Howlite : le guide de référence
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La howlite est un minéral blanc appartenant au groupe des borates, composé de calcium, de bore, de silicium, d’oxygène et d’hydrogène. Sa formule chimique est Ca₂B₅SiO₉(OH)₅. Elle se présente le plus souvent sous forme de nodules blancs à l’aspect légèrement crayeux ou porcelainé, fréquemment parcourus de fines veinules grises, brunâtres ou noires.
Son apparence est particulièrement reconnaissable après polissage. Les contrastes entre le fond blanc et les lignes sombres peuvent former un réseau irrégulier rappelant certaines turquoises naturelles. Cette ressemblance, combinée à la capacité de la howlite à absorber les colorants, explique pourquoi elle est fréquemment teinte en bleu pour imiter la turquoise.
La howlite possède également une histoire canadienne importante. Elle a été décrite pour la première fois en 1868 à Windsor, en Nouvelle-Écosse, par le chimiste et minéralogiste canadien Henry How. Si les masses nodulaires blanches sont relativement connues en lapidairerie, les véritables cristaux bien formés de howlite sont beaucoup plus rares.
La howlite en bref
| Propriété | Donnée |
|---|---|
| Nom | Howlite |
| Espèce minérale | Howlite |
| Formule chimique | Ca₂B₅SiO₉(OH)₅ |
| Classe minérale | Borates |
| Description chimique | Borosilicate hydroxylé de calcium |
| Système cristallin | Monoclinique |
| Couleur naturelle | Blanche à incolore, parfois légèrement grisâtre ou brunâtre |
| Couleur des veinules | Gris, brun foncé à noir selon les impuretés et la matrice |
| Dureté | Environ 3,5 sur l’échelle de Mohs |
| Densité | Environ 2,53 à 2,59 |
| Indices de réfraction | Environ 1,583 à 1,600 |
| Biréfringence | Environ 0,017 |
| Caractère optique | Biaxe négatif |
| Éclat | Subvitreux, parfois terne à porcelainé dans les masses |
| Transparence | Principalement opaque en masse, translucide dans les fragments fins et certains cristaux |
| Clivage | Aucun clivage net |
| Fracture | Conchoïdale à irrégulière |
| Forme naturelle caractéristique | Nodules irréguliers, souvent comparés à des choux-fleurs |
| Cristaux | Rares, tabulaires et généralement petits |
| Localité type | Windsor, Nouvelle-Écosse, Canada |
| Principales provenances documentées | Canada, États-Unis, Mexique, Turquie, Serbie |
| Howlite documentée au Québec | Non comme provenance reconnue à ce jour |
La howlite est donc un véritable minéral naturel et non une variété de turquoise ou de magnésite. Sa dureté relativement faible et sa structure souvent poreuse la distinguent nettement de plusieurs pierres blanches avec lesquelles elle peut être confondue.
Qu’est-ce que la howlite?
La howlite est un borate de calcium contenant également du silicium et des groupes hydroxyles. Contrairement à des appellations commerciales regroupant plusieurs matériaux différents, la howlite constitue une espèce minérale définie possédant sa propre composition chimique et sa propre structure cristalline.
Elle se rencontre principalement sous forme massive ou nodulaire. Les nodules naturels peuvent être arrondis, irréguliers et divisés en plusieurs protubérances donnant à leur surface une apparence parfois comparée à celle d’un chou-fleur.
L’intérieur est généralement blanc et compact, avec une texture pouvant rappeler la porcelaine. De fines lignes sombres peuvent traverser la masse dans plusieurs directions et devenir particulièrement visibles lorsque le matériau est scié puis poli.
Les beaux cristaux isolés sont beaucoup plus inhabituels.
Lorsque la howlite possède suffisamment d’espace pour développer sa forme cristalline, elle peut produire de petits cristaux tabulaires appartenant au système monoclinique. Les localités d’Iona, en Nouvelle-Écosse, et de Tick Canyon, en Californie, sont particulièrement importantes pour l’étude de ces cristaux.
