt que le comportement dominé par le fer du péridot naturel.

Imitations

Le verre vert constitue une imitation simple et courante.

Le verre est optiquement isotrope et ne présente donc pas la forte double réfraction du péridot.

Sa densité, sa dureté et ses inclusions peuvent également être différentes.

Du spinelle synthétique vert, du corindon synthétique et différentes autres pierres artificielles peuvent également être utilisés pour imiter la couleur du péridot.

Une simple mesure d’indice de réfraction permet généralement de les distinguer.

Le principal enjeu pour un acheteur n’est donc pas un important marché de péridot synthétique, mais plutôt la possibilité qu’un matériau vert moins coûteux soit présenté sous le nom de péridot.


Péridot, émeraude, diopside chromifère, tourmaline verte ou chrysoprase?

Plusieurs pierres vertes peuvent être confondues avec le péridot lorsqu’elles sont observées uniquement par leur couleur. Leurs propriétés gemmologiques permettent cependant de les différencier.

Propriété Péridot Émeraude Diopside chromifère Tourmaline verte Chrysoprase
Nature Olivine gemme Béryl vert Diopside riche en chrome Tourmaline verte Calcédoine verte
Composition générale (Mg,Fe)₂SiO₄ Be₃Al₂Si₆O₁₈ CaMgSi₂O₆ Borosilicate complexe SiO₂
Couleur typique Vert jaunâtre à vert olive ou vert pur Vert à vert bleuté Vert intense à vert foncé Vert jaunâtre, vert, vert bleuté Vert pomme à vert bleuâtre
Dureté Mohs 6,5–7 7,5–8 5,5–6 7–7,5 6,5–7
Densité approximative Environ 3,34 Environ 2,7–2,8 Environ 3,2–3,4 Environ 3,0–3,2 Environ 2,6
Indice de réfraction 1,654–1,690 Environ 1,57–1,60 Environ 1,67–1,72 Environ 1,62–1,65 Environ 1,53–1,54
Biréfringence Très forte, 0,035–0,038 Faible à modérée Modérée Forte Agrégat microcristallin
Transparence Transparent à translucide Transparent à translucide Transparent à translucide Transparent à translucide Translucide
Caractéristique principale Forte double réfraction et vert dû au fer Béryl vert au chrome ou vanadium Vert intense mais dureté plus faible Fort pléochroïsme fréquent Calcédoine verte translucide

L’émeraude possède généralement un vert plus froid ou légèrement bleuté, même si certaines pierres peuvent visuellement se rapprocher du péridot.

Ses indices de réfraction sont beaucoup plus faibles et sa densité est sensiblement inférieure.

Le diopside chromifère peut présenter un vert extrêmement saturé.

Ses indices de réfraction peuvent chevaucher une partie de ceux du péridot, mais sa dureté est plus faible et ses autres propriétés optiques permettent de les distinguer.

La tourmaline verte possède souvent un fort pléochroïsme.

Certaines directions peuvent apparaître nettement plus sombres que d’autres. Ses indices de réfraction et sa biréfringence diffèrent également de ceux du péridot.

La chrysoprase est une calcédoine verte principalement translucide.

Elle ne possède normalement pas la transparence et la structure cristalline d’un péridot facetté et présente une densité nettement inférieure.


Qualité, rareté et valeur du péridot

Le péridot n’est généralement pas considéré comme une gemme extrêmement rare dans les petites dimensions.

De nombreux gisements produisent des pierres de quelques carats ou moins.

La rareté augmente cependant rapidement lorsque l’on recherche simultanément une couleur vert intense, une excellente transparence et un poids important.

Il n’existe aucun système universel et officiel attribuant des grades A, AA ou AAA au péridot.

Ces classifications sont commerciales et leurs critères peuvent varier considérablement selon le vendeur.

Couleur

La couleur constitue généralement le critère de qualité le plus important.

Les meilleurs péridots présentent un vert riche et suffisamment saturé avec le moins possible de jaune ou de brun.

Un vert « gazon » relativement pur est traditionnellement considéré comme particulièrement recherché.

La majorité des pierres sont toutefois vert jaunâtre.

Cette couleur est parfaitement naturelle et caractéristique du péridot.

Une légère composante jaune n’empêche donc pas une pierre d’être de très belle qualité.

Les tons brunâtres réduisent généralement l’intérêt gemmologique, particulièrement lorsqu’ils rendent la pierre sombre ou terne.

Transparence

Les péridots de haute qualité sont généralement transparents et propres à l’œil.

De petites inclusions deviennent visibles sous grossissement, mais une pierre facettée de belle qualité ne devrait généralement pas présenter de grandes fractures perturbant sa transparence.

Les inclusions noires ponctuelles de chromite peuvent être observées dans certaines pierres.

Lorsqu’elles sont petites et peu nombreuses, elles n’affectent pas nécessairement fortement la valeur.

Une importante fracture centrale ou plusieurs inclusions facilement visibles à l’œil réduisent davantage la qualité.

