Obsidienne dorée : le guide de référence
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L’obsidienne dorée est une variété d’obsidienne naturelle caractérisée par un reflet métallique jaune doré, bronze ou parfois cuivré qui apparaît lorsque la pierre est observée sous un angle favorable. À première vue, elle peut sembler presque entièrement noire ou brun très foncé. Lorsqu’elle est déplacée sous une source lumineuse, des zones entières deviennent cependant brillantes et donnent l’impression qu’une couche dorée se trouve sous la surface.
Comme toutes les obsidiennes, l’obsidienne dorée est un verre volcanique naturel. Elle se forme lorsqu’un magma très riche en silice refroidit suffisamment rapidement pour empêcher la croissance généralisée de cristaux. Le résultat est une matière amorphe, sans réseau cristallin régulier à longue distance, dont la composition est généralement proche de celle d’une rhyolite.
Le reflet doré n’est pas causé par de l’or. Il s’agit d’un phénomène optique produit par de très petites structures orientées dans le verre. Dans les obsidiennes mexicaines étudiées scientifiquement, des microvésicules contenant du gaz ou du verre ainsi que différentes inclusions orientées peuvent réfléchir et diffuser la lumière. Leur organisation pendant l’écoulement de la lave permet de créer le célèbre éclat doré directionnel.
L’obsidienne dorée en bref
| Propriété | Donnée |
|---|---|
| Nom | Obsidienne dorée |
| Nature | Verre volcanique naturel |
| Type | Variété d’obsidienne à reflet doré |
| Composition dominante | Verre silicaté généralement rhyolitique |
| Teneur typique en silice | Généralement supérieure à 70 % de SiO₂ |
| Structure | Amorphe, non cristalline |
| Couleur de fond | Noir, brun noirâtre ou parfois vert très sombre |
| Reflet caractéristique | Doré, bronze à cuivré |
| Dureté | Environ 5 à 5,5 sur l’échelle de Mohs |
| Densité | Généralement environ 2,3 à 2,6 |
| Indice de réfraction | Environ 1,48 à 1,51 selon la composition |
| Biréfringence | Aucune véritable biréfringence |
| Caractère optique | Isotrope |
| Éclat | Vitreux |
| Transparence | Opaque à translucide sur les parties minces |
| Clivage | Aucun |
| Fracture | Conchoïdale |
| Cause du reflet doré | Réflexion et diffusion de la lumière par des microstructures orientées dans le verre |
| Principale provenance commerciale | Mexique |
| Occurrence particulièrement étudiée | Sierra de las Navajas, Hidalgo, Mexique |
| Obsidienne dorée documentée au Québec | Non à ce jour |
Les propriétés physiques de l’obsidienne dorée sont essentiellement celles de l’obsidienne ordinaire. Ce qui la distingue est son phénomène optique, dont l’intensité dépend fortement de la concentration, de la forme et surtout de l’orientation des microstructures présentes dans le verre.
Qu’est-ce qu’une obsidienne dorée?
L’obsidienne dorée est une obsidienne naturelle présentant un reflet jaune doré à bronze lorsqu’elle est éclairée selon certaines orientations.
Elle ne constitue pas une espèce minérale différente de l’obsidienne noire et ne contient pas nécessairement davantage de certains éléments métalliques simplement parce qu’elle paraît dorée.
Le terme fait référence à son apparence.
L’obsidienne elle-même est une roche volcanique presque entièrement vitreuse. Elle se forme principalement à partir de magmas riches en silice dont la viscosité est suffisamment élevée pour ralentir fortement le déplacement des atomes pendant le refroidissement.
Lorsque la lave refroidit rapidement, les minéraux n’ont pas suffisamment de temps pour construire de grands réseaux cristallins.
Le liquide volcanique devient alors un verre solide amorphe.
L’obsidienne dorée appartient à la même famille que l’obsidienne noire, l’obsidienne argentée, l’obsidienne arc-en-ciel, l’obsidienne acajou et l’obsidienne flocon de neige.
Ces noms décrivent des aspects particuliers d’un verre volcanique plutôt que des espèces minérales indépendantes.
L’obsidienne dorée est parfois appelée gold sheen obsidian dans le commerce international.
