Turquoise : le guide de référence
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La turquoise est un phosphate hydraté de cuivre et d’aluminium célèbre pour ses couleurs allant du bleu ciel au bleu-vert et au vert. Utilisée comme pierre ornementale depuis plusieurs millénaires, elle possède une apparence très différente des gemmes transparentes classiques : elle est généralement opaque à légèrement translucide, avec un éclat cireux et parfois des veines sombres provenant directement de sa roche encaissante.
Sa couleur est directement liée à sa composition chimique. Le cuivre joue un rôle essentiel dans les teintes bleues caractéristiques, tandis qu’une proportion croissante de fer peut déplacer la couleur vers le vert. Les plus beaux matériaux présentent une texture compacte, une faible porosité et une couleur uniforme suffisamment intense pour produire un excellent poli.
La turquoise se forme principalement comme minéral secondaire dans les zones d’altération de gisements riches en cuivre, particulièrement dans les régions arides où des eaux souterraines transportent le cuivre à travers des roches contenant de l’aluminium et du phosphore. L’Iran, la Chine et le sud-ouest des États-Unis comptent parmi ses grandes provenances historiques et modernes.
La turquoise en bref
| Propriété | Donnée |
|---|---|
| Nom | Turquoise |
| Espèce minérale | Turquoise |
| Formule chimique idéale | CuAl₆(PO₄)₄(OH)₈·4H₂O |
| Classe minérale | Phosphates |
| Groupe minéral | Groupe de la turquoise |
| Système cristallin | Triclinique |
| Couleurs | Bleu ciel, bleu turquoise, bleu-vert, vert, vert grisâtre |
| Principal élément responsable du bleu | Cuivre Cu²⁺ |
| Élément pouvant favoriser les tons verts | Fer substituant une partie de l’aluminium |
| Trait | Blanc à bleu verdâtre très pâle |
| Dureté | 5 à 6 sur l’échelle de Mohs |
| Densité | Environ 2,6 à 2,8 |
| Indice de réfraction | Généralement autour de 1,61 à 1,65 |
| Éclat | Cireux à subvitreux, parfois terne à l’état brut |
| Transparence | Généralement opaque, parfois translucide |
| Clivage | Parfait dans une direction et bon dans une autre à l’échelle cristalline |
| Fracture | Irrégulière à subconchoïdale |
| Ténacité | Variable, généralement meilleure dans les matériaux compacts |
| Forme naturelle habituelle | Masses compactes, nodules, croûtes et remplissages de fractures |
| Cristaux bien formés | Rares et généralement microscopiques |
| Matrice | Fragments ou veinules de la roche encaissante présents dans la turquoise |
| Traitements fréquents | Cire, huile, polymères, stabilisation, teinture |
| Principales provenances | Iran, Chine, États-Unis, Égypte, Mexique |
| Provenance commerciale reconnue au Québec | Non |
Les propriétés peuvent varier légèrement selon la porosité, la composition et la quantité de minéraux associés. Une turquoise extrêmement compacte peut par exemple présenter une dureté et une densité supérieures à celles d’un matériau très poreux de qualité inférieure.
Qu’est-ce que la turquoise?
La turquoise est une véritable espèce minérale appartenant à la classe des phosphates. Sa formule idéale est CuAl₆(PO₄)₄(OH)₈·4H₂O.
Elle contient donc du cuivre, de l’aluminium, du phosphore, de l’oxygène, de l’hydrogène et de l’eau intégrée à sa structure.
Contrairement au lapis-lazuli, qui est une roche composée de plusieurs minéraux, la turquoise possède une identité minéralogique propre.
Dans la pratique, le matériau gemme peut néanmoins être très finement mélangé à d’autres phosphates, à des oxydes de fer et à des fragments de roche encaissante.
La turquoise naturelle forme rarement de grands cristaux visibles à l’œil nu.
Elle se présente principalement sous forme de masses microcristallines ou cryptocrystallines.
Les minuscules cristaux sont tellement petits qu’une pierre polie semble être constituée d’une seule matière compacte et homogène.
Cette texture explique également sa porosité variable.
Lorsque les cristaux sont très étroitement imbriqués, la turquoise peut être dense, relativement dure et capable de prendre un excellent poli.
Lorsque la structure contient davantage de pores, le matériau devient plus tendre, plus mat et plus susceptible d’absorber des huiles, des colorants ou des polymères.
La turquoise appartient à un groupe minéral comprenant plusieurs espèces chimiquement apparentées.
Des substitutions entre le cuivre, le zinc, le fer et différents éléments produisent des compositions intermédiaires extrêmement complexes.
Cette réalité explique pourquoi le matériau commercial appelé turquoise n’est pas toujours chimiquement identique à la composition idéale de l’espèce.
Une identification rigoureuse peut donc nécessiter des analyses minéralogiques plutôt qu’une simple inspection visuelle.
Pourquoi la turquoise est-elle bleue ou verte?
La couleur de la turquoise dépend principalement des éléments de transition présents dans sa structure, notamment le cuivre et le fer.
La turquoise idéale contient du cuivre Cu²⁺ comme constituant essentiel.
Ce cuivre interagit avec la lumière visible et produit les teintes bleues caractéristiques du minéral.
Le rôle du cuivre Cu²⁺
Le cuivre n’est pas une simple impureté dans la turquoise.
