Obsidienne velours naturelle sur fond noir.

Obsidienne velours : le guide de référence

L’obsidienne velours, appelée Velvet Obsidian en anglais, est une obsidienne noire recherchée pour son reflet interne doux et irisé qui peut rappeler l’aspect du velours froissé. Sous une lumière diffuse, certaines pierres semblent presque entièrement noires. Lorsqu’elles sont inclinées sous une source lumineuse plus directe, elles peuvent révéler des zones vertes, violettes, bleues, rougeâtres, orangées, bronze ou argentées qui semblent se déplacer sous la surface.

L’appellation « obsidienne velours » est avant tout un nom commercial décrivant l’apparence du matériau. Elle ne correspond pas à une espèce minérale distincte ni à une variété possédant une composition chimique officiellement définie. Le Gemological Institute of America utilise néanmoins l’expression velvet obsidian pour illustrer un type d’obsidienne mexicaine à phénomène optique, ce qui confirme que cette appellation est bien employée dans le milieu gemmologique descriptif.

Le matériau commercial est principalement associé au Mexique, notamment à l’État de Jalisco. Il appartient au même grand ensemble que les obsidiennes arc-en-ciel et certaines obsidiennes à reflet, mais son aspect est généralement plus diffus : plutôt que de former des bandes arc-en-ciel bien séparées, les couleurs peuvent apparaître sous forme de nappes, de vagues ou de tourbillons donnant l’impression d’un tissu de velours éclairé sous différents angles.


L’obsidienne velours en bref

Propriété Donnée
Nom courant Obsidienne velours
Nom anglais Velvet Obsidian
Nature Verre volcanique naturel à effet optique
Statut du nom Appellation descriptive et commerciale
Famille Obsidienne
Minéral ou roche? Verre volcanique amorphe
Composition dominante Verre riche en silice
Constituants chimiques fréquents Si, O, Al, Na, K, Fe, Ca et autres éléments
Couleur de fond Noir à brun très foncé
Reflets Vert, violet, bleu, bronze, rouge, orange, gris et parfois plusieurs couleurs
Aspect caractéristique Reflet doux, diffus et ondulé rappelant le velours
Transparence Opaque en masse, parfois translucide sur les bords minces
Éclat Vitreux, accompagné d’un reflet interne diffus
Dureté Environ 5 à 5,5 sur l’échelle de Mohs
Densité Généralement autour de 2,3 à 2,6
Structure cristalline Aucune pour le verre principal; structure amorphe
Clivage Aucun
Cassure Conchoïdale
Origine géologique Refroidissement d’un magma riche en silice
Origine du reflet Structures et inclusions microscopiques orientées dans le verre
Provenance emblématique Jalisco, Mexique
Présence documentée au Québec Non comme variété « velours » reconnue
Obsidienne naturelle au Québec Oui
Utilisations Cabochons, pendentifs, sphères, galets polis et objets décoratifs

Comme les autres obsidiennes, l’obsidienne velours ne possède pas une formule chimique parfaitement fixe. La composition du verre volcanique peut changer d’une coulée à l’autre, tandis que la taille, la concentration et l’orientation des inclusions internes influencent considérablement l’apparence du reflet.


Qu’est-ce qu’une obsidienne velours?

L’obsidienne velours est une obsidienne naturelle dont certaines structures internes produisent un reflet doux et généralement multicolore. Le terme « velours » ne décrit donc pas la texture réelle de la surface : lorsqu’elle est correctement polie, la pierre reste lisse et brillante comme les autres obsidiennes.

L’impression veloutée est purement visuelle. Les couleurs apparaissent sous la surface sous forme de nappes diffuses, de tourbillons ou de zones qui semblent changer lorsque la pierre est inclinée. Cet effet donne parfois l’impression que plusieurs couches de matière colorée sont superposées à l’intérieur du verre noir.

L’obsidienne est un verre volcanique naturel formé principalement à partir d’une lave riche en silice. Contrairement à une roche magmatique entièrement cristallisée, elle contient une grande proportion de matière amorphe dans laquelle les atomes ne sont pas organisés selon un réseau cristallin régulier.