L’aspect du matériau utilisé en joaillerie est donc très différent de celui d’un cristal transparent classique. La majorité des perles, cabochons et sculptures en howlite proviennent de masses nodulaires blanches plutôt que de cristaux individuels.
Pourquoi la howlite est-elle blanche?
La howlite pure est essentiellement incolore à l’échelle de ses cristaux. Son apparence blanche caractéristique dans les masses naturelles résulte principalement de sa structure, de la diffusion de la lumière et de l’absence de concentrations importantes d’éléments produisant une forte coloration.
Le blanc de la howlite n’est donc pas causé par un pigment blanc particulier ajouté à sa composition.
Une structure naturellement peu colorée
La formule de la howlite est Ca₂B₅SiO₉(OH)₅.
Ses principaux constituants — calcium, bore, silicium, oxygène et hydrogène — ne produisent normalement pas de forte absorption sélective dans le domaine visible lorsqu’ils occupent les positions caractéristiques de la structure cristalline de la howlite.
Un cristal suffisamment pur peut ainsi être incolore ou blanc.
Les véritables cristaux provenant de certaines localités sont d’ailleurs translucides et peuvent être pratiquement incolores lorsqu’ils sont suffisamment minces.
La diffusion de la lumière
Dans une masse de howlite, la situation est différente.
Le matériau est composé d’un assemblage de cristaux et de structures microscopiques traversés par des interfaces, des pores et différentes irrégularités. La lumière est alors diffusée dans de nombreuses directions plutôt que de traverser la matière directement.
Ce phénomène donne au matériau massif son apparence blanche, opaque et légèrement porcelainée.
Un principe comparable explique pourquoi de nombreux agrégats constitués de minéraux intrinsèquement incolores peuvent paraître blancs lorsqu’ils sont observés sous forme massive.
Les veinules grises et noires
Les fines lignes sombres représentent l’une des caractéristiques les plus reconnaissables de la howlite utilisée en lapidairerie.
Elles ne correspondent pas à un constituant obligatoire de la formule chimique du minéral. Elles sont associées à des impuretés, à des matériaux provenant de la matrice et à des remplissages concentrés dans certaines irrégularités ou structures traversant la masse.
Leur composition exacte peut varier selon le gisement.
Certaines pierres sont presque entièrement blanches et contiennent très peu de lignes visibles. D’autres possèdent un réseau dense de veinules grises ou noires qui contraste fortement avec le fond blanc.
Cette variabilité naturelle constitue également l’une des raisons pour lesquelles deux morceaux de howlite peuvent présenter des apparences très différentes après polissage.
Composition chimique et structure cristalline
La formule chimique de la howlite est Ca₂B₅SiO₉(OH)₅.
Elle contient donc du calcium, du bore, du silicium, de l’oxygène et de l’hydrogène. Malgré la présence importante de silicium dans sa composition, la howlite n’appartient pas au groupe du quartz et ne doit pas être considérée comme une variété de silice.
Elle est classée parmi les borates.
Le bore occupe une place essentielle dans sa structure, ce qui explique son association géologique avec des dépôts riches en borates comme ceux contenant de la colemanite, de l’ulexite et différents autres minéraux boratés.
La howlite cristallise dans le système monoclinique.
Les cristaux bien développés sont généralement tabulaires et aplatis. Ils peuvent être terminés par plusieurs petites faces cristallines et atteindre approximativement un centimètre dans les occurrences exceptionnelles, même si la majorité sont beaucoup plus petits.
Le matériau massif possède une apparence complètement différente.
Dans les nodules, les cristaux individuels sont tellement fins et étroitement associés que la structure cristalline n’est pas reconnaissable à l’œil nu. La masse paraît alors homogène et porcelainée.
La howlite est particulièrement intéressante sur le plan chimique parce qu’elle associe dans une même structure des groupes contenant du bore et du silicium. Cette composition la distingue clairement de la magnésite, de la calcite, de la turquoise et des autres matériaux avec lesquels elle est parfois confondue dans le commerce.
Propriétés physiques et optiques
La howlite possède une dureté d’environ 3,5 sur l’échelle de Mohs.
