Obsidienne arc-en-ciel naturelle sur fond noir.

Obsidienne arc-en-ciel : le guide de référence

L’obsidienne arc-en-ciel est une variété d’obsidienne noire capable de produire des reflets irisés verts, violets, bleus, rouges, dorés ou parfois presque entièrement multicolores. Sous un éclairage ordinaire, certaines pierres semblent simplement noires. Lorsque leur surface est orientée correctement sous une source lumineuse, des bandes ou des zones concentriques colorées deviennent soudainement visibles.

Comme toutes les obsidiennes, l’obsidienne arc-en-ciel est un verre volcanique naturel et non un minéral cristallisé. Elle se forme lorsqu’un magma riche en silice refroidit suffisamment rapidement pour empêcher la croissance généralisée de cristaux. Les couleurs arc-en-ciel ne correspondent pas à des couches de pigments différentes : elles sont principalement produites par des phénomènes d’interférence de la lumière associés à de minuscules structures orientées dans le verre.

Des études microscopiques réalisées sur des obsidiennes arc-en-ciel mexicaines ont notamment révélé de très fines structures contenant des microlites d’hédenbergite ou de plagioclase organisés suivant les anciennes directions d’écoulement de la lave. Lorsque ces structures possèdent les dimensions et l’espacement appropriés, elles peuvent produire des couleurs par interférence en couches minces, expliquant pourquoi le phénomène change radicalement avec l’angle d’observation.


L’obsidienne arc-en-ciel en bref

Propriété Donnée
Nom Obsidienne arc-en-ciel
Nature Verre volcanique naturel
Type Variété d’obsidienne irisée
Composition dominante Verre silicaté généralement rhyolitique
Teneur typique en silice Souvent autour de 70 à plus de 75 % de SiO₂
Structure Amorphe, non cristalline
Couleur de fond Généralement noire à brun très foncé
Reflets Vert, violet, bleu, rouge, rose, doré, bronze et combinaisons multicolores
Dureté Environ 5 à 5,5 sur l’échelle de Mohs
Densité Généralement environ 2,3 à 2,6
Indice de réfraction Généralement autour de 1,48 à 1,51
Biréfringence Aucune véritable biréfringence
Caractère optique Isotrope
Éclat Vitreux
Transparence Opaque à translucide sur les parties minces
Clivage Aucun
Fracture Conchoïdale
Cause principale de l’iridescence Interférence lumineuse liée à des microstructures orientées dans le verre
Provenances reconnues Mexique, Oregon et Californie aux États-Unis
Obsidienne arc-en-ciel documentée au Québec Non à ce jour

Les propriétés physiques sont essentiellement celles de l’obsidienne ordinaire. Ce qui distingue la variété arc-en-ciel est l’organisation microscopique de certaines inclusions ou couches internes, suffisamment régulières pour modifier la réflexion de la lumière visible.


Qu’est-ce qu’une obsidienne arc-en-ciel?

L’obsidienne arc-en-ciel est une obsidienne naturelle présentant une iridescence multicolore.

Elle appartient à la même grande famille de verres volcaniques que l’obsidienne noire, l’obsidienne dorée, l’obsidienne argentée, l’obsidienne acajou et l’obsidienne flocon de neige.

Ces appellations décrivent des textures ou phénomènes optiques particuliers plutôt que des espèces minérales différentes.

L’obsidienne elle-même est une roche volcanique dont la matière est essentiellement vitreuse. Elle se forme généralement à partir de magmas très riches en silice et particulièrement visqueux.

Lorsque ces magmas arrivent près de la surface et refroidissent rapidement, leurs constituants n’ont pas suffisamment de temps pour former de gros cristaux.

Le liquide volcanique se solidifie alors en verre.

Dans l’obsidienne arc-en-ciel, certaines structures microscopiques se développent ou s’organisent pendant l’écoulement et le refroidissement. Lorsqu’elles possèdent une disposition appropriée, elles peuvent séparer ou renforcer différentes longueurs d’onde de la lumière.

Une même pierre peut donc sembler noire sous un angle, verte sous un autre puis afficher du violet, du rouge ou du doré lorsque sa position change.