L’obsidienne velours appartient donc à la même famille géologique que l’obsidienne noire, l’obsidienne argentée, l’obsidienne dorée et l’obsidienne arc-en-ciel. Ce qui la distingue commercialement est essentiellement la forme particulière de son phénomène optique.


Pourquoi l’obsidienne velours possède-t-elle des reflets colorés?

Les couleurs de l’obsidienne velours ne sont pas produites par des pigments peints sur la pierre. Elles résultent de l’interaction de la lumière avec de minuscules structures présentes à l’intérieur du verre volcanique.

Les recherches sur les obsidiennes mexicaines à reflet ont révélé plusieurs types d’inclusions pouvant jouer un rôle : petites structures lenticulaires remplies de gaz, zones constituées d’un verre légèrement différent de la matrice et microcristaux de pyroxène ou de feldspath orientés par l’écoulement de la lave.

Des structures alignées par la lave

Avant de devenir complètement solide, une lave rhyolitique reste capable de s’écouler lentement.

Les bulles, petites lentilles de matière et cristaux microscopiques présents dans le magma peuvent alors être étirés et orientés dans la direction du mouvement.

Une fois le verre solidifié, ces structures restent figées dans cette orientation.

Lorsque la lumière atteint des milliers de petites interfaces presque parallèles, une partie est réfléchie dans une direction préférentielle. Le reflet apparaît alors seulement lorsque la pierre est observée sous certains angles.

Pourquoi le reflet semble-t-il « velouté »?

Dans certaines obsidiennes, les structures réfléchissantes produisent une nappe relativement uniforme, comme dans l’obsidienne argentée ou dorée.

Dans l’obsidienne velours, le reflet peut être plus diffus et les zones colorées présenter des formes ondulées ou plissées.

Lorsque plusieurs orientations microscopiques sont présentes sur une même surface, la lumière n’est pas réfléchie de manière parfaitement uniforme. Les couleurs semblent alors changer progressivement d’une zone à l’autre, créant une apparence proche du velours froissé sous une lumière directionnelle.

Pourquoi plusieurs couleurs peuvent-elles apparaître?

Certaines obsidiennes mexicaines possèdent plusieurs couches contenant des inclusions de tailles, orientations et concentrations différentes.

Chaque couche peut interagir différemment avec la lumière. Une partie peut apparaître verte, une autre violette, bleuâtre, bronze ou rougeâtre.

Les mécanismes produisant les couleurs des obsidiennes phénoménales restent néanmoins complexes. Les travaux du GIA soulignent que plusieurs mécanismes différents peuvent intervenir selon la localité et le type d’obsidienne.

Il est donc préférable de ne pas affirmer que toutes les obsidiennes velours doivent leur effet exclusivement à des bulles de gaz ou exclusivement à un minéral précis.


Composition chimique et structure cristalline

L’obsidienne velours ne possède pas de formule chimique unique, puisqu’elle est un verre volcanique naturel plutôt qu’une espèce minérale.

Son constituant dominant est généralement la silice, dont la formule est :

SiO₂

Une obsidienne naturelle contient cependant beaucoup d’autres éléments. L’aluminium, le sodium, le potassium, le fer, le calcium et le magnésium font notamment partie des constituants habituels d’un magma rhyolitique.

Une composition riche en silice

La plupart des obsidiennes classiques se forment à partir de magmas felsiques riches en silice.

Cette richesse en silice rend le magma extrêmement visqueux. Les constituants chimiques s’y déplacent beaucoup plus difficilement que dans une lave basaltique très fluide.

Cette viscosité favorise la préservation d’une phase vitreuse lorsque le magma refroidit.

Une structure amorphe

Le verre volcanique est amorphe.

Dans un cristal de quartz, les atomes de silicium et d’oxygène suivent une organisation régulière et répétitive. Dans l’obsidienne, la disposition des atomes est beaucoup plus désordonnée.

La pierre dans son ensemble n’appartient donc à aucun système cristallin.

Il serait incorrect de lui attribuer un système trigonal, cubique ou monoclinique simplement parce qu’elle contient beaucoup de silice.

