Labradorite naturelle de grande qualité.

Labradorite : le guide de référence

La labradorite est un feldspath plagioclase célèbre pour ses reflets irisés pouvant produire des éclats bleus, verts, jaunes, orange, rouges et violets. Ce phénomène optique, appelé labradorescence, peut transformer une pierre gris foncé apparemment ordinaire en une surface intensément colorée dès qu’elle est orientée correctement sous la lumière.

Minéralogiquement, la labradorite appartient à la série continue entre l’albite, riche en sodium, et l’anorthite, riche en calcium. Le terme labradorite correspond généralement aux plagioclases contenant environ 50 à 70 % de composante anorthite. Sa composition et sa structure interne expliquent à la fois ses propriétés physiques et la formation de ses célèbres couleurs d’interférence.

Son nom provient du Labrador, au Canada, où le matériau fut décrit à partir de spécimens provenant de l’île Paul, près de Nain. La labradorite est également abondante au Québec, particulièrement dans les grands massifs d’anorthosite de la Province de Grenville. Plusieurs localités québécoises contiennent même des feldspaths présentant une véritable iridescence bleue de qualité ornementale.


La labradorite en bref

Propriété Donnée
Nom Labradorite
Nature Feldspath plagioclase
Série minérale Albite–anorthite
Composition de la labradorite Environ 50 à 70 % d’anorthite
Formule générale simplifiée (Ca,Na)(Al,Si)₄O₈
Extrémité sodique de la série Albite, NaAlSi₃O₈
Extrémité calcique de la série Anorthite, CaAl₂Si₂O₈
Classe minérale Silicates, tectosilicates
Système cristallin Triclinique
Couleur du corps Gris, gris noir, incolore, blanc, verdâtre, jaunâtre
Phénomène optique caractéristique Labradorescence
Couleurs de labradorescence Bleu, vert, jaune, orange, rouge, violet et combinaisons multicolores
Dureté 6 à 6,5 sur l’échelle de Mohs
Densité Environ 2,68 à 2,72
Indices de réfraction Environ 1,554 à 1,573
Biréfringence Environ 0,007 à 0,011
Caractère optique Biaxe positif
Éclat Vitreux à subvitreux
Transparence Transparente à opaque selon le matériau
Clivage Parfait selon certaines directions
Ténacité Moyenne à faible en raison du clivage
Taille classique Cabochon ou plaque polie
Variété commerciale célèbre Spectrolite de Finlande
Matériau commercial apparenté Pierre de lune arc-en-ciel
Principales provenances de qualité Canada, Finlande, Madagascar
Présence au Québec Oui, abondante dans plusieurs massifs d’anorthosite

La labradorite ne présente pas systématiquement de labradorescence. De nombreux plagioclases possèdent la composition chimique de la labradorite sans développer de reflets spectaculaires visibles à l’œil nu.


Qu’est-ce que la labradorite?

La labradorite est un feldspath appartenant à la série des plagioclases, dont la composition varie continuellement entre l’albite riche en sodium et l’anorthite riche en calcium.

La convention minéralogique situe généralement la labradorite entre environ An₅₀ et An₇₀.

La notation An représente la proportion moléculaire de la composante anorthite.

Une labradorite An₆₀ possède ainsi approximativement 60 % de composante CaAl₂Si₂O₈ et 40 % de composante NaAlSi₃O₈.

Cette définition repose donc sur la composition chimique et non sur la présence d’iridescence.

Une labradorite entièrement grise et sans reflet reste minéralogiquement une labradorite si sa composition se trouve dans cette plage.

Inversement, tous les feldspaths iridescents ne sont pas nécessairement des labradorites.

L’intérêt gemmologique du matériau vient surtout de la labradorescence.

Lorsque certaines labradorites refroidissent suffisamment lentement, leur structure interne développe des lamelles microscopiques de compositions légèrement différentes.

Ces couches peuvent réfléchir et interférer avec la lumière visible.

Le résultat produit les grandes plages de couleur métalliques ou électriques caractéristiques.

Le nom du minéral vient du Labrador.

La localité historique est située près de Nain, sur la côte du Labrador, dans l’actuelle province de Terre-Neuve-et-Labrador.

Il ne faut donc pas confondre l’origine du nom avec le Québec voisin.

La région de Nain est célèbre pour ses immenses complexes d’anorthosite riches en plagioclase iridescent.

La labradorite est également un constituant majeur de nombreuses roches magmatiques.

Elle se rencontre notamment dans les anorthosites, gabbros, basaltes et différentes roches mafiques.

Dans une anorthosite, le plagioclase peut représenter plus de 90 % de la roche.

De telles masses peuvent fournir d’énormes quantités de labradorite, bien que seule une fraction présente une labradorescence suffisamment intense pour la joaillerie ou la pierre ornementale.


Pourquoi la labradorite présente-t-elle des reflets multicolores?

La spectaculaire couleur bleue, verte ou multicolore de la labradorite n’est généralement pas la véritable couleur du matériau.

Elle résulte d’un phénomène d’interférence produit par de très fines couches internes.

Ces couleurs structurales apparaissent uniquement lorsque la lumière frappe la pierre selon un angle approprié.

La labradorescence

Le phénomène caractéristique porte le nom de labradorescence.

Une pierre peut sembler gris foncé sous un premier angle puis développer quelques degrés plus loin une immense plage bleu électrique.