Cette propriété explique également pourquoi une obsidienne arc-en-ciel brute peut sembler totalement ordinaire avant d’être sciée et polie dans la bonne orientation.


Pourquoi l’obsidienne présente-t-elle des couleurs arc-en-ciel?

Les couleurs de l’obsidienne arc-en-ciel ne sont pas principalement produites par des pigments verts, violets ou rouges dispersés dans la pierre.

Elles résultent surtout d’un phénomène structural d’interférence de la lumière.

Des recherches détaillées sur des obsidiennes mexicaines ont montré que plusieurs types de microstructures peuvent être associés au phénomène arc-en-ciel.

Les microlites d’hédenbergite

Un premier type d’obsidienne arc-en-ciel étudié scientifiquement contient de très petits bâtonnets d’hédenbergite, un pyroxène riche en calcium et en fer.

Ces cristaux peuvent ne mesurer que quelques dixièmes à quelques micromètres d’épaisseur tout en étant beaucoup plus longs.

Ils sont disposés en traînées parallèles suivant l’écoulement du verre volcanique.

Cette organisation régulière crée des interfaces capables d’interagir avec la lumière visible.

Le phénomène ne dépend donc pas simplement de la couleur propre de l’hédenbergite : c’est surtout son organisation extrêmement fine et répétitive dans le verre qui est importante.

Les microlites de plagioclase

Un deuxième type d’obsidienne arc-en-ciel mexicaine contient de minuscules cristaux allongés de plagioclase.

Ils sont eux aussi alignés suivant la direction d’écoulement de la lave.

Leur distribution peut être suffisamment régulière pour produire des couches optiquement différentes à l’intérieur de l’obsidienne.

Les études montrent donc que deux obsidiennes présentant un phénomène visuellement comparable ne sont pas nécessairement structurées exactement de la même manière à l’échelle microscopique.

L’interférence en couches minces

Le mécanisme qui explique le mieux les couleurs arc-en-ciel étudiées est l’interférence en couches minces.

Lorsqu’une onde lumineuse rencontre plusieurs interfaces extrêmement rapprochées, une partie de la lumière est réfléchie par chaque interface.

Ces différentes réflexions peuvent ensuite se rejoindre.

Pour certaines longueurs d’onde, les ondes se renforcent. Pour d’autres, elles s’annulent partiellement.

Selon l’épaisseur des couches et l’angle d’observation, le matériau peut donc sélectionner différentes couleurs.

Le principe est comparable à celui qui produit les couleurs visibles sur une très fine pellicule d’huile à la surface de l’eau, même si la structure physique de l’obsidienne est évidemment différente.

Pourquoi les couleurs changent-elles avec l’angle?

La distance parcourue par la lumière dans les différentes couches varie lorsque l’angle change.

Les conditions d’interférence changent donc elles aussi.

Une orientation peut renforcer le vert, tandis qu’une légère rotation fait apparaître le violet ou le rouge.

Lorsque la pierre quitte complètement l’angle favorable, l’iridescence peut presque disparaître et laisser seulement la couleur noire du verre.

C’est pourquoi une obsidienne arc-en-ciel doit toujours être examinée en la faisant lentement tourner sous une source lumineuse relativement ponctuelle.


Composition chimique et structure amorphe

L’obsidienne arc-en-ciel ne possède pas de formule chimique unique.

Elle est principalement constituée d’un verre volcanique riche en silice, généralement de composition rhyolitique.

Les analyses d’obsidiennes arc-en-ciel mexicaines étudiées scientifiquement donnent environ 76 % de SiO₂ dans la matrice vitreuse.

Les autres principaux constituants comprennent l’alumine Al₂O₃ ainsi que des oxydes de sodium et de potassium.

De plus faibles proportions de fer, calcium, magnésium et titane sont également présentes.

Une composition représentative peut donc comprendre :

SiO₂ : environ 76 %

Al₂O₃ : environ 12 à 14 %

Na₂O : environ 4 %

K₂O : environ 4 à 5 %

ainsi que de petites quantités de FeO, CaO, MgO et TiO₂.

Ces valeurs ne constituent pas une formule universelle. Deux gisements d’obsidienne peuvent posséder des compositions sensiblement différentes tout en restant des verres volcaniques rhyolitiques.