Il constitue une partie fondamentale de sa formule chimique.
Les ions Cu²⁺ absorbent certaines longueurs d’onde de la lumière visible en raison des transitions électroniques permises dans leur environnement cristallin.
La lumière transmise ou réfléchie par la pierre apparaît alors bleue à bleu-vert.
Une turquoise présentant une composition proche de l’idéal et relativement peu de fer peut ainsi posséder un bleu clair à moyen particulièrement pur.
Les teintes traditionnellement décrites comme bleu ciel ou bleu « œuf de merle » correspondent à certaines des couleurs les plus célèbres du matériau.
Le rôle du fer
Le fer peut remplacer une partie de l’aluminium dans la structure.
À mesure que cette substitution devient importante, la couleur tend généralement à devenir plus verte.
Une pierre bleu-vert peut donc représenter une composition dans laquelle l’influence du cuivre est accompagnée d’une quantité plus importante de fer.
Les turquoises franchement vertes existent également.
Elles ne doivent pas automatiquement être considérées comme altérées ou traitées.
Le vert peut être entièrement naturel.
Les préférences commerciales ont historiquement favorisé les bleus moyens relativement purs, mais certaines turquoises vertes de qualité sont aujourd’hui recherchées pour leur apparence particulière.
Pourquoi certaines turquoises sont-elles pâles?
L’intensité de la couleur dépend également de la structure physique du matériau.
Une turquoise poreuse diffuse davantage la lumière.
Elle peut donc paraître beaucoup plus pâle et crayeuse qu’une turquoise dense possédant une composition chimique comparable.
La présence de minéraux blancs ou d’autres phosphates peut également éclaircir l’apparence générale.
Les matériaux très pâles sont fréquemment stabilisés ou teints avant leur commercialisation.
Une turquoise compacte naturellement saturée possède généralement davantage de valeur.
Pourquoi certaines turquoises changent-elles de couleur avec le temps?
La porosité permet à la turquoise d’absorber différentes substances.
Les huiles naturelles de la peau, les cosmétiques, la transpiration et différents produits chimiques peuvent pénétrer progressivement dans certaines pierres.
Le matériau peut alors devenir plus sombre ou légèrement plus vert avec le temps.
Ce changement n’est pas nécessairement une transformation de la structure cristalline.
Il peut simplement résulter de l’absorption de substances dans les pores.
Les turquoises très compactes sont beaucoup moins sensibles à ce phénomène que les qualités poreuses.
Couleur et texture
La couleur ne doit donc jamais être évaluée indépendamment de la texture.
Une turquoise bleue intense mais extrêmement poreuse et friable ne possède pas nécessairement la même qualité qu’une pierre légèrement moins saturée mais parfaitement compacte.
Les meilleurs matériaux combinent généralement une belle couleur avec une texture fine et une faible porosité.
Composition chimique et structure cristalline
La formule idéale de la turquoise est CuAl₆(PO₄)₄(OH)₈·4H₂O.
Elle appartient aux phosphates hydratés et contient plusieurs groupes chimiques différents intégrés à sa structure.
Le cuivre occupe un site essentiel et contribue fortement à la couleur.
L’aluminium représente une part importante de la structure et peut être partiellement remplacé par du fer.
Le phosphore est présent sous forme de groupes phosphate PO₄.
Les groupes hydroxyles OH et les molécules d’eau complètent la structure.
La turquoise cristallise dans le système triclinique.
Il s’agit du système cristallin possédant la symétrie la plus faible parmi les sept systèmes classiques.
Les trois axes cristallographiques possèdent des longueurs différentes et aucun angle entre eux n’est nécessairement égal à 90°.
Cette structure est toutefois rarement visible extérieurement.
La majorité des turquoises sont composées d’innombrables cristaux microscopiques plutôt que de grands cristaux individuels.
À l’œil nu, une masse paraît donc compacte et sans forme cristalline définie.
Des substitutions chimiques sont fréquentes.
Le fer Fe³⁺ peut notamment remplacer une partie de l’aluminium Al³⁺.
Le zinc peut remplacer une partie du cuivre.
Ces variations créent des compositions intermédiaires avec d’autres membres du groupe de la turquoise.
Cette complexité est suffisamment importante pour que certaines pierres traditionnellement vendues comme turquoise soient en réalité constituées d’un mélange extrêmement fin de plusieurs phosphates apparentés.
L’eau joue elle aussi un rôle fondamental.
Elle n’est pas simplement emprisonnée accidentellement dans des pores : une partie appartient directement à la structure cristalline du minéral.
Une chaleur excessive peut donc provoquer des modifications irréversibles.
Cette sensibilité doit être prise en compte pendant la réparation et le nettoyage des bijoux.
Propriétés physiques et optiques
La turquoise possède une dureté généralement comprise entre 5 et 6 sur l’échelle de Mohs.
Cette valeur dépend sensiblement de la texture.
Les matériaux denses et compacts peuvent se rapprocher de 6.
Les turquoises poreuses peuvent être nettement plus tendres et parfois suffisamment friables pour nécessiter une stabilisation avant d’être utilisées en joaillerie.
La densité se situe généralement entre environ 2,6 et 2,8.
Une turquoise de qualité gemme compacte présente souvent une valeur proche de 2,7 à 2,8.