En continuant à la tourner, le bleu peut disparaître presque complètement.

Cette dépendance à l’orientation représente l’une des caractéristiques essentielles du phénomène.

La lumière entre dans le feldspath puis rencontre des couches internes possédant des compositions et indices de réfraction légèrement différents.

Une partie de la lumière est réfléchie à chaque interface.

Les différents rayons réfléchis peuvent ensuite se renforcer ou s’annuler selon leur longueur d’onde.

Certaines couleurs deviennent donc beaucoup plus intenses que les autres.

Les lamelles d’exsolution

Les couches responsables de la labradorescence se forment pendant le refroidissement du feldspath.

À haute température, certaines compositions calciques et sodiques peuvent être davantage mélangées dans une même structure.

En refroidissant, le feldspath devient instable dans certaines plages de composition et commence à se séparer à l’échelle nanométrique.

Des lamelles relativement riches en calcium alternent avec d’autres légèrement plus riches en sodium.

Cette texture est connue sous le nom d’intercroissance de Bøggild.

Les lamelles possèdent typiquement seulement quelques dizaines à quelques centaines de nanomètres d’épaisseur.

Elles sont donc beaucoup trop fines pour être distinguées à l’œil nu, mais leurs dimensions sont comparables aux longueurs d’onde de la lumière visible.

Pourquoi certaines labradorites sont-elles bleues?

La couleur produite dépend principalement de l’épaisseur et de l’espacement des lamelles.

Lorsque les structures responsables de l’interférence sont relativement fines, les longueurs d’onde correspondant au bleu peuvent être renforcées.

La pierre présente alors un reflet bleu vif.

Le bleu constitue l’une des couleurs les plus fréquentes de la labradorescence.

Il peut aller d’un bleu légèrement grisâtre à un bleu électrique extrêmement saturé.

Des zones bleu-vert sont également très communes.

Pourquoi certaines sont-elles jaunes, orange ou rouges?

Des lamelles plus épaisses peuvent favoriser des longueurs d’onde plus longues.

Le reflet devient alors jaune, orange puis rouge.

Les labradorites présentant de grandes plages rouges ou orange intenses sont généralement moins communes que les matériaux principalement bleus ou verts.

Un même cristal peut contenir des zones présentant des épaisseurs de lamelles légèrement différentes.

Il montre alors plusieurs couleurs simultanément.

Les couleurs spectrales

Lorsque les conditions sont particulièrement favorables, pratiquement toutes les couleurs du spectre peuvent apparaître dans une seule pierre.

Le violet, le bleu, le vert, le jaune, l’orange et le rouge peuvent former plusieurs zones adjacentes.

Le célèbre matériau finlandais commercialisé sous le nom de spectrolite est particulièrement réputé pour ce type de labradorescence multicolore intense.

Spectrolite n’est toutefois pas une nouvelle espèce minérale.

Il s’agit d’une appellation associée à une labradorite finlandaise de qualité remarquable.

La couleur du corps

La couleur de fond de la pierre influence fortement la perception de la labradorescence.

Une labradorite gris foncé à presque noire produit un contraste intense avec un reflet bleu ou orange.

Le phénomène semble alors particulièrement lumineux.

Une labradorite presque transparente possède un effet très différent.

La lumière pénètre plus profondément avant d’être réfléchie par les lamelles.

L’iridescence semble provenir de l’intérieur de la pierre et peut devenir plus diffuse.

C’est notamment ce que l’on observe dans plusieurs matériaux commercialisés comme pierre de lune arc-en-ciel.

Le rôle des inclusions d’oxydes de fer

La couleur gris foncé du corps de plusieurs labradorites est liée en partie à la présence de minuscules inclusions riches en fer.

La quantité de ces inclusions influence la profondeur à laquelle la lumière peut pénétrer.

Une pierre fortement chargée en particules sombres produit donc une labradorescence visuellement différente d’une labradorite presque incolore.

La couleur du reflet et la couleur du corps sont ainsi deux propriétés distinctes.


Composition chimique et structure cristalline

La labradorite appartient à la série des plagioclases, une série de feldspaths formant une solution solide entre l’albite et l’anorthite.

L’albite possède la formule NaAlSi₃O₈.

L’anorthite possède la formule CaAl₂Si₂O₈.

La labradorite contient approximativement 50 à 70 % de composante anorthite.

Une formule générale simplifiée peut donc être représentée par :

(Ca,Na)(Al,Si)₄O₈

La composition précise dépend du rapport calcium-sodium.

Lorsque davantage de calcium Ca²⁺ remplace le sodium Na⁺, une quantité supplémentaire d’aluminium Al³⁺ doit remplacer le silicium Si⁴⁺ afin de maintenir l’équilibre électrique de la structure.

Le changement de composition concerne donc simultanément plusieurs sites cristallographiques.

La labradorite cristallise dans le système triclinique.

Comme les autres feldspaths, sa structure est constituée d’un réseau tridimensionnel de tétraèdres SiO₄ et AlO₄ reliés les uns aux autres.

Les ions sodium et calcium occupent des cavités dans ce réseau.

Le plagioclase développe fréquemment des macles polysynthétiques.

Sous microscope pétrographique, de nombreuses lamelles parallèles peuvent être observées.

Les macles selon la loi de l’albite sont particulièrement caractéristiques du groupe.

Il ne faut cependant pas confondre ces macles visibles au microscope avec les couches nanométriques principalement responsables de la labradorescence.

