Opale mousse : le guide de référence
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L’opale mousse est une variété d’opale commune reconnaissable à ses inclusions internes formant des motifs qui rappellent de la mousse, de petites branches, des fougères ou des paysages végétaux. Malgré leur apparence parfois étonnamment organique, ces structures ne sont généralement pas de véritables végétaux fossilisés. Elles sont produites par des matières minérales, notamment de la chlorite fine, des minéraux argileux et, selon les spécimens et les gisements, différents oxydes métalliques.
Contrairement à l’opale précieuse connue pour ses éclats multicolores, l’opale mousse appartient généralement à la catégorie des opales communes et ne présente donc pas de véritable jeu de couleurs. Son intérêt repose plutôt sur le contraste entre une masse d’opale blanche, laiteuse, crème, jaunâtre, verdâtre ou translucide et les inclusions qui semblent former un décor naturel à l’intérieur de la pierre.
Le terme « opale mousse » décrit ainsi davantage une apparence qu’une espèce minérale indépendante. Des matériaux très différents peuvent d’ailleurs être commercialisés sous des noms proches, particulièrement l’agate mousse et l’opale dendritique. Leur distinction demande donc d’observer non seulement les motifs internes, mais également la nature de la silice qui constitue la pierre.
L’opale mousse en bref
| Propriété | Donnée |
|---|---|
| Nom | Opale mousse |
| Nature | Variété d’opale commune |
| Composition | Silice hydratée, SiO₂·nH₂O |
| Structure | Amorphe, sans véritable système cristallin |
| Couleur de fond | Blanche, crème, grise, jaunâtre, verdâtre à parfois brunâtre |
| Inclusions caractéristiques | Chlorite fine, argiles et parfois oxydes de fer ou autres minéraux |
| Aspect des inclusions | Mousse, branches, filaments ou dendrites |
| Dureté | Environ 5,5 à 6,5 sur l’échelle de Mohs |
| Densité | Environ 1,98 à 2,50 selon le matériau |
| Indice de réfraction | Environ 1,37 à 1,52 |
| Biréfringence | Aucune véritable biréfringence |
| Transparence | Généralement translucide à opaque |
| Clivage | Aucun |
| Fracture | Conchoïdale à irrégulière |
| Ténacité | Fragile |
| Jeu de couleurs | Généralement absent |
| Principales matières formant les motifs | Chlorite, argiles, oxydes de fer et autres inclusions minérales |
| Provenances documentées | États-Unis, Australie occidentale et plusieurs autres localités |
| Opale documentée au Québec | Oui |
| Opale mousse documentée au Québec | Aucune provenance établie à ce jour |
Les propriétés exactes d’une opale mousse peuvent varier sensiblement d’un spécimen à l’autre. L’opale contient une quantité variable d’eau et sa porosité, sa densité ainsi que son indice de réfraction dépendent notamment de sa structure interne et de son environnement de formation.
Qu’est-ce qu’une opale mousse?
L’opale mousse est une opale contenant des inclusions qui produisent des dessins évoquant de la végétation. Ces motifs peuvent être extrêmement fins, comme de petits filaments répartis dans la pierre, ou former des structures plus importantes ressemblant à des branches, des algues, des fougères ou de minuscules paysages. Le terme anglais moss opal est également largement employé dans le commerce et les collections minéralogiques.
Il ne s’agit toutefois pas d’une espèce minérale distincte. La matière principale demeure de l’opale, c’est-à-dire une forme de silice hydratée dont la composition générale est représentée par la formule SiO₂·nH₂O. L’expression « mousse » fait uniquement référence à l’apparence particulière des inclusions présentes dans cette masse d’opale.
La plupart des opales mousse sont considérées comme des opales communes. Contrairement à l’opale précieuse, elles ne possèdent généralement pas l’organisation interne suffisamment régulière pour produire le phénomène optique appelé jeu de couleurs. Leur valeur esthétique provient donc principalement des motifs internes, de la couleur de fond et de la transparence de la pierre.
Pourquoi l’opale mousse présente-t-elle des motifs de mousse?
Les structures évoquant de la mousse ne correspondent généralement pas à de véritables plantes emprisonnées dans la pierre. Il s’agit d’inclusions minérales ou de précipitations apparues à l’intérieur de l’opale, parfois pendant sa formation et parfois au cours de différentes étapes de circulation de fluides dans la roche.