Le mot sheen fait référence à un éclat ou reflet visible à la surface d’un matériau lorsqu’il est placé sous une lumière appropriée.
Dans une belle pierre polie, ce reflet peut couvrir presque toute la surface ou apparaître sous forme de bandes, de tourbillons et de zones irrégulières.
Pourquoi l’obsidienne est-elle dorée?
L’obsidienne dorée ne contient pas une couche d’or et sa coloration métallique n’est pas produite par de grandes paillettes dorées.
Le phénomène résulte principalement de minuscules structures orientées à l’intérieur du verre qui réfléchissent et diffusent la lumière.
Le mécanisme exact peut varier légèrement selon le type d’obsidienne et sa provenance.
Le rôle des microvésicules
Les microvésicules sont de minuscules cavités formées par des gaz présents dans le magma.
Pendant l’écoulement d’une lave extrêmement visqueuse, ces bulles peuvent être étirées, aplaties et orientées dans une direction préférentielle.
Elles deviennent alors beaucoup plus petites que les grandes bulles visibles dans une pierre ponce.
Lorsque de nombreuses microvésicules sont concentrées sur des plans semblables, la lumière peut être réfléchie ou diffusée collectivement.
Dans l’obsidienne de la Sierra de las Navajas, au Mexique, des études microscopiques et tomographiques ont établi une relation claire entre la microvésiculation et l’apparition d’un reflet doré.
Les surfaces présentant une forte concentration de vésicules relativement grossières peuvent montrer une teinte dorée uniforme, alors qu’une diminution de leur concentration produit un effet davantage dépendant de l’angle.
Structures lenticulaires et écoulement du verre
D’autres obsidiennes à reflet contiennent de petites structures lenticulaires remplies de gaz ou de verre légèrement différent de la matrice environnante.
Ces structures peuvent être aplaties pendant l’écoulement de la lave.
Lorsqu’elles sont nombreuses et orientées parallèlement, leurs interfaces internes agissent comme d’innombrables petits réflecteurs.
La lumière ne revient donc pas uniformément dans toutes les directions.
Un angle précis peut produire un éclat extrêmement intense tandis qu’une légère rotation rend la même zone presque noire.
Cristaux microscopiques
Certaines obsidiennes contiennent également de très petits cristaux orientés de pyroxène, de feldspath ou d’autres minéraux.
Ces inclusions peuvent participer à différents phénomènes de reflet.
Il ne faut toutefois pas attribuer automatiquement le doré de toutes les obsidiennes à un seul minéral comme la magnétite.
Dans les obsidiennes vertes et dorées de la Sierra de las Navajas étudiées récemment, le reflet est particulièrement associé à la distribution et à l’orientation des vésicules, sans qu’une population importante de microcristaux soit nécessaire pour l’expliquer.
Pourquoi le doré disparaît-il lorsque la pierre tourne?
Le phénomène est directionnel.
Les structures internes sont alignées selon les mouvements de la lave au moment où le verre se formait.
Lorsque leur orientation est favorable par rapport à la source lumineuse et à l’observateur, une grande quantité de lumière revient simultanément vers l’œil.
Le reflet devient alors doré et très lumineux.
Lorsque la pierre est tournée de quelques degrés, cette géométrie change et la lumière est réfléchie dans une autre direction.
La zone retrouve alors sa couleur noire ou sombre.
Composition chimique et structure amorphe
L’obsidienne dorée ne possède pas de formule chimique unique.
Elle est constituée de verre volcanique riche en silice, dont la composition varie légèrement selon le magma à partir duquel elle s’est formée.
La majorité des obsidiennes classiques possède une composition rhyolitique et contient généralement plus de 70 % de SiO₂, les rhyolites pouvant couramment dépasser 74 %.
Les autres constituants importants comprennent notamment :
Al₂O₃, correspondant à l’alumine;
Na₂O et K₂O, les oxydes de sodium et de potassium;
ainsi que de plus petites quantités de fer, calcium, magnésium, titane et autres éléments.
Cette composition se rapproche globalement de celle de certaines roches granitiques et rhyolitiques.
La différence fondamentale réside dans la texture.
Dans un granite, les atomes ont eu suffisamment de temps pour former des cristaux visibles de quartz, feldspath et autres minéraux.