Les cristaux peuvent également contenir de petites quantités de potassium, de fer, de strontium et différents autres éléments.

Ces constituants ne modifient généralement pas l’identité fondamentale de la labradorite tant que sa composition principale reste dans le domaine correspondant du plagioclase.


Propriétés physiques et optiques

La labradorite possède une dureté comprise entre 6 et 6,5 sur l’échelle de Mohs.

Elle est donc sensiblement plus tendre que le quartz, dont la dureté est de 7.

Cette différence est importante en joaillerie puisque des poussières contenant du quartz peuvent progressivement produire des rayures sur une surface de labradorite.

Sa densité se situe généralement autour de 2,68 à 2,72.

Elle augmente progressivement avec la proportion de calcium dans la série des plagioclases.

Cette propriété peut contribuer à distinguer une labradorite d’autres feldspaths lorsqu’elle est combinée aux indices de réfraction.

Les indices de réfraction se situent approximativement entre 1,554 et 1,573.

Ils augmentent eux aussi avec la proportion de composante anorthite.

La biréfringence est relativement faible, généralement autour de 0,007 à 0,011.

La labradorite est optiquement biaxe positive.

Ces propriétés sont surtout mesurables sur les matériaux transparents ou suffisamment translucides.

Les labradorites gris foncé utilisées en cabochons sont fréquemment trop opaques pour permettre toutes les observations optiques classiques.

L’éclat est vitreux à subvitreux.

Une surface polie peut devenir extrêmement brillante.

Le reflet coloré observé sous la surface ne doit toutefois pas être confondu avec cet éclat : il s’agit de la labradorescence.

Le clivage représente l’une des principales faiblesses du matériau.

Comme les autres feldspaths, la labradorite possède des directions de clivage bien développées.

Un choc suffisamment important peut provoquer une cassure plane même si la dureté de la pierre est relativement bonne.

Cette combinaison d’une dureté de 6 à 6,5 et d’un clivage parfait explique pourquoi la labradorite demande davantage de précautions qu’un quartz ou un grenat.


Comment se forme la labradorite?

La labradorite se forme principalement pendant la cristallisation de magmas relativement pauvres en silice et riches en calcium et sodium.

Elle est particulièrement commune dans les gabbros, basaltes et anorthosites.

La labradorescence exige ensuite une histoire de refroidissement permettant à de très fines structures d’exsolution de se développer à l’intérieur du feldspath.

Cristallisation du plagioclase

Lorsqu’un magma commence à refroidir, plusieurs minéraux cristallisent progressivement.

Dans de nombreux magmas mafiques, le plagioclase constitue l’une des premières grandes phases à apparaître.

Les premiers cristaux peuvent être particulièrement riches en calcium.

À mesure que la température diminue et que le liquide magmatique évolue, les nouveaux plagioclases deviennent généralement plus riches en sodium.

La labradorite représente une plage intermédiaire de cette évolution.

Des cristaux contenant environ 50 à 70 % de composante anorthite peuvent se développer dans de nombreux magmas basaltiques et gabbroïques.

Formation des anorthosites

Les anorthosites représentent l’un des environnements les plus spectaculaires pour la labradorite.

Ces roches magmatiques sont composées presque entièrement de plagioclase.

Les grands massifs précambriens peuvent s’étendre sur des centaines ou des milliers de kilomètres carrés.

Le mécanisme exact permettant de concentrer autant de feldspath dans ces énormes intrusions a longtemps constitué une importante question de pétrologie.

Les cristaux de plagioclase ont notamment pu être séparés des autres constituants du magma et s’accumuler pour former des masses presque monominérales.

Le Labrador et le Québec possèdent certains des plus grands terrains anorthositiques du monde.

Refroidissement lent

La présence de labradorite ne garantit pas la présence de labradorescence.

Pour produire une belle iridescence, la structure doit développer l’intercroissance lamellaire appropriée.

Un refroidissement suffisamment lent favorise cette séparation à l’échelle nanométrique.

Les composants calciques et sodiques commencent à s’organiser en couches de compositions légèrement différentes.

Une régularité remarquable des lamelles permet ensuite à la lumière de produire des interférences intenses.

C’est pourquoi les labradorites iridescentes de haute qualité sont particulièrement associées à certaines grandes roches plutoniques ayant connu une histoire thermique prolongée.

Métamorphisme

Des terrains soumis à un métamorphisme de haute température peuvent également préserver ou modifier des plagioclases capables de présenter une labradorescence.

Les transformations métamorphiques influencent la taille des grains, l’organisation interne et la distribution des différentes compositions feldspathiques.

Certaines labradorites iridescentes sont donc liées à des roches ayant subi une histoire magmatique puis métamorphique complexe.

Érosion des massifs

Lorsque les anorthosites et autres roches riches en labradorite atteignent la surface, l’érosion libère progressivement des fragments et cristaux.

Le clivage du feldspath facilite cependant leur fragmentation.

Les masses destinées à la joaillerie sont donc souvent extraites directement de la roche plutôt que récupérées sous forme de galets ayant subi un long transport.


Où trouve-t-on la labradorite dans le monde?

La labradorite est extrêmement répandue comme constituant des roches magmatiques, mais seule une partie des gisements produit un matériau présentant une labradorescence suffisamment intense pour la joaillerie ou la pierre ornementale. Le Canada, la Finlande et Madagascar comptent parmi les grandes provenances de qualité.