La chlorite à grains très fins constitue l’une des matières fréquemment associées à l’opale mousse. Des minéraux argileux peuvent également être présents, tandis que certaines opales à structures dendritiques renferment des oxydes de fer ou d’autres composés minéraux. La composition exacte de ces motifs n’est donc pas nécessairement identique dans toutes les opales commercialisées sous le nom d’opale mousse.
Des structures minérales qui ressemblent à des végétaux
Lorsqu’un minéral précipite progressivement dans de très petites fractures, pores ou zones de croissance, il peut développer des ramifications. Ces structures prennent parfois une forme dendritique, c’est-à-dire une organisation composée de branches successives comparable à celle d’un arbre.
Lorsque les ramifications sont fines et nombreuses, leur apparence peut devenir suffisamment irrégulière pour évoquer de la mousse. Dans d’autres spécimens, les inclusions sont plus diffuses et ressemblent davantage à de petits nuages verts, noirs, bruns ou gris emprisonnés dans la silice.
L’apparence finale dépend de la couleur de la masse d’opale, de sa transparence et de la répartition de ces inclusions. Une opale translucide avec des motifs très contrastés peut donner l’impression d’observer un paysage en profondeur, ce qui explique une grande partie de l’attrait de cette variété.
Composition chimique et structure
L’opale est principalement composée de silice hydratée et sa formule générale s’écrit SiO₂·nH₂O. Le symbole « nH₂O » indique que la quantité d’eau contenue dans la matière peut varier. L’eau fait partie intégrante de la structure de l’opale et influence certaines de ses propriétés physiques.
Contrairement au quartz, dont les atomes sont organisés selon une structure cristalline ordonnée, l’opale est principalement amorphe ou très faiblement ordonnée à l’échelle microscopique. Elle ne forme donc pas les cristaux prismatiques caractéristiques du quartz et ne possède pas de véritable système cristallin au sens classique.
Dans les opales précieuses, de minuscules unités de silice peuvent être arrangées de manière suffisamment régulière pour diffracter la lumière et créer un jeu de couleurs. Dans l’opale commune, cet arrangement est généralement irrégulier : les particules peuvent présenter différentes dimensions ou être disposées sans l’ordre nécessaire pour produire les éclats spectraux caractéristiques de l’opale précieuse.
L’opale mousse ajoute à cette structure une seconde composante visuelle importante : ses inclusions. Celles-ci peuvent être composées de chlorite, d’argiles ou d’autres matières minérales distribuées sous forme de filaments, de masses ou de dendrites dans la silice hydratée.
Propriétés physiques et optiques
L’opale mousse possède généralement une dureté d’environ 5,5 à 6,5 sur l’échelle de Mohs. Elle est donc nettement plus tendre que le quartz, le saphir ou le spinelle et peut être rayée par plusieurs matériaux couramment présents dans l’environnement. Cette dureté demeure suffisante pour réaliser des cabochons, des pendentifs et différents objets polis, mais la pierre doit être protégée des chocs et de l’abrasion.
Sa densité est relativement faible et varie en fonction de la teneur en eau, de la porosité et des inclusions. Des valeurs allant approximativement de 1,98 à 2,50 peuvent être rencontrées pour le matériel décrit comme opale mousse, tandis que l’opale gemme se situe souvent autour de 2,1.
L’indice de réfraction de l’opale est également relativement faible comparativement à de nombreuses pierres gemmes transparentes. Selon la nature du matériau, il peut se situer approximativement entre 1,37 et 1,52. L’opale ne possède pas de biréfringence véritable comme le quartz ou le corindon, puisqu’elle n’est pas constituée d’un réseau cristallin anisotrope comparable.
L’opale mousse ne possède pas de clivage, mais elle demeure fragile. Sa fracture peut être conchoïdale et des fissures internes peuvent se développer à la suite d’un choc, d’une variation importante de température ou de changements affectant l’eau présente dans certaines opales particulièrement poreuses.
Comment se forme l’opale mousse?
La formation de l’opale commence généralement lorsque de l’eau contenant de la silice dissoute circule à travers des roches. Cette solution peut pénétrer dans des fissures, des cavités ou des zones poreuses. Lorsque les conditions chimiques changent et qu’une partie de l’eau disparaît progressivement, la silice se dépose et forme une matière riche en silice hydratée.