Dans l’obsidienne, le refroidissement et la viscosité du magma ont empêché cette cristallisation généralisée.
Le matériau possède donc une structure amorphe.
Ses atomes sont liés les uns aux autres, mais ils ne forment pas le réseau périodique à longue distance d’un véritable cristal.
L’obsidienne dorée ne possède donc aucun système cristallin.
De minuscules cristaux ou inclusions peuvent néanmoins être présents à l’intérieur du verre sans changer la nature fondamentalement vitreuse de la roche.
Avec le temps géologique, le verre peut progressivement devenir instable et cristalliser.
Ce processus est appelé dévitrification.
Il explique notamment pourquoi la majorité des grandes occurrences d’obsidienne géologiquement bien conservées sont relativement jeunes comparativement à de nombreuses roches cristallines.
Propriétés physiques et optiques
L’obsidienne dorée possède une dureté d’environ 5 à 5,5 sur l’échelle de Mohs.
Elle est donc nettement plus tendre que le quartz, le béryl, le spinelle ou le saphir.
Une surface polie peut être rayée par des matériaux relativement courants et doit être manipulée avec plus de précautions qu’une gemme très dure.
Sa densité se situe généralement autour de 2,3 à 2,6, avec des variations liées à la composition chimique et à la quantité de vésicules.
Un verre contenant davantage de cavités microscopiques peut présenter une densité légèrement plus faible qu’une obsidienne très compacte.
Son indice de réfraction est généralement proche de 1,48 à 1,51.
Comme il s’agit d’un verre amorphe, l’obsidienne est normalement isotrope et ne possède pas de véritable biréfringence cristalline.
Des tensions internes peuvent toutefois produire des effets optiques anormaux sous lumière polarisée.
Son éclat est franchement vitreux sur une surface fraîche ou correctement polie.
La fracture est conchoïdale.
Lorsqu’elle se brise, la cassure forme des surfaces incurvées et peut produire des arêtes extrêmement tranchantes.
Cette propriété explique pourquoi l’obsidienne a été utilisée pendant des millénaires pour fabriquer des couteaux, pointes, grattoirs et autres outils coupants.
La ténacité reste cependant relativement faible.
Une pierre peut s’ébrécher ou se casser sous un choc même si sa surface résiste raisonnablement aux petites rayures.
Comment se forme l’obsidienne dorée?
La formation commence avec un magma très riche en silice, généralement proche d’une composition rhyolitique.
Ce magma possède une viscosité extrêmement élevée, ce qui signifie qu’il s’écoule beaucoup plus difficilement qu’un magma basaltique fluide.
Cette viscosité joue un rôle essentiel dans la formation du verre et de son reflet doré.
Éruption d’un magma riche en silice
Le magma remonte vers la surface dans un environnement volcanique continental ou insulaire.
En perdant de la pression, les gaz dissous commencent à former des bulles.
Une partie peut s’échapper, tandis qu’une autre reste emprisonnée dans le magma.
Lorsque le magma atteint la surface, il peut former des coulées très visqueuses ou des dômes de lave.
Refroidissement rapide
La surface de la lave perd rapidement sa chaleur au contact de l’air ou d’un matériau beaucoup plus froid.
Sa forte teneur en silice rend déjà le liquide extrêmement visqueux.
Les atomes n’ont alors pas suffisamment de mobilité pour construire de grands cristaux avant la solidification.
Le magma devient du verre volcanique.
C’est la formation de l’obsidienne.
Orientation des bulles pendant l’écoulement
La lave n’est cependant pas complètement immobile au moment où elle refroidit.
Elle continue à s’écouler et à se déformer.
De petites bulles présentes dans la masse peuvent alors être étirées et orientées dans le sens du mouvement.
Des structures de verre légèrement différentes peuvent subir le même phénomène.
Le résultat est une série de zones internes parallèles ou tourbillonnantes enregistrant les mouvements de la lave.
Formation du reflet
Si la concentration, la dimension et l’orientation des microstructures sont appropriées, elles produisent une forte réflexion interne.
Une fois le verre solidifié, ces structures sont définitivement emprisonnées.
