Smithsonite sur fond noir.

Smithsonite : le guide de référence

La smithsonite est une espèce minérale de formule chimique ZnCO₃, composée essentiellement de carbonate de zinc. Elle appartient au groupe de la calcite et se distingue par une remarquable diversité de couleurs, allant du blanc et du gris au bleu, au vert, au jaune et au rose. Ses formes botryoïdales arrondies, parfois comparées à des grappes de raisin, comptent parmi les plus caractéristiques et les plus recherchées par les collectionneurs.

Cette diversité d’apparence provient principalement des éléments traces, des substitutions chimiques et des inclusions microscopiques présents pendant sa formation. Une smithsonite chimiquement très pure est essentiellement incolore, tandis que le cuivre, le manganèse, le fer et certaines inclusions minérales peuvent produire des couleurs parfois extrêmement vives.

La smithsonite se forme principalement comme minéral secondaire dans les zones d’oxydation des gisements de zinc. Autrefois importante comme minerai de zinc, elle est aujourd’hui surtout connue des minéralogistes et des collectionneurs pour ses spécimens bleu turquoise, vert pomme, rose ou jaune, ainsi que pour la rareté des cristaux suffisamment transparents pour être taillés en gemmes.


La smithsonite en bref

Propriété Donnée
Nom Smithsonite
Espèce minérale Smithsonite
Formule chimique ZnCO₃
Classe minérale Carbonates
Groupe minéral Groupe de la calcite
Système cristallin Trigonal
Couleurs Incolore, blanc, gris, jaune, brun, vert, bleu, rose, violet
Dureté 4 à 4,5 sur l’échelle de Mohs
Densité Environ 4,42 à 4,44
Indices de réfraction nω = 1,842–1,850; nε = 1,619–1,623
Biréfringence Environ 0,223 à 0,227
Caractère optique Uniaxe négatif
Éclat Vitreux à nacré
Transparence Transparent à translucide, parfois opaque en masse
Clivage Très bon à presque parfait
Trait Blanc
Habitus caractéristique Botryoïdal, réniforme, stalactitique, massif; cristaux rhomboédriques plus rares
Formation principale Minéral secondaire des zones d’oxydation des gisements de zinc
Provenances célèbres Namibie, États-Unis, Grèce, Australie, Chine
Présence au Québec Oui, notamment à la Federal Mine en Gaspésie

La smithsonite possède une densité étonnamment élevée pour une pierre dont l’aspect peut sembler doux ou presque cireux. Sa forte biréfringence et ses deux indices de réfraction très différents constituent également des caractéristiques importantes pour son identification lorsqu’un matériau suffisamment transparent peut être analysé.


Qu’est-ce que la smithsonite?

La smithsonite est le carbonate naturel de zinc, de formule ZnCO₃. Il s’agit d’une espèce minérale à part entière et non simplement d’une variété colorée d’un autre minéral. Elle appartient au même groupe structural que la calcite, la magnésite, la rhodochrosite et la sidérite.

Son nom rend hommage au chimiste et minéralogiste britannique James Smithson, fondateur de la Smithsonian Institution. Au début du XIXe siècle, Smithson démontra que les minerais alors regroupés sous le nom de « calamine » comprenaient en réalité des substances minéralogiquement différentes, notamment un carbonate de zinc et un silicate de zinc.

Le carbonate de zinc reçut officiellement le nom de smithsonite en 1832. Le silicate de zinc correspondant est aujourd’hui connu sous le nom d’hémimorphite, une espèce différente avec laquelle la smithsonite a longtemps été confondue.

Contrairement à plusieurs minéraux connus pour leurs beaux cristaux isolés, la smithsonite forme relativement rarement de grands cristaux bien définis. Elle apparaît beaucoup plus fréquemment sous forme de croûtes, de masses compactes, de structures réniformes ou de surfaces botryoïdales constituées d’une multitude de petits cristaux imbriqués.


Pourquoi la smithsonite est-elle colorée?

Une smithsonite chimiquement très pure est essentiellement incolore. Les nombreuses couleurs observées dans les spécimens naturels apparaissent lorsque des éléments étrangers remplacent une petite partie du zinc dans la structure cristalline ou lorsque de minuscules inclusions minérales modifient l’absorption et la diffusion de la lumière.

La coloration de la smithsonite est particulièrement complexe, car une même couleur peut résulter de plusieurs phénomènes combinés. Les analyses modernes montrent qu’il est souvent trop simple d’attribuer une couleur particulière à un seul élément chimique.

Bleu et bleu-vert

Les smithsonites bleues et bleu-vert figurent parmi les plus célèbres. Des spécimens provenant de certains gisements montrent une association entre le cuivre et ces couleurs, mais les recherches récentes indiquent que le mécanisme peut impliquer simultanément des ions Cu²⁺, des défauts liés au carbonate et de minuscules inclusions ou couches d’autres minéraux.

Des inclusions d’aurichalcite ou des assemblages extrêmement fins d’aurichalcite et d’hémimorphite peuvent notamment jouer un rôle important dans certaines smithsonites cyan. La célèbre smithsonite bleue de la Kelly Mine, au Nouveau-Mexique, représente l’un des exemples les plus connus de cette famille de couleurs.

Rose

Les smithsonites roses peuvent contenir du manganèse substituant une partie du zinc dans la structure. Même en faible quantité, le manganèse peut produire une coloration rose délicate dont l’intensité varie d’un spécimen à l’autre.

Certaines smithsonites peuvent également présenter des bandes de couleur successives. Ces zonations témoignent de changements dans la composition chimique des fluides pendant la croissance du minéral.

Jaune et orange

Les teintes jaunes, jaune orangé et orange peuvent être liées à plusieurs phénomènes. Certaines smithsonites montrent notamment un enrichissement en fer et en manganèse, tandis que des inclusions microscopiques peuvent également modifier fortement la couleur.

La couleur jaune intense historiquement appelée « turkey fat » a parfois été attribuée directement au cadmium. Les études modernes montrent toutefois que le Cd²⁺ seul n’explique pas nécessairement cette coloration et que de minuscules inclusions de greenockite, un sulfure de cadmium, peuvent jouer un rôle déterminant.

Vert

Les smithsonites vertes vont du vert très pâle au vert pomme et, plus rarement, à des tons plus soutenus. Le cuivre peut intervenir dans certaines de ces colorations, mais la présence d’autres phases minérales microscopiques et les particularités de la structure doivent également être prises en considération.

Cette variété de mécanismes explique pourquoi deux smithsonites provenant du même gisement peuvent présenter des couleurs radicalement différentes. Elle explique également les magnifiques bandes bleues, vertes, jaunes ou roses visibles dans certains spécimens botryoïdaux.


Composition chimique et structure cristalline

La formule idéale de la smithsonite est ZnCO₃. Chaque unité chimique associe un ion zinc Zn²⁺ à un groupe carbonate CO₃²⁻, l’ensemble étant organisé selon une structure appartenant au système cristallin trigonal.

La smithsonite appartient au groupe de la calcite. Sa structure permet à différents ions métalliques de remplacer une partie du zinc, ce qui explique la présence fréquente de calcium, de fer, de manganèse, de cuivre, de cadmium ou de magnésium dans les spécimens naturels.

Ces substitutions peuvent modifier légèrement certaines propriétés physiques et surtout l’apparence du minéral. Elles sont particulièrement importantes pour comprendre pourquoi la smithsonite possède une gamme de couleurs beaucoup plus vaste que ne le laisserait supposer sa formule chimique relativement simple.

Les cristaux bien développés peuvent être rhomboédriques ou scalénoédriques, mais ils sont beaucoup moins courants que les formes massives ou botryoïdales. Les surfaces arrondies caractéristiques sont généralement constituées d’innombrables cristaux microscopiques disposés de manière rayonnante.


Propriétés physiques et optiques

La smithsonite possède une dureté comprise entre environ 4 et 4,5 sur l’échelle de Mohs. Elle est donc nettement plus tendre que le quartz et peut être rayée par de nombreux minéraux couramment présents dans une collection.

Sa densité d’environ 4,42 à 4,44 est en revanche relativement élevée. Un fragment de smithsonite peut ainsi sembler étonnamment lourd lorsqu’on le compare à une pierre de dimensions similaires comme le quartz, la calcite ou l’hémimorphite.

La smithsonite possède un clivage très bon à presque parfait selon les plans rhomboédriques. Elle est également cassante, ce qui signifie qu’un choc suffisamment important peut provoquer une fracture ou détacher une partie d’une surface botryoïdale.

Sur le plan optique, la smithsonite est un minéral uniaxe négatif. Ses indices de réfraction se situent approximativement entre 1,842 et 1,850 pour le rayon ordinaire et entre 1,619 et 1,623 pour le rayon extraordinaire, produisant une biréfringence élevée d’environ 0,223 à 0,227.

Son éclat est généralement vitreux, mais il peut devenir nacré sur certaines surfaces ou dans les agrégats. Plusieurs spécimens peuvent également présenter une fluorescence sous ultraviolet, dont la couleur et l’intensité varient selon leur composition.


Comment se forme la smithsonite?

La smithsonite est essentiellement un minéral secondaire. Elle apparaît principalement lorsque des minerais primaires contenant du zinc sont altérés près de la surface terrestre par l’eau, l’oxygène et différentes réactions chimiques.

La sphalérite, ZnS, constitue l’un des principaux minéraux primaires pouvant fournir le zinc nécessaire. Pendant son altération, le zinc est mobilisé dans les eaux souterraines avant d’être transporté sur une certaine distance puis précipité sous forme de nouveaux minéraux.

Zones d’oxydation des gisements de zinc

Dans la partie supérieure d’un gisement exposé aux eaux météoriques, la sphalérite et d’autres sulfures peuvent progressivement être décomposés. Le zinc libéré devient alors disponible pour former des carbonates, des silicates et d’autres minéraux secondaires.

Lorsque les conditions chimiques permettent la combinaison du zinc dissous avec les ions carbonate, la smithsonite peut précipiter. C’est pourquoi elle est particulièrement caractéristique des zones oxydées de nombreux gisements de plomb et de zinc.

Interaction avec les roches carbonatées

Les environnements riches en calcaire et en dolomie sont particulièrement favorables à la formation de smithsonite. Les solutions contenant du zinc peuvent réagir avec les carbonates des roches encaissantes, provoquant le remplacement progressif de certains matériaux et la précipitation de ZnCO₃.

Ces réactions peuvent produire des masses relativement importantes de smithsonite dans certaines anciennes zones minières. Des cavités naturelles, fractures et espaces laissés par la dissolution des roches peuvent également devenir des sites privilégiés de cristallisation.

Formation botryoïdale et stalactitique

Lorsque la smithsonite précipite progressivement sur les parois d’une cavité, elle peut former des couches successives constituées de minuscules cristaux rayonnants. Leur croissance produit les surfaces arrondies caractéristiques appelées botryoïdales.

Dans certaines cavités, la circulation répétée de solutions riches en zinc peut également produire des structures stalactitiques, réniformes ou en croûtes. Lorsqu’elles sont coupées ou polies, ces formations révèlent parfois des bandes concentriques de couleurs différentes correspondant à plusieurs épisodes de croissance.


Où trouve-t-on la smithsonite dans le monde?

La smithsonite est présente dans de nombreux districts miniers contenant du zinc, mais quelques localités sont devenues particulièrement célèbres pour la qualité, la couleur ou les formes de leurs spécimens.

Certaines localités produisent surtout des masses botryoïdales spectaculaires, tandis que d’autres sont connues pour leurs cristaux, leurs couleurs inhabituelles ou leur importance historique.

Namibie

La mine de Tsumeb, en Namibie, constitue l’une des localités minéralogiques les plus célèbres du monde. La smithsonite y est bien documentée dans les différentes zones d’oxydation du gisement et peut présenter une grande diversité de couleurs.

Des spécimens verts, jaunes, bleus ou brunâtres y sont connus, souvent associés à une extraordinaire variété d’autres minéraux secondaires de cuivre, de plomb et de zinc. La complexité géochimique de Tsumeb a permis la formation d’un nombre exceptionnel d’espèces minérales.

États-Unis

La Kelly Mine, près de Magdalena au Nouveau-Mexique, est particulièrement célèbre pour ses smithsonites bleues à bleu-vert. Certaines forment d’importantes croûtes botryoïdales aux couleurs suffisamment intenses pour être immédiatement reconnaissables parmi les spécimens de collection.

L’Arizona a également produit de la smithsonite de qualité gemme. Des pierres transparentes ou translucides suffisamment propres pour être facettées existent, même si ce type de matériau demeure beaucoup plus rare que la smithsonite massive ou botryoïdale.

Grèce

Le district minier de Lavrion, en Attique, constitue une autre provenance classique. La smithsonite y est documentée dans plusieurs anciennes mines et peut former des masses botryoïdales ou stalactitiques vertes, bleutées, jaunâtres ou presque incolores.

Les spécimens peuvent être associés à l’aurichalcite, à l’hémimorphite, à la calcite, à la goethite et à divers minéraux secondaires. Lavrion est particulièrement important dans l’histoire de la minéralogie européenne en raison de l’extraordinaire diversité de ses minéraux d’oxydation.

Australie

Le célèbre district de Broken Hill, en Nouvelle-Galles du Sud, possède également plusieurs occurrences documentées de smithsonite. Le minéral s’y rencontre comme produit secondaire dans l’environnement oxydé de l’un des plus importants systèmes plomb-zinc connus.

La smithsonite de Broken Hill fait partie d’un assemblage minéralogique extrêmement diversifié. Plusieurs exploitations et anciennes carrières du district ont produit des spécimens recherchés par les collectionneurs.

Chine

La Chine possède plusieurs gisements de smithsonite, dont certains ont fait l’objet d’études détaillées sur les mécanismes responsables des différentes couleurs. Les smithsonites de la région de Lanping, au Yunnan, peuvent notamment présenter des teintes blanches, jaunes, orange, roses, bleues et cyan.

L’étude chimique et spectroscopique de ces matériaux a permis de montrer que la couleur de la smithsonite peut résulter d’interactions complexes entre éléments traces, substitutions dans le réseau cristallin, défauts structuraux et inclusions microscopiques.


La smithsonite au Québec

La smithsonite est bien documentée au Québec. L’une des occurrences les mieux établies se trouve à la Federal Mine, dans le secteur du Mont-Albert, en Haute-Gaspésie.

Les descriptions minéralogiques de cette ancienne exploitation mentionnent la smithsonite sous forme d’agrégats de minuscules cristaux gris ainsi que de plages massives blanches à grain fin sur du quartz. Certains spécimens présentent également une fluorescence orange à rose sous rayonnement ultraviolet.

L’hydrozincite et l’hémimorphite sont documentées en association avec la smithsonite à cette localité. Cette association est cohérente avec un environnement d’altération secondaire d’une minéralisation contenant du zinc.

La présence de smithsonite au Québec est donc confirmée, mais la province n’est pas connue comme une source importante de smithsonite gemme bleue, verte ou rose comparable aux grandes localités internationales telles que Kelly, Tsumeb ou Lavrion. Son intérêt québécois est avant tout minéralogique et géologique.


À quoi ressemble une smithsonite naturelle?

L’apparence d’une smithsonite naturelle dépend énormément de son mode de croissance. La forme probablement la plus reconnaissable est la smithsonite botryoïdale, constituée de petites bosses arrondies regroupées les unes contre les autres et rappelant parfois une grappe de raisin.

Les surfaces peuvent être parfaitement lisses et brillantes ou présenter une texture légèrement cristalline. Certaines masses sont translucides sur leurs bordures, donnant une impression presque lumineuse lorsque la pierre est observée sous un éclairage intense.

La couleur peut être blanche, beige, grise, jaune, orange, verte, bleu-vert, bleue, rose ou plus rarement violette. Des bandes de plusieurs couleurs peuvent apparaître lorsque les conditions chimiques ont évolué au cours de la croissance.

Les cristaux individuels bien formés sont beaucoup moins fréquents. Ils peuvent adopter des formes rhomboédriques ou scalénoédriques, parfois avec des faces courbes qui donnent au cristal une apparence différente des formes géométriques très nettes observées chez certains autres carbonates.

Les smithsonites transparentes de qualité gemme constituent une petite fraction de la production naturelle. Lorsqu’elles sont suffisamment limpides, elles peuvent être facettées et produire une brillance surprenante grâce à leurs indices de réfraction relativement élevés.


Comment identifier une smithsonite?

La couleur et la forme botryoïdale constituent de bons indices visuels, mais elles ne suffisent pas à identifier une smithsonite avec certitude. L’hémimorphite, la chrysoprase, la turquoise, certains carbonates et divers matériaux lapidaires peuvent présenter une apparence comparable.

Une identification sérieuse repose sur plusieurs propriétés physiques, optiques et, lorsque nécessaire, chimiques ou spectroscopiques.

Dureté

La dureté de la smithsonite se situe autour de 4 à 4,5 sur l’échelle de Mohs. Elle est donc beaucoup plus tendre que le quartz ou la chrysoprase, qui possèdent une dureté proche de 7.

Un test de rayure peut apporter une indication, mais il endommage potentiellement la surface. Il ne devrait donc pas être utilisé sur un spécimen de collection ou une pierre polie de valeur.

Densité

La densité constitue l’un des critères les plus intéressants. Avec une valeur d’environ 4,42 à 4,44, la smithsonite est sensiblement plus dense que plusieurs matériaux pouvant lui ressembler.

L’hémimorphite possède par exemple une densité d’environ 3,48, tandis que le quartz se situe près de 2,65. Une mesure hydrostatique précise peut donc constituer un excellent outil d’identification.

Propriétés optiques

Lorsque la transparence de l’échantillon permet les mesures gemmologiques, la smithsonite montre deux indices de réfraction très différents, autour de 1,62 et 1,85. Cette différence produit une forte biréfringence.

Elle possède un caractère optique uniaxe négatif. Ces propriétés permettent de la distinguer de plusieurs autres matériaux bleus ou verts possédant des indices de réfraction beaucoup plus faibles.

Clivage et habitus

La smithsonite possède un clivage rhomboédrique très bon à presque parfait. Ce caractère est lié à sa structure de carbonate appartenant au groupe de la calcite.

Son habitus botryoïdal est fréquent, mais n’est pas exclusif à la smithsonite. L’hémimorphite, la malachite et plusieurs autres minéraux peuvent également former des surfaces arrondies comparables.

Réaction avec les acides

Comme les autres carbonates, la smithsonite peut réagir avec des acides en libérant du dioxyde de carbone. Cette propriété peut contribuer à son identification dans un contexte minéralogique.

Un test acide est cependant potentiellement destructeur et peut attaquer la surface du spécimen. Il ne devrait jamais être réalisé directement sur une pièce de collection importante, une gemme polie ou un spécimen dont l’intégrité doit être préservée.

Analyse en laboratoire

Pour une identification définitive, des techniques telles que la diffraction des rayons X, la spectroscopie Raman ou l’analyse chimique permettent de confirmer directement la structure ou la composition du matériau.

Ces méthodes deviennent particulièrement utiles lorsque la smithsonite est massive, mélangée à d’autres minéraux ou impossible à distinguer avec certitude à partir de simples tests visuels.


Smithsonite naturelle, synthétique et traitements

Une smithsonite naturelle s’est formée dans un environnement géologique à partir de solutions contenant du zinc et du carbonate. Ses structures, zonations et associations minérales résultent directement des conditions présentes dans le gisement.

La smithsonite peut être synthétisée en laboratoire à des fins scientifiques. Des expériences ont notamment permis de produire artificiellement du ZnCO₃ afin d’étudier sa structure et ses propriétés spectroscopiques.

La situation est toutefois différente du rubis, du saphir ou du spinelle synthétiques. La smithsonite synthétique n’est pas considérée comme un matériau gemme produit à grande échelle pour le marché de la joaillerie, et les pierres vendues comme smithsonite sont généralement du matériau naturel.

Traitements

La smithsonite n’est pas connue pour subir couramment les traitements complexes appliqués à certaines grandes pierres gemmes. Sa valeur repose généralement sur sa couleur naturelle, sa formation botryoïdale, sa transparence et sa provenance.

Certaines surfaces botryoïdales peuvent toutefois être huilées afin d’améliorer temporairement leur éclat. Une telle modification concerne essentiellement l’apparence de surface et ne doit pas être confondue avec la création artificielle de la couleur dans la structure du minéral.

Une smithsonite montée en bijou ou polie devrait donc être examinée avec attention si son apparence semble inhabituelle. Pour une pièce importante, l’identification du matériau demeure plus pertinente que la recherche de traitements sophistiqués, qui sont beaucoup moins fréquents que pour le corindon ou l’émeraude.


Smithsonite, hémimorphite, chrysoprase, turquoise ou calcite?

Plusieurs minéraux blancs, bleus ou verts peuvent ressembler à la smithsonite, particulièrement lorsqu’ils sont massifs ou taillés en cabochon. Leurs propriétés minéralogiques permettent toutefois de les distinguer assez facilement lorsqu’elles sont mesurées correctement.

Propriété Smithsonite Hémimorphite Chrysoprase Turquoise Calcite
Composition ZnCO₃ Zn₄Si₂O₇(OH)₂·H₂O SiO₂ CuAl₆(PO₄)₄(OH)₈·4H₂O CaCO₃
Classe principale Carbonate Silicate Oxyde, variété de quartz Phosphate Carbonate
Système cristallin Trigonal Orthorhombique Trigonal Triclinique Trigonal
Dureté Mohs 4–4,5 4,5–5 6,5–7 5–6 3
Densité approximative 4,42–4,44 3,48 2,6 2,6–2,8 2,71
Indice de réfraction Environ 1,62–1,85 Environ 1,61–1,64 Environ 1,53–1,54 Environ 1,61–1,65 Environ 1,49–1,66
Biréfringence Très forte Modérée Très faible Modérée Très forte
Couleurs fréquentes Blanc, gris, jaune, vert, bleu, rose Blanc, bleu pâle, vert pâle Vert pomme à vert jaunâtre Bleu à bleu-vert Très nombreuses couleurs
Habitus fréquent Botryoïdal, réniforme, massif Cristallin, botryoïdal, massif Microcristallin massif Massif, nodulaire Cristaux rhomboédriques, masses
Principale distinction Densité très élevée et ZnCO₃ Moins dense, silicate de zinc Beaucoup plus dure et moins dense Phosphate beaucoup moins dense Nettement plus tendre et moins dense

L’hémimorphite constitue probablement la confusion historique la plus importante, puisque les deux minéraux contenant du zinc ont longtemps été regroupés sous le nom de calamine. Leur chimie et leur structure sont pourtant complètement différentes.

La chrysoprase et la turquoise peuvent surtout être confondues avec les smithsonites vertes ou bleu-vert lorsqu’elles sont polies. La différence de densité est alors particulièrement utile, car la smithsonite est beaucoup plus lourde à volume égal.


Qualité, rareté et valeur de la smithsonite

La valeur d’une smithsonite dépend fortement de son type. Un cristal individuel bien formé, une importante masse botryoïdale de couleur exceptionnelle et une gemme transparente facettée sont des objets très différents qui ne peuvent pas être évalués selon une seule grille universelle.

La provenance joue également un rôle important dans le domaine de la collection. Certaines localités historiques telles que Tsumeb, Kelly ou Lavrion possèdent une réputation internationale, et un spécimen correctement documenté peut présenter un intérêt supérieur à celui d’un matériau comparable sans provenance précise.

Couleur

Les couleurs intenses et homogènes sont généralement très recherchées. Les smithsonites bleu turquoise, bleu-vert, vert pomme, roses et jaunes peuvent produire des spécimens particulièrement spectaculaires lorsque leur couleur est combinée à un bon éclat.

La valeur ne dépend toutefois pas simplement de l’intensité. Une couleur inhabituelle, une zonation naturelle remarquable ou une combinaison esthétique de plusieurs tons peut être beaucoup plus intéressante pour un collectionneur qu’une masse uniformément colorée.

Éclat et qualité de surface

Les formes botryoïdales présentant une surface intacte, brillante et bien développée sont particulièrement appréciées. Les zones cassées, abrasées ou ternies peuvent réduire considérablement l’impact visuel d’un spécimen.

La finesse et la régularité des structures arrondies jouent également un rôle. Certaines smithsonites forment des surfaces presque parfaitement lisses, tandis que d’autres montrent des microcristaux scintillants ou une texture plus rugueuse.

Cristallisation

Les cristaux de smithsonite bien formés sont beaucoup moins fréquents que les masses botryoïdales. Un cristal possédant des faces distinctes, une bonne transparence et une taille importante peut donc présenter un intérêt minéralogique considérable.

La qualité de la matrice est également importante pour les spécimens de collection. Un cristal ou un agrégat naturellement positionné sur une matrice contrastante peut produire une pièce beaucoup plus esthétique qu’un fragment isolé.

Transparence et qualité gemme

La smithsonite transparente ou fortement translucide de qualité suffisante pour être taillée est rare. Le Smithsonian considère notamment le matériau de qualité gemme comme très rare par rapport aux formes ordinaires du minéral.

Les pierres facettées possédant une belle couleur, une bonne transparence et peu de fractures sont donc inhabituelles. Les cabochons sont plus fréquents, car cette taille permet d’utiliser des matériaux translucides ou botryoïdaux qui ne conviendraient pas au facettage.

Taille et provenance

Une grande masse botryoïdale intacte provenant d’une localité reconnue peut avoir beaucoup plus d’intérêt qu’une petite pierre polie. À l’inverse, une smithsonite facettée exceptionnellement transparente peut être remarquable même lorsqu’elle est relativement petite.

La valeur doit donc toujours être évaluée en considérant simultanément la couleur, la forme, la taille, l’état de conservation, la transparence, la provenance et la rareté du type de spécimen.


Utilisation en joaillerie et entretien

La smithsonite peut être utilisée comme pierre ornementale, mais sa dureté de seulement 4 à 4,5 et son clivage important la rendent beaucoup plus délicate que le quartz, le spinelle ou le saphir. Elle n’est donc pas idéale pour les bijoux fortement exposés aux chocs et aux frottements quotidiens.

Les pendentifs, broches et boucles d’oreilles constituent généralement des usages plus appropriés que les bagues portées chaque jour. Lorsqu’elle est utilisée dans une bague, une monture protectrice permettant de réduire l’exposition des bords et de la surface est préférable.

La smithsonite translucide est fréquemment taillée en cabochon afin de mettre en valeur sa couleur et son éclat. Les matériaux exceptionnellement transparents peuvent être facettés, mais ces pierres demeurent rares et sont souvent davantage recherchées comme gemmes de collection.

Pour le nettoyage, de l’eau tiède, une petite quantité de savon doux et un chiffon ou une brosse extrêmement souple constituent les méthodes les plus prudentes. Les nettoyeurs à ultrasons et à vapeur devraient être évités en raison de la fragilité, du clivage et des fractures possibles du matériau.

Les acides et les produits chimiques agressifs doivent également être tenus à l’écart de la smithsonite. Comme il s’agit d’un carbonate, sa surface peut être attaquée chimiquement et perdre son poli ou son éclat.

Enfin, les bijoux et spécimens de smithsonite devraient être conservés séparément des pierres plus dures. Un simple contact répété avec du quartz, du béryl, du corindon ou d’autres minéraux résistants peut progressivement rayer sa surface et endommager les délicates formations botryoïdales.

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