Labrador, Canada

La région qui a donné son nom à la labradorite reste l’une des provenances historiques les plus importantes.

La localité type se situe sur l’île Paul, près de Nain, sur la côte du Labrador dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador.

Les immenses anorthosites du Complexe de Nain contiennent de grands cristaux de plagioclase pouvant présenter une labradorescence remarquable.

Des bleus et verts intenses sont classiques.

Certaines pierres montrent également du jaune, de l’orange ou d’autres couleurs.

Le matériau fut décrit en Europe à la fin du XVIIIe siècle et devint rapidement célèbre pour son comportement optique inhabituel.

Le nom « labradorite » provient directement de cette origine géographique.

Finlande

La Finlande produit l’une des variétés commerciales les plus célèbres : la spectrolite.

Le matériau est particulièrement associé à la région de Ylämaa, dans le sud-est du pays.

La spectrolite appartient minéralogiquement à la labradorite.

Ce qui la distingue est principalement l’intensité de son phénomène optique et la diversité de ses couleurs.

Les pierres peuvent présenter simultanément du bleu, du vert, du jaune, de l’orange, du rouge et du violet sur un fond très sombre.

Cette combinaison produit un contraste particulièrement fort.

Le nom spectrolite est traditionnellement associé au matériau finlandais et ne constitue pas une espèce minérale différente.

Madagascar

Madagascar constitue aujourd’hui une importante source commerciale.

Les labradorites malgaches peuvent produire de grandes plages bleues, vertes, jaunes et multicolores.

Le matériau est fréquemment taillé en cabochons, plaques, sculptures et pierres polies.

Des blocs relativement grands permettent également de fabriquer des objets décoratifs.

Certaines qualités possèdent une couleur de corps gris clair.

D’autres sont beaucoup plus sombres.

La qualité dépend principalement de l’étendue, de la saturation et de l’orientation du reflet.

Norvège

La Norvège possède plusieurs roches riches en feldspath présentant différents phénomènes d’iridescence.

Il faut cependant distinguer la véritable labradorite de la larvikite, une roche intrusive célèbre pour ses reflets bleu argenté.

La larvikite contient des feldspaths produisant un schiller spectaculaire mais constitue une roche composée de plusieurs minéraux.

Elle est parfois vendue commercialement sous des noms comme « labradorite noire », ce qui crée une confusion avec la véritable labradorite.

Les propriétés et l’identification doivent donc être vérifiées lorsque ce type d’appellation est utilisé.

États-Unis

L’Oregon est surtout célèbre pour sa pierre de soleil.

Une grande partie de la pierre de soleil de l’Oregon est minéralogiquement une labradorite riche en calcium.

Le matériau peut être incolore, jaune, vert ou rouge.

Certaines pierres contiennent de minuscules plaquettes de cuivre natif produisant une aventurescence métallique.

La présence de cuivre distingue fortement ce matériau de la labradorite gris foncé classique à labradorescence.

Les deux appartiennent néanmoins à la même gamme de compositions plagioclases.

Éthiopie

Des feldspaths transparents rouges, jaunes et verts appartenant à la labradorite sont également connus en Éthiopie.

Ces matériaux sont principalement utilisés comme gemmes facettées plutôt que comme cabochons iridescents.

Ils démontrent encore une fois que labradorite ne signifie pas automatiquement « pierre grise avec un reflet bleu ».

La définition minéralogique repose d’abord sur la composition du feldspath.


La labradorite au Québec

La labradorite est très bien représentée au Québec et constitue un composant important de plusieurs immenses massifs d’anorthosite de la Province de Grenville.

Certaines occurrences présentent également une véritable labradorescence suffisamment intense pour avoir été signalées comme matériaux ornementaux ou gemmes.

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean constitue l’une des principales régions.

La Suite anorthositique de Lac-Saint-Jean comprend de vastes masses dominées par le plagioclase.

Dans plusieurs faciès, ce feldspath possède une composition labradoritique.

À Arvida, aujourd’hui intégrée à Saguenay, une ancienne tranchée située près du chemin du pont a livré une labradorite à reflets bleutés dans une anorthosite à gros grains.

Les documents minéralogiques québécois indiquent toutefois que peu d’échantillons y atteignaient les dimensions et la qualité nécessaires pour la joaillerie.

Des travaux beaucoup plus récents dans la région des lacs Bellemare et Chausson ont également identifié une anorthosite grossière à mégacristique contenant de la labradorite iridescente.

Certains cristaux montrant une iridescence bleutée atteignent environ 1 à 13 cm de longueur et peuvent représenter localement jusqu’à quelques pour cent de la roche.

Cette occurrence démontre que de véritables labradorites iridescentes de grande taille existent encore dans les terrains anorthositiques québécois.

La Côte-Nord possède elle aussi une longue histoire associée au matériau.

Dès le XIXe siècle, des rapports géologiques mentionnaient des quantités importantes de labradorite opalisante le long de la côte nord du golfe du Saint-Laurent, particulièrement entre Rivière-au-Tonnerre et Sheldrake.

Les cristaux contenus dans les anorthosites pouvaient présenter des reflets bleu pâle, bleu ciel ou vert sombre lorsqu’ils étaient polis.

La Minganie a également été reconnue comme une région présentant un potentiel pour la pierre ornementale liée à la labradorite.