Une tranche coupée parallèlement à une orientation favorable révèle alors le phénomène sous forme d’une grande surface dorée.
Une tranche orientée différemment à seulement quelques degrés peut présenter un effet beaucoup plus faible.
Refroidissement et dévitrification
Après sa formation, l’obsidienne reste thermodynamiquement instable comparativement à une roche entièrement cristallisée.
Sur de très longues périodes, une partie du verre peut progressivement former de minuscules cristaux.
Des sphérulites de cristobalite et d’autres phases siliceuses peuvent ainsi apparaître.
Lorsque ces transformations deviennent importantes, le matériau perd progressivement son apparence vitreuse initiale.
Où trouve-t-on l’obsidienne dorée dans le monde?
L’obsidienne ordinaire se rencontre dans de nombreuses régions volcaniques du monde, mais les conditions nécessaires pour produire un reflet doré suffisamment marqué sont beaucoup plus particulières.
Le Mexique constitue de loin la provenance la plus importante et la mieux documentée pour l’obsidienne à reflet doré utilisée comme pierre ornementale.
Sierra de las Navajas, Hidalgo, Mexique
La Sierra de las Navajas, dans l’État d’Hidalgo, possède l’une des occurrences d’obsidienne les plus célèbres de toute la Mésoamérique.
Le complexe volcanique est situé dans la partie nord-est de la Ceinture volcanique transmexicaine.
Son activité volcanique de la fin du Pliocène a produit d’importants volumes de matériaux rhyolitiques et des lithofaciès d’obsidienne.
Une variété particulièrement distinctive présente une couleur vert profond accompagnée d’un reflet doré.
Les études modernes montrent que le verre contient de nombreuses vésicules allongées et orientées.
Leur concentration contrôle à la fois la transparence, l’intensité du vert et la nature du reflet doré.
Cette obsidienne a également joué un rôle exceptionnel dans l’histoire précolombienne.
Les gisements de la Sierra de las Navajas furent exploités à grande échelle et le matériau fut distribué sur de longues distances à travers la Mésoamérique.
Autres régions du Mexique
Le Mexique possède de très nombreuses sources d’obsidienne liées à son activité volcanique.
Du matériau noir à reflet doré est également bien connu sur le marché lapidaire mexicain, notamment dans l’ouest du pays.
La couleur de fond peut être beaucoup plus sombre que celle de la célèbre obsidienne vert-doré de la Sierra de las Navajas.
Le terme commercial « obsidienne dorée » regroupe ainsi plusieurs matériaux dont le point commun est l’apparition d’un reflet chaud sous un angle favorable plutôt qu’une composition chimique strictement identique.
États-Unis
Les États-Unis possèdent plusieurs grandes occurrences d’obsidienne, particulièrement dans l’ouest du pays.
L’Obsidian Cliff de Yellowstone est une occurrence historique particulièrement importante.
Des descriptions pétrographiques classiques de cette obsidienne mentionnent déjà des secteurs présentant un éclat doré lié à de petites structures internes du verre.
L’Oregon et la Californie possèdent également des obsidiennes présentant différents phénomènes optiques.
Les célèbres matériaux de Glass Buttes en Oregon comprennent notamment des obsidiennes irisées et « fire obsidian », dont le mécanisme optique n’est pas exactement identique à celui du reflet doré classique.
Une variété beaucoup plus localisée que l’obsidienne noire
De l’obsidienne existe également en Arménie, en Islande, au Japon, en Éthiopie, en Nouvelle-Zélande et dans de nombreuses autres régions volcaniques.
La présence d’obsidienne ne signifie toutefois pas qu’une obsidienne dorée y soit automatiquement présente.
Le reflet exige des microstructures particulières créées pendant l’écoulement et le refroidissement.
Une provenance spécifiquement attribuée à une obsidienne dorée doit donc être documentée séparément de la simple présence d’obsidienne ordinaire.
L’obsidienne dorée au Québec
Le Québec n’est pas une provenance reconnue d’obsidienne dorée naturelle.
Les grandes sources classiques du matériau sont liées à des provinces volcaniques beaucoup plus récentes où des magmas siliceux ont produit des coulées et des dômes capables de conserver d’importantes masses de verre volcanique.