Présence de microcristaux

Une obsidienne peut néanmoins contenir de petites quantités de cristaux.

Les études de certaines obsidiennes mexicaines à reflet ont notamment observé des pyroxènes et feldspaths microscopiques, ainsi que différentes structures lenticulaires incorporées au verre.

Ces phases représentent une petite fraction du matériau. La matrice reste principalement constituée de verre amorphe.


Propriétés physiques et optiques

L’obsidienne velours possède généralement une dureté d’environ 5 à 5,5 sur l’échelle de Mohs. Elle est donc plus tendre qu’un quartz, une agate ou un jaspe, qui possèdent une dureté proche de 7.

Cette différence devient importante lorsqu’elle est portée en bijou. Une pierre polie peut conserver longtemps son éclat si elle est correctement entretenue, mais elle se rayera plus facilement qu’une gemme quartzique.

Densité

La densité des obsidiennes naturelles se situe généralement entre environ 2,3 et 2,6.

Elle dépend notamment de la composition chimique du verre ainsi que de la quantité de bulles et d’inclusions présentes.

Cette valeur est beaucoup plus utile pour confirmer qu’une pierre possède les propriétés générales d’un verre volcanique que pour différencier une obsidienne velours d’une obsidienne arc-en-ciel.

Transparence

Une pierre relativement épaisse apparaît généralement noire et opaque.

Cependant, une mince bordure peut laisser passer une lumière brunâtre lorsque la pierre est éclairée fortement par l’arrière.

Cette translucidité est une caractéristique normale de nombreuses obsidiennes noires et ne constitue pas un traitement.

Éclat

La surface fraîche d’une obsidienne possède un éclat vitreux très net.

Après polissage, la pierre peut devenir presque miroir. Cette réflexion de surface ne doit pas être confondue avec le phénomène velouté interne.

Le reflet de surface montre directement la source lumineuse, tandis que l’effet velours semble flotter légèrement sous la surface et change avec l’orientation.

Cassure

L’obsidienne présente une cassure conchoïdale.

Lorsqu’elle se brise, elle produit des surfaces lisses et incurvées ainsi que des arêtes extrêmement coupantes.

Cette propriété est directement liée à sa structure vitreuse et à l’absence de plans de clivage cristallographiques.

Clivage

L’obsidienne ne possède aucun clivage.

Comme le matériau principal n’est pas cristallin, il n’existe pas de plans atomiques réguliers permettant à la pierre de se séparer préférentiellement dans certaines directions.


Comment se forme l’obsidienne velours?

La formation de l’obsidienne velours commence avec un magma riche en silice, généralement de composition rhyolitique. Ce type de magma possède une viscosité très élevée qui ralentit considérablement le déplacement des constituants chimiques.

Lorsque le magma atteint ou approche la surface, sa température diminue et sa viscosité augmente encore.

Formation du verre volcanique

Dans une roche magmatique ordinaire, les différents éléments ont suffisamment de temps pour s’organiser en cristaux de feldspath, quartz, pyroxène et autres minéraux.

Lorsque le liquide devient trop rapidement froid ou trop visqueux, cette cristallisation ne peut pas se terminer.

Une grande partie du magma est alors figée sous forme de verre naturel.

C’est ainsi que l’obsidienne se forme.

Formation des bulles et petites inclusions

Pendant la remontée du magma, la pression diminue.

Des gaz autrefois dissous dans le liquide peuvent commencer à former de minuscules bulles, de la même manière qu’un gaz dissous quitte progressivement une boisson lorsque la pression est relâchée.

Des cristaux microscopiques peuvent également commencer à se développer avant que la lave ne soit complètement figée.

Écoulement et alignement

La lave continue parfois à se déplacer pendant cette période.

Son mouvement étire les bulles et autres structures internes, qui peuvent devenir aplaties et approximativement parallèles aux plans d’écoulement.

Les petits cristaux peuvent eux aussi acquérir une orientation préférentielle.

Une fois la lave refroidie, toute cette organisation interne est conservée dans le verre.

Formation du motif velouté

Pour produire l’aspect velours, les structures responsables du reflet doivent être suffisamment nombreuses et organisées pour être visibles, mais leur distribution n’est pas nécessairement aussi régulière que dans certaines obsidiennes à bandes arc-en-ciel.

