Hypersthène naturel sur fond noir.

Hypersthène : le guide de référence

L’hypersthène est le nom historique donné à des pyroxènes orthorhombiques riches en fer et en magnésium, généralement situés entre l’enstatite et la ferrosilite dans leur série de solution solide. Il présente habituellement une couleur gris brunâtre, brun noir, vert très sombre ou presque noire, parfois accompagnée d’un reflet argenté, bronze ou cuivré particulièrement visible sur une surface polie.

Dans la classification minéralogique moderne, l’hypersthène n’est plus considéré comme une espèce minérale indépendante. Le nom a été abandonné par la nomenclature officielle des pyroxènes en 1988, les matériaux autrefois appelés hypersthène étant aujourd’hui classés principalement comme enstatite riche en fer ou, selon leur composition exacte, dans la série enstatite-ferrosilite. Le terme reste néanmoins très utilisé en gemmologie, en lapidaire et dans le commerce.

L’un des caractères les plus recherchés de l’hypersthène gemme est son schiller, un reflet soyeux à métallique produit par de fines inclusions et lamelles orientées à l’intérieur du pyroxène. Ces structures peuvent créer des éclats argentés, dorés, bronze ou cuivrés qui semblent se déplacer lorsque la pierre est tournée sous la lumière.


L’hypersthène en bref

Propriété Donnée
Nom traditionnel Hypersthène
Statut minéralogique moderne Nom d’espèce abandonné; généralement enstatite riche en fer de la série enstatite-ferrosilite
Groupe minéral Pyroxènes
Sous-groupe Orthopyroxènes
Formule générale (Mg,Fe)SiO₃
Classe minérale Inosilicates
Système cristallin Orthorhombique
Couleurs Gris, brun, brun noirâtre, vert sombre à presque noir
Reflets possibles Argentés, bronze, cuivrés, dorés ou rougeâtres
Dureté Environ 5 à 6 sur l’échelle de Mohs
Densité Généralement environ 3,3 à 3,9 selon la teneur en fer
Indice de réfraction Environ 1,67 à 1,77 selon la composition
Biréfringence Faible, généralement autour de 0,010 à 0,017
Caractère optique Biaxe
Éclat Vitreux à nacré, parfois submétallique
Transparence Transparent dans de rares cristaux à opaque dans le matériau lapidaire courant
Clivage Deux directions typiques des pyroxènes, proches de 90°
Phénomène recherché Schiller métallique
Provenances connues Canada, Norvège, Groenland, États-Unis, Mexique et autres régions à orthopyroxènes
Présence au Québec Oui, bien documentée dans plusieurs anorthosites et roches mafiques

Les propriétés exactes varient fortement avec le rapport entre magnésium et fer. Plus la composition se déplace vers le pôle ferrosilite, plus la densité et les indices de réfraction tendent généralement à augmenter.


Qu’est-ce que l’hypersthène?

L’hypersthène est un ancien nom minéralogique appliqué à certains orthopyroxènes intermédiaires ou relativement riches en fer de la série enstatite-ferrosilite.

L’enstatite possède comme pôle idéal MgSiO₃, tandis que la ferrosilite correspond à FeSiO₃. Dans la nature, le magnésium et le fer peuvent se remplacer mutuellement dans la structure, produisant une gamme continue de compositions intermédiaires.

Historiquement, les membres contenant davantage de fer que l’enstatite classique étaient divisés en plusieurs variétés comme la bronzite et l’hypersthène.

Cette division n’est plus utilisée comme classification officielle.

En 1988, la nomenclature moderne des pyroxènes a considéré le nom hypersthène comme inutile pour définir une espèce séparée. Une grande partie du matériau autrefois appelé hypersthène est aujourd’hui décrite comme enstatite ferrifère.

Cela ne signifie pas que le mot ait disparu.

Dans le monde des pierres polies, « hypersthène » reste particulièrement pratique pour désigner le matériau sombre présentant un éclat métallique argenté ou bronze caractéristique.