Ce processus peut se produire dans différents contextes géologiques. Certaines opales sont associées à des terrains volcaniques où la circulation d’eaux riches en silice est importante, tandis que d’autres se forment dans des environnements sédimentaires ou dans des zones fortement altérées par les eaux souterraines.
Formation des motifs internes
Les motifs caractéristiques de l’opale mousse nécessitent la présence supplémentaire de matières capables de précipiter à l’intérieur ou en même temps que l’opale. De minuscules particules de chlorite, d’argile ou d’oxydes peuvent ainsi être incorporées à la silice pendant différentes étapes de sa formation.
Lorsque ces matières se développent de manière ramifiée, elles produisent des structures dendritiques. Dans d’autres cas, les inclusions restent plus irrégulières et forment les petites masses diffuses auxquelles l’opale mousse doit son nom.
Les motifs ne constituent donc pas nécessairement une couche déposée sur la surface. Dans de beaux spécimens, ils peuvent être distribués à différentes profondeurs à l’intérieur de la pierre. Après le polissage d’un cabochon, cet effet tridimensionnel peut devenir particulièrement visible.
Où trouve-t-on l’opale mousse dans le monde?
L’opale commune est extrêmement répandue à l’échelle mondiale, mais les localités dans lesquelles du matériel est précisément répertorié sous le nom d’opale mousse sont beaucoup moins nombreuses. Les États-Unis et l’Australie occidentale possèdent plusieurs occurrences bien documentées, tandis que d’autres occurrences sont signalées en Europe et dans différentes régions du monde.
États-Unis
L’Oregon représente l’une des provenances de référence. La mine d’opale Juniper Ridge, dans le comté de Lake, est notamment documentée pour l’opale mousse en plus d’autres variétés d’opale. Le matériel provenant de cette région peut présenter des motifs contrastés particulièrement intéressants pour le polissage.
Des occurrences d’opale mousse sont également répertoriées dans plusieurs autres États américains, notamment en Californie, au Colorado, au Kansas, au Nebraska et au Nouveau-Mexique. Toutes ces occurrences n’ont toutefois pas nécessairement la même importance gemmologique ou commerciale.
Australie occidentale
L’Australie occidentale possède également plusieurs zones produisant des opales communes présentant des motifs dendritiques. Dans la région des Goldfields, certaines de ces pierres sont localement appelées moss opal. Les inclusions peuvent être constituées de chlorite, d’oxydes de fer ou de matières argileuses distribuées dans une opale translucide à opaque.
Des occurrences sont notamment documentées autour de Norseman, de Bulong et de Grant’s Patch. Certaines pierres présentent une base blanche, jaune, brun doré ou verdâtre parcourue de ramifications sombres, donnant parfois des motifs extrêmement spectaculaires une fois la matière sciée et polie.
Autres occurrences
Des occurrences répertoriées sous le nom d’opale mousse existent également dans certaines régions d’Espagne et d’Europe centrale. Comme le terme repose en partie sur l’apparence du matériau, il faut cependant rester prudent lorsqu’une provenance commerciale est indiquée sans documentation géologique précise.
L’opale mousse au Québec
L’opale est bel et bien présente au Québec. Des occurrences sont notamment documentées dans le complexe alcalin de Kipawa, en Abitibi-Témiscamingue, ainsi que dans certaines localités de la Montérégie, dont le secteur de Mont-Saint-Hilaire et le filon-couche de Saint-Amable près de Varennes.
À Mont-Saint-Hilaire, de l’opale a notamment été signalée sous forme de revêtements pouvant recouvrir d’autres minéraux. À Saint-Amable, de petites masses ou gouttelettes d’opale transparente ont également été documentées en association avec différents minéraux caractéristiques de cette intrusion alcaline. Le complexe de Kipawa constitue une autre occurrence québécoise confirmée de l’espèce.
En revanche, la présence d’opale au Québec ne signifie pas automatiquement que l’opale mousse y est connue. Les bases minéralogiques consultées documentent plusieurs occurrences québécoises d’opale, mais aucune provenance québécoise clairement établie de la variété appelée opale mousse n’apparaît actuellement parmi les occurrences de référence.