Elle est donc relativement tendre. Elle peut être rayée beaucoup plus facilement qu’un quartz, une agate ou une turquoise particulièrement dure, ce qui constitue une information importante aussi bien pour son identification que pour son utilisation en joaillerie.
Sa densité mesurée se situe généralement entre environ 2,53 et 2,59.
Cette valeur est assez proche de celle de plusieurs matériaux blancs utilisés en lapidairerie et ne permet donc pas à elle seule d’identifier une howlite.
Ses indices de réfraction se situent approximativement entre 1,583 et 1,600.
La howlite est optiquement biaxe négative et présente une biréfringence d’environ 0,017. Ces caractéristiques concernent surtout les cristaux et les fragments suffisamment transparents pour permettre des observations optiques précises.
L’éclat naturel est généralement subvitreux.
Dans les masses nodulaires, la surface brute peut paraître plus mate ou légèrement crayeuse. Un polissage soigneux permet toutefois d’obtenir une surface beaucoup plus lisse et brillante.
La howlite ne possède pas de clivage net.
Sa fracture peut être conchoïdale à irrégulière. Malgré l’absence de clivage important, sa faible dureté et sa nature relativement fragile signifient qu’elle peut facilement être rayée, ébréchée ou endommagée lors d’un choc.
Les nodules utilisés en lapidairerie sont principalement opaques. Les fragments très minces et certains cristaux naturels bien développés peuvent toutefois être translucides, voire presque transparents dans les meilleurs cas.
Comment se forme la howlite?
La howlite se forme principalement dans des environnements riches en bore, souvent associés à des dépôts évaporitiques contenant du gypse, de l’anhydrite et d’autres borates.
Les mécanismes exacts peuvent varier d’un gisement à l’autre, mais les occurrences classiques indiquent une relation étroite avec des bassins dans lesquels des eaux ou saumures riches en éléments dissous ont évolué dans des conditions favorables à la précipitation de minéraux boratés.
Bassins évaporitiques
Les environnements évaporitiques se développent lorsqu’une quantité importante d’eau disparaît par évaporation et que les éléments dissous deviennent progressivement plus concentrés.
Dans un bassin riche en calcium, en bore et en silicium, cette évolution chimique peut permettre la formation de plusieurs minéraux différents selon la concentration des saumures, la température, le pH et les réactions avec les sédiments environnants.
La howlite apparaît ainsi aux côtés d’autres minéraux caractéristiques des dépôts boratés.
Le gypse et l’anhydrite sont particulièrement importants dans plusieurs occurrences canadiennes et internationales.
Croissance dans le gypse et l’anhydrite
La localité type de Windsor, en Nouvelle-Écosse, est directement associée à des carrières de gypse.
Lorsque Henry How décrivit le nouveau minéral en 1868, le matériau avait été découvert dans cet environnement évaporitique et était suffisamment inhabituel pour attirer l’attention des mineurs puis des minéralogistes.
D’autres occurrences de Nouvelle-Écosse montrent également de la howlite associée à l’anhydrite.
Les nodules peuvent se développer à l’intérieur de la roche évaporitique et remplacer ou déplacer localement une partie du matériau environnant pendant leur croissance.
Formation précoce dans les sédiments
Des études réalisées sur le bassin de Sultançayır, en Turquie, montrent que la howlite et d’autres borates de calcium peuvent se former relativement tôt au cours de l’évolution des dépôts évaporitiques.
Dans ce contexte, des solutions riches en bore se sont mélangées aux saumures du bassin. Les borates se sont développés dans les sédiments et ont localement déplacé ou remplacé le gypse présent.
La howlite peut alors former des nodules, des masses irrégulières ou des niveaux discontinus.
Ce type de formation explique pourquoi elle est beaucoup plus souvent rencontrée sous forme massive que sous forme de cristaux bien individualisés.
Pourquoi les cristaux sont-ils rares?
Pour produire un cristal bien formé, un minéral doit généralement disposer d’un espace suffisamment ouvert pour que ses faces puissent se développer librement.
Dans les dépôts où la howlite croît directement au milieu du gypse, de l’anhydrite ou de sédiments compacts, cet espace est limité. La croissance produit donc davantage de masses et de nodules que de cristaux parfaitement terminés.