Des variations et déformations des couches pendant l’écoulement peuvent créer des motifs ondulés.

Lorsque le bloc est ensuite coupé et poli à travers ces structures, les zones de réflexion apparaissent sous forme de tourbillons et de nappes colorées.


Où trouve-t-on l’obsidienne velours dans le monde?

L’obsidienne velours commerciale est principalement associée au Mexique, particulièrement à l’État de Jalisco.

Le GIA illustre notamment une pierre de 14,7 grammes explicitement décrite comme « velvet obsidian from Mexico » dans une étude récente consacrée aux phénomènes optiques des gemmes.

Il ne s’agit cependant pas d’une variété minéralogique dont l’aire de distribution officielle serait strictement délimitée.

Jalisco, Mexique

L’État de Jalisco est particulièrement célèbre pour ses obsidiennes iridescentes.

Le GIA a documenté depuis plusieurs décennies des obsidiennes arc-en-ciel mexicaines provenant de cette région. Ces matériaux peuvent produire des couleurs violet, bleu, vert, jaune, orange et rose dans des couches internes distinctes.

Des lapidaires et commerçants utilisent le terme Velvet Obsidian pour certaines pierres de Jalisco dont les couleurs apparaissent davantage sous forme de tourbillons ou de nappes plissées que sous forme de longues bandes parallèles.

Cette distinction est toutefois commerciale plutôt que géologique.

Guadalajara

Le commerce lapidaire associe fréquemment l’obsidienne velours aux environs de Guadalajara, capitale de Jalisco.

Il est préférable de considérer Guadalajara comme une référence géographique commerciale à la région de production et de taille plutôt que comme le nom d’un gisement géologique unique.

Une pierre dont l’étiquette indique simplement « Guadalajara, Mexique » peut donc provenir d’un secteur volcanique plus large de Jalisco.

D’autres obsidiennes à effet dans le monde

Les États-Unis, l’Arménie, la Turquie, l’Islande, la Nouvelle-Zélande et plusieurs autres régions volcaniques possèdent également de l’obsidienne.

Certaines de ces obsidiennes présentent des effets de reflet ou d’iridescence.

Cela ne signifie pas qu’elles doivent automatiquement être commercialisées sous le nom Velvet Obsidian.

Pour une pierre de collection, une appellation comme obsidienne iridescente de Jalisco, Mexique est plus informative qu’un nom commercial utilisé sans provenance.


L’obsidienne velours au Québec

À ce jour, aucune occurrence québécoise reconnue sous le nom d’obsidienne velours n’est documentée.

Le Québec possède néanmoins de véritables obsidiennes naturelles, particulièrement en Gaspésie, ce qui permet de comparer directement la géologie locale avec celle des matériaux commerciaux mexicains.

Les monts Tuzo et Squaw Cap

Une importante occurrence d’obsidienne perlitique est documentée dans le secteur des monts Tuzo et Squaw Cap, en Gaspésie.

Les travaux géologiques réalisés dans cette région ont révélé des bancs d’obsidienne associés à des roches volcaniques felsiques.

Certaines tranchées ont traversé plusieurs mètres d’obsidienne perlitique, montrant que le verre volcanique n’y est pas seulement présent sous forme de minuscules fragments isolés.

Aspect de l’obsidienne gaspésienne

Les descriptions géologiques indiquent une obsidienne dont la couleur peut varier du noir au brun ambré.

Des échantillons présentent une texture vitreuse et, localement, certaines descriptions mentionnent également des reflets bleuâtres.

Cette observation est particulièrement intéressante puisqu’elle montre que les obsidiennes québécoises peuvent présenter des variations optiques plutôt que d’être exclusivement des verres noirs uniformes.

S’agit-il d’obsidienne velours?

Non, avec les connaissances disponibles.

Un reflet bleuâtre isolé ne suffit pas pour identifier une obsidienne velours. Il faudrait notamment démontrer une iridescence interne diffuse comparable au matériau mexicain ainsi que caractériser les structures microscopiques responsables.