Le nom permet donc de reconnaître immédiatement un type visuel de pierre, même s’il ne correspond plus à une espèce minérale indépendante au sens strict.

Il ne faut pas non plus confondre l’hypersthène avec une roche. Contrairement à la nuummite, qui est un assemblage de plusieurs minéraux, l’hypersthène commercial correspond principalement à un pyroxène individuel ou à des agrégats dominés par cet orthopyroxène.


Pourquoi l’hypersthène est-il brun, gris ou noir?

La couleur de l’hypersthène dépend principalement de la présence de fer dans sa structure.

L’enstatite presque pure en magnésium peut être incolore, jaune pâle, verte ou brunâtre. À mesure qu’une partie du magnésium est remplacée par du fer ferreux Fe²⁺, le matériau devient généralement plus foncé.

Les hypersthènes traditionnels sont donc fréquemment gris brun, vert noirâtre ou brun presque noir.

Le rôle du fer Fe²⁺

Le fer ferreux Fe²⁺ peut remplacer directement le magnésium Mg²⁺ dans les sites de la structure du pyroxène.

Ces deux ions possèdent la même charge électrique, ce qui facilite cette substitution.

Le Fe²⁺ absorbe certaines longueurs d’onde de la lumière visible. Lorsque sa concentration augmente, l’absorption devient suffisamment importante pour assombrir fortement le cristal.

Un orthopyroxène relativement riche en fer peut ainsi sembler presque noir lorsqu’il est observé sous une épaisseur importante.

Dans une fine section ou dans un cristal suffisamment transparent, des couleurs vertes, jaunes, brunes ou rosées peuvent toutefois apparaître.

Pourquoi l’hypersthène présente-t-il des reflets métalliques?

Le célèbre reflet de l’hypersthène est généralement appelé schiller.

Il ne s’agit pas simplement d’une variation de sa couleur de base. Le phénomène est produit lorsque la lumière est réfléchie par de nombreuses inclusions ou lamelles microscopiques orientées parallèlement dans le cristal.

Des oxydes riches en fer et en titane, notamment l’ilménite et l’hématite, sont souvent impliqués.

D’autres exsolutions minérales peuvent également être présentes dans certains hypersthènes naturels.

Lorsque ces petites structures sont nombreuses et correctement orientées, leurs réflexions se combinent et produisent une grande plage lumineuse.

Le résultat peut être argenté, bronze, cuivré ou parfois rougeâtre.

Pourquoi le reflet bouge-t-il?

Les lamelles responsables du schiller possèdent une orientation cristallographique précise.

Elles ne réfléchissent fortement la lumière que lorsque la pierre, la source lumineuse et l’observateur se trouvent dans une géométrie favorable.

Une légère rotation suffit donc pour faire apparaître ou disparaître le reflet.

Le lapidaire doit tenir compte de cette orientation lorsqu’il découpe le matériau. Une excellente pierre brute peut perdre presque tout son effet si elle est polie selon le mauvais angle.


Composition chimique et structure cristalline

La formule générale traditionnellement associée à l’hypersthène est :

(Mg,Fe)SiO₃

Elle représente une solution solide entre deux pôles principaux :

Enstatite : MgSiO₃

Ferrosilite : FeSiO₃

Une notation structurale équivalente peut également être exprimée sous la forme (Mg,Fe)₂Si₂O₆, comme pour les autres pyroxènes.

L’hypersthène appartient aux inosilicates, dont la structure contient des chaînes de tétraèdres SiO₄ liés les uns aux autres.

Le magnésium et le fer occupent des sites situés entre ces chaînes.

Le rapport Fe/Mg influence fortement plusieurs propriétés du cristal, notamment sa couleur, sa densité et ses indices de réfraction.

Le système cristallin est orthorhombique.