Ces occurrences se trouvent dans les vastes terrains précambriens de la Province de Grenville, particulièrement riches en anorthosite.

D’autres unités québécoises confirment l’importance du minéral.

L’Anorthosite de La Tuque contient du plagioclase de type labradorite.

L’Anorthosite de Langelier comprend également du plagioclase calcique pouvant localement être iridescent.

Dans l’Anorthosite de Berté, certains cristaux de plagioclase rose présentent l’éclat iridescent caractéristique de la labradorite.

La labradorite existe aussi comme constituant beaucoup plus ordinaire dans des gabbros et dykes mafiques.

Les Dykes de Schefferville, dans la Fosse du Labrador au Québec, contiennent par exemple du plagioclase de composition labradoritique associé à l’augite et à l’olivine.

Ces occurrences ne sont pas nécessairement des sources de pierres iridescentes, mais elles démontrent l’étendue géologique du minéral.

Le Québec peut donc être considéré comme une véritable et importante région à labradorite.

Toutes les occurrences ne produisent toutefois pas une pierre gemme.

La labradorescence dépend d’une microstructure particulière et seules certaines zones des grands massifs anorthositiques présentent le phénomène avec suffisamment d’intensité pour une utilisation décorative.


À quoi ressemble une labradorite naturelle?

Une labradorite naturelle peut sembler remarquablement ordinaire lorsqu’elle est observée sous un mauvais angle.

La couleur du corps est souvent gris moyen à gris très foncé.

Certains matériaux présentent également des nuances verdâtres, brunâtres ou presque noires.

Une pierre brute peut donc ressembler à un simple feldspath gris avant qu’elle soit tournée sous une source lumineuse.

Le phénomène apparaît brutalement lorsque l’orientation devient favorable.

Une large zone bleue, verte, dorée ou multicolore semble alors s’allumer à l’intérieur de la pierre.

Le reflet peut couvrir presque toute la surface ou seulement certaines zones.

Il n’est généralement pas visible depuis toutes les directions.

Une pierre peut présenter un magnifique bleu lorsqu’elle est observée de face et devenir entièrement grise lorsqu’elle est inclinée de quelques dizaines de degrés.

Cette dépendance à l’angle représente une caractéristique normale de la labradorescence.

Les couleurs forment fréquemment de larges plages plutôt que de minuscules points scintillants.

Elles peuvent avoir des limites relativement nettes.

Une portion d’un cabochon peut être bleue alors qu’une zone adjacente est jaune ou orange.

Certaines pierres présentent également plusieurs couleurs superposées lorsque l’angle change.

À l’état brut, les surfaces de clivage peuvent révéler naturellement le reflet.

Un morceau fraîchement cassé peut donc montrer une couleur intense sans avoir été poli.

Les surfaces irrégulières masquent toutefois une partie du phénomène.

Un excellent polissage permet généralement d’obtenir l’effet le plus spectaculaire.

La labradorite presque transparente possède une apparence très différente.

Ces matériaux peuvent être incolores à blanchâtres et présenter des éclats bleus ou multicolores semblant venir d’une profondeur importante.

Ils sont fréquemment commercialisés sous le nom de pierre de lune arc-en-ciel.

Les labradorites transparentes sans labradorescence peuvent également être facettées et ressembler à d’autres feldspaths gemmes.


Comment identifier une labradorite?

L’identification d’une labradorite iridescente est souvent relativement facile lorsque la labradorescence est bien développée.

Une identification minéralogique complète doit néanmoins confirmer que le matériau appartient réellement au domaine de composition An₅₀–An₇₀ de la série des plagioclases.

Labradorescence

Le phénomène constitue le premier indice.

Une grande plage colorée doit apparaître et disparaître selon l’orientation de la pierre.

Les couleurs peuvent être bleues, vertes, jaunes, orange, rouges ou violettes.

L’effet est directionnel.

Un reflet fixe présent exactement au même endroit sous tous les angles doit faire envisager un revêtement ou un autre mécanisme optique.

La labradorescence naturelle semble provenir de l’intérieur du feldspath.

Dureté

La dureté de 6 à 6,5 permet de distinguer la labradorite de plusieurs matériaux plus tendres.

Elle reste cependant inférieure à celle du quartz.

Un test de rayure est destructif et ne devrait jamais être utilisé sur un cabochon, une pierre facettée ou un spécimen de collection.

Densité

La densité se situe généralement autour de 2,68 à 2,72.

Cette plage est utile pour distinguer la labradorite de certains autres feldspaths.

L’orthose pierre de lune possède par exemple une densité généralement plus faible, autour de 2,58.

La différence est suffisamment importante pour être détectée avec une mesure hydrostatique précise.

Indices de réfraction

Les indices de réfraction de la labradorite se situent approximativement entre 1,554 et 1,573.

Ils sont donc supérieurs à ceux de l’orthose pierre de lune.

Une pierre transparente peut être étudiée facilement au réfractomètre.

Les cabochons opaques permettent plutôt une lecture ponctuelle.

Ces valeurs peuvent également aider à situer le plagioclase dans la série albite-anorthite.

Macles polysynthétiques

Les plagioclases présentent très fréquemment des macles polysynthétiques.

Sous grossissement ou au microscope pétrographique, une succession de fines bandes parallèles peut apparaître.

Ces structures sont caractéristiques des plagioclases et peuvent aider à les distinguer des feldspaths potassiques.