Les publications géologiques québécoises ne décrivent pas actuellement une variété à larges nappes vertes, violettes, bronze et bleues comparable aux spécimens commercialisés comme Velvet Obsidian.

Une possibilité géologique, mais pas une occurrence connue

Des verres volcaniques peuvent développer de nombreux types d’inclusions et de textures d’écoulement.

Il n’est donc pas impossible qu’un spécimen québécois possède localement un effet optique intéressant.

Cependant, une possibilité théorique ne doit pas être présentée comme une découverte établie.

À ce jour, il est donc plus précis de dire que le Québec possède de l’obsidienne naturelle, mais qu’aucune occurrence reconnue d’obsidienne velours n’y est documentée.


À quoi ressemble une obsidienne velours naturelle?

Une obsidienne velours naturelle peut sembler presque entièrement noire lorsqu’elle n’est pas correctement éclairée.

Sous une lumière directionnelle, des zones colorées apparaissent progressivement et semblent se déplacer lorsque la pierre est inclinée.

L’effet est souvent moins nettement séparé que celui d’une obsidienne arc-en-ciel classique.

Aspect de velours froissé

La caractéristique visuelle la plus typique est l’apparence de tourbillons, plis et nappes lumineuses.

Une zone verte peut être entourée de violet puis traversée par une ligne bronze ou bleuâtre.

Les limites ne sont pas nécessairement parfaitement nettes. Elles peuvent se fondre progressivement les unes dans les autres.

Cette douceur explique l’utilisation du mot « velours ».

Couleurs

Le vert, le violet, le bleu et le bronze font partie des couleurs couramment rencontrées dans le commerce.

Certains spécimens présentent également de l’orange, du rouge ou du gris argenté.

Une pierre n’a pas besoin de présenter toutes ces couleurs pour être commercialisée comme obsidienne velours.

Certains lapidaires utilisent même cette appellation pour des obsidiennes dont le reflet velouté est dominé par une seule couleur.

Fond noir

Lorsque le phénomène n’est pas visible, la pierre retrouve généralement un aspect noir profond.

Cette différence entre une apparence presque noire et une coloration intense sous le bon angle est caractéristique des obsidiennes à phénomènes optiques internes.

Les couleurs ne doivent donc pas nécessairement être visibles en permanence.

Translucidité

Un bord particulièrement mince peut devenir brun sombre lorsqu’il est placé devant une lumière puissante.

Cette propriété est typique du verre volcanique noir.

La pierre reste néanmoins largement opaque lorsqu’elle possède l’épaisseur habituelle d’un cabochon ou d’un galet poli.

Aspect brut

Le matériau brut peut être difficile à évaluer.

Une fracture fraîche montre facilement l’éclat vitreux de l’obsidienne, mais le reflet velours peut être presque invisible lorsque le plan de fracture coupe mal les structures internes.

Les lapidaires doivent souvent examiner le brut sous plusieurs orientations avant de choisir une direction de coupe.


Comment identifier une obsidienne velours?

L’identification consiste d’abord à confirmer qu’il s’agit d’une obsidienne naturelle, puis à examiner le type de phénomène optique qu’elle présente.

Comme « velours » reste un terme descriptif, aucun instrument gemmologique ne peut fournir à lui seul une identification officielle sous cette appellation.

Faire tourner la pierre sous une lumière

Une source lumineuse directionnelle représente l’un des tests les plus utiles.

Lorsque la pierre est déplacée, les zones de couleur doivent changer d’intensité, apparaître ou disparaître.

Le phénomène semble généralement provenir de l’intérieur de la pierre et non d’une couche superficielle.

Observer la forme des couleurs

Dans le matériau commercialisé comme velours, les couleurs forment souvent des vagues ou des tourbillons diffus.

Une succession de bandes très régulières et parallèles correspond davantage à l’apparence traditionnellement associée à certaines obsidiennes arc-en-ciel.

Une nappe exclusivement dorée ou exclusivement argentée pourrait plutôt être classée comme obsidienne dorée ou argentée.

Ces frontières restent cependant commerciales et peuvent varier d’un vendeur à l’autre.