La géologie québécoise contient évidemment de nombreuses roches volcaniques felsiques et riches en silice, particulièrement dans les anciens terrains archéens de l’Abitibi.
Ces roches ont toutefois subi des centaines de millions à plusieurs milliards d’années d’évolution géologique, comprenant altération, déformation, métamorphisme et recristallisation.
La présence de rhyolites ou d’anciennes roches volcaniques siliceuses au Québec ne signifie donc pas qu’elles constituent de l’obsidienne fraîche.
Il faut aussi distinguer les objets archéologiques en obsidienne découverts au Québec d’une source géologique naturelle.
Une pointe ou un éclat d’obsidienne peut avoir été transporté sur une très grande distance par des échanges humains. Sa découverte ne démontre pas l’existence d’un gisement local.
À l’heure actuelle, le Québec ne doit donc pas être présenté comme une source naturelle établie d’obsidienne dorée.
Une pierre noire à reflet doré trouvée dans la province devrait être analysée avant d’être attribuée à cette variété, particulièrement parce que plusieurs roches et minéraux sombres peuvent produire des reflets métalliques.
À quoi ressemble une obsidienne dorée naturelle?
Une obsidienne dorée naturelle peut sembler presque entièrement noire lorsqu’elle est observée sans éclairage directionnel.
Son caractère spectaculaire apparaît lorsqu’elle est déplacée sous une lumière suffisamment forte.
Une grande zone dorée peut soudainement traverser la pierre.
Le reflet varie du jaune or au bronze et au cuivre.
Certaines pierres présentent un éclat relativement uniforme couvrant presque toute leur surface. D’autres montrent des bandes, des tourbillons, des vagues ou des zones concentriques liées à l’écoulement de la lave.
L’intensité change fortement selon l’angle.
Une zone extrêmement brillante peut redevenir noire après une petite rotation.
Cette propriété constitue l’un des caractères visuels les plus importants d’une véritable obsidienne dorée.
Le matériau de la Sierra de las Navajas peut présenter une apparence légèrement différente.
Sous lumière transmise, certaines obsidiennes paraissent vertes plutôt que noires. Le reflet doré se superpose alors à cette couleur verte et produit une apparence particulièrement distinctive.
À l’état brut, l’effet peut être difficile à observer.
Une croûte naturelle irrégulière disperse la lumière et cache souvent les structures internes.
Le sciage et surtout le polissage permettent de révéler beaucoup plus clairement le reflet.
C’est pourquoi l’orientation du lapidaire devient essentielle pour les cabochons et les grandes plaques décoratives.
Comment identifier une obsidienne dorée?
Une surface noire avec des reflets dorés ne suffit pas pour identifier une obsidienne dorée.
Du verre industriel, du verre aventuriné, certaines roches contenant des paillettes métalliques et différents matériaux composites peuvent présenter une apparence comparable.
L’identification doit donc commencer par confirmer que le matériau est bien un verre volcanique naturel.
Éclat vitreux et fracture conchoïdale
Une cassure fraîche d’obsidienne présente un éclat fortement vitreux.
La fracture est conchoïdale, produisant des surfaces incurvées ressemblant à l’intérieur d’une coquille.
Les arêtes peuvent devenir extrêmement fines et tranchantes.
Cette propriété permet d’écarter de nombreuses roches cristallines à grain visible.
Elle ne permet cependant pas de distinguer à elle seule une obsidienne naturelle d’un verre manufacturé, puisque les deux sont amorphes et peuvent présenter une fracture similaire.
Reflet directionnel
Le reflet doré naturel doit être fortement lié à l’orientation.
Sous une lumière ponctuelle, une zone brillante apparaît et se déplace ou disparaît lorsque la pierre est tournée.
Dans plusieurs spécimens, le phénomène ressemble davantage à une nappe lumineuse qu’à une multitude de paillettes individuelles.
Un matériau rempli de petits points métalliques brillants visibles sous presque tous les angles est plus compatible avec certains verres artificiels aventurinés.
Densité
La densité de l’obsidienne se situe généralement autour de 2,3 à 2,6.
Cette mesure permet d’écarter plusieurs minéraux noirs beaucoup plus lourds.