Elles ne doivent toutefois pas être confondues avec les lamelles nanométriques responsables directement de la labradorescence.

Clivage

La labradorite possède des directions de clivage bien développées.

Les surfaces de clivage peuvent être relativement planes et brillantes.

Cette propriété distingue notamment le feldspath du quartz, qui ne possède aucun clivage véritable.

Il ne faut évidemment jamais tenter de provoquer un clivage sur une pierre de valeur.

Spectroscopie et analyse chimique

La spectroscopie Raman permet de confirmer l’appartenance au groupe des feldspaths.

Une analyse chimique devient nécessaire lorsqu’on souhaite déterminer précisément la composition du plagioclase.

La proportion de calcium et de sodium permet alors de calculer le pourcentage d’anorthite.

Une composition comprise entre environ An₅₀ et An₇₀ correspond à la labradorite.

La microscopie électronique permet également d’observer les nanostructures d’exsolution responsables de la labradorescence.


Labradorite naturelle, synthétique et traitements

La labradorite iridescente classique est généralement commercialisée sans traitement important.

La labradorescence naturelle est suffisamment spectaculaire pour qu’il soit rarement nécessaire de modifier la majorité des cabochons gris et multicolores.

Les traitements deviennent toutefois plus pertinents pour les feldspaths transparents rouges, verts ou jaunes de composition labradoritique.

Labradorite naturelle non traitée

La majorité des labradorites grises à labradorescence bleue, verte ou multicolore sont simplement coupées et polies.

L’effet optique existe déjà dans le matériau brut.

Le rôle du lapidaire consiste surtout à orienter correctement la pierre.

Une coupe incorrecte peut faire disparaître presque complètement le reflet.

Une excellente orientation peut au contraire transformer une zone grise peu impressionnante en cabochon présentant une large plage bleu électrique.

Diffusion de cuivre

Les feldspaths plagioclases peuvent être soumis à des traitements de diffusion impliquant du cuivre.

Ce procédé est principalement pertinent pour les matériaux transparents rouges, verts ou orangés plutôt que pour la labradorite gris foncé classique.

Des expériences ont démontré qu’une labradorite presque incolore pouvait devenir rouge après diffusion de cuivre à haute température.

Le cuivre pénètre dans le feldspath et modifie fortement sa couleur.

Ce type de traitement peut être difficile à détecter par des méthodes gemmologiques simples et nécessite parfois des analyses spécialisées.

Le problème concerne surtout les feldspaths transparents commercialisés comme andésine ou labradorite colorée.

Il ne faut donc pas interpréter une labradorescence bleue classique comme le résultat d’une diffusion de cuivre.

Chauffage

Un chauffage peut accompagner certains traitements appliqués aux feldspaths.

La chaleur seule n’est cependant pas un traitement commercial majeur destiné à créer la labradorescence classique.

Cette dernière dépend de structures d’exsolution développées au cours de l’histoire géologique du cristal.

Des températures suffisamment élevées pourraient au contraire modifier certaines microstructures ou provoquer des fractures.

Revêtements

Un revêtement iridescent peut être appliqué sur différents matériaux pour imiter une pierre multicolore.

La couche se trouve alors directement sur la surface plutôt qu’à l’intérieur.

Elle peut présenter des rayures, une usure le long des arêtes ou une couleur visible selon des angles très différents de la labradorescence naturelle.

Les revêtements sont particulièrement importants dans certaines imitations de pierres de lune arc-en-ciel.

Labradorite synthétique

Des feldspaths et plagioclases peuvent être produits artificiellement pour la recherche.

Une véritable labradorite synthétique destinée à imiter commercialement les grands cabochons iridescents naturels reste toutefois très peu importante sur le marché.

Reproduire la composition n’est pas le seul défi.

Il faut également créer l’intercroissance nanométrique extrêmement régulière responsable de la labradorescence.

Le matériau naturel est par ailleurs suffisamment abondant pour rendre cette production peu avantageuse.

Verre et autres imitations

Du verre peut être coloré en gris, bleu ou vert et contenir des structures destinées à reproduire un effet iridescent.

Des matériaux composites et certains produits céramiques peuvent également imiter l’apparence générale.

Le verre possède cependant une structure amorphe, alors que la labradorite est cristalline et présente les propriétés physiques d’un plagioclase.

Les indices de réfraction, la densité, le clivage et la microscopie permettent généralement de les différencier.

Pierre de lune arc-en-ciel

La pierre de lune arc-en-ciel mérite une précision particulière.

Malgré son nom commercial, il s’agit généralement d’une labradorite transparente plutôt que d’une pierre de lune classique riche en feldspath potassique.

Le matériau peut présenter des reflets bleus, jaunes, verts et multicolores sur un fond presque incolore.

Il s’agit donc d’un véritable feldspath naturel, et non d’une imitation.

Son appellation commerciale est simplement différente de son identité minéralogique précise.


Labradorite, pierre de lune, pierre de lune arc-en-ciel, pierre de soleil ou larvikite?

Plusieurs feldspaths et roches iridescentes peuvent être confondus avec la labradorite. Le phénomène optique, la composition et les propriétés physiques permettent cependant de les distinguer.