C’est cette structure qui permet de distinguer les orthopyroxènes comme l’enstatite-ferrosilite des clinopyroxènes tels que le diopside ou l’augite, qui appartiennent au système monoclinique.

Les cristaux peuvent être prismatiques, tabulaires ou massifs.

Dans les roches magmatiques, l’orthopyroxène apparaît fréquemment sous forme de grains relativement trapus associés au plagioclase, à l’augite, à l’olivine, à la magnétite et à l’ilménite.

Des lamelles d’exsolution peuvent se développer à l’intérieur du cristal pendant le refroidissement.

Ces microstructures sont particulièrement importantes dans les hypersthènes présentant un schiller prononcé.


Propriétés physiques et optiques

L’hypersthène possède une dureté généralement située autour de 5 à 6 sur l’échelle de Mohs.

Il est donc moins dur que le quartz et sensiblement moins résistant aux rayures qu’un béryl, un spinelle ou un saphir.

Sa densité augmente avec sa teneur en fer.

Les compositions historiquement associées à l’hypersthène présentent généralement des valeurs autour de 3,3 à 3,9, alors que les enstatites riches en magnésium possèdent habituellement une densité plus faible, autour de 3,2.

Les indices de réfraction suivent la même tendance.

Une enstatite magnésienne présente généralement des valeurs autour de 1,65 à 1,68, tandis que des compositions plus riches en fer peuvent atteindre des valeurs nettement supérieures.

Les anciens intervalles gemmologiques attribués à l’hypersthène s’étendent approximativement de 1,67 à plus de 1,73, avec des valeurs encore plus élevées lorsque la composition approche de la ferrosilite.

La biréfringence reste relativement faible, généralement autour de 0,010 à 0,017.

Le minéral est optiquement biaxe.

Le clivage constitue une propriété importante des pyroxènes : deux directions de clivage se croisent selon des angles proches de 90°.

Cette caractéristique aide à les différencier des amphiboles, dont les deux clivages caractéristiques se rencontrent plutôt autour de 60° et 120°.

Le matériau lapidaire présente souvent un éclat vitreux à nacré en dehors des secteurs à schiller. Dans les zones riches en inclusions réfléchissantes, l’éclat peut devenir franchement métallique ou soyeux.


Comment se forme l’hypersthène?

L’hypersthène, au sens traditionnel, se forme dans plusieurs types de roches magmatiques et métamorphiques de haute température.

L’orthopyroxène est un minéral rocheux important dans les gabbros, les norites, certaines anorthosites, les péridotites et diverses roches volcaniques.

Il peut également devenir abondant dans des granulites et d’autres roches ayant subi un métamorphisme de haut grade.

Formation dans les roches magmatiques

Dans un magma riche en magnésium et en fer, l’orthopyroxène peut cristalliser pendant le refroidissement.

La composition exacte dépend de la chimie du magma, de la température, de la pression et de la quantité de fer disponible.

Les roches appelées norites sont particulièrement caractérisées par la présence d’orthopyroxène accompagné principalement de plagioclase.

Les anorthosites peuvent elles aussi contenir des cristaux d’hypersthène, parfois de très grandes dimensions.

Dans certains complexes anorthositiques, le plagioclase constitue presque toute la roche, tandis que de gros cristaux sombres d’orthopyroxène apparaissent entre les cristaux de feldspath.

Formation des lamelles d’exsolution

Un cristal qui se forme à haute température peut incorporer certains composants en quantité supérieure à celle qui restera stable une fois la roche refroidie.

Au cours du refroidissement lent, ces composants commencent alors à se séparer du cristal original et forment de minuscules lamelles.

Ce processus est appelé exsolution.

Des lamelles de clinopyroxène, de plagioclase, de magnétite, d’ilménite ou d’autres phases peuvent être observées dans certains grands orthopyroxènes naturels.

Lorsque des inclusions réfléchissantes sont régulièrement orientées, elles peuvent produire le schiller recherché dans le matériau lapidaire.