Elle n’est toutefois pas suffisante pour séparer l’obsidienne d’un verre artificiel dont la formulation pourrait produire une valeur similaire.
Indice de réfraction
L’indice de réfraction est généralement proche de 1,48 à 1,51.
La nature isotrope du verre signifie qu’aucune véritable double réfraction cristalline ne doit être observée.
Les verres manufacturés peuvent cependant posséder des indices proches.
L’interprétation doit donc être combinée à l’examen microscopique.
Microscopie
La microscopie constitue l’un des outils les plus importants.
Les obsidiennes naturelles peuvent présenter des bandes d’écoulement, des vésicules étirées, des structures lenticulaires, de minuscules cristaux et des variations de composition internes.
Les structures responsables du reflet peuvent être disposées selon des plans et des tourbillons reproduisant le déplacement naturel du magma.
Un verre manufacturé peut contenir des bulles, mais leur morphologie et leur distribution peuvent différer.
L’identification doit donc considérer l’ensemble de la texture plutôt qu’une inclusion isolée.
Analyse chimique
Pour les spécimens importants, l’analyse chimique permet de comparer la composition du verre à celle d’obsidiennes naturelles connues.
Cette méthode est particulièrement puissante pour déterminer la provenance géographique.
Les différentes sources volcaniques possèdent des signatures en éléments traces suffisamment distinctes pour que les archéologues puissent souvent identifier l’origine d’un outil d’obsidienne transporté à plusieurs centaines de kilomètres de son gisement.
Obsidienne dorée naturelle, imitations et traitements
L’obsidienne dorée authentique est un verre volcanique naturel dont le reflet s’est formé pendant le refroidissement et l’écoulement de la lave.
Il n’existe pas de véritable « obsidienne synthétique » au sens gemmologique, puisque le mot obsidienne désigne précisément un verre naturel d’origine volcanique.
Un verre fabriqué par l’être humain reste donc une imitation, même si sa composition et son apparence sont proches.
Verre noir manufacturé
Le verre constitue l’imitation la plus évidente.
Il peut être coloré en noir, brun ou vert et recevoir différentes inclusions capables de produire un reflet.
Une simple apparence vitreuse ne permet donc jamais de confirmer l’obsidienne.
L’analyse des inclusions, de la structure d’écoulement et, lorsque nécessaire, de la composition chimique permet de séparer le matériau naturel d’un produit industriel.
Verre aventuriné ou goldstone
Le verre aventuriné, souvent appelé goldstone, représente une confusion particulièrement importante.
Il est fabriqué par l’être humain et contient de très nombreux petits cristaux métalliques, souvent riches en cuivre, produisant une apparence scintillante.
Le phénomène visuel est différent de celui d’une obsidienne dorée.
Dans le goldstone, des milliers de points brillants restent généralement visibles dans toute la masse.
Dans une obsidienne dorée, le reflet prend plutôt la forme d’une zone ou d’un voile directionnel qui s’allume et s’éteint selon l’orientation.
Revêtements
Un verre noir ou une pierre sombre pourrait être recouvert d’une couche métallique afin d’imiter une surface dorée.
Un revêtement reste toutefois limité à la surface.
Une rayure, une ébréchure ou l’observation des arêtes peut révéler que la couleur ne pénètre pas dans le matériau.
Le reflet d’une véritable obsidienne dorée provient de structures situées à l’intérieur du verre.
Teinture
La teinture n’est pas nécessaire pour produire l’effet naturel.
Une obsidienne ordinaire pourrait cependant être colorée superficiellement ou un autre verre pourrait être teinté afin de créer une apparence plus convaincante.
L’observation des fractures et des cavités permet parfois de détecter une accumulation de colorant.
Polissage
Le polissage ne constitue pas un traitement gemmologique.
Il est même indispensable pour révéler correctement le phénomène.
Une surface parfaitement lisse permet à la lumière de pénétrer dans le verre et de revenir vers l’observateur sans être dispersée par une surface rugueuse.
Le lapidaire doit néanmoins choisir soigneusement l’orientation de la coupe.
Une pierre naturelle de grande qualité peut perdre presque tout son éclat doré si le plan principal est taillé dans une mauvaise direction.