L’obsidienne possède une structure amorphe.

Ses atomes sont liés entre eux, mais ne sont pas organisés selon le réseau périodique à longue distance propre à un cristal.

Elle ne possède donc aucun système cristallin.

Les microlites présents dans certaines obsidiennes arc-en-ciel sont en revanche de véritables cristaux.

Ils constituent seulement une petite fraction du matériau et sont emprisonnés dans la matrice vitreuse.

Cette combinaison d’un verre amorphe et de minuscules structures cristallines organisées est précisément ce qui peut produire plusieurs des phénomènes optiques observés.


Propriétés physiques et optiques

L’obsidienne arc-en-ciel possède une dureté d’environ 5 à 5,5 sur l’échelle de Mohs.

Elle peut donc être rayée par le quartz et par de nombreuses pierres gemmes courantes.

Cette dureté reste suffisante pour produire un excellent poli, mais la surface peut progressivement se couvrir de fines rayures lorsqu’un bijou est porté sans précaution.

Sa densité se situe généralement autour de 2,3 à 2,6.

La valeur exacte dépend notamment de la composition chimique et de la quantité de petites cavités éventuellement présentes dans le verre.

L’indice de réfraction des obsidiennes rhyolitiques se situe généralement autour de 1,48 à 1,51.

Le verre est optiquement isotrope et ne présente donc pas de biréfringence cristalline normale.

Des tensions internes liées au refroidissement peuvent toutefois produire des effets anormaux lorsque le matériau est observé sous lumière polarisée.

Son éclat est vitreux.

Une surface fraîchement cassée ou parfaitement polie peut devenir extrêmement brillante.

Sa fracture est conchoïdale, formant des surfaces incurvées lisses et des arêtes très fines.

Cette propriété explique l’utilisation historique de l’obsidienne pour fabriquer des outils tranchants.

La ténacité reste néanmoins relativement faible. Une chute sur une surface dure peut produire une cassure nette ou ébrécher facilement une arête.


Comment se forme l’obsidienne arc-en-ciel?

L’obsidienne arc-en-ciel commence comme une lave riche en silice, généralement rhyolitique, extrêmement visqueuse.

Sa formation exige non seulement que cette lave devienne du verre, mais également que de très petites structures internes soient organisées d’une manière suffisamment régulière pour produire l’iridescence.

Formation d’un magma riche en silice

Les magmas rhyolitiques contiennent une forte proportion de silice.

Cette composition produit une viscosité beaucoup plus élevée que celle des laves basaltiques.

Le magma peut former des dômes, des coulées épaisses et d’autres structures volcaniques dont le mouvement reste relativement lent.

Cette viscosité favorise la conservation de bandes d’écoulement et l’étirement de différentes structures internes.

Refroidissement en verre volcanique

Lorsque la lave est expulsée ou mise en place près de la surface, elle perd rapidement sa chaleur.

La combinaison d’un refroidissement rapide et d’une viscosité élevée limite fortement le déplacement des atomes.

Les grands cristaux n’ont pas le temps de se former.

La lave se transforme alors en un solide amorphe : l’obsidienne.

Croissance de microlites

La cristallisation n’est toutefois pas toujours complètement absente.

De minuscules cristaux peuvent commencer à se former dans le magma ou pendant le refroidissement.

Dans certaines obsidiennes arc-en-ciel mexicaines, il s’agit notamment de microlites d’hédenbergite ou de plagioclase.

Ces cristaux sont suffisamment petits pour ne pas détruire l’apparence vitreuse générale.

Alignement pendant l’écoulement

La lave continue de se déplacer avant sa solidification complète.

Les microlites allongés sont alors entraînés et alignés parallèlement aux directions d’écoulement.

Ce phénomène produit une texture trachytique ou des traînées microscopiques parallèles.

Plusieurs générations ou concentrations différentes de structures peuvent créer des bandes extrêmement fines.

Production de l’iridescence

Lorsque l’espacement et l’épaisseur de ces zones deviennent comparables aux longueurs d’onde de la lumière visible, elles peuvent produire des interférences.

Les couleurs sont alors définitivement inscrites dans la structure interne du verre.