Propriété Labradorite Pierre de lune Pierre de lune arc-en-ciel Pierre de soleil Larvikite
Nature Plagioclase An₅₀–An₇₀ Feldspath adularescent, généralement riche en feldspath potassique Labradorite transparente Feldspath présentant une aventurescence Roche magmatique composée de plusieurs minéraux
Phénomène principal Labradorescence Adularescence Labradorescence diffuse Aventurescence Schiller produit par les feldspaths de la roche
Reflets typiques Bleu, vert, jaune, orange, rouge, violet Blanc, argenté ou bleu Bleu et couleurs multicolores Scintillements métalliques Bleu argenté
Couleur du corps Gris à noir, parfois clair ou transparent Incolore, blanc, pêche, gris Incolore à blanc Incolore, jaune, orange, rouge ou vert Gris très foncé à noir
Dureté Mohs 6–6,5 6–6,5 6–6,5 Environ 6–6,5 Variable selon les minéraux, autour de 6
Densité approximative 2,68–2,72 Environ 2,58 Environ 2,68–2,72 Variable selon le feldspath Variable puisque c’est une roche
Structure Feldspath plagioclase Feldspath à exsolutions fines Labradorite Feldspath avec inclusions réfléchissantes Assemblage de feldspaths et minéraux mafiques
Principal critère Grandes plages irisées directionnelles Lueur douce flottante Labradorite claire commercialisée comme moonstone Scintillements de particules individuelles Roche sombre, souvent vendue comme « labradorite noire »

La pierre de lune classique produit une adularescence beaucoup plus douce.

Le reflet est généralement blanc, argenté ou bleu et semble flotter dans la pierre.

Sa composition est généralement beaucoup plus riche en feldspath potassique et sa densité est inférieure à celle de la labradorite.

La pierre de lune arc-en-ciel est un cas particulier puisqu’elle est réellement une labradorite.

Son corps transparent ou blanchâtre donne cependant au phénomène un aspect beaucoup plus diffus que celui observé dans la labradorite gris foncé classique.

La pierre de soleil présente de petites réflexions provenant d’inclusions orientées.

Le phénomène est appelé aventurescence.

Dans la célèbre pierre de soleil de l’Oregon, le feldspath est souvent lui-même de composition labradoritique et les inclusions responsables des éclats métalliques sont constituées de cuivre natif.

Une pierre peut donc être simultanément minéralogiquement labradorite et commercialement pierre de soleil.

La larvikite est une roche norvégienne plutôt qu’un seul cristal.

Ses feldspaths produisent un reflet bleu argenté spectaculaire.

Le matériau est parfois vendu comme « labradorite noire », mais cette appellation commerciale peut prêter à confusion.

Une véritable labradorite est un feldspath individuel, tandis qu’une larvikite polie montre généralement plusieurs grains minéraux différents visibles à l’œil nu.


Qualité, rareté et valeur de la labradorite

La labradorite comme feldspath n’est pas rare.

Elle constitue un composant majeur de nombreuses roches magmatiques et peut former des volumes gigantesques dans les massifs d’anorthosite.

La qualité gemme fortement iridescente est toutefois beaucoup moins courante.

La valeur dépend principalement de la labradorescence, de la couleur, de l’étendue du reflet, de l’orientation, de la qualité du polissage et de l’absence de fractures importantes.

Il n’existe aucun système universel reconnu attribuant officiellement des grades A, AA ou AAA à la labradorite.

Ces classifications sont commerciales et leurs critères peuvent varier considérablement d’un vendeur à l’autre.

Intensité de la labradorescence

L’intensité constitue l’un des facteurs les plus importants.

Une excellente pierre présente un reflet extrêmement lumineux qui contraste fortement avec la couleur du corps.

Le bleu peut sembler presque électrique.

Les verts, jaunes, orange et rouges peuvent être tout aussi intenses dans les meilleures qualités.

Une labradorescence pâle ou grisâtre possède généralement moins d’impact.

Le phénomène doit idéalement être visible facilement plutôt que nécessiter un angle extrêmement précis et difficile à retrouver.

Surface couverte par le reflet

Deux pierres de même couleur peuvent présenter des valeurs très différentes selon la superficie couverte.

Un petit éclat bleu apparaissant sur 10 % d’un cabochon est généralement moins recherché qu’une grande plage couvrant presque toute la pierre.

Les qualités dites « full flash » dans le commerce présentent un reflet couvrant pratiquement toute leur face lorsqu’elles sont orientées correctement.

Cette désignation n’est toutefois pas une norme gemmologique officielle.

Couleur du reflet

Le bleu est le plus fréquent et reste extrêmement populaire.

Un bleu fortement saturé peut produire une pierre de très belle qualité.

Les couleurs plus rares deviennent particulièrement intéressantes lorsqu’elles sont intenses.

Les grandes plages orange, rouges ou violettes sont généralement moins communes.

Une pierre présentant plusieurs couleurs très saturées peut également être très recherchée.

Le spectrolite finlandais constitue l’exemple classique d’une labradorite capable d’afficher un spectre particulièrement riche.

Contraste avec la couleur du corps

Un fond gris foncé ou noir permet aux couleurs de ressortir très fortement.

Le phénomène semble presque lumineux.

Une pierre plus claire peut produire une apparence plus douce et profonde.

Il n’existe donc pas une seule couleur de corps idéale.

Le principal facteur est la qualité de l’interaction entre le fond et le reflet.

Orientation

La valeur dépend fortement du travail du lapidaire.

Le plan présentant la meilleure labradorescence doit être identifié avant le sciage.

Quelques degrés d’erreur peuvent considérablement réduire la couleur visible.