Formation métamorphique

L’orthopyroxène peut également apparaître lorsque des roches préexistantes sont soumises à des températures très élevées.

Dans les terrains métamorphiques de faciès granulite, les conditions deviennent suffisamment chaudes pour déstabiliser certains minéraux hydratés.

Des associations contenant orthopyroxène, plagioclase, grenat, quartz ou clinopyroxène peuvent alors se développer.

La présence d’orthopyroxène constitue justement l’un des caractères fréquemment associés aux roches métamorphiques de très haut grade.


Où trouve-t-on l’hypersthène dans le monde?

Les orthopyroxènes correspondant historiquement à l’hypersthène sont relativement répandus dans les roches mafiques et métamorphiques. En revanche, le matériau suffisamment esthétique pour être utilisé en lapidaire, particulièrement celui présentant un schiller intense, est beaucoup moins courant.

Des occurrences classiques sont connues au Canada, en Norvège, au Groenland, aux États-Unis et au Mexique.

Canada

Le Canada possède une longue histoire liée à l’hypersthène.

D’anciens ouvrages minéralogiques utilisaient même le nom de labrador hornblende ou paulite pour certains hypersthènes provenant de la région du Labrador.

Les immenses complexes anorthositiques du Labrador contiennent de nombreux orthopyroxènes.

À Tikkoatokhakh Bay, près de Nain, de grands cristaux d’hypersthène présents dans des anorthosites et leuconorites ont notamment fait l’objet d’études scientifiques détaillées.

Ces cristaux peuvent contenir des lamelles de plagioclase, de magnétite, d’augite, d’ilménite et d’autres phases issues de phénomènes d’exsolution.

Norvège

La Norvège représente une autre provenance classique de l’enstatite et des orthopyroxènes historiquement appelés hypersthène.

Des occurrences norvégiennes ont joué un rôle important dans les anciennes descriptions minéralogiques du groupe.

Les roches norvégiennes mafiques et métamorphiques peuvent produire des cristaux bruns, vert sombre ou noirâtres possédant parfois un éclat bronze ou métallique.

Le district de Bamble est notamment célèbre pour différentes occurrences d’enstatite et d’orthopyroxène.

Groenland

Le Groenland possède de vastes terrains précambriens contenant des roches mafiques et métamorphiques riches en pyroxènes.

Des hypersthènes y ont été documentés historiquement, parfois associés à des roches contenant du labradorite et d’autres feldspaths.

Le matériau groenlandais ne doit toutefois pas être confondu avec la nuummite, qui est elle aussi groenlandaise mais correspond à une roche dominée par des amphiboles de la série anthophyllite-gédrite.

États-Unis et Mexique

Des orthopyroxènes historiquement désignés comme hypersthène sont connus dans plusieurs États américains, notamment en Californie, au Colorado et dans l’État de New York.

Les roches magmatiques basiques et les terrains métamorphiques constituent les principaux environnements.

Du matériau utilisable comme gemme ou pierre de collection est également connu en Basse-Californie, au Mexique.

Certaines pierres suffisamment transparentes peuvent être facettées, mais la majorité du matériau commercial sombre est plutôt taillée en cabochons afin de mettre en valeur son schiller.


L’hypersthène au Québec

L’hypersthène est bien documenté au Québec, particulièrement dans les grandes intrusions anorthositiques et les roches mafiques de la Province de Grenville.

Cette occurrence n’est pas marginale : l’orthopyroxène constitue localement un composant caractéristique de plusieurs ensembles géologiques québécois.

L’Anorthosite de Lac Allard, sur la Côte-Nord, en représente un excellent exemple.

Géologie Québec décrit l’hypersthène comme l’un des principaux minéraux ferromagnésiens de l’anorthosite. Il peut y former des cristaux allant de quelques millimètres à plusieurs centimètres.

Dans certains faciès pegmatitoïdiques rares, les pyroxènes peuvent même dépasser 10 cm.