Observer la cassure

Une partie brute doit présenter une cassure conchoïdale caractéristique.

La surface fraîche est lisse, courbe et vitreuse.

Une roche constituée de grains facilement visibles à l’œil nu ne correspond pas à une obsidienne fraîche dominée par le verre volcanique.

Vérifier la dureté

Une dureté autour de 5 à 5,5 est cohérente avec de l’obsidienne.

Le matériau est donc plus tendre qu’un quartz ou qu’une agate.

Les tests de rayure ne devraient toutefois pas être effectués sur un cabochon fini, puisqu’ils risquent de laisser une marque permanente.

Densité et propriétés optiques

Une densité se situant approximativement entre 2,3 et 2,6 est également compatible avec de l’obsidienne.

Des mesures de laboratoire de l’indice de réfraction et une observation microscopique peuvent permettre de confirmer la nature vitreuse du matériau et de repérer certaines inclusions.

Ces tests peuvent confirmer l’obsidienne, mais la distinction entre « velours » et « arc-en-ciel » reste essentiellement fondée sur le motif commercial.


Obsidienne velours naturelle, synthétique et traitements

Une véritable obsidienne velours doit être un verre volcanique naturel.

Il est parfaitement possible de fabriquer du verre artificiel présentant des couleurs, des reflets ou une iridescence ressemblant à ceux de l’obsidienne naturelle. Un tel matériau reste toutefois du verre manufacturé et ne devrait pas être vendu comme obsidienne naturelle.

Verre artificiel

Le verre constitue l’imitation la plus évidente parce que ses propriétés de base ressemblent naturellement à celles de l’obsidienne.

Il peut être fabriqué en noir et recevoir des particules, pigments ou structures internes produisant différentes couleurs.

Une imitation bien fabriquée peut donc être difficile à reconnaître uniquement sur une photographie.

La provenance et la réputation du fournisseur deviennent particulièrement importantes pour les pièces de valeur.

Revêtements métalliques

Un verre ou une obsidienne noire peut recevoir un film métallique extrêmement mince produisant une iridescence.

Ces revêtements peuvent créer des bleus, violets, verts et dorés particulièrement intenses.

Le phénomène reste cependant situé sur la surface.

Une rayure ou une zone d’usure peut révéler la différence, tandis que le véritable reflet d’une obsidienne velours naturelle provient de structures situées dans la masse du verre.

Teinture

Une simple teinture ne reproduit pas facilement un effet directionnel.

Un colorant modifie généralement la couleur du matériau sous plusieurs angles, tandis que l’effet velours naturel apparaît ou disparaît selon la position de la pierre.

Des couleurs extrêmement uniformes qui ne changent pratiquement jamais sous la lumière méritent donc une vérification supplémentaire.

Chauffage

Le chauffage n’est pas un traitement normal destiné à produire de l’obsidienne velours.

Les structures responsables de l’effet se développent pendant l’histoire volcanique et l’écoulement de la lave.

Une chauffe ultérieure incontrôlée pourrait provoquer des fractures ou favoriser la dévitrification du verre plutôt que créer le motif recherché.

Stabilisation

L’obsidienne compacte n’a généralement pas besoin d’être imprégnée de résine.

Une pièce fracturée peut cependant être consolidée ou réparée individuellement.

Une importante réparation devrait idéalement être signalée, surtout lorsqu’il s’agit d’un spécimen de collection de grande qualité.


Obsidienne velours, obsidienne arc-en-ciel, obsidienne Mentogochol, obsidienne argentée ou obsidienne de feu?

Les différentes obsidiennes à phénomène optique peuvent parfois être difficiles à distinguer, particulièrement parce que leurs noms commerciaux ne suivent pas une nomenclature scientifique stricte.