Une pierre brute exceptionnelle peut donc produire un cabochon médiocre lorsqu’elle est mal orientée.

Le contraire est également vrai : une excellente coupe peut révéler presque toute la couleur d’un morceau qui semblait peu impressionnant avant le polissage.

Fractures et clivages

Les fractures sont fréquentes dans la labradorite.

Les grands cristaux contenus dans les anorthosites peuvent être traversés par des plans de clivage et différentes fissures naturelles.

Une pierre contenant peu de fractures visibles possède davantage de valeur, particulièrement lorsque le reflet reste continu sur toute la surface.

Une fracture atteignant la surface peut également diminuer la durabilité d’un cabochon.

Les matériaux presque transparents sont évalués encore plus sévèrement puisque les inclusions deviennent beaucoup plus faciles à voir.

Polissage

La labradorite peut prendre un excellent poli, mais sa structure et son clivage peuvent rendre le travail délicat.

Une surface parfaitement lisse augmente fortement la netteté de la labradorescence.

Les rayures produisent une diffusion parasite qui diminue l’intensité du reflet.

Le polissage doit donc être évalué en même temps que la qualité du matériau brut.

Dimensions

La labradorite est disponible en grandes dimensions.

Des plaques, sphères et sculptures de plusieurs kilogrammes sont relativement courantes dans certains matériaux commerciaux.

Le poids seul ne constitue donc pas une indication de rareté.

Une grande masse devient réellement remarquable lorsque la labradorescence reste forte et continue sur une très grande surface.

Les cristaux suffisamment exempts de fractures pour produire de grandes pierres transparentes facettées sont quant à eux beaucoup moins fréquents.

Provenance

La provenance peut ajouter une valeur particulière.

Le Labrador possède une importance historique puisqu’il a donné son nom au minéral.

La spectrolite de Finlande possède une réputation internationale pour ses couleurs spectrales intenses.

Madagascar constitue une importante source moderne de beaux matériaux iridescents.

Le Québec possède également des occurrences authentiques et intéressantes.

Une labradorite québécoise accompagnée d’une provenance précise de la Côte-Nord, du Saguenay–Lac-Saint-Jean ou d’un autre massif anorthositique documenté possède un intérêt supplémentaire pour une collection régionale.


Utilisation en joaillerie et entretien

La labradorite est largement utilisée pour les cabochons, pendentifs, bagues, bracelets, boucles d’oreilles, perles, sculptures, sphères et objets décoratifs.

La taille en cabochon constitue généralement la meilleure manière de mettre en valeur la labradorescence.

Une large surface légèrement bombée permet d’observer facilement les changements de couleur lorsque la pierre est déplacée.

La base doit être orientée avec précision par rapport aux structures internes responsables de l’iridescence.

Une orientation incorrecte peut presque entièrement supprimer le phénomène.

Les formes libres sont particulièrement fréquentes parce que le lapidaire cherche d’abord à conserver la meilleure zone de couleur plutôt qu’à respecter une forme géométrique standard.

Les pendentifs représentent une utilisation idéale.

La pierre est suffisamment protégée contre les impacts et ses grandes surfaces permettent de montrer facilement le reflet.

Les boucles d’oreilles peuvent également produire un effet spectaculaire puisque leur mouvement naturel fait apparaître et disparaître constamment les couleurs.

Les bagues demandent davantage de précautions.

Une dureté de 6 à 6,5 offre une résistance correcte aux rayures, mais elle reste inférieure à celle du quartz.

Le clivage représente surtout le principal risque.

Un choc violent contre le bord d’une pierre peut provoquer un éclat ou une cassure suivant un plan cristallographique.

Une monture protégeant les contours du cabochon est donc préférable pour un port quotidien.

Les grandes plaques de labradorite iridescente peuvent également être utilisées en décoration et en architecture.

Des anorthosites riches en feldspath iridescent sont polies pour produire des comptoirs, revêtements et éléments décoratifs de grande dimension.

Dans ce contexte, le matériau utilisé correspond à une roche contenant de nombreux cristaux de labradorite plutôt qu’à une seule gemme.

Pour le nettoyage des bijoux, l’eau tiède, un savon doux et une brosse souple constituent la méthode la plus sûre.

La pierre doit ensuite être rincée et séchée avec un chiffon doux.

Les produits abrasifs doivent être évités puisqu’ils peuvent rayer progressivement le feldspath.

La vapeur n’est pas recommandée.

La chaleur et les changements thermiques brusques peuvent aggraver les fractures et exploiter les plans de clivage.

Les appareils à ultrasons devraient également être évités sur les pierres comportant des fractures importantes.

Cette prudence devient encore plus importante lorsque la pierre est montée ou lorsque son historique de traitement est inconnu.

Pour le rangement, la labradorite devrait être séparée des gemmes plus dures.

Le quartz, la topaze, le spinelle, le saphir et le diamant peuvent tous rayer sa surface.

Une pochette individuelle ou une boîte compartimentée protège simultanément la pierre des rayures et des chocs.

La labradorite demeure ainsi l’un des meilleurs exemples d’une pierre dont la beauté ne vient pas principalement d’un pigment. Ses couleurs spectaculaires sont créées par des couches internes mesurant seulement quelques dizaines à quelques centaines de nanomètres, capables d’interagir avec la lumière et de transformer un feldspath gris en une succession de reflets bleus, verts, jaunes, orange, rouges et violets.

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