Des cavités ou des espaces ouverts exceptionnels permettent cependant à des cristaux de se développer.
C’est notamment ce qui rend les cristaux de howlite d’Iona, en Nouvelle-Écosse, et ceux de certaines localités californiennes particulièrement intéressants pour les collectionneurs.
Où trouve-t-on la howlite dans le monde?
La howlite possède une distribution relativement limitée comparativement à des minéraux très répandus comme le quartz ou la calcite.
Ses localités sont principalement liées à des environnements riches en borates. Le Canada et la Californie occupent une place particulièrement importante dans son histoire minéralogique, mais des occurrences sont également documentées au Mexique, en Turquie, en Serbie, en Allemagne et dans quelques autres régions.
Canada
Le Canada possède une importance exceptionnelle puisque la howlite y a été découverte et décrite pour la première fois.
La localité type se trouve à Windsor, dans le comté de Hants en Nouvelle-Écosse. Henry How y décrivit en 1868 un nouveau minéral découvert dans des carrières de gypse et lui donna initialement le nom de silicoborocalcite.
Le minéralogiste James Dwight Dana lui attribua ensuite le nom de howlite en l’honneur de Henry How.
D’autres occurrences sont connues en Nouvelle-Écosse, notamment près d’Iona sur l’île du Cap-Breton. Cette localité est particulièrement importante parce qu’elle a produit de véritables cristaux de howlite bien développés dans l’anhydrite.
De la howlite est également documentée à Terre-Neuve, notamment dans des niveaux carbonifères de gypse et d’anhydrite de l’ouest de l’île.
États-Unis
La Californie constitue probablement la provenance la plus célèbre pour la howlite massive utilisée en lapidairerie.
Le secteur de Tick Canyon, dans le comté de Los Angeles, a produit de nombreux nodules de howlite associés à des dépôts de borates. Le matériau peut présenter un intérieur blanc porcelainé traversé de lignes sombres particulièrement décoratives.
La howlite y a parfois été considérée comme un matériau secondaire ou indésirable dans les exploitations consacrées aux borates économiquement plus importants.
Pour les lapidaires, ces mêmes nodules sont toutefois intéressants parce qu’ils peuvent être sciés, polis et facilement transformés en perles, cabochons et petits objets.
D’autres occurrences sont connues dans les régions boratées du désert californien, notamment dans les comtés d’Inyo, de Kern et de San Bernardino.
Mexique
Le Mexique possède plusieurs occurrences de howlite dans l’État de Sonora.
Elles sont principalement associées à des bassins et dépôts riches en borates, notamment autour de certaines zones du bassin de Mazatán et de différents gisements du nord-ouest du pays.
Comme dans les autres grandes occurrences, l’environnement géologique est directement lié à la concentration du bore dans des bassins évaporitiques.
Le matériau se présente principalement sous forme massive plutôt que sous forme de grands cristaux transparents.
Turquie
La Turquie possède certains des plus importants districts boratés du monde et la howlite y est documentée dans plusieurs dépôts.
Le bassin de Sultançayır, dans l’ouest de l’Anatolie, constitue un exemple particulièrement bien étudié. La howlite y est associée au gypse et à plusieurs autres borates de calcium.
Des occurrences sont également connues dans la région de Bigadiç.
L’étude de ces gisements a contribué à mieux comprendre la formation de la howlite dans les environnements lacustres évaporitiques et le rôle joué par les saumures riches en bore.
Serbie et autres régions
La howlite est également documentée en Serbie, notamment dans certains bassins sédimentaires contenant des minéraux boratés.
Des occurrences sont répertoriées en Allemagne, en Slovaquie et dans quelques autres régions européennes.
Ces localités montrent que la howlite n’est pas exclusivement nord-américaine, mais elles confirment également son association récurrente avec des environnements géologiques particuliers riches en bore.
La howlite au Québec
Le Québec n’est pas actuellement reconnu comme une provenance de howlite.