Un matériau très poreux peut présenter une densité apparente inférieure en raison des nombreux espaces présents dans sa structure.
Les indices de réfraction sont généralement compris entre environ 1,61 et 1,65.
En pratique, la majorité des turquoises sont opaques ou presque opaques.
Une lecture ponctuelle au réfractomètre est donc généralement utilisée plutôt qu’une mesure complète des différents indices cristallographiques.
La turquoise est cristallographiquement anisotrope puisque son système est triclinique.
Sa structure microcristalline et son opacité rendent toutefois la biréfringence impossible à observer directement dans la majorité des pierres de joaillerie.
L’éclat varie avec la texture.
Une pierre compacte correctement polie peut présenter un éclat cireux à subvitreux particulièrement agréable.
Un matériau poreux possède une surface beaucoup plus terne et crayeuse.
Le clivage existe à l’échelle du cristal individuel, mais les masses microcristallines utilisées comme gemmes ne se comportent pas comme de grands monocristaux.
La fracture globale est généralement irrégulière à subconchoïdale.
La ténacité varie elle aussi.
Une turquoise fine, compacte et peu fracturée peut présenter une résistance convenable pour une pierre ornementale.
Une turquoise poreuse ou traversée par beaucoup de matrice peut être beaucoup plus fragile.
Comment se forme la turquoise?
La turquoise est principalement un minéral secondaire formé près de la surface terrestre.
Elle apparaît lorsque des eaux souterraines chargées en cuivre circulent dans des roches contenant simultanément des sources d’aluminium et de phosphore.
Les régions arides et semi-arides sont particulièrement favorables parce que les minéraux secondaires peuvent y être conservés sans être rapidement dissous ou profondément transformés.
Altération des minéraux de cuivre
Un gisement contenant de la chalcopyrite ou différents autres minerais cuprifères peut subir une oxydation près de la surface.
L’eau et l’oxygène déstabilisent progressivement les sulfures.
Le cuivre est libéré et peut être transporté sous forme d’ions dissous par les eaux souterraines.
Ces solutions descendent dans les fractures et les pores de la roche.
Si elles rencontrent les conditions chimiques appropriées, le cuivre peut être réutilisé dans de nouveaux minéraux secondaires comme la turquoise, la malachite, l’azurite ou la chrysocolle.
Le minéral effectivement formé dépend du pH, de la composition des eaux et des éléments disponibles.
Source d’aluminium
La turquoise exige une quantité importante d’aluminium.
Celui-ci peut provenir de l’altération de feldspaths et d’autres silicates alumineux présents dans la roche encaissante.
Lorsque ces minéraux se décomposent sous l’action de l’eau, une partie de leur aluminium devient disponible pour de nouvelles réactions.
Une roche riche en feldspath peut donc contribuer aux éléments nécessaires à la formation de la turquoise.
Source de phosphore
Le phosphore représente un autre élément indispensable.
Il peut provenir de l’altération de l’apatite ou d’autres minéraux phosphatés.
Dans certaines régions, des matériaux biologiques ou sédimentaires peuvent également participer localement au cycle du phosphore.
Lorsque des solutions contenant simultanément cuivre, aluminium et phosphate atteignent une composition favorable, la turquoise peut précipiter.
Remplissage des fractures
La turquoise se développe fréquemment dans les fractures, les cavités et les zones poreuses de la roche.
Elle peut former de petites veines de quelques millimètres à plusieurs centimètres d’épaisseur.
Lorsqu’une masse est extraite, des fragments de la roche originale peuvent rester emprisonnés.
Cette roche encaissante devient ce que le commerce appelle la matrice.
La matrice peut être brune, noire, beige ou d’autres couleurs selon le gisement.
Conditions arides
Les grandes régions productrices sont fréquemment sèches.
Ce contexte n’est pas accidentel.
Les environnements arides permettent aux solutions de circuler puis de s’évaporer ou de devenir suffisamment concentrées pour précipiter différents minéraux secondaires.
Ils favorisent également la conservation de la turquoise près de la surface.
Dans un climat extrêmement humide, les mêmes composés peuvent être lessivés plus efficacement ou évoluer vers d’autres assemblages minéralogiques.
Où trouve-t-on la turquoise dans le monde?
La turquoise est surtout associée aux régions arides possédant des gisements de cuivre et des roches capables de fournir suffisamment d’aluminium et de phosphore. L’Iran constitue sa provenance historique la plus célèbre, tandis que la Chine est aujourd’hui l’une des grandes sources commerciales. Le sud-ouest des États-Unis possède également une tradition minière et joaillière particulièrement importante.
Iran
La région de Nishapur, dans le nord-est de l’Iran, constitue l’une des provenances les plus célèbres de l’histoire de la turquoise.
Le matériau y est exploité depuis des siècles.
Certaines pierres présentent un bleu moyen remarquablement uniforme avec très peu de matrice.
Cette couleur a contribué à créer l’expression commerciale « bleu persan ».
Le terme est aujourd’hui utilisé pour décrire une couleur même lorsque la pierre ne provient pas réellement d’Iran.
La turquoise iranienne peut également contenir de la matrice.
La qualité varie donc comme dans n’importe quel autre gisement.
La réputation de Nishapur repose surtout sur la capacité de certaines zones à produire une turquoise compacte et intensément bleue.