Propriété Obsidienne velours Obsidienne arc-en-ciel Obsidienne Mentogochol Obsidienne argentée Obsidienne de feu
Nature Obsidienne à reflet diffus et irisé Obsidienne iridescente Appellation commerciale d’obsidienne iridescente Obsidienne à reflet argenté Obsidienne à iridescence de couches minces
Couleur de fond Noir Noir Noir Noir Noir à brun foncé
Couleurs Vert, violet, bleu, bronze, rouge, orange Violet, bleu, vert, jaune, orange, rose Plusieurs couleurs irrégulières Blanc-gris argenté Rouge, orange, vert, bleu, violet, rose
Motif Tourbillons et nappes doux Bandes et couches, parfois concentriques Vagues multicolores irrégulières Nappe ou halo argenté Flashs très vifs et métalliques
Effet directionnel Oui Oui Oui Oui Oui
Mécanisme Structures internes orientées; mécanisme exact pouvant varier Inclusions et couches orientées selon le matériau Pas de mécanisme distinct officiellement défini Réflexion sur inclusions orientées Interférence de nanocouches documentée à Glass Buttes
Provenance emblématique Jalisco, Mexique Jalisco, Mexique Mexique dans le commerce Mexique notamment Glass Buttes, Oregon
Dureté Env. 5–5,5 Env. 5–5,5 Env. 5–5,5 Env. 5–5,5 Env. 5–5,5
Caractéristique distinctive Aspect doux rappelant le velours froissé Bandes multicolores plus organisées Reflets multicolores irréguliers Reflet gris métallique Iridescence très vive de couches nanométriques

L’obsidienne arc-en-ciel constitue la comparaison la plus proche. Les deux peuvent présenter plusieurs couleurs et proviennent notamment du Mexique. Le terme velours est généralement réservé aux motifs plus doux, diffus et ondulés, tandis que l’arc-en-ciel possède souvent des couches plus nettement individualisées.

L’obsidienne Mentogochol est encore plus difficile à séparer puisque l’appellation est elle aussi commerciale et peut être utilisée pour certaines obsidiennes mexicaines à motifs multicolores irréguliers. Selon le vendeur, les deux noms peuvent parfois se chevaucher.

L’obsidienne argentée produit essentiellement un reflet blanc à gris métallique. Elle ne montre normalement pas la grande diversité de couleurs associée au velours.

L’obsidienne de feu possède quant à elle un mécanisme particulièrement bien étudié à Glass Buttes, où des nanocouches enrichies en magnétite produisent une iridescence extrêmement vive par interférence de couches minces.


Qualité, rareté et valeur de l’obsidienne velours

L’obsidienne velours est moins commune dans le commerce que l’obsidienne noire ordinaire, mais sa rareté exacte est difficile à quantifier parce que l’appellation ne correspond pas à une catégorie géologique réglementée.

Sa valeur dépend surtout de la beauté et de l’intensité du phénomène optique, de la taille, de l’orientation de la coupe, de la qualité du polissage et de la provenance.

Intensité du reflet

Une pierre dont les couleurs apparaissent clairement sous une lumière relativement normale possède généralement davantage d’impact qu’une pierre nécessitant un angle extrêmement précis.

Les meilleures pièces peuvent montrer de larges nappes colorées couvrant une grande partie de la surface.

Un reflet plus subtil n’est toutefois pas nécessairement de mauvaise qualité. Certaines obsidiennes velours sont justement appréciées pour la douceur de leur effet.

Variété des couleurs

La présence de plusieurs couleurs peut augmenter l’intérêt esthétique.

Un cabochon présentant du vert, du violet et du bronze à différents angles sera généralement plus complexe visuellement qu’une pierre presque entièrement noire avec un petit reflet gris.

Les pièces dominées par une seule couleur peuvent cependant être remarquables lorsque le motif est bien défini.

Motifs

Les tourbillons et zones rappelant du velours froissé constituent l’un des principaux critères esthétiques.

Une disposition particulièrement harmonieuse peut fortement influencer la valeur d’un cabochon même lorsque la quantité de couleur totale n’est pas exceptionnelle.

Chaque coupe traverse les structures internes différemment, ce qui rend les motifs pratiquement uniques.

Orientation de la taille

La qualité du brut ne suffit pas.

Une excellente pierre mal orientée peut sembler presque complètement noire une fois terminée.

Le lapidaire doit déterminer l’orientation des structures internes avant de choisir la surface qui deviendra le dessus du cabochon.

Cette étape peut nécessiter plusieurs coupes exploratoires et entraîne parfois une importante perte de matière.