Cette distinction est particulièrement importante puisque la howlite possède une forte association historique avec le Canada. Sa découverte canadienne peut facilement donner l’impression qu’elle est répandue dans plusieurs provinces, alors que ses principales occurrences confirmées se situent ailleurs au pays.
Les localités canadiennes classiques et bien documentées se trouvent principalement en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve.
La Nouvelle-Écosse possède la localité type de Windsor ainsi que les remarquables cristaux d’Iona. Terre-Neuve possède pour sa part des occurrences dans des formations carbonifères de gypse et d’anhydrite.
Le Québec ne figure pas parmi les provenances établies de howlite dans les grandes bases minéralogiques consacrées à l’espèce.
Le territoire québécois contient évidemment de nombreux minéraux blancs et plusieurs types de roches pouvant ressembler visuellement à la howlite. La calcite, la magnésite, différents marbres, certains feldspaths et d’autres matériaux peuvent notamment produire des masses blanches ou grisâtres.
Une apparence blanche veinée ne suffit donc pas à établir la présence de howlite.
Un spécimen commercialisé comme « howlite du Québec » devrait idéalement être accompagné d’une localité précise et d’une identification minéralogique permettant de confirmer sa composition. À l’heure actuelle, la howlite ne peut pas être présentée comme une pierre typique ou une provenance minérale établie du Québec.
À quoi ressemble une howlite naturelle?
La forme la plus commune de howlite naturelle est un nodule blanc irrégulier.
Ces nodules peuvent présenter une surface arrondie composée de plusieurs protubérances donnant une apparence parfois comparée à celle d’un chou-fleur. À l’état brut, la surface peut être blanche, gris pâle ou plus sombre lorsqu’elle est recouverte de matériaux provenant de la roche encaissante.
L’intérieur est généralement beaucoup plus blanc.
Lorsqu’un nodule est scié, il peut révéler une matière compacte à l’aspect porcelainé traversée de fines lignes grises, brunes ou noires. Ces motifs irréguliers peuvent former un réseau particulièrement visible après le polissage.
La majorité de la howlite naturelle utilisée en bijouterie est opaque.
Une plaque relativement mince peut cependant devenir légèrement translucide sur les bords, particulièrement lorsque le matériau contient peu d’impuretés.
Les véritables cristaux constituent une apparence beaucoup plus rare.
Ils sont généralement petits, tabulaires et aplatis. Les cristaux d’Iona, en Nouvelle-Écosse, peuvent être blancs, incolores ou légèrement brunâtres et présenter une transparence beaucoup plus élevée que les masses nodulaires habituelles.
Une howlite naturelle n’est donc pas obligatoirement parcourue d’un réseau noir très prononcé.
Certains nodules sont presque entièrement blancs, tandis que d’autres possèdent de nombreuses lignes sombres. L’intensité et l’organisation de ces motifs dépendent directement du spécimen et de son environnement géologique.
Comment identifier une howlite?
L’apparence blanche veinée constitue un premier indice, mais elle ne suffit pas à identifier une howlite avec certitude.
La magnésite blanche est particulièrement souvent confondue avec elle, tandis que la calcite, certains marbres et différents matériaux artificiels peuvent également présenter une apparence comparable.
Une identification fiable repose donc sur plusieurs propriétés minéralogiques.
Dureté
La howlite possède une dureté d’environ 3,5 sur l’échelle de Mohs.
Cette valeur est relativement faible.
Elle peut donc être rayée par de nombreux matériaux beaucoup plus durs, notamment le quartz, l’acier de plusieurs outils et plusieurs pierres utilisées couramment en joaillerie.
La dureté permet notamment de distinguer la howlite du quartz blanc, de l’agate blanche et d’autres matériaux siliceux possédant une dureté proche de 7.
Un test de rayure ne devrait toutefois pas être réalisé sur un beau bijou ou un spécimen de collection puisqu’il laisse une marque permanente.
Densité
La densité de la howlite se situe généralement entre environ 2,53 et 2,59.
Cette valeur reste relativement proche de celle de plusieurs autres pierres blanches. Elle ne permet donc pas une identification certaine lorsqu’elle est utilisée seule.
La magnésite possède notamment une densité qui peut entrer dans une plage relativement comparable