Taille

Le péridot peut être taillé dans une grande diversité de formes.

Les ovales, coussins, rondes et tailles émeraude sont fréquents.

La taille doit permettre une bonne circulation de la lumière et éviter une fenêtre centrale importante.

La forte biréfringence doit également être prise en compte.

Certaines orientations peuvent rendre le dédoublement des facettes plus visible.

Un lapidaire expérimenté cherche donc à équilibrer la couleur, la conservation du poids et le comportement optique de la pierre.

Dimensions

Les petites pierres sont relativement courantes.

Les grands péridots de haute qualité deviennent beaucoup plus inhabituels.

Les gisements du Pakistan et du Myanmar sont particulièrement importants parce qu’ils peuvent produire de grands cristaux permettant de facetter des pierres de plusieurs dizaines de carats.

Des péridots dépassant 50 carats existent.

Ils restent toutefois beaucoup plus rares lorsqu’ils conservent une couleur attractive et une excellente transparence.

La grande dimension peut également rendre la couleur plus sombre.

Une pierre épaisse absorbe davantage de lumière qu’une petite pierre du même matériau.

Une taille correctement proportionnée devient donc encore plus importante pour les grands péridots.

Provenance

La provenance peut présenter un intérêt historique ou de collection, mais elle ne remplace pas les critères de qualité.

Un excellent péridot du Pakistan peut être plus intéressant qu’une pierre médiocre provenant d’une localité historiquement célèbre.

Zabargad constitue néanmoins un cas particulier.

La production actuelle y est pratiquement absente et les pierres dont l’origine historique peut être documentée peuvent présenter un intérêt supplémentaire.

Le Myanmar et le Pakistan sont particulièrement réputés pour les grands cristaux et les pierres de haute qualité, tandis que l’Arizona représente une source très importante de péridot commercial.

Inclusions et intérêt de collection

Certaines inclusions peuvent augmenter l’intérêt scientifique d’une pierre même lorsqu’elles diminuent légèrement sa valeur comme gemme parfaitement propre.

Les inclusions de chromite, les fractures en forme de disque et les structures de type « lily pad » sont particulièrement caractéristiques.

Pour un collectionneur spécialisé, une inclusion exceptionnelle et clairement visible peut parfois rendre une pierre beaucoup plus intéressante qu’un spécimen entièrement propre.


Utilisation en joaillerie et entretien

Avec une dureté de 6,5 à 7 sur l’échelle de Mohs et une ténacité passable à bonne, le péridot convient à de nombreux types de bijoux.

Il est couramment utilisé pour les pendentifs, boucles d’oreilles, colliers, bracelets et bagues.

Les pendentifs et boucles d’oreilles constituent les utilisations les moins risquées puisqu’ils sont relativement protégés des impacts.

Les bagues peuvent parfaitement recevoir du péridot, mais elles doivent être portées avec davantage de précautions qu’un bijou en saphir ou en spinelle.

Une monture protégeant les bords et les angles de la pierre réduit le risque d’ébréchure.

Le péridot facetté est de loin l’utilisation la plus courante du matériau transparent.

Les ovales et coussins permettent généralement de conserver une bonne proportion du cristal brut tout en offrant une excellente brillance.

Les matériaux moins transparents peuvent être transformés en cabochons, perles ou objets de collection.

La couleur du péridot est stable à la lumière.

Une exposition normale au soleil ne provoque pas le type de décoloration observé dans certaines pierres photosensibles.

La chaleur doit néanmoins être évitée.

Un chauffage rapide ou inégal peut provoquer des fractures.

Cette précaution est particulièrement importante lors de la réparation d’un bijou.

Le péridot peut également être attaqué par certains acides.

Il est donc préférable d’éviter les produits chimiques agressifs et de retirer les bijoux avant l’utilisation de nettoyants ménagers.

L’exposition répétée à des environnements acides n’est pas recommandée.

Les appareils à ultrasons et les nettoyeurs à vapeur devraient être évités, particulièrement lorsqu’une pierre contient des inclusions ou des fractures.

Les changements rapides de température et les vibrations peuvent provoquer ou agrandir une fissure.

La méthode d’entretien la plus sûre consiste à utiliser de l’eau tiède, une petite quantité de savon doux et une brosse souple.

La pierre peut ensuite être rincée rapidement et séchée avec un chiffon doux.

Un péridot dont les fractures ont été remplies doit être entretenu uniquement de cette manière afin de ne pas altérer le traitement.

Pour le rangement, il est préférable de séparer le péridot des pierres plus dures.

Un saphir, un spinelle ou un diamant peut facilement rayer sa surface lors d’un contact répété.

Avec un entretien adapté, le péridot constitue néanmoins une excellente pierre de joaillerie. Sa couleur naturellement verte, sa forte double réfraction et surtout son origine souvent liée aux roches profondes du manteau lui donnent une identité très différente de celle des autres grandes gemmes vertes.

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