Elles ne sont toutefois visibles que lorsque la pierre est observée selon l’orientation correcte.

La taille lapidaire révèle donc un phénomène déjà présent dans la roche depuis sa formation plutôt que de créer artificiellement les couleurs.


Où trouve-t-on l’obsidienne arc-en-ciel dans le monde?

L’obsidienne ordinaire existe dans de nombreuses régions volcaniques, mais les occurrences produisant une iridescence arc-en-ciel suffisamment forte pour le lapidaire sont beaucoup moins nombreuses.

Le Mexique et l’ouest des États-Unis constituent les principales régions documentées.

Jalisco, Mexique

Le Mexique représente l’une des grandes sources mondiales d’obsidienne à phénomènes optiques.

Les travaux scientifiques consacrés aux obsidiennes arc-en-ciel mexicaines ont confirmé une composition compatible avec les obsidiennes rhyolitiques du pays et étudié directement leurs microstructures.

Le Jalisco est particulièrement associé au matériau arc-en-ciel commercial.

Des spécimens provenant du secteur de Magdalena, notamment de la mine La Revoltosa, sont connus pour produire des bandes vertes, violettes, rouges et dorées particulièrement spectaculaires lorsqu’ils sont correctement polis.

La localisation précise de plusieurs anciennes sources commerciales mexicaines est néanmoins moins bien documentée que celle de grands gisements archéologiques d’obsidienne ordinaire.

La provenance détaillée d’une pièce devrait donc idéalement être accompagnée d’informations du producteur ou du collecteur plutôt que déduite uniquement de son apparence.

Glass Buttes, Oregon

Les Glass Buttes, dans le centre de l’Oregon, représentent l’une des localités d’obsidienne les plus célèbres des États-Unis.

Le complexe volcanique produit une variété exceptionnelle de verres naturels.

On y trouve notamment de l’obsidienne noire, acajou, rouge, dorée, argentée et arc-en-ciel.

Le matériau arc-en-ciel peut présenter plusieurs couleurs selon l’orientation et la zone de la coulée dont il provient.

Toutes les obsidiennes de Glass Buttes ne possèdent évidemment pas ce phénomène.

Les zones iridescentes restent localisées dans certains niveaux et coulées.

Davis Creek, Californie

Davis Creek, dans le nord-est de la Californie, est une autre provenance classique d’obsidienne arc-en-ciel.

Le matériau est notamment réputé pour ses bandes bleues, violettes, vertes, roses et parfois dorées.

Certaines pièces présentent plusieurs bandes concentriques suffisamment régulières pour produire un motif spectaculaire lorsqu’elles sont taillées en cabochon ou en sphère.

La région du Modoc Plateau est volcanique et possède plusieurs grandes occurrences d’obsidienne naturelle.

Autres occurrences

De l’obsidienne à différents phénomènes de réflexion existe dans plusieurs autres régions volcaniques.

Il faut cependant distinguer l’obsidienne arc-en-ciel véritable des obsidiennes simplement dorées, argentées ou des « fire obsidians » dont les microstructures et l’apparence peuvent être différentes.

La présence d’une obsidienne noire dans une région ne permet donc pas d’affirmer automatiquement qu’une variété arc-en-ciel y existe.

Chaque occurrence doit être documentée spécifiquement.


L’obsidienne arc-en-ciel au Québec

Le Québec n’est pas une provenance naturelle reconnue d’obsidienne arc-en-ciel.

La province possède d’importantes séquences volcaniques, notamment dans les terrains archéens de l’Abitibi, et certaines de ces roches possèdent une composition felsique ou rhyolitique.

Cela ne signifie toutefois pas que du verre volcanique frais y soit encore préservé.

L’obsidienne est géologiquement relativement instable sur de très longues périodes.

Le verre volcanique tend progressivement à subir une dévitrification, au cours de laquelle sa structure amorphe est remplacée par des minéraux cristallins plus stables.

Les roches volcaniques québécoises les plus anciennes ont en outre été exposées pendant des centaines de millions ou plusieurs milliards d’années à l’altération, au métamorphisme et à la déformation tectonique.