Obsidienne dorée, obsidienne argentée, obsidienne arc-en-ciel, obsidienne acajou ou verre aventuriné?
Les différentes variétés d’obsidienne possèdent la même nature générale de verre volcanique, mais leurs phénomènes visuels et leurs inclusions permettent de les distinguer.
| Propriété | Obsidienne dorée | Obsidienne argentée | Obsidienne arc-en-ciel | Obsidienne acajou | Verre aventuriné |
|---|---|---|---|---|---|
| Nature | Verre volcanique naturel | Verre volcanique naturel | Verre volcanique naturel | Verre volcanique naturel | Verre manufacturé |
| Structure | Amorphe | Amorphe | Amorphe | Amorphe | Amorphe avec cristaux artificiellement formés |
| Couleur de fond | Noir à vert très sombre | Noir | Noir | Noir et brun rougeâtre | Brun, bleu, vert ou autres couleurs |
| Effet principal | Reflet doré à bronze | Reflet argenté | Bandes multicolores irisées | Motifs brun rougeâtre permanents | Scintillement de nombreux points métalliques |
| Cause générale | Microstructures orientées et réflexions internes | Microstructures orientées | Couches et inclusions produisant interférences ou diffraction | Variations de composition et oxydes de fer | Cristaux métalliques dans un verre artificiel |
| Dureté Mohs | Environ 5–5,5 | Environ 5–5,5 | Environ 5–5,5 | Environ 5–5,5 | Variable, souvent comparable au verre |
| Fracture | Conchoïdale | Conchoïdale | Conchoïdale | Conchoïdale | Conchoïdale |
| Comportement du reflet | Doré et directionnel | Argenté et directionnel | Plusieurs couleurs changeantes | Couleur rouge-brun visible sans orientation précise | Nombreuses paillettes brillantes |
| Origine | Volcanique | Volcanique | Volcanique | Volcanique | Artificielle |
L’obsidienne argentée possède un phénomène comparable, mais la lumière réfléchie apparaît blanche, grise ou argent métallique plutôt que jaune doré.
L’obsidienne arc-en-ciel présente plusieurs bandes colorées pouvant aller du vert et du bleu au rouge et au violet. Son phénomène optique est plus complexe qu’un simple reflet monochrome.
L’obsidienne acajou doit ses motifs rouge-brun principalement à des variations chimiques et à des phases riches en fer. Les zones colorées restent visibles selon presque tous les angles et ne se comportent pas comme une nappe de lumière dorée.
Le verre aventuriné est artificiel. Ses nombreuses paillettes métalliques donnent un scintillement très différent de la grande réflexion directionnelle caractéristique d’une obsidienne dorée bien orientée.
Qualité, rareté et valeur de l’obsidienne dorée
La valeur d’une obsidienne dorée dépend principalement de l’intensité de son reflet, de l’étendue de la zone dorée, de son orientation, de la régularité du phénomène, de la qualité du polissage, de l’absence de fractures importantes, de la taille et de la provenance.
Il n’existe pas de système gemmologique officiel attribuant des grades A, AA ou AAA à l’obsidienne dorée.
Ces appellations sont commerciales et peuvent varier considérablement d’un vendeur à l’autre.
Intensité du reflet
Le premier critère est la puissance du reflet doré.
Une excellente pierre peut passer d’un noir profond à un or métallique particulièrement lumineux sous un simple changement d’angle.
Un reflet faible, gris jaunâtre ou visible uniquement dans une très petite zone possède généralement moins d’impact visuel.
La qualité dépend néanmoins aussi de la manière dont le phénomène est réparti sur la pierre.
Étendue du doré
Certains cabochons présentent seulement une petite bande dorée.
D’autres montrent une grande surface qui s’illumine presque entièrement.
Un reflet couvrant une grande portion de la face principale est généralement très recherché, particulièrement lorsque son intensité reste forte.
Les motifs en vagues, anneaux ou tourbillons peuvent également augmenter l’intérêt lorsqu’ils sont bien centrés.
Orientation
L’orientation est essentielle.
Le reflet est directement lié à la disposition interne des microstructures.
Un lapidaire expérimenté examine donc chaque plaque sous plusieurs angles avant de déterminer la position du futur cabochon.