Il est donc préférable de considérer que l’opale existe au Québec, mais que l’opale mousse n’y possède pas pour le moment de provenance reconnue et suffisamment documentée. Une pierre vendue comme « opale mousse du Québec » devrait ainsi être accompagnée d’informations précises sur son lieu de collecte et, idéalement, d’une identification minéralogique permettant de confirmer la nature du matériau.
À quoi ressemble une opale mousse naturelle?
L’apparence d’une opale mousse naturelle peut varier considérablement. La masse d’opale peut être presque blanche, laiteuse, crème, beige, jaune pâle, verdâtre, grise ou parfois brunâtre. La transparence va généralement de translucide à opaque, avec des zones plus transparentes occasionnelles dans certains spécimens.
Les inclusions constituent évidemment son caractère visuel principal. Elles peuvent être vert foncé, brunes, noires, rougeâtres ou grisâtres et former de petits amas, des réseaux très fins ou de grandes ramifications traversant plusieurs millimètres de matière. Certaines pierres présentent des dessins évoquant véritablement un sous-bois, des algues ou des paysages miniatures.
Une bonne opale mousse n’a pas besoin de présenter un jeu de couleurs pour être intéressante. Au contraire, une base translucide relativement uniforme peut offrir un excellent contraste avec les inclusions et permettre d’observer différentes profondeurs dans la pierre.
À l’état brut, cet effet peut être beaucoup moins évident. Une surface naturelle terne ou recouverte d’une matrice peut masquer presque complètement les motifs internes. La coupe et le polissage permettent souvent de révéler des dessins impossibles à observer avant l’ouverture de la pierre.
Comment identifier une opale mousse?
L’apparence seule permet généralement de reconnaître le style d’une opale mousse, mais elle ne suffit pas pour confirmer la nature minéralogique du matériau. L’agate mousse, certaines calcédoines dendritiques, des opales dendritiques et même certains matériaux artificiels peuvent présenter des motifs étonnamment semblables.
Une identification fiable doit donc commencer par confirmer que la matière principale est réellement de l’opale. Plusieurs propriétés peuvent être utilisées conjointement, notamment l’indice de réfraction, la densité, la dureté et l’examen microscopique des inclusions.
Indice de réfraction
L’opale présente un indice de réfraction généralement inférieur à celui du quartz et de la calcédoine. Les valeurs se situent couramment dans la zone d’environ 1,37 à 1,47 pour de nombreuses opales, tandis que certaines données publiées pour l’opale mousse couvrent une plage légèrement plus large.
Cette mesure est particulièrement intéressante pour différencier une véritable opale mousse d’une agate mousse, puisque la calcédoine constituant l’agate possède un indice de réfraction plus élevé, généralement autour de 1,53 à 1,54.
Dureté
Une opale mousse possède normalement une dureté d’environ 5,5 à 6,5. Une agate ou une calcédoine approche plutôt 6,5 à 7. Cette différence peut contribuer à l’identification en laboratoire, mais les tests de rayure sont déconseillés sur un spécimen poli ou une pierre de valeur puisqu’ils peuvent l’endommager de façon permanente.
Microscopie et inclusions
L’examen à la loupe ou au microscope révèle souvent la profondeur des motifs. Les inclusions naturelles peuvent traverser la matière de manière irrégulière, changer d’épaisseur, se diviser et disparaître dans différentes zones de l’opale.
La microscopie peut également révéler des fractures, des zones de porosité, des concentrations de matière colorante ou certains indices d’un traitement. Aucune forme particulière d’inclusion ne permet toutefois, à elle seule, de confirmer automatiquement qu’une pierre est naturelle.
Opale mousse naturelle, synthétique et traitements
Une opale mousse naturelle résulte de processus géologiques ayant produit à la fois la masse de silice hydratée et les inclusions responsables de son aspect végétal. Les dessins sont normalement irréguliers et intégrés à la pierre plutôt que simplement imprimés sur sa surface.
Des opales synthétiques existent et certaines reproduisent très efficacement plusieurs propriétés optiques de l’opale naturelle. En revanche, l’expression « opale mousse synthétique » est beaucoup moins standardisée que des termes comme opale synthétique blanche ou opale synthétique avec jeu de couleurs. Des matériaux artificiels, des composites ou des imitations peuvent néanmoins être fabriqués pour reproduire une apparence similaire.