Ces processus sont peu favorables à la conservation de grandes masses d’obsidienne fraîche comparable aux jeunes coulées volcaniques de l’ouest des États-Unis ou du Mexique.

Il est possible de rencontrer au Québec des objets archéologiques ou des pièces de collection en obsidienne provenant d’autres régions.

Leur présence ne constitue pas une occurrence géologique locale.

À l’heure actuelle, aucune source québécoise d’obsidienne arc-en-ciel naturelle n’est établie.

Une pierre noire à reflets multicolores trouvée dans la province devrait donc être identifiée minéralogiquement avant d’être décrite sous ce nom.


À quoi ressemble une obsidienne arc-en-ciel naturelle?

Une obsidienne arc-en-ciel naturelle peut sembler étonnamment ordinaire lorsqu’elle n’est pas placée sous le bon éclairage.

La couleur de fond est généralement noire à brun très foncé.

Sous une lumière diffuse, une pierre polie peut même ressembler à une obsidienne noire classique.

Le phénomène apparaît lorsqu’une source lumineuse relativement concentrée atteint la pierre selon une orientation favorable.

Des bandes vertes, violettes, bleues, roses, rouges, bronze ou dorées apparaissent alors sous la surface.

Certaines pierres montrent une seule couleur dominante.

D’autres présentent plusieurs bandes successives créant un véritable dégradé arc-en-ciel.

Les couleurs peuvent être organisées en bandes parallèles, vagues, arcs ou anneaux concentriques.

Lorsque le brut est scié perpendiculairement à certaines structures d’écoulement, plusieurs couches peuvent apparaître comme les contours successifs d’un œil.

Cet effet est particulièrement spectaculaire dans les sphères et certains cabochons ovales.

La couleur disparaît presque totalement lorsque l’orientation devient défavorable.

Cette transformation rapide entre noir et multicolore constitue l’un des meilleurs caractères visuels du matériau.

À l’état brut, le phénomène peut être beaucoup plus difficile à voir parce que la surface irrégulière disperse la lumière.

Le polissage joue donc un rôle essentiel dans la mise en valeur de la pierre.


Comment identifier une obsidienne arc-en-ciel?

L’apparence spectaculaire de l’obsidienne arc-en-ciel peut être imitée par différents verres artificiels et revêtements.

Il faut donc confirmer à la fois la nature volcanique du verre et l’origine interne du phénomène irisé.

Fracture conchoïdale

Comme toutes les obsidiennes, le matériau possède une fracture conchoïdale très nette.

Une cassure fraîche produit des surfaces incurvées et brillantes pouvant devenir extrêmement coupantes.

Cette propriété permet d’écarter de nombreuses roches cristallines.

Elle n’est cependant pas suffisante pour distinguer une obsidienne d’un verre fabriqué par l’être humain, puisque celui-ci peut se fracturer de façon pratiquement identique.

Effet fortement directionnel

L’iridescence naturelle est généralement très dépendante de l’angle.

Une pierre peut devenir presque entièrement noire lorsque la source lumineuse est déplacée.

En la tournant progressivement, les couleurs apparaissent puis disparaissent.

Un revêtement irisé appliqué directement sur la surface peut au contraire rester beaucoup plus visible sous de nombreux angles.

Il faut néanmoins examiner plusieurs critères avant de conclure.

Organisation en bandes

Les couleurs naturelles suivent souvent les structures d’écoulement du verre.

Elles peuvent former des bandes, des courbes ou des anneaux cohérents.

Cette organisation diffère d’un matériau artificiel rempli aléatoirement de paillettes multicolores.

Une tranche coupée dans une bonne direction peut révéler plusieurs niveaux de couleurs parfaitement superposés.

Microscopie

Sous grossissement, l’obsidienne naturelle peut montrer des microlites, des bandes d’écoulement, de petites vésicules et différentes hétérogénéités internes.

Les structures responsables des couleurs peuvent être extrêmement petites et nécessiter une microscopie électronique pour être étudiées directement.

Un verre manufacturé peut lui aussi contenir des bulles et des inclusions.

La seule présence d’une bulle n’est donc jamais une preuve suffisante.