Chine
La Chine constitue aujourd’hui une source commerciale majeure.
La province du Hubei est particulièrement importante et produit de grandes quantités de turquoise.
Des gisements sont également connus dans plusieurs autres régions, dont le Xinjiang, l’Anhui, le Henan et le Shaanxi.
Les couleurs peuvent aller du bleu au vert.
Une matrice sombre riche en oxydes de fer est fréquente dans certains matériaux.
Elle peut former de fines lignes entrecroisées produisant l’apparence dite spiderweb, ou toile d’araignée.
La Chine produit simultanément des turquoises compactes de haute qualité et des matériaux beaucoup plus poreux destinés à être stabilisés ou traités.
États-Unis
Le sud-ouest des États-Unis possède une longue histoire liée à la turquoise.
Le Nevada est particulièrement célèbre pour le nombre de ses gisements.
Les matériaux peuvent présenter des bleus, des bleu-verts et des verts extrêmement variés, souvent avec une matrice brune ou noire.
Certaines mines sont connues pour un motif particulier de matrice et deviennent très recherchées auprès des collectionneurs.
L’Arizona représente une autre région importante.
La mine Sleeping Beauty, près de Globe, est devenue célèbre pour une turquoise bleu ciel relativement uniforme avec peu de matrice.
La mine n’est plus une grande source active comparable à son importance historique, ce qui a contribué à augmenter l’intérêt pour le matériau ancien correctement documenté.
Le Nouveau-Mexique possède également plusieurs sources historiques.
La turquoise a joué un rôle majeur dans les traditions artisanales et joaillières de nombreuses communautés autochtones du sud-ouest nord-américain.
Égypte
Le Sinaï possède certaines des plus anciennes exploitations de turquoise connues.
Le matériau était déjà extrait dans l’Antiquité égyptienne.
Des mines historiques existent notamment dans les secteurs de Wadi Maghara et de Serabit el-Khadim.
Les anciennes turquoise égyptiennes démontrent à quel point cette pierre possède une histoire d’utilisation exceptionnellement longue.
Des objets datant de plusieurs millénaires conservent encore leur couleur.
Mexique
Le Mexique possède également plusieurs occurrences.
La turquoise peut être associée aux zones d’altération de gisements de cuivre dans les régions arides du nord.
Les matériaux montrent une gamme de bleus et de verts ainsi que différentes matrices.
Le pays possède également une longue histoire précolombienne d’utilisation de la turquoise dans les mosaïques, bijoux et objets cérémoniels.
Autres régions
Des occurrences sont documentées au Chili, en Australie, au Kazakhstan et dans plusieurs autres régions du monde.
Toutes ne possèdent toutefois pas la qualité ou les volumes nécessaires pour alimenter un marché international important.
La présence minéralogique de turquoise dans une localité ne signifie donc pas nécessairement qu’elle constitue une provenance de turquoise gemme.
La turquoise au Québec
Le Québec n’est pas reconnu comme une provenance classique ou commerciale de turquoise gemme.
Cette distinction mérite d’être précisée puisque la province possède de nombreux gisements de cuivre ainsi qu’une grande diversité de phosphates et de minéraux d’aluminium.
Les ingrédients nécessaires à la formation de la turquoise peuvent donc exister séparément dans plusieurs environnements québécois.
Les districts miniers de l’Abitibi, de la Gaspésie, du Nunavik et d’autres régions contiennent d’importantes minéralisations cuprifères.
La malachite, l’azurite, la chrysocolle et différents produits secondaires du cuivre sont documentés dans certaines zones d’oxydation.
La présence de cuivre altéré ne signifie toutefois pas automatiquement que de la turquoise se formera.
Le minéral nécessite simultanément une chimie riche en aluminium et en phosphore ainsi que des conditions particulières de circulation des eaux.
Le climat et l’histoire géologique du Québec diffèrent également fortement de ceux des grandes régions classiques de turquoise.
Les célèbres gisements de l’Iran, du Nevada, de l’Arizona et de Chine sont souvent associés à des contextes arides dans lesquels les phosphates secondaires peuvent être conservés près de la surface.
Le Québec a subi de longues périodes glaciaires, une forte érosion et des conditions généralement beaucoup plus humides.
Ces facteurs ne rendent pas théoriquement impossible la formation du minéral, mais ils sont beaucoup moins caractéristiques des grands gisements de turquoise gemme.
Le Québec possède également de nombreux minéraux bleu-vert pouvant être confondus visuellement avec la turquoise.
La chrysocolle constitue probablement l’exemple le plus évident dans les zones riches en cuivre.
Des minéraux comme l’apatite, l’amazonite et certaines phases secondaires de cuivre peuvent eux aussi présenter des couleurs bleu-vert.
Une pierre québécoise de couleur turquoise ne doit donc pas être identifiée comme turquoise uniquement en raison de son apparence.
À l’heure actuelle, le Québec ne constitue pas une provenance établie de turquoise naturelle utilisée commercialement en joaillerie.
Une pierre présentée comme « turquoise du Québec » devrait donc être accompagnée d’une localité précise et d’analyses minéralogiques confirmant l’espèce.
À quoi ressemble une turquoise naturelle?
