Painite naturelle sur fond noir.

Painite : le guide de référence

La painite est un borate extrêmement rare de calcium, zirconium et aluminium, de formule idéale CaZrBAl₉O₁₈, également écrite CaZrAl₉O₁₅(BO₃). Elle est principalement connue pour ses couleurs rouge brunâtre, rouge orangé à brun rouge très sombre, qui peuvent parfois rappeler celles du rubis, du grenat ou de certains zircons.

Pendant plusieurs décennies, la painite a été considérée comme l’un des minéraux gemmes les plus rares connus. Seuls quelques cristaux avaient été identifiés avant le début des années 2000. De nouvelles découvertes au Myanmar ont depuis considérablement augmenté le nombre de spécimens disponibles, mais les cristaux suffisamment transparents, propres et peu fracturés pour produire de belles pierres facettées restent exceptionnels.

Avec une dureté d’environ 8 sur l’échelle de Mohs, une densité proche de 4 et un indice de réfraction pouvant dépasser 1,81, la painite possède d’excellentes propriétés gemmologiques. Sa rareté, son fort pléochroïsme et sa distribution géographique extrêmement limitée en font cependant surtout une pierre de collection plutôt qu’une gemme courante en joaillerie.


La painite en bref

Propriété Donnée
Nom Painite
Formule chimique CaZrBAl₉O₁₈, équivalente à CaZrAl₉O₁₅(BO₃)
Classe minérale Borates
Système cristallin Hexagonal
Groupe d’espace P6₃/m
Couleur Rouge, rouge brunâtre, rouge orangé, brun rouge, orange rougeâtre
Dureté Environ 8 sur l’échelle de Mohs
Densité Environ 4,01 à 4,03
Indices de réfraction Environ 1,7875 à 1,8159
Biréfringence Environ 0,028
Caractère optique Uniaxe négatif
Éclat Vitreux
Transparence Transparente à translucide
Pléochroïsme Rouge rubis à orange brunâtre pâle
Clivage Peu caractéristique à mal défini
Cassure Généralement conchoïdale à irrégulière
Habitus Cristaux allongés, prismatiques, souvent pseudo-orthorhombiques
Éléments associés à la couleur Chrome et vanadium principalement
Localité type Ohngaing, vallée de Mogok, Myanmar
Principale provenance Myanmar
Utilisation comme gemme Oui, mais extrêmement rare
Présence documentée au Québec Non à ce jour

La combinaison d’une densité élevée, d’indices de réfraction élevés et d’un caractère optique uniaxe négatif constitue une signature gemmologique particulièrement utile. La painite peut notamment être distinguée du rubis et du grenat malgré leurs couleurs parfois très similaires.


Qu’est-ce que la painite?

La painite est une espèce minérale naturelle appartenant à la classe des borates.

Sa formule idéale peut être écrite :

CaZrBAl₉O₁₈

ou, en mettant davantage en évidence le groupe borate :

CaZrAl₉O₁₅(BO₃)

Elle contient donc principalement :

du calcium;

du zirconium;

de l’aluminium;

du bore;

et de l’oxygène.

De petites quantités d’autres éléments peuvent également être incorporées à la structure, notamment du chrome, du vanadium, du fer, du titane et du hafnium.

Une découverte au Myanmar

La painite a été reconnue comme nouvelle espèce minérale à partir d’un cristal provenant de la région de Mogok, au Myanmar, anciennement appelée Birmanie.

Le spécimen avait été obtenu par le gemmologue et collectionneur britannique Arthur Charles Davy Pain, qui avait remarqué son caractère inhabituel.

Des analyses démontrèrent finalement qu’il ne s’agissait ni d’un rubis ni d’une autre gemme déjà connue.

Le minéral fut décrit officiellement en 1957 par G. F. Claringbull, Max H. Hey et C. J. Payne, puis nommé painite en l’honneur d’Arthur C. D. Pain.

Une ancienne réputation de pierre la plus rare au monde

L’histoire de la painite est particulièrement célèbre.

Pendant plusieurs décennies, seuls deux cristaux étaient connus avec certitude.

Un troisième spécimen fut ensuite reconnu parmi du matériel gemme étudié au GIA.

Au début des années 2000, de nouvelles découvertes au Myanmar changèrent complètement la situation. Plusieurs nouveaux gisements furent localisés et des milliers de cristaux ou fragments furent finalement récupérés.

Cela signifie que la painite ne peut plus être décrite simplement comme « le minéral le plus rare au monde ».

Elle reste néanmoins extrêmement rare en qualité gemme, surtout lorsque l’on recherche des cristaux transparents suffisamment propres pour être facettés.


Pourquoi la painite est-elle rouge ou brun rouge?

Une painite proche de sa composition idéale ne devrait pas nécessairement posséder une forte couleur rouge.

Les teintes caractéristiques observées dans les cristaux naturels proviennent principalement de petites quantités d’éléments traces capables d’absorber certaines longueurs d’onde de la lumière visible.

Les études spectroscopiques et chimiques montrent notamment l’importance du :

chrome;

et du

vanadium.

Le rôle du chrome

Le chrome est bien connu comme élément chromophore dans le monde des pierres gemmes.

Le Cr³⁺ peut remplacer une petite partie de l’aluminium dans certaines structures cristallines.

Même lorsque sa concentration est très faible, il peut provoquer une forte absorption dans certaines parties du spectre visible.

Dans la painite, le chrome participe aux couleurs allant du rouge au rouge brunâtre.

Le rôle du vanadium

Le vanadium constitue également un élément important.

Les analyses de certaines des premières painites étudiées ont identifié à la fois du chrome et du vanadium.

Ces éléments contribuent ensemble aux absorptions donnant au cristal son apparence rouge orangé à brun rouge.

Pourquoi certaines painites semblent-elles presque brunes?

La couleur de nombreuses painites naturelles est particulièrement sombre.

Une forte concentration de centres absorbants peut réduire considérablement la quantité de lumière traversant le cristal.

Une pierre qui apparaît rouge lorsqu’elle est examinée sous une lumière intense peut donc sembler brun très foncé ou presque noire dans un éclairage plus faible.

L’épaisseur du cristal joue également un rôle majeur.

Une tranche mince peut apparaître rouge orangé alors que le même matériau sous forme d’un cristal épais semblera beaucoup plus sombre.

Un fort pléochroïsme

La painite possède également un pléochroïsme marqué.

Selon l’orientation du cristal, les couleurs observées peuvent aller approximativement de :

rouge rubis

à

orange brunâtre pâle ou rouge orangé pâle.

Cette variation constitue l’un des caractères visuels les plus intéressants du minéral.


Composition chimique et structure cristalline

La formule idéale moderne de la painite est :

CaZrBAl₉O₁₈

Elle peut également être écrite :

CaZrAl₉O₁₅(BO₃)

Les deux écritures décrivent la même composition fondamentale.

La structure est dominée par l’aluminium et l’oxygène, avec du calcium, du zirconium et du bore occupant des positions particulières dans le réseau cristallin.

Le zirconium

Le zirconium constitue l’un des éléments caractéristiques de la painite.

Sa présence est inhabituelle lorsqu’elle est comparée à plusieurs autres gemmes rouges comme le rubis, le spinelle ou les grenats.

Elle contribue également à la densité relativement élevée du minéral.

Substitutions naturelles

La composition réelle peut s’écarter légèrement de la formule idéale.

Le zirconium peut notamment être partiellement accompagné ou remplacé par des éléments chimiquement proches comme :

le titane;

et le hafnium.

De faibles quantités de sodium, chrome, vanadium et fer peuvent également être détectées.

Ces substitutions sont mineures mais peuvent fournir des informations sur l’environnement géologique dans lequel le cristal s’est développé.

Une structure hexagonale

La painite appartient au système cristallin hexagonal.

Les études structurales modernes donnent notamment le groupe d’espace :

P6₃/m

Malgré cette symétrie hexagonale, certains cristaux naturels possèdent une apparence extérieure pouvant sembler presque orthorhombique.

C’est pourquoi leur habitus est souvent décrit comme pseudo-orthorhombique.


Propriétés physiques et optiques

La painite possède une dureté d’environ 8 sur l’échelle de Mohs.

Elle se situe donc parmi les pierres gemmes relativement résistantes aux rayures.

Sa dureté est comparable à celle du spinelle et de la topaze et nettement supérieure à celle du quartz.

Densité

La densité constitue l’une de ses propriétés les plus caractéristiques.

Elle se situe généralement autour de :

4,01 à 4,03 g/cm³

Une painite paraît donc relativement lourde pour ses dimensions.

Cette densité est très proche de celle de certains rubis et grenats, ce qui explique pourquoi une mesure de densité seule ne suffit pas toujours pour l’identifier.

Indices de réfraction

Les valeurs classiques mesurées sur la painite sont approximativement :

nε = 1,7875

et

nω = 1,8159

La pierre possède donc un indice de réfraction élevé, ce qui permet aux spécimens suffisamment transparents et correctement facettés de présenter une forte brillance.

Biréfringence

La différence entre les deux principaux indices produit une biréfringence d’environ :

0,028

Il s’agit d’une valeur suffisamment importante pour constituer un excellent critère d’identification.

La painite est :

uniaxe négative.

Cette propriété permet notamment de la distinguer facilement d’un grenat, qui est normalement isotrope.

Pléochroïsme

Le fort pléochroïsme produit généralement deux couleurs principales :

rouge rubis;

et

orange brunâtre pâle à rouge orangé.

Un dichroscope peut permettre d’observer clairement ces deux directions colorées sur un matériau suffisamment transparent.

Éclat

L’éclat naturel est principalement vitreux.

La combinaison d’un indice de réfraction élevé et d’un bon polissage permet aux pierres facettées de présenter une belle brillance malgré leur couleur souvent très sombre.


Comment se forme la painite?

La géologie de la painite n’a été réellement comprise qu’après la découverte de ses gisements primaires au Myanmar.

Les premières pierres étaient principalement trouvées dans des graviers gemmifères secondaires, ce qui signifiait que leur roche d’origine était inconnue.

Les découvertes du début des années 2000 ont permis d’identifier au moins certains environnements primaires.

Formation dans un skarn

Dans la région de Mogok, la painite est notamment associée à un skarn développé au contact entre du marbre et des intrusions granitiques ou pegmatitiques.

Un skarn se forme lorsqu’une roche carbonatée comme le calcaire ou le marbre réagit chimiquement avec des fluides provenant d’une intrusion magmatique.

Ces fluides transportent différents éléments.

Le contact entre les deux environnements provoque alors une intense transformation minéralogique appelée métasomatisme.

Contact entre leucogranite et marbre

À Wet-loo, près de Hinthar Hill, de la painite a été observée dans une zone de contact entre :

un leucogranite

et

du marbre.

Cet environnement permet de réunir plusieurs éléments normalement peu susceptibles d’être concentrés ensemble.

Le zirconium et le bore nécessaires à la formation de la painite peuvent être apportés ou redistribués par les fluides magmatiques, tandis que le calcium peut être fourni par les roches carbonatées.

Association avec le rubis

Une particularité particulièrement intéressante est l’association fréquente de la painite avec le corindon, notamment le rubis.

Des spécimens montrent même des relations de croissance entre painite et rubis.

La painite peut également être accompagnée de :

rutile;

anatase;

baddeleyite;

tourmaline;

scapolite;

phlogopite;

calcite;

titanite;

et différents minéraux de skarn.

Cette association explique pourquoi certains premiers spécimens de painite ont été découverts au milieu de lots de pierres provenant de régions productrices de rubis.

Dépôts secondaires

Après leur formation, les roches contenant de la painite peuvent être progressivement altérées et érodées.

Les cristaux sont alors libérés de leur roche d’origine.

Grâce à leur dureté élevée, certains survivent au transport par l’eau et s’accumulent dans des graviers gemmifères alluviaux.

C’est dans ce type de dépôt secondaire que plusieurs painites historiques ont initialement été découvertes.


Où trouve-t-on la painite dans le monde?

La distribution de la painite est exceptionnellement limitée.

À ce jour, les principales références minéralogiques reconnues répertorient ses occurrences naturelles confirmées uniquement au Myanmar.

Même à l’intérieur du pays, elle n’est connue que dans quelques districts gemmifères particuliers.

Ohngaing

Ohngaing, dans la vallée de Mogok, constitue la localité type de la painite.

C’est dans les graviers gemmifères de cette région que les premiers cristaux connus ont été trouvés.

Le premier spécimen étudié scientifiquement était un cristal transparent d’une couleur rouge grenat intense.

Cette localité possède donc une importance historique majeure même si les découvertes ultérieures ont révélé d’autres sources plus productives.

Wet-loo et Hinthar-taung

La région de Wet-loo, près de Hinthar-taung, constitue l’une des découvertes modernes les plus importantes.

Contrairement aux premiers cristaux récupérés dans des graviers, des painites ont ici été trouvées directement dans leur environnement géologique primaire.

Le minéral apparaît notamment dans une zone de contact entre leucogranite et marbre.

Les découvertes réalisées dans ce secteur ont considérablement augmenté le nombre de painites connues.

Kyauk-Pyat-That

Le secteur de Kyauk-Pyat-That, à l’ouest de Mogok, possède plusieurs occurrences.

La painite y est notamment documentée avec du corindon, dont du rubis.

Plusieurs mines et zones minéralisées du secteur ont fourni des cristaux depuis les découvertes importantes du début du XXIe siècle.

Baw-lon-gyi

La painite est également répertoriée dans les secteurs est et ouest de Baw-lon-gyi, toujours dans le district de Mogok.

Ces occurrences confirment que l’espèce n’est pas limitée à un seul petit affleurement, même si sa distribution demeure extrêmement restreinte à l’échelle mondiale.

Namyazeik

Une autre occurrence importante se trouve à Namyazeik, dans l’État Kachin, plus au nord du Myanmar.

Cette découverte a joué un rôle majeur dans l’évolution de notre compréhension de la rareté réelle du minéral.

Des cristaux et fragments supplémentaires ont permis des analyses chimiques et spectroscopiques beaucoup plus complètes que celles réalisables lorsque seuls quelques spécimens existaient.

Une gemme toujours limitée au Myanmar

Même après les découvertes modernes, la painite reste géographiquement exceptionnelle.

Aucune autre région du monde n’a encore été reconnue comme une provenance naturelle confirmée importante de l’espèce.

Cette concentration au Myanmar constitue une différence majeure avec des pierres comme le rubis, le spinelle ou le saphir, qui sont connues sur plusieurs continents.


La painite au Québec

Le Québec possède une extraordinaire diversité géologique et plusieurs environnements contenant du bore, du zirconium, de l’aluminium et des roches métamorphiques de haute température.

Des skarns, des marbres métamorphiques, des pegmatites et des complexes alcalins sont également présents dans différentes régions de la province.

Ces éléments pris individuellement ne suffisent toutefois pas à permettre la formation de painite.

Aucune occurrence confirmée au Québec

Dans les principales références minéralogiques consultées, aucune occurrence de painite n’est actuellement documentée au Québec.

Il n’existe pas non plus de gisement canadien reconnu comme source naturelle de painite.

Les occurrences confirmées répertoriées demeurent concentrées au Myanmar.

Il serait donc incorrect d’utiliser l’existence de bore, de zirconium ou de roches métamorphiques au Québec pour suggérer que la painite y est naturellement présente.

La formation de cette espèce semble nécessiter un ensemble particulièrement inhabituel de conditions chimiques et géologiques.

Prudence avec les spécimens attribués au Québec

Un minéral rouge brunâtre trouvé au Québec ne devrait jamais être identifié comme painite uniquement en raison de son apparence.

Le grenat, le corindon, le zircon, le spinelle et différents autres minéraux peuvent présenter des couleurs semblables.

Un spécimen présenté comme « painite du Québec » nécessiterait donc une analyse instrumentale particulièrement solide ainsi qu’une provenance précise avant que cette origine puisse être considérée comme crédible.


À quoi ressemble une painite naturelle?

La painite naturelle se présente généralement sous forme de cristaux allongés et prismatiques.

Les spécimens bien développés peuvent montrer une section rappelant la symétrie hexagonale, mais l’apparence générale est souvent suffisamment particulière pour avoir été décrite comme pseudo-orthorhombique.

Couleur rouge brunâtre

La couleur la plus classique se situe entre :

le rouge grenat;

le rouge brun;

l’orange rougeâtre;

et le brun rouge foncé.

Certains cristaux sont tellement sombres qu’ils paraissent presque noirs lorsque la lumière ne les traverse pas directement.

Une forte lumière transmise révèle alors une couleur rouge ou orange beaucoup plus nette.

Cristaux transparents

Les meilleurs spécimens peuvent être transparents.

Ils sont cependant souvent traversés de fractures, d’inclusions ou de zones plus sombres.

Le matériel parfaitement propre représente une proportion extrêmement faible des painites naturelles.

Cristaux inclus

De nombreuses painites découvertes après 2000 sont fortement incluses.

Elles peuvent notamment contenir :

des cristaux de phlogopite;

des cavités;

des fractures;

des inclusions minérales;

et différentes structures internes liées à leur croissance.

Cette abondance d’inclusions explique pourquoi l’augmentation du nombre de cristaux connus n’a pas provoqué une augmentation équivalente du nombre de grandes gemmes parfaitement transparentes.

Painite facettée

Les painites facettées sont souvent relativement petites.

Le lapidaire doit retirer les secteurs fracturés ou opaques et tenir compte de la couleur extrêmement sombre du brut.

Une taille trop profonde peut rendre la gemme presque noire.

Les pierres sont donc parfois taillées relativement peu profondes afin de conserver davantage de luminosité.


Comment identifier la painite?

La couleur ne constitue pas un critère fiable pour identifier la painite.

Un rubis sombre, un grenat, un spinelle rouge ou même certains zircons peuvent présenter une apparence très similaire.

La painite possède cependant plusieurs propriétés gemmologiques distinctives.

Densité

La densité se situe généralement autour de :

4,01 à 4,03

Cette valeur permet d’éliminer de nombreuses pierres plus légères.

Elle est cependant très proche de celle du rubis et de certains grenats riches en fer.

La densité doit donc être combinée à d’autres propriétés.

Indices de réfraction

Les deux principaux indices sont approximativement :

1,7875

et

1,8159

Ces valeurs sont plus élevées que celles du rubis et du spinelle.

Elles peuvent cependant se rapprocher de certaines variétés de grenat ou de zircon.

Biréfringence

La painite possède une biréfringence d’environ :

0,028

Il s’agit d’un excellent critère.

Le grenat et le spinelle sont normalement isotropes et ne possèdent donc pas cette biréfringence normale.

Le rubis est biréfringent, mais sa biréfringence est beaucoup plus faible.

Caractère optique

La painite est :

uniaxe négative.

Cette propriété permet de la séparer de plusieurs gemmes visuellement similaires lorsque des instruments gemmologiques sont disponibles.

Pléochroïsme

Le fort pléochroïsme produit généralement :

rouge rubis

et

orange brunâtre à rouge orangé pâle.

Un dichroscope constitue donc un outil particulièrement utile.

Dureté

Une dureté d’environ 8 permet également de réduire les possibilités.

Elle reste néanmoins trop proche de celle de certaines autres gemmes pour constituer une preuve suffisante.

Un test de rayure ne devrait jamais être effectué sur une pierre facettée ou un cristal de collection.

Spectroscopie Raman

Pour une pierre potentiellement importante, la spectroscopie Raman constitue l’une des méthodes les plus fiables.

Elle permet d’obtenir une signature correspondant à la structure de la painite sans endommager la gemme.

Une analyse chimique peut également détecter la combinaison caractéristique de zirconium, calcium, aluminium et bore.


Painite naturelle, synthétique et traitements

La painite présente sur le marché des minéraux et des gemmes est essentiellement naturelle.

Contrairement au rubis, au spinelle ou au saphir, il n’existe pas de production commerciale importante de painite synthétique destinée à la joaillerie.

Painite synthétique

Aucune production significative de painites synthétiques gemmes n’est actuellement connue.

La structure du minéral peut évidemment être étudiée et reproduite sous certaines conditions expérimentales, mais cela ne correspond pas à une industrie commerciale capable de produire régulièrement de grandes pierres transparentes.

Le risque d’acheter une « painite synthétique » produite industriellement est donc extrêmement faible.

Traitements

Aucun traitement gemmologique courant n’est reconnu pour la painite.

Le chauffage, l’irradiation, la diffusion ou le remplissage de fractures ne constituent pas des pratiques commerciales standard associées à cette espèce.

Les couleurs rouges à brun orangé rencontrées sur le marché sont généralement naturelles.

Le principal risque : une mauvaise identification

Le véritable risque provient davantage d’une autre pierre présentée à tort comme painite.

Sa réputation de gemme extrêmement rare peut rendre son nom particulièrement attractif commercialement.

Une pierre rouge brunâtre vendue comme painite devrait donc idéalement être accompagnée d’un rapport provenant d’un laboratoire gemmologique compétent lorsque sa valeur est importante.


Painite, rubis, spinelle rouge, grenat ou zircon?

La painite peut visuellement ressembler à plusieurs gemmes rouges ou rouge brun. Les propriétés physiques et optiques permettent cependant de les distinguer.

Propriété Painite Rubis Spinelle rouge Grenat almandin Zircon rouge-brun
Composition principale Borate Ca-Zr-Al Al₂O₃ MgAl₂O₄ Silicate Fe-Al ZrSiO₄
Système cristallin Hexagonal Trigonal Cubique Cubique Tétragonal
Dureté Mohs Environ 8 9 Environ 8 7–7,5 Environ 6,5–7,5
Densité approximative 4,01–4,03 Environ 4,0 Environ 3,6 Environ 4,0–4,3 Environ 4,6–4,7 pour le zircon de type élevé
Indice de réfraction Environ 1,788–1,816 Environ 1,76–1,77 Environ 1,718 Environ 1,76–1,82 Peut dépasser 1,9
Biréfringence Environ 0,028 Faible, env. 0,008 Aucune Aucune Très forte pour le zircon de type élevé
Caractère optique Uniaxe négatif Uniaxe négatif Isotrope Isotrope Uniaxe positif
Pléochroïsme Fort Présent Aucun normal Aucun normal Variable
Principale distinction RI élevé + biréfringence 0,028 Beaucoup plus dur RI et densité plus faibles Isotrope malgré RI similaire Densité et RI généralement plus élevés

Le rubis représente l’une des confusions les plus logiques.

La densité peut être pratiquement identique, et les deux pierres peuvent présenter une couleur rouge suffisamment proche.

Le rubis est toutefois plus dur et possède des indices de réfraction ainsi qu’une biréfringence sensiblement plus faibles.

Le spinelle rouge est simplement réfringent en raison de son système cristallin cubique. Une mesure au polariscope ou au réfractomètre permet donc rapidement de le distinguer.

Le grenat almandin constitue une confusion plus délicate au niveau de l’indice de réfraction et de la densité, mais il est normalement isotrope.

Le zircon possède quant à lui une densité généralement beaucoup plus élevée et, pour le matériau de type élevé, des indices de réfraction exceptionnellement forts.


Qualité, rareté et valeur de la painite

La réputation historique de la painite comme « pierre la plus rare au monde » doit aujourd’hui être nuancée.

De nouvelles découvertes ont permis de récupérer plusieurs milliers de cristaux et fragments, ce qui signifie qu’elle n’est plus connue uniquement par deux ou trois spécimens.

Cela ne signifie cependant pas que les belles pierres gemmes soient devenues communes.

La majeure partie du nouveau matériel est :

très sombre;

fortement incluse;

fracturée;

opaque ou translucide;

ou simplement trop petite pour produire une gemme de grande qualité.

Transparence

La transparence représente l’un des critères les plus importants pour une pierre facettée.

Une painite propre à l’œil nu est extrêmement inhabituelle.

La majorité des cristaux possèdent suffisamment d’inclusions pour réduire leur transparence ou rendre le facettage difficile.

Couleur

Un rouge brunâtre trop sombre peut fortement réduire la luminosité.

Les pierres présentant une couleur rouge ou rouge orangé suffisamment visible tout en conservant une bonne transmission de la lumière sont donc particulièrement intéressantes.

Une saturation élevée reste attrayante tant qu’elle ne rend pas la pierre presque noire.

Taille

La taille constitue un facteur important de rareté.

Même après les nouvelles découvertes, le matériel facetable de grandes dimensions reste extrêmement limité.

Beaucoup de pierres terminées pèsent moins d’un carat.

Les cristaux bruts peuvent être plus grands, mais une part importante doit souvent être sacrifiée afin d’éliminer les fractures et inclusions importantes.

Facettage

La profondeur de la taille doit être choisie avec soin.

Une pierre trop épaisse absorbera une quantité importante de lumière et peut apparaître presque noire.

Les lapidaires choisissent donc parfois des proportions relativement peu profondes afin d’améliorer la luminosité.

Un facettage précis est particulièrement important en raison du fort pléochroïsme.

Cristaux de collection

Pour les spécimens minéralogiques, les critères sont différents.

Les collectionneurs recherchent notamment :

des cristaux complets;

une bonne terminaison;

des faces naturelles bien conservées;

une couleur rouge visible;

une transparence intéressante;

une association avec du rubis ou d’autres minéraux;

et une provenance précisément documentée.

Un cristal intact peut avoir beaucoup plus d’intérêt scientifique et historique s’il est conservé naturel plutôt que facetté.

Provenance

La provenance constitue un élément fondamental.

Ohngaing possède l’importance historique de la localité type.

Wet-loo et Hinthar-taung sont particulièrement importants pour la compréhension moderne du gisement primaire.

Namyazeik possède également une grande importance dans l’histoire des découvertes du début des années 2000.

Pour une gemme aussi rare, une provenance bien documentée peut donc ajouter considérablement à l’intérêt du spécimen.


Utilisation en joaillerie et entretien

Avec une dureté d’environ 8 sur l’échelle de Mohs, la painite possède théoriquement de très bonnes qualités pour la joaillerie.

Elle résiste mieux aux rayures que le quartz, les feldspaths, l’apatite et de nombreuses autres pierres.

Sa principale limitation n’est donc pas sa dureté, mais plutôt l’extrême rareté du matériau propre ainsi que la fréquence des fractures et inclusions.

Pendentifs et boucles d’oreilles

Les pendentifs et les boucles d’oreilles constituent des choix particulièrement adaptés.

Ces bijoux sont moins exposés aux chocs que les bagues et permettent de protéger une pierre exceptionnellement rare.

Ils permettent également de choisir une orientation mettant en valeur le rouge et le pléochroïsme naturel de la painite.

Bagues

Une painite peut être utilisée dans une bague grâce à sa bonne dureté.

Un sertissage protecteur reste toutefois recommandé, particulièrement lorsque la pierre contient des fractures internes.

Compte tenu de sa rareté, une painite importante convient davantage à un port occasionnel qu’à une bague destinée à subir quotidiennement des chocs importants.

Nettoyage

Pour l’entretien courant, la méthode la plus prudente consiste à utiliser :

de l’eau tiède;

un savon doux;

une brosse très souple ou un chiffon propre.

La pierre doit ensuite être rincée soigneusement et séchée avec un tissu non abrasif.

Les ultrasons et la vapeur sont déconseillés par prudence lorsque la pierre contient des fractures ou de nombreuses inclusions.

La chaleur peut également représenter un risque lorsqu’elle provoque une dilatation différente entre le cristal et ses inclusions.

La painite reste ainsi une pierre exceptionnelle, même si elle n’est plus limitée aux quelques cristaux qui avaient autrefois fait sa réputation. Sa distribution presque entièrement limitée au Myanmar, sa composition inhabituelle riche en zirconium, sa densité élevée, son fort pléochroïsme et l’extrême rareté des spécimens réellement facettables continuent d’en faire l’une des gemmes de collection les plus singulières du monde minéral.

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