Indice de réfraction et densité

Une densité autour de 2,3 à 2,6 et un indice de réfraction généralement proche de 1,48 à 1,51 sont compatibles avec une obsidienne naturelle.

Ces propriétés permettent d’écarter certains matériaux.

Elles ne permettent cependant pas toujours de distinguer une obsidienne d’un verre industriel spécialement formulé pour posséder des caractéristiques semblables.

Analyse chimique

L’analyse élémentaire constitue la méthode la plus fiable lorsqu’il faut déterminer si un verre provient d’une source volcanique particulière.

Les obsidiennes naturelles possèdent des signatures géochimiques liées à leur magma d’origine.

Des techniques comme la fluorescence X permettent même de comparer un fragment à des gisements volcaniques connus.

Cette méthode est couramment utilisée en archéologie pour retracer le transport d’obsidiennes sur plusieurs centaines ou milliers de kilomètres.


Obsidienne arc-en-ciel naturelle, imitations et traitements

L’obsidienne arc-en-ciel authentique est un verre volcanique naturel dont le phénomène optique existe à l’intérieur du matériau.

Il n’existe pas d’« obsidienne synthétique » au sens gemmologique. Le mot obsidienne implique une origine volcanique naturelle.

Un verre produit industriellement, même s’il reproduit exactement son apparence, reste une imitation.

Verre artificiel irisé

Du verre manufacturé peut être produit avec des couleurs ou inclusions destinées à créer des effets multicolores.

Certaines imitations peuvent être très attrayantes et n’ont rien de problématique lorsqu’elles sont correctement identifiées.

Elles ne doivent simplement pas être présentées comme de l’obsidienne naturelle.

La texture interne, la chimie et la provenance permettent généralement de les différencier lors d’un examen approfondi.

Revêtements métalliques

Un verre noir ou une obsidienne ordinaire peut recevoir un revêtement irisé.

De très fines couches métalliques déposées sur la surface peuvent produire du bleu, du violet, du vert, du rose et du doré par interférence.

Le phénomène peut sembler spectaculaire, mais il se trouve essentiellement à la surface.

Les zones ébréchées, les arêtes et l’observation sous grossissement peuvent révéler la présence du revêtement.

Dans une véritable obsidienne arc-en-ciel, les structures responsables de la couleur se trouvent à l’intérieur du verre.

Verre dichroïque

Le verre dichroïque artificiel peut présenter plusieurs couleurs extrêmement intenses changeant avec l’angle.

Il est fabriqué en déposant de très nombreuses couches microscopiques de matériaux ayant des indices de réfraction différents.

Le mécanisme physique d’interférence présente certaines similitudes avec celui de l’obsidienne arc-en-ciel, mais l’origine du matériau est totalement différente.

Les couleurs du verre dichroïque sont souvent beaucoup plus saturées et régulières que celles de l’obsidienne naturelle.

Coloration artificielle

Une obsidienne noire peut également être recouverte ou associée à des pigments colorés.

Une coloration qui remplit uniquement des fissures ou qui peut être observée comme une couche superficielle doit être considérée avec prudence.

La véritable iridescence ne correspond pas à une teinture verte, rouge ou violette du verre lui-même.

Polissage

Le polissage ne constitue pas un traitement gemmologique.

Il permet simplement à la surface de devenir suffisamment lisse pour révéler correctement les couleurs internes.

En revanche, l’orientation du polissage est déterminante.

Une pierre contenant de magnifiques couches arc-en-ciel peut devenir presque entièrement noire si le lapidaire coupe la surface selon un angle défavorable.

Le travail du lapidaire consiste donc en grande partie à repérer les plans colorés avant la taille.


Obsidienne arc-en-ciel, obsidienne dorée, obsidienne argentée, fire obsidian ou verre irisé?

Plusieurs verres naturels ou artificiels peuvent produire des phénomènes optiques spectaculaires qui ressemblent à l’obsidienne arc-en-ciel.