Une turquoise naturelle peut présenter une gamme de couleurs beaucoup plus large que le bleu ciel classique.
Les pierres peuvent être bleu pâle, bleu moyen, bleu légèrement verdâtre, vert bleuâtre ou franchement vertes.
La couleur peut être parfaitement uniforme ou présenter plusieurs nuances dans une même masse.
Le matériau est généralement opaque.
Les meilleures qualités peuvent être très légèrement translucides sur les bords minces, mais la turquoise ne possède normalement pas la transparence d’une pierre facettée comme le saphir ou le spinelle.
La surface brute possède souvent un aspect mat à cireux.
Un excellent matériau compact peut prendre un poli beaucoup plus brillant.
La turquoise se rencontre fréquemment avec sa matrice.
Des lignes brunes, noires, jaunes ou beige peuvent traverser la pierre.
Elles correspondent à la roche dans laquelle la turquoise s’est formée.
La matrice n’est donc pas nécessairement une inclusion apparue dans le cristal : elle représente souvent des fragments et veinules de la roche encaissante entourés ou cimentés par la turquoise.
Les motifs peuvent être extrêmement variables.
Certaines pierres contiennent seulement quelques larges zones sombres.
D’autres présentent un réseau de très fines lignes entrecroisées appelé spiderweb turquoise.
Une matrice noire fortement contrastée avec un bleu intense peut être particulièrement recherchée par certains collectionneurs.
D’autres acheteurs préfèrent au contraire une turquoise totalement uniforme sans aucune matrice visible.
La texture constitue un autre critère important.
Une turquoise dense semble compacte et prend un poli lisse.
Une pierre poreuse peut présenter de minuscules trous, une surface crayeuse et une couleur moins saturée.
Ces matériaux sont beaucoup plus susceptibles d’être stabilisés avant leur mise en marché.
Comment identifier une turquoise?
L’identification d’une turquoise repose sur une combinaison de couleur, texture, densité, indice de réfraction et analyses spectroscopiques.
La couleur seule ne constitue jamais une preuve suffisante, puisque plusieurs minéraux et matériaux artificiels peuvent être bleu-vert.
Texture
La turquoise naturelle possède généralement une texture microcristalline ou cryptocrystalline.
Sous grossissement, une pierre peut présenter de légères variations de couleur, des pores et une structure granulaire extrêmement fine.
La matrice naturelle est irrégulière.
Elle suit les fractures et fragments de la roche encaissante plutôt que de former des dessins parfaitement répétitifs.
Une matrice trop uniforme ou ressemblant à une peinture appliquée sur la surface peut indiquer une imitation ou un matériau composite.
Dureté
La dureté se situe entre 5 et 6.
Une turquoise compacte de haute qualité se trouve généralement vers la partie supérieure de cette plage.
Les matériaux extrêmement poreux peuvent être plus tendres.
Un test de rayure reste destructif et ne devrait jamais être effectué sur un bijou ou une pierre de valeur.
Cette propriété sert surtout à écarter certains matériaux beaucoup plus tendres ou plus durs.
Densité
La densité se situe généralement autour de 2,6 à 2,8.
Un matériau extrêmement poreux peut présenter une valeur apparente inférieure.
Une turquoise imprégnée de résine peut elle aussi présenter une densité différente du matériau naturel non traité.
La densité constitue donc un indice utile mais doit être interprétée avec les autres propriétés.
Indice de réfraction
Une turquoise produit généralement une lecture ponctuelle autour de 1,61 à 1,65.
Cette valeur est particulièrement utile pour la distinguer de la howlite teinte, de certaines chrysocolles et de nombreux verres ou plastiques.
La surface doit être suffisamment bien polie pour permettre une mesure fiable.
Observation de la matrice
Une véritable matrice doit appartenir à la roche naturelle associée à la turquoise.
Elle peut contenir des oxydes de fer, du quartz et différents minéraux.
Sous grossissement, les contacts entre turquoise et matrice sont généralement complexes et irréguliers.
Des produits composites peuvent imiter cette apparence en mélangeant des fragments de turquoise, de la résine et même de la pyrite broyée.
Une simple matrice sombre n’est donc pas une preuve absolue d’origine naturelle.
Spectroscopie
La spectroscopie infrarouge constitue l’une des méthodes les plus utiles.
Elle permet d’identifier les bandes caractéristiques de la turquoise et peut également révéler la présence de polymères utilisés pour la stabilisation.
La spectroscopie Raman permet elle aussi de confirmer l’identité minérale et de différencier la turquoise de plusieurs phosphates apparentés.
Analyse chimique
La fluorescence X et les différentes méthodes de microanalyse permettent de détecter le cuivre, l’aluminium, le phosphore, le fer, le zinc et les autres constituants.
Ces analyses deviennent particulièrement importantes lorsque la composition se rapproche d’autres membres du groupe de la turquoise.
Elles peuvent également apporter des indices sur la provenance géographique lorsqu’elles sont combinées à l’étude des éléments traces.
Turquoise naturelle, synthétique et traitements
La turquoise figure parmi les pierres ornementales pour lesquelles les traitements sont particulièrement importants.
Sa structure souvent poreuse permet à des huiles, cires, colorants et polymères de pénétrer dans la matière.
Ces traitements peuvent modifier à la fois la couleur, le poli et la durabilité.