Coloration
Certaines opales poreuses peuvent absorber des substances colorantes. Cette caractéristique permet de modifier artificiellement leur couleur ou d’accentuer certains contrastes. Une couleur exceptionnellement saturée concentrée autour des fissures, des pores ou des irrégularités de surface peut donc justifier un examen plus approfondi.
La présence de couleur artificielle ne peut cependant pas être déterminée uniquement à partir d’une photographie. Certaines opales naturelles possèdent elles-mêmes des couleurs inhabituelles et certaines inclusions minérales produisent des contrastes particulièrement intenses.
Imprégnation et stabilisation
Des résines, huiles ou autres substances peuvent parfois être utilisées pour modifier l’apparence d’un matériau poreux, améliorer temporairement sa transparence ou réduire la visibilité de certaines fractures. Ces traitements doivent être distingués de la nature originelle de la pierre lorsqu’ils sont significatifs.
Pour une opale mousse de valeur élevée ou dont l’origine naturelle est importante, une analyse gemmologique permet d’obtenir beaucoup plus d’informations qu’une simple inspection visuelle. L’indice de réfraction, la microscopie et, lorsque nécessaire, des techniques spectroscopiques peuvent aider à caractériser le matériau.
Opale mousse, agate mousse, opale dendritique, chrysoprase ou opale commune?
L’opale mousse est particulièrement facile à confondre avec l’agate mousse. Les deux pierres peuvent présenter des motifs verts ou sombres rappelant des végétaux, mais leur structure minéralogique est différente. L’expression opale dendritique est encore plus proche et peut parfois chevaucher l’usage du terme opale mousse selon l'apparence du spécimen.
| Propriété | Opale mousse | Agate mousse | Opale dendritique | Chrysoprase | Opale commune |
|---|---|---|---|---|---|
| Matière principale | Opale | Calcédoine | Opale | Calcédoine | Opale |
| Composition générale | SiO₂·nH₂O | SiO₂ | SiO₂·nH₂O | SiO₂ | SiO₂·nH₂O |
| Structure | Amorphe | Microcristalline | Amorphe | Microcristalline | Amorphe |
| Dureté Mohs | Environ 5,5–6,5 | Environ 6,5–7 | Environ 5,5–6,5 | Environ 6,5–7 | Environ 5–6,5 |
| Motifs caractéristiques | Diffus, filamenteux ou mousseux | Mousseux ou ramifiés | Dendrites nettement ramifiées | Généralement couleur verte uniforme | Très variables, sans motifs obligatoires |
| Jeu de couleurs | Généralement absent | Absent | Généralement absent | Absent | Absent |
| Transparence | Translucide à opaque | Souvent translucide | Translucide à opaque | Translucide à opaque | Transparente à opaque |
| Aspect typique | Motifs semblant flotter dans une opale laiteuse | Motifs végétaux dans une calcédoine | Branches ou dessins arborescents | Vert pomme à vert soutenu | Très grande variété de couleurs |
| Principale distinction | Opale contenant des inclusions mousseuses | Plus dure et constituée de calcédoine | Motifs davantage dendritiques | Couleur verte généralement plus homogène | Catégorie générale sans nécessité d’inclusions mousseuses |
La frontière entre « opale mousse » et « opale dendritique » n’est pas toujours absolue. Les deux expressions décrivent des opales dont l’intérêt provient d’inclusions minérales. Lorsqu’elles forment principalement des ramifications nettes rappelant des arbres, le terme dendritique est particulièrement approprié; lorsque les structures sont plus diffuses et évoquent une végétation dense ou de la mousse, l’appellation opale mousse est généralement privilégiée.
L’agate mousse constitue en revanche un matériau minéralogiquement différent. Même si son apparence peut être presque identique, elle est constituée de calcédoine microcristalline et possède donc une dureté, une structure et des propriétés optiques distinctes.
Qualité, rareté et valeur de l’opale mousse
La qualité d’une opale mousse dépend moins de critères standardisés que celle de certaines pierres gemmes transparentes. Il n’existe pas de système universel permettant de classer officiellement les pierres en catégories A, AA ou AAA. La valeur dépend plutôt de l’apparence générale du spécimen, de la qualité de ses motifs, de sa couleur, de sa transparence, de ses dimensions et de son état.