Les descriptions pétrographiques mentionnent également des inclusions de Schiller dans certains grands cristaux d’hypersthène.

Le phénomène recherché dans les pierres polies existe donc réellement dans certains orthopyroxènes québécois.

L’hypersthène est également documenté dans l’Anorthosite de Langelier, où il représente généralement moins de 5 % de la roche, ainsi que dans l’Anorthosite de Brien et plusieurs autres intrusions mafiques de la province.

Des occurrences sont aussi répertoriées dans les Laurentides, notamment à la mine Parker près de Notre-Dame-du-Laus, ainsi qu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Dans certaines roches québécoises étudiées en lame mince, les cristaux montrent un pléochroïsme rose à vert pâle, des lamelles d’exsolution et de nombreuses inclusions de Schiller orientées.

Le Québec peut donc être considéré comme une véritable région à hypersthène sur le plan géologique.

Il faut toutefois distinguer cette présence abondante dans les roches des quantités réellement exploitables comme pierre lapidaire. Le Québec n’est pas actuellement une grande source commerciale internationale de cabochons d’hypersthène comparable aux régions spécifiquement exploitées pour le marché des pierres décoratives.


À quoi ressemble un hypersthène naturel?

Un hypersthène naturel présente généralement une couleur de fond gris brun, brun très sombre, vert noirâtre ou presque noire.

À l’état brut, son apparence peut être relativement discrète.

Les cristaux sont souvent intégrés directement dans une roche comme une anorthosite, une norite ou un gabbro. Ils peuvent prendre la forme de grains trapus, de tablettes ou de masses relativement irrégulières.

Une surface de clivage fraîche peut déjà montrer un éclat nacré ou métallique.

L’effet devient beaucoup plus spectaculaire lorsque le matériau est scié et poli dans la bonne orientation.

Un cabochon de qualité présente alors une base presque noire sur laquelle apparaît une large lueur argentée, bronze ou cuivrée.

Le reflet peut former une bande, une plage diffuse ou plusieurs zones parallèles.

Selon l’orientation des inclusions, il peut sembler flotter légèrement sous la surface.

Certaines pierres présentent un schiller presque argenté, tandis que d’autres sont beaucoup plus chaudes et montrent un cuivre rougeâtre ou un bronze doré.

L’apparence dépend également de la composition du pyroxène et de la nature des inclusions microscopiques.

Dans les rares cristaux suffisamment transparents, le matériau peut présenter des couleurs vertes, brunes ou jaune-brun et montrer un pléochroïsme perceptible.

Ces pierres transparentes constituent cependant un marché très différent du matériau sombre à schiller couramment vendu sous le nom d’hypersthène.


Comment identifier un hypersthène?

Une pierre noire possédant un reflet argenté ne peut pas être identifiée comme hypersthène uniquement à partir de son apparence.

La bronzite, la nuummite, la larvikite et même certaines labradorites sombres peuvent produire des effets visuels relativement proches.

Une identification correcte doit donc combiner les propriétés physiques, optiques et minéralogiques.

Indice de réfraction

L’indice de réfraction augmente généralement avec la quantité de fer dans la série enstatite-ferrosilite.

Les valeurs historiquement attribuées à l’hypersthène peuvent commencer autour de 1,67 et dépasser 1,73 pour les compositions très ferrifères.

Cette plage est sensiblement supérieure à celle de plusieurs pierres noires à reflets, notamment les feldspaths.

L’analyse exacte des trois indices permet également de mieux situer la composition du pyroxène dans la série.

Densité

La densité constitue un autre critère important.

Les compositions traditionnellement appelées hypersthène possèdent généralement une densité supérieure à 3,3, qui augmente progressivement avec la proportion de fer.

Cette valeur permet notamment de les distinguer assez facilement d’une labradorite ou d’une larvikite, généralement proches de 2,7.

La bronzite possède en revanche des valeurs plus proches, ce qui exige d’autres analyses.