Propriété Obsidienne arc-en-ciel Obsidienne dorée Obsidienne argentée Fire obsidian Verre irisé artificiel
Nature Verre volcanique naturel Verre volcanique naturel Verre volcanique naturel Verre volcanique naturel Verre manufacturé
Structure Amorphe Amorphe Amorphe Amorphe Amorphe
Couleur de fond Généralement noire Noir à brun très sombre Généralement noire Généralement sombre Variable
Effet optique Plusieurs couleurs en bandes ou zones Reflet jaune doré à bronze Reflet blanc à argenté Couleurs extrêmement vives et métalliques Reflets multicolores variables
Cause générale Interférences associées à des microstructures orientées Réflexions sur microstructures orientées Réflexions sur microstructures orientées Nanostructures minérales organisées produisant une forte iridescence Couches ou inclusions créées industriellement
Dureté Mohs Environ 5–5,5 Environ 5–5,5 Environ 5–5,5 Environ 5–5,5 Variable selon le verre
Fracture Conchoïdale Conchoïdale Conchoïdale Conchoïdale Généralement conchoïdale
Comportement sous la lumière Couleurs changeantes selon l’angle Une dominante dorée Une dominante argentée Éclat métallique multicolore très intense Variable selon la fabrication
Principale distinction Véritables zones arc-en-ciel internes Reflet principalement monochrome doré Reflet principalement monochrome argenté Phénomène souvent plus vif et lié à d’autres nanotextures Origine artificielle

L’obsidienne dorée produit principalement un reflet jaune à bronze. Le phénomène peut être très lumineux, mais ne développe normalement pas toute la succession de couleurs caractéristique des meilleures obsidiennes arc-en-ciel.

L’obsidienne argentée présente un reflet blanc, gris ou métallique plutôt que multicolore. Les mécanismes peuvent être apparentés à ceux de certaines obsidiennes à reflet, mais l’apparence est beaucoup plus monochrome.

La fire obsidian peut présenter des couleurs extrêmement vives rappelant un film métallique. Les recherches l’associent notamment à de très fines couches riches en nanocristaux, et son phénomène ne doit pas être automatiquement considéré comme identique à celui de toutes les obsidiennes arc-en-ciel.

Le verre irisé artificiel peut reproduire pratiquement n’importe quelle couleur. L’identification repose donc sur la texture interne, la nature du phénomène et, si nécessaire, l’analyse chimique du verre.


Qualité, rareté et valeur de l’obsidienne arc-en-ciel

La valeur d’une obsidienne arc-en-ciel dépend principalement de l’intensité de ses couleurs, du nombre de couleurs visibles, de la netteté des bandes, de leur organisation, de l’orientation de la taille, de la qualité du polissage, de l’état du verre et de sa provenance.

Il n’existe pas de système gemmologique officiel attribuant des grades A, AA ou AAA à l’obsidienne arc-en-ciel.

Ces appellations sont commerciales et peuvent varier considérablement d’un vendeur à l’autre.

Intensité des couleurs

Une excellente obsidienne arc-en-ciel doit produire des couleurs facilement perceptibles sous un éclairage approprié.

Des teintes faibles uniquement visibles sous un angle extrêmement précis peuvent être naturelles, mais présentent généralement moins d’intérêt esthétique.

Les couleurs profondes et saturées ressortent particulièrement bien sur la matrice noire.

Nombre de couleurs

Les pierres capables de présenter plusieurs couleurs sont généralement plus recherchées.

Un morceau peut afficher uniquement du vert et du violet, tandis qu’un autre présente successivement du doré, du vert, du bleu, du violet et du rouge.

La quantité de couleurs ne constitue toutefois pas le seul critère.

Une seule large bande violette ou verte exceptionnellement brillante peut être plus spectaculaire qu’une multitude de couleurs très faibles.

Organisation des bandes

Les motifs concentriques comptent parmi les plus recherchés.

Lorsqu’une tranche traverse plusieurs couches d’écoulement correctement orientées, les couleurs peuvent former une succession d’anneaux rappelant un œil.

D’autres pierres présentent plutôt des vagues ou de longues bandes parallèles.

La symétrie et la manière dont le motif occupe la surface du cabochon influencent fortement l’apparence finale.

Orientation de la taille

L’orientation constitue probablement l’un des critères les plus importants.

Les couches produisant l’iridescence peuvent être extrêmement fines et directionnelles.

Un lapidaire doit donc inspecter soigneusement chaque morceau avant de commencer la coupe.