Motifs
Les motifs représentent souvent le facteur esthétique le plus important. Une pierre peut être particulièrement attrayante lorsque les inclusions forment un dessin bien défini et équilibré, avec suffisamment d’espace autour des structures pour qu’elles demeurent faciles à observer.
Les motifs ressemblant à de petits paysages, des arbres ou des scènes naturelles peuvent susciter un intérêt particulier chez les collectionneurs. Leur attrait demeure néanmoins en partie subjectif : une pierre très chargée d’inclusions peut plaire davantage à certains amateurs qu’une opale présentant seulement quelques ramifications bien isolées.
Transparence et contraste
Une certaine translucidité permet de donner de la profondeur aux inclusions. Lorsqu’elles sont réparties à différents niveaux dans la pierre, l’impression tridimensionnelle devient beaucoup plus forte qu’avec un matériau complètement opaque.
Le contraste joue également un rôle majeur. Des inclusions vert foncé ou noires dans une opale crème ou blanche peuvent être particulièrement visibles, tout comme des dendrites brunes dans une matière jaune pâle ou légèrement translucide.
Fractures et stabilité
Les fractures réduisent généralement la valeur d’une pierre destinée à être taillée ou montée en bijou, particulièrement lorsqu’elles atteignent la surface ou traversent une grande partie du cabochon. Comme toutes les opales, l’opale mousse peut être relativement fragile et certaines matières peuvent développer des fissures lorsqu’elles sont soumises à des conditions défavorables.
Une belle apparence ne doit donc pas être le seul critère lors de l’achat. La stabilité du matériau, la qualité du polissage et l’absence de fractures importantes sont particulièrement importantes pour une pierre destinée à être portée régulièrement.
Taille et provenance
Les grandes pierres présentant des motifs intéressants sur toute leur surface peuvent attirer davantage les collectionneurs, mais la taille seule n’est pas suffisante pour déterminer la valeur. Un petit cabochon possédant un dessin exceptionnel peut être beaucoup plus intéressant qu’une grande pierre opaque dont les inclusions sont mal définies.
Une provenance documentée peut également augmenter l’intérêt minéralogique d’un spécimen. Les pierres accompagnées d’informations précises sur la mine ou la région d’origine sont particulièrement recherchées par les collectionneurs qui s’intéressent autant à la géologie qu’à l’apparence de la pierre.
Utilisation en joaillerie et entretien
L’opale mousse est principalement taillée en cabochon, en forme libre ou en plaques polies. Ces types de taille permettent de conserver une surface suffisamment importante pour montrer les inclusions et donnent souvent de meilleurs résultats qu’un facettage traditionnel. Les cabochons ovales, ronds, poires et formes libres sont particulièrement adaptés aux motifs naturels.
La pierre peut être utilisée pour des pendentifs, des boucles d’oreilles, des broches et certaines bagues. Dans une bague destinée à être portée régulièrement, une monture protectrice est toutefois préférable puisque la dureté relativement modérée et la fragilité de l’opale la rendent plus vulnérable aux rayures et aux impacts que le quartz, le spinelle ou le saphir.
Pour l’entretien courant, il est préférable d’utiliser un chiffon doux légèrement humide et, lorsque nécessaire, un peu d’eau tiède accompagnée d’un savon doux. Les produits chimiques agressifs, les solvants et les nettoyants abrasifs doivent être évités. Les appareils à ultrasons et les nettoyeurs à vapeur ne sont généralement pas recommandés pour l’opale, particulièrement lorsqu’on ignore sa porosité ou si des fractures sont présentes.
Une exposition prolongée à une chaleur importante ou à des variations rapides de température peut également être problématique. Certaines opales sont suffisamment poreuses pour absorber de l’eau ou d’autres liquides, ce qui peut temporairement modifier leur transparence ou leur apparence. Il est donc préférable de ne pas laisser une opale mousse tremper inutilement dans l’eau.
Avec des précautions raisonnables, l’opale mousse peut toutefois conserver longtemps son apparence. Son principal attrait ne réside pas dans les éclats multicolores associés aux opales précieuses, mais dans les dessins minéraux uniques emprisonnés dans la silice : chaque coupe peut révéler un motif différent, donnant à cette variété une identité particulièrement reconnaissable.