Polissage

Le verre volcanique peut prendre un excellent poli, mais sa surface sombre rend les rayures particulièrement visibles.

Une pièce de qualité doit présenter une surface régulière et brillante qui n’interfère pas avec les reflets internes.

Un polissage imparfait crée des micro-rayures qui diffusent la lumière et diminuent considérablement le contraste des couleurs.

Provenance

Une provenance précise comme Jalisco, Mexique apporte davantage d’intérêt à une pièce que la simple appellation « Velvet Obsidian ».

Elle permet également de distinguer un matériau mexicain documenté d’une obsidienne iridescente provenant d’une autre région et commercialisée sous le même nom.

Les appellations A, AA et AAA utilisées par certains vendeurs ne correspondent à aucune norme gemmologique officielle.


Utilisation en joaillerie et entretien

L’obsidienne velours est particulièrement appréciée sous forme de cabochons, pendentifs, boucles d’oreilles, perles, sphères et galets polis. Sa beauté dépend principalement de la réflexion de la lumière sur les structures internes, ce qui favorise les grandes surfaces lisses plutôt que les petites facettes.

Le travail du lapidaire joue un rôle essentiel, puisque l’orientation de la pierre peut déterminer si les couleurs seront spectaculaires ou pratiquement invisibles.

Cabochons

Le cabochon représente l’une des meilleures formes pour l’obsidienne velours.

Une surface légèrement bombée présente plusieurs angles simultanément par rapport à la lumière. Lorsque la pierre est déplacée, différents secteurs du motif apparaissent progressivement.

Une grande zone violette peut disparaître tandis qu’une nappe verte ou bronze devient visible à côté.

Ce changement dynamique constitue une grande partie de l’intérêt de la pierre.

Pendentifs

Les pendentifs sont particulièrement adaptés aux grandes pièces.

Ils permettent de conserver suffisamment de surface pour montrer plusieurs tourbillons colorés et sont relativement bien protégés contre les impacts.

Le mouvement naturel du pendentif lorsque la personne marche aide également à révéler continuellement de nouveaux angles du phénomène optique.

Sphères

Les sphères peuvent être particulièrement spectaculaires lorsqu’un bloc possède plusieurs couches réfléchissantes.

La courbure complète de la surface signifie qu’une partie du matériau est presque toujours orientée favorablement par rapport à la lumière.

Lorsque la sphère est tournée, le motif peut sembler glisser autour de la pierre.

Bagues

L’utilisation en bague est possible, mais demande davantage de prudence.

Avec une dureté autour de 5 à 5,5, l’obsidienne peut être rayée par le quartz et par de nombreux matériaux rencontrés au quotidien.

Sa nature vitreuse la rend également relativement cassante.

Une monture entourant les bords du cabochon est donc préférable à un sertissage laissant toute la pierre exposée.

Comment nettoyer une obsidienne velours?

Pour le nettoyage courant, de l’eau tiède, une petite quantité de savon doux et un chiffon très souple sont généralement suffisants.

La pierre peut être rincée puis séchée immédiatement avec un tissu propre afin d’éliminer les traces d’eau et les empreintes digitales qui réduisent la visibilité de l’effet velouté.

Les éponges abrasives, poudres à récurer et produits de polissage ménagers doivent être évités. L’obsidienne est plus tendre que le quartz et sa surface noire brillante rend les micro-rayures particulièrement visibles.

Le nettoyage aux ultrasons et à la vapeur n’est généralement pas nécessaire. Une fracture interne peut être difficile à voir dans une pierre sombre et représenter une faiblesse sous l’effet des vibrations ou d’un changement rapide de température.

Il est également préférable d’éviter les chocs thermiques, par exemple en passant directement une pierre très froide sous une eau très chaude.

Pour le rangement, une pochette individuelle ou un compartiment séparé constitue la meilleure solution. Les agates, quartz, saphirs, rubis et diamants sont tous suffisamment durs pour rayer le verre volcanique.

Avec ces précautions simples, une obsidienne velours peut conserver durablement son poli noir brillant et les nappes colorées qui lui donnent son apparence caractéristique de velours lumineux.

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