Clivage

Comme les autres pyroxènes, l’hypersthène possède deux directions de clivage qui se croisent presque à angle droit.

Cette géométrie constitue un caractère minéralogique classique du groupe.

Les amphiboles présentent au contraire des clivages proches de 60° et 120°.

Cette différence peut être particulièrement utile lorsqu’un échantillon brut suffisamment grand permet d’observer directement les surfaces de clivage.

Schiller

Le schiller constitue un indice visuel important mais n’est pas unique à l’hypersthène.

Le reflet est généralement métallique à soyeux, avec une teinte argentée, bronze, cuivre ou rougeâtre.

Il apparaît seulement sous certaines orientations et disparaît lorsque la pierre est tournée.

L’examen microscopique peut révéler les petites plaquettes et lamelles orientées responsables de l’effet.

Microscopie et spectroscopie

Les hypersthènes naturels peuvent contenir des lamelles d’exsolution de clinopyroxène, de plagioclase et différents oxydes.

Des tubes, inclusions opaques et autres structures parallèles peuvent également être observés.

La spectroscopie Raman permet de confirmer rapidement qu’un matériau appartient au groupe des orthopyroxènes.

Pour distinguer précisément une enstatite magnésienne d’une composition fortement ferrifère anciennement appelée hypersthène, une analyse chimique comme la microsonde électronique constitue la méthode la plus précise.


Hypersthène naturel, synthétique et traitements

Le matériau commercialisé comme hypersthène est essentiellement naturel.

Les pyroxènes peuvent être synthétisés pour la recherche scientifique, la pétrologie expérimentale et l’étude des matériaux, mais il n’existe pas de marché important d’hypersthène synthétique destiné à imiter les pierres naturelles utilisées en joaillerie.

Les traitements sont eux aussi très peu courants.

Orthopyroxène synthétique

Des compositions appartenant à la série enstatite-ferrosilite peuvent être produites artificiellement en laboratoire sous des températures et pressions contrôlées.

Ces matériaux servent principalement à étudier le comportement des pyroxènes dans les magmas, le manteau terrestre ou différentes conditions métamorphiques.

Ils ne représentent pas une source commerciale significative de cabochons à schiller.

Produire artificiellement l’ensemble des lamelles et inclusions orientées responsables du caractère esthétique d’un hypersthène naturel serait beaucoup moins simple que de synthétiser uniquement sa phase cristalline.

Traitements de couleur

Le chauffage, l’irradiation et la diffusion ne constituent pas des traitements commerciaux standards de l’hypersthène.

Sa valeur dépend surtout de son schiller naturel, lui-même lié à des inclusions et microstructures développées pendant l’histoire géologique du cristal.

Une modification thermique importante pourrait au contraire transformer certaines de ces structures et altérer l’effet recherché.

Teinture et revêtements

Une pierre noire relativement poreuse ou une imitation pourrait théoriquement être teinte ou recouverte afin de renforcer sa couleur.

Ces procédés ne représentent toutefois pas une caractéristique normale du marché de l’hypersthène.

Une surface dont l’éclat métallique reste uniquement superficiel ou disparaît dans une zone ébréchée mérite davantage d’attention.

Dans un véritable hypersthène à schiller, le phénomène provient de structures situées à l’intérieur du minéral.

Matériaux mal identifiés

La confusion commerciale constitue un problème beaucoup plus plausible qu’un véritable traitement.

La bronzite et l’hypersthène appartiennent toutes deux à la série des orthopyroxènes et leurs anciennes frontières de composition ne correspondent plus à des espèces minérales officiellement séparées.

Leur distinction peut donc être particulièrement floue dans le commerce.

De même, certaines pierres noires à reflets argentés peuvent être vendues comme hypersthène alors qu’elles appartiennent à d’autres groupes minéraux.

Pour les pièces dont l’identité précise a une réelle importance, une analyse gemmologique est préférable au seul nom fourni par le vendeur.