Une erreur d’orientation peut réduire énormément l’effet même si le brut contient une excellente couche à reflet doré.
Couleur de fond
Un fond noir uniforme produit généralement le contraste le plus spectaculaire.
Le doré semble alors flotter sur une surface très sombre.
Les matériaux vert foncé, comme certaines obsidiennes mexicaines historiques, possèdent une esthétique différente mais peuvent être tout aussi intéressants.
Lorsque la lumière traverse les bords d’une obsidienne verte à reflet doré, l’association des deux couleurs devient particulièrement évidente.
Polissage
Un excellent polissage est indispensable.
Les rayures et petites zones mates diffusent la lumière et peuvent diminuer considérablement la netteté du phénomène.
L’obsidienne peut atteindre un poli presque miroir, mais son verre relativement tendre se raye plus facilement que le quartz.
Une pièce ancienne ou fréquemment portée peut donc progressivement perdre une partie de son éclat de surface.
Fractures
L’obsidienne possède naturellement une fracture conchoïdale et reste relativement cassante.
Des fissures internes traversant un cabochon réduisent sa résistance et augmentent le risque de cassure.
De petites structures d’écoulement naturelles ne doivent cependant pas être confondues avec des fractures mécaniquement dangereuses.
Une pierre de qualité combine généralement un verre compact et un minimum de fissures importantes.
Provenance
Le Mexique représente la provenance de référence pour le matériau à reflet doré.
La Sierra de las Navajas possède notamment une importance exceptionnelle sur les plans géologique et archéologique.
Pour un spécimen de collection, une localité précise et documentée augmente considérablement l’intérêt.
Pour un cabochon ordinaire, l’intensité et l’esthétique du reflet restent généralement les principaux facteurs de valeur.
Rareté
L’obsidienne noire est relativement répandue dans plusieurs provinces volcaniques.
L’obsidienne possédant un reflet doré intense et bien organisé est beaucoup plus particulière.
Elle reste néanmoins accessible comparativement aux gemmes véritablement rares, puisque certaines occurrences mexicaines fournissent suffisamment de matériau pour alimenter régulièrement le marché lapidaire.
Sa valeur repose donc principalement sur la qualité du phénomène optique plutôt que sur une extrême rareté chimique.
Utilisation en joaillerie et entretien
L’obsidienne dorée est principalement utilisée pour fabriquer des cabochons, pendentifs, boucles d’oreilles, perles, bracelets, bagues occasionnelles, sphères et sculptures.
Les grandes surfaces polies sont particulièrement adaptées puisqu’elles permettent au reflet doré de se développer sur une zone suffisamment large.
Le cabochon reste l’une des tailles les plus efficaces.
Une forme relativement plate peut même être préférable à un dôme très prononcé lorsque la couche responsable du reflet possède une orientation presque plane.
Les sculptures et sphères créent quant à elles plusieurs orientations simultanées, ce qui permet au doré de se déplacer à travers l’objet lorsqu’il est tourné.
Avec une dureté de seulement 5 à 5,5, l’obsidienne peut être rayée par le quartz et par de nombreuses pierres courantes.
Elle est également cassante.
Une chute sur une surface dure peut provoquer une ébréchure ou une fracture conchoïdale très nette.
Les pendentifs et boucles d’oreilles sont donc particulièrement adaptés.
Une bague peut être utilisée, mais une monture protectrice est préférable si elle doit être portée régulièrement.
Pour le nettoyage courant, de l’eau tiède, un savon doux et un chiffon ou une brosse très souple constituent la méthode la plus prudente.
Les produits abrasifs doivent être évités afin de préserver le poli miroir indispensable à l’apparition du reflet.
Les nettoyeurs à ultrasons et la vapeur ne sont généralement pas nécessaires, particulièrement si la pièce contient des fractures ou a été collée dans une monture.
Les changements brusques de température doivent également être évités par prudence.
Enfin, l’obsidienne dorée devrait être rangée séparément des pierres plus dures. Le quartz, l’améthyste, la calcédoine, le béryl, le spinelle, le saphir et le diamant peuvent tous rayer sa surface.
Une pochette individuelle ou un compartiment rembourré permet de conserver durablement son poli et de préserver toute l’intensité de son reflet doré.