Turquoise naturelle non traitée
Une turquoise naturelle non traitée est extraite, coupée et polie sans imprégnation destinée à modifier sa structure.
Les qualités suffisamment compactes peuvent produire un excellent poli sans nécessiter de stabilisation.
Ces matériaux représentent généralement les turquoises les plus recherchées lorsqu’ils possèdent également une belle couleur.
La texture dense limite l’absorption des huiles et produits chimiques.
Une pierre de haute qualité reste néanmoins sensible à certains produits et doit être entretenue avec prudence.
Cirage
Le cirage constitue un traitement ancien et relativement simple.
La turquoise est imprégnée ou recouverte d’une cire permettant d’améliorer son éclat et parfois d’intensifier légèrement sa couleur.
La cire remplit une partie des pores superficiels et diminue temporairement la capacité du matériau à absorber d’autres substances.
Le traitement peut toutefois être affecté par la chaleur et les solvants.
Il peut également diminuer avec le temps et l’usure.
Huilage
L’huile peut être utilisée pour assombrir légèrement la turquoise et réduire l’apparence de certaines zones pâles.
Comme la cire, elle pénètre les pores.
L’effet peut devenir moins visible avec le temps si l’huile migre ou disparaît progressivement.
Une pierre huilée doit être protégée des solvants et de la chaleur.
Stabilisation par polymère
La stabilisation constitue l’un des traitements les plus importants du marché moderne.
Une turquoise poreuse est imprégnée de résine ou de polymère.
Le produit remplit les espaces internes et durcit.
Le matériau devient plus solide, moins absorbant et plus facile à polir.
La couleur devient également souvent plus saturée puisque les pores remplis diffusent moins la lumière.
Une turquoise stabilisée reste constituée de turquoise naturelle.
Elle a toutefois été fortement modifiée afin d’améliorer ses propriétés.
Le traitement doit donc être distingué d’une turquoise naturellement compacte.
Teinture
Les matériaux pâles peuvent être teints en bleu ou dans d’autres couleurs.
La teinture peut être réalisée seule ou simultanément avec une imprégnation de polymère.
Une accumulation de colorant dans les fractures, les pores ou autour des trous de perçage constitue un indice possible.
Les analyses spectroscopiques permettent de confirmer de nombreux traitements lorsque l’observation visuelle reste insuffisante.
Procédé Zachery et traitements apparentés
Le procédé Zachery représente un traitement spécialisé destiné à modifier la turquoise tout en conservant principalement sa matière minérale originale.
Il réduit la porosité et peut améliorer la couleur ainsi que la capacité de la pierre à prendre un poli.
Des traitements électrochimiques apparentés ont également été développés.
La détection peut être beaucoup plus difficile que celle d’une simple imprégnation de résine.
Une analyse en laboratoire est donc préférable pour les pierres importantes.
Turquoise dite « porcelaine » traitée
Des procédés modernes peuvent produire une surface extrêmement compacte et brillante, parfois décrite comme un aspect de porcelaine.
Le traitement modifie la structure poreuse et peut améliorer fortement le poli et la saturation de la couleur.
Il ne faut pas confondre ce terme commercial avec une véritable porcelaine ou une céramique imitant la turquoise.
Turquoise synthétique
Des matériaux contenant de la turquoise synthétique ont été produits en laboratoire.
Leur identification peut être difficile lorsque leur composition et leurs propriétés se rapprochent fortement du matériau naturel.
Les méthodes de laboratoire comme la diffraction des rayons X, la spectroscopie infrarouge et la microscopie permettent de les distinguer.
Le marché contient toutefois beaucoup plus d’imitations et de matériaux reconstitués que de véritable turquoise synthétique.
Turquoise reconstituée
Des fragments ou de la poudre de turquoise peuvent être mélangés à une résine puis comprimés afin de produire un nouveau matériau.
La pierre obtenue contient réellement de la turquoise mais n’est plus un morceau naturel intact.
Une proportion importante de polymère peut considérablement modifier sa densité, sa dureté et son comportement au polissage.
Sous grossissement, des limites entre fragments, des bulles et une matrice artificielle peuvent parfois être visibles.
Howlite et magnésite teintes
La howlite et la magnésite constituent deux imitations extrêmement fréquentes.
Ces matériaux sont naturellement blancs et poreux.
Ils acceptent facilement un colorant bleu et peuvent contenir des veines sombres rappelant la matrice d’une turquoise.
Leur composition, leur dureté, leur densité et leur indice de réfraction permettent cependant de les distinguer.
Imitations en céramique
Des céramiques bleu turquoise sont également fabriquées.
Certaines possèdent une structure fine suffisamment convaincante pour imiter une turquoise homogène.
Elles peuvent même contenir une matrice artificielle.
La microscopie et les propriétés physiques permettent généralement de reconnaître le caractère manufacturé de ces produits.
Turquoise, variscite, chrysocolle, howlite ou amazonite?