Hypersthène, bronzite, labradorite, nuummite ou larvikite?

L’hypersthène peut être confondu avec plusieurs pierres sombres présentant des reflets métalliques ou irisés. Leur composition et la nature de leur phénomène optique permettent cependant de les distinguer.

Propriété Hypersthène Bronzite Labradorite Nuummite Larvikite
Nature Orthopyroxène ferrifère Orthopyroxène riche en Mg-Fe Feldspath plagioclase Roche à orthoamphiboles Roche ignée riche en feldspath
Composition générale (Mg,Fe)SiO₃ (Mg,Fe)SiO₃ Feldspath Ca-Na Anthophyllite + gédrite principalement Feldspaths + autres minéraux
Système cristallin dominant Orthorhombique Orthorhombique Triclinique Orthorhombique pour les amphiboles dominantes Variable selon les constituants
Dureté Mohs Environ 5–6 Environ 5–6 6–6,5 Environ 5,5–6 Environ 6
Densité approximative Environ 3,3–3,9 Environ 3,3–3,4 Environ 2,65–2,75 Environ 3,2–3,4 Environ 2,7
Couleur de fond Gris brun à presque noir Brun à bronze Gris à gris noir Noir à gris très foncé Gris foncé à noir
Reflet caractéristique Argenté, bronze ou cuivré Bronze doré Bleu, vert, jaune ou multicolore Or, bleu, vert ou cuivre Bleu argenté
Nature du phénomène Schiller dû aux inclusions et lamelles orientées Schiller bronze Labradorescence Iridescence des orthoamphiboles Reflets feldspathiques
Principale distinction Pyroxène sombre à schiller métallique Généralement plus brun et bronze Densité beaucoup plus faible, grandes plages iridescentes Roche composée de plusieurs amphiboles Texture rocheuse grenue et reflets bleutés

La bronzite représente la comparaison la plus délicate. Les deux noms sont historiques et concernent différentes compositions et apparences d’orthopyroxènes de la série enstatite-ferrosilite. La bronzite est généralement plus riche en magnésium et particulièrement connue pour son éclat bronze.

La labradorite appartient complètement à une autre famille minérale. Ses reflets peuvent être bleus, verts, jaunes ou orange et occupent souvent de grandes plages continues. Sa densité est nettement inférieure.

La nuummite est une roche constituée principalement d’anthophyllite et de gédrite. Ses nombreux cristaux iridescents apparaissent souvent comme des flammes dorées ou bleues dispersées dans une matrice sombre.

La larvikite est elle aussi une roche et non une pierre constituée d’un seul minéral. Elle possède généralement une texture grenue visible et de larges éclats bleu argenté produits par ses feldspaths.


Qualité, rareté et valeur de l’hypersthène

La valeur d’un hypersthène destiné au lapidaire dépend principalement de l’intensité de son schiller, de sa couleur de fond, de la taille des plages réfléchissantes, de l’orientation de la coupe, de la qualité du polissage et de l’état général du matériau.

Il n’existe pas de système universel officiel attribuant des grades A, AA ou AAA à l’hypersthène.

Ces appellations sont commerciales et peuvent varier considérablement d’un vendeur à l’autre.

Intensité du schiller

Le schiller constitue généralement le critère visuel le plus important.

Une pierre de bonne qualité doit produire un reflet suffisamment intense pour être facilement visible lorsqu’elle est déplacée sous une source lumineuse.

Un reflet large et métallique contraste particulièrement bien avec une matrice presque noire.

Les pierres dont le phénomène est faible ou visible uniquement sous un angle extrêmement précis sont généralement moins spectaculaires.

Couleur du reflet

Les tons argentés et bronze sont relativement courants.

Un cuivre intense ou un rouge bronze peut produire un contraste particulièrement marqué.

La préférence dépend largement de l’esthétique recherchée et il n’existe pas de hiérarchie universelle entre un excellent schiller argenté et un excellent schiller cuivré.