Une excellente matière brute mal orientée peut produire une pierre presque entièrement noire.

À l’inverse, une coupe parfaitement placée peut révéler plusieurs couches de couleurs qui étaient pratiquement invisibles sur le brut.

Polissage

La surface doit être polie jusqu’à obtenir un véritable éclat vitreux.

Les rayures diffusent la lumière et réduisent la netteté des couleurs internes.

L’obsidienne étant relativement tendre, un cabochon ancien peut perdre progressivement son poli lorsqu’il est porté fréquemment.

Un repolissage professionnel peut parfois restaurer une grande partie de son aspect original.

Fractures et état

Le verre volcanique est cassant.

Les fissures importantes réduisent donc à la fois la résistance et la valeur d’une pierre.

Les lignes d’écoulement internes naturelles ne doivent toutefois pas être confondues avec des fractures.

Certaines peuvent même participer directement au motif et à l’iridescence.

La qualité doit être évaluée en distinguant les structures géologiques naturelles des dommages mécaniques.

Provenance

Les matériaux du Mexique, de Glass Buttes en Oregon et de Davis Creek en Californie constituent des références importantes pour l’obsidienne arc-en-ciel.

Une provenance précise et documentée possède particulièrement de la valeur pour un collectionneur.

Pour un cabochon destiné principalement à la joaillerie, l’intensité du phénomène reste généralement plus importante que la localité exacte.

Rareté

L’obsidienne noire ordinaire est relativement répandue.

Une obsidienne contenant des microstructures suffisamment régulières pour produire une forte iridescence multicolore est beaucoup moins commune.

Le matériau reste néanmoins accessible grâce aux importantes occurrences nord-américaines.

Les spécimens exceptionnels combinant plusieurs couleurs très saturées, des anneaux bien définis et une excellente orientation sont naturellement beaucoup plus rares que les pierres présentant seulement un faible reflet.


Utilisation en joaillerie et entretien

L’obsidienne arc-en-ciel est principalement utilisée pour fabriquer des cabochons, pendentifs, boucles d’oreilles, bracelets, perles, bagues occasionnelles, sphères, sculptures et objets décoratifs.

Le cabochon représente une taille particulièrement adaptée.

Sa grande surface polie permet aux bandes colorées d’être observées sans multiplier les réflexions comme le ferait un facettage complexe.

Les formes ovales et circulaires peuvent également mettre en valeur les structures concentriques.

Les sphères constituent un autre usage spectaculaire.

Puisqu’elles offrent simultanément toutes les orientations possibles autour d’un axe, les couleurs peuvent sembler se déplacer à travers la pierre lorsqu’elle est tournée sous une lumière ponctuelle.

La taille demande cependant beaucoup d’expérience.

Le phénomène étant fortement directionnel, plusieurs millimètres de matière peuvent devoir être retirés avant de trouver l’orientation optimale.

Avec une dureté d’environ 5 à 5,5, l’obsidienne arc-en-ciel est moins résistante aux rayures que le quartz.

Elle est également cassante et peut développer des éclats aux arêtes sous un choc.

Les pendentifs et boucles d’oreilles constituent donc des usages particulièrement adaptés.

Une bague est possible, mais une monture protectrice est préférable pour une utilisation régulière.

Pour le nettoyage courant, de l’eau tiède, un savon doux et un chiffon ou une brosse très souple constituent la méthode la plus prudente.

Les poudres et produits abrasifs doivent être évités afin de préserver le poli miroir nécessaire à l’observation des couleurs.

Les appareils à ultrasons et la vapeur ne sont généralement pas nécessaires, particulièrement lorsque la pierre contient des fractures ou lorsqu’elle est collée dans sa monture.

Les variations thermiques importantes doivent également être évitées.

Enfin, l’obsidienne arc-en-ciel doit être conservée séparément des pierres plus dures. Le quartz, l’améthyste, la calcédoine, le béryl, le spinelle, le saphir et le diamant peuvent tous rayer facilement sa surface.

Une pochette individuelle ou un compartiment rembourré permet de préserver son éclat vitreux et surtout la netteté des couleurs arc-en-ciel qui constituent sa principale caractéristique.

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