Plusieurs pierres bleu-vert ou vertes peuvent être confondues avec la turquoise. Leur composition, leur dureté et leur structure permettent toutefois de les différencier.
| Propriété | Turquoise | Variscite | Chrysocolle | Howlite | Amazonite |
|---|---|---|---|---|---|
| Nature | Espèce minérale | Espèce minérale | Matériau/minéral hydraté riche en cuivre de composition variable | Espèce minérale | Variété verte à bleu-vert de microcline |
| Composition principale | CuAl₆(PO₄)₄(OH)₈·4H₂O | AlPO₄·2H₂O | Silicate hydraté riche en cuivre, composition variable | Ca₂B₅SiO₉(OH)₅ | KAlSi₃O₈ |
| Couleur typique | Bleu à vert | Vert pomme à bleu-vert | Bleu, turquoise à vert | Blanche naturellement, souvent teinte en bleu | Vert à bleu-vert |
| Dureté Mohs | 5–6 | Environ 3,5–4,5 | Environ 2,5–3,5, variable | Environ 3,5 | 6–6,5 |
| Densité approximative | 2,6–2,8 | Environ 2,5–2,6 | Souvent autour de 2,0–2,4 | Environ 2,5–2,6 | Environ 2,56–2,58 |
| Éclat | Cireux à subvitreux | Cireux à vitreux | Cireux à vitreux | Subvitreux à crayeux | Vitreux |
| Transparence | Généralement opaque | Translucide à opaque | Translucide à opaque | Généralement opaque | Translucide à opaque |
| Caractéristique principale | Bleu lié au cuivre et texture compacte possible | Généralement verte et sans cuivre essentiel | Plus tendre et souvent bleu-vert | Blanche naturellement et très souvent teinte | Feldspath plus dur avec clivage |
| Traitement trompeur fréquent | Stabilisation et teinture | Teinture possible | Stabilisation possible | Teinture bleue imitant la turquoise | Peu utilisée comme imitation directe |
La variscite constitue l’une des pierres naturelles les plus proches visuellement.
Il s’agit elle aussi d’un phosphate hydraté, mais sa formule ne contient pas de cuivre essentiel.
Elle présente souvent une couleur verte à vert bleuâtre.
Sa dureté est généralement inférieure à celle d’une turquoise compacte.
La chrysocolle contient du cuivre et peut présenter exactement certaines des teintes bleu-vert associées à la turquoise.
Elle est toutefois généralement plus tendre et plus légère.
Les matériaux siliceux contenant de la chrysocolle peuvent devenir beaucoup plus durs, ce qui complique parfois l’identification visuelle.
La howlite est probablement l’imitation la plus connue.
Elle est naturellement blanche avec des veines grises ou noires.
Une fois teinte en bleu, elle peut ressembler fortement à une turquoise avec matrice.
La couleur accumulée dans les fissures et sa faible dureté constituent des indices importants.
L’amazonite est un feldspath.
Elle possède une dureté supérieure, un éclat davantage vitreux et deux directions de clivage bien développées.
Sa couleur bleu-vert peut rappeler la turquoise mais sa texture est généralement très différente.
Qualité, rareté et valeur de la turquoise
La turquoise est relativement répandue comme espèce minérale, mais les qualités naturellement compactes présentant simultanément une couleur intense, une texture fine et peu de défauts sont beaucoup plus rares.
La valeur dépend principalement de la couleur, de la texture, de la présence ou non de traitements, de la matrice et parfois de la provenance.
Il n’existe aucun système universel reconnu attribuant officiellement des grades A, AA ou AAA à la turquoise.
Ces appellations sont commerciales et peuvent varier considérablement d’un vendeur à l’autre.
Couleur
Le bleu moyen intense et uniforme constitue traditionnellement la couleur la plus recherchée.
Les teintes souvent décrites comme bleu ciel ou « œuf de merle » possèdent une longue réputation.
Un bleu pur sans forte composante verte est généralement privilégié dans l’évaluation classique.
Cette préférence n’est toutefois pas absolue.
Les turquoises bleu-vert et vertes possèdent aujourd’hui leur propre marché.
Certaines variétés vert pomme ou vert avocat sont spécifiquement recherchées par des créateurs et collectionneurs.
L’intensité et l’harmonie de la couleur restent donc plus importantes qu’une règle universelle imposant le bleu.
Texture
La texture constitue probablement le facteur le plus important après la couleur.
Une turquoise extrêmement compacte prend un excellent poli et résiste mieux à l’usure.
Une pierre poreuse peut sembler crayeuse et absorber facilement des huiles.
Les matériaux naturellement denses sont généralement beaucoup plus recherchés parce qu’ils n’ont pas besoin d’être stabilisés pour devenir utilisables en joaillerie.
Une couleur légèrement moins spectaculaire dans une turquoise compacte peut donc être préférable à un bleu très vif obtenu sur un matériau fortement traité.
Matrice
La perception de la matrice dépend fortement des préférences et du marché.
Dans l’évaluation classique, une turquoise parfaitement uniforme sans matrice visible est généralement considérée comme particulièrement fine.
Les grandes surfaces bleu pur sont également plus difficiles à obtenir lorsque le matériau brut est très veinulé.
Certains collectionneurs recherchent toutefois spécifiquement la matrice.
Les motifs spiderweb composés de fines lignes sombres réparties régulièrement peuvent être extrêmement appréciés.
Dans ce cas, la qualité du dessin devient un facteur esthétique à part entière.
Une matrice irrégulière et grossière qui domine presque complètement la pierre reste généralement moins recherchée.
Traitements
Une turquoise naturellement compacte et non traitée de belle qualité possède généralement plus de valeur qu’un matériau comparable ayant été stabilisé ou teint.
Cette différence est particulièrement importante pour les pierres de collection.
La stabilisation reste néanmoins parfaitement acceptable dans la joaillerie commerciale lorsqu’elle est correctement déclarée.
Elle permet d’utiliser des matériaux naturels qui seraient autrement trop poreux pour résister à un usage normal.
La teinture possède généralement davantage d’impact sur la valeur puisqu’elle modifie directement la couleur.
Dimensions
La turquoise peut former des masses suffisamment grandes pour produire des cabochons, perles et sculptures.
Les grandes pierres ne sont donc pas automatiquement rares.
Ce qui devient difficile est d’obtenir une grande surface parfaitement compacte et uniformément colorée sans matrice.
Les lapidaires retirent fréquemment une grande partie du matériau brut afin d’isoler une petite zone de haute qualité.
La perte de poids peut donc être considérable.
Provenance
La provenance peut ajouter une prime lorsqu’elle est fiable et historiquement importante.
Nishapur en Iran possède une réputation exceptionnelle.
Aux États-Unis, certaines anciennes mines du Nevada et de l’Arizona sont devenues particulièrement recherchées.
Le matériau de Sleeping Beauty est notamment reconnu pour son bleu relativement uniforme et sa faible quantité de matrice.
Il faut toutefois éviter de juger automatiquement une turquoise uniquement par son pays d’origine.
Une turquoise iranienne médiocre n’est pas nécessairement supérieure à une excellente pierre américaine ou chinoise.
La qualité réelle reste le facteur principal.
Turquoise ancienne
Les bijoux et objets historiques constituent une catégorie complètement différente.
Une ancienne turquoise égyptienne, perse, mésoaméricaine ou autochtone nord-américaine peut posséder une valeur archéologique ou artistique largement supérieure à celle de la matière brute.
Dans ce cas, la provenance culturelle, l’âge, la fabrication et l’état de conservation deviennent plus importants que les critères gemmologiques habituels.
Utilisation en joaillerie et entretien
La turquoise est principalement utilisée pour les cabochons, perles, pendentifs, bagues, bracelets, boucles d’oreilles, incrustations et sculptures.
Son opacité et sa couleur uniforme rendent le facettage généralement inutile.
Le cabochon constitue la forme classique.
Une surface bombée ou légèrement arrondie permet de présenter une grande zone de couleur et de révéler les motifs de matrice lorsque ceux-ci sont conservés.
Les cabochons peuvent être ovales, ronds, rectangulaires ou taillés selon une forme libre suivant la distribution naturelle de la turquoise dans la roche.
Les perles constituent également une utilisation extrêmement répandue.
Elles peuvent être parfaitement rondes ou conserver des formes plus irrégulières.
La production de grosses perles de haute qualité exige toutefois une masse suffisamment épaisse de turquoise compacte.
Les incrustations permettent d’utiliser de petits fragments.
Des pièces sont découpées puis ajustées dans du métal, du bois ou d’autres matériaux afin de former des motifs.
Cette technique possède une longue tradition dans plusieurs cultures et reste particulièrement importante dans certaines formes de joaillerie du sud-ouest des États-Unis.
Avec une dureté de 5 à 6, la turquoise demande davantage de précautions que le quartz, le grenat ou le saphir.
Elle peut être rayée par de nombreuses poussières minérales et pierres gemmes courantes.
Les bagues sont particulièrement exposées.
Une monture entourant correctement la pierre protège ses bords contre les chocs.
Les pendentifs et boucles d’oreilles présentent généralement moins de risques d’abrasion.
La porosité constitue une autre faiblesse importante.
Les huiles de la peau, la transpiration, les parfums, les lotions et les cosmétiques peuvent modifier progressivement la couleur d’une turquoise naturelle poreuse.
Il est donc préférable de mettre les bijoux en turquoise après l’application des produits cosmétiques plutôt qu’avant.
Les produits chimiques ménagers doivent être évités.
Les acides, solvants et différents agents de nettoyage peuvent endommager la pierre elle-même ou les traitements appliqués.
La chaleur excessive représente également un risque.
Elle peut déshydrater le matériau, modifier sa couleur et endommager les cires, huiles ou polymères présents.
La vapeur ne doit pas être utilisée.
Les appareils à ultrasons sont eux aussi déconseillés.
Les vibrations, la chaleur et les solutions employées peuvent affecter les pierres poreuses, fracturées ou traitées.
La méthode la plus sûre consiste à utiliser de l’eau légèrement tiède avec un savon doux.
La pierre doit être nettoyée rapidement à l’aide d’un chiffon ou d’une brosse très souple, puis rincée et séchée soigneusement.
Une longue immersion n’est pas nécessaire.
Pour le rangement, la turquoise doit être séparée des pierres plus dures.
Un quartz, un grenat, un spinelle ou un saphir peut facilement rayer son poli.
Une pochette individuelle ou un compartiment séparé constitue la meilleure solution.
Une turquoise correctement entretenue peut conserver son apparence pendant des générations. Sa durabilité dépend toutefois fortement de sa qualité d’origine : les matériaux les plus fins combinent une structure dense, une faible porosité, une belle couleur naturelle et la capacité de prendre un poli lisse sans nécessiter de traitement important.