La netteté et la luminosité du phénomène restent généralement plus importantes que sa couleur exacte.

Couleur de fond

Une matrice sombre et relativement uniforme permet au schiller de ressortir clairement.

Les bruns très foncés, gris anthracite et noirs verdâtres constituent donc des couleurs particulièrement adaptées au cabochon.

Une pierre excessivement claire peut perdre une partie du contraste qui caractérise l’hypersthène commercial.

Orientation

L’orientation du brut avant la taille est déterminante.

Les inclusions responsables du schiller doivent être placées de façon que leur réflexion soit visible sur la face principale de la pierre.

Quelques degrés de différence peuvent changer considérablement le résultat.

Le lapidaire doit donc examiner chaque morceau sous plusieurs angles avant de déterminer son plan de coupe.

Polissage

Un excellent poli est essentiel.

Les rayures et surfaces irrégulières dispersent la lumière et diminuent la netteté des reflets.

Le clivage du pyroxène peut compliquer la taille, particulièrement lorsque la pierre contient des fractures.

Une excellente pierre combine donc une surface parfaitement polie, un schiller intense et un minimum de défauts mécaniques importants.

Taille et poids

L’hypersthène peut être disponible sous forme de cabochons relativement grands puisque le minéral est un constituant commun de certaines roches.

Le poids seul n’entraîne donc pas une augmentation spectaculaire de valeur comparable à celle observée pour des pierres rares comme l’alexandrite.

Un petit cabochon montrant un reflet métallique remarquable peut être beaucoup plus intéressant qu’une grande pierre presque dépourvue de schiller.

Rareté

L’orthopyroxène lui-même n’est pas un minéral particulièrement rare.

Ce qui est plus inhabituel est de trouver un matériau présentant à la fois une couleur sombre esthétique, de nombreuses inclusions correctement orientées, un fort schiller et une qualité suffisante pour produire un bon cabochon.

L’hypersthène doit donc être considéré comme une pierre de collection et de lapidaire spécialisée plutôt que comme une gemme rare au sens où le serait un béryl rouge ou une alexandrite exceptionnelle.


Utilisation en joaillerie et entretien

L’hypersthène est principalement utilisé sous forme de cabochons, pendentifs, boucles d’oreilles, bracelets, perles et petites sculptures.

Le cabochon constitue particulièrement bien adapté au matériau sombre à schiller.

Une surface large et légèrement bombée permet d’observer facilement le déplacement du reflet lorsque la pierre est tournée.

Le facettage est possible pour les rares orthopyroxènes suffisamment transparents, mais ce type de gemme appartient davantage au domaine des collectionneurs.

Avec une dureté de seulement 5 à 6 sur l’échelle de Mohs, l’hypersthène est plus vulnérable aux rayures que de nombreuses pierres courantes.

Les bagues portées quotidiennement ne constituent donc pas l’utilisation idéale.

Si une pierre doit être montée en bague, une monture protectrice entourant suffisamment le cabochon réduit les risques de choc.

Le clivage du pyroxène représente également un élément important. Un impact dans une direction défavorable peut provoquer une fracture même si la surface n’est pas rayée.

Pour le nettoyage courant, de l’eau tiède, un savon doux et un chiffon ou une brosse souple constituent la méthode la plus prudente.

Les nettoyeurs à ultrasons et à vapeur ne sont pas recommandés pour les pierres présentant des fractures ou un clivage évident.

Les fortes températures devraient également être évitées. Elles ne présentent aucun avantage pour l’entretien et peuvent affecter certaines inclusions ou structures internes.

Enfin, l’hypersthène devrait être conservé séparément des pierres plus dures comme le quartz, l’améthyste, le béryl, le spinelle, le saphir ou le diamant.

Une pochette individuelle ou un compartiment rembourré permet de préserver le poli indispensable à l’apparition nette de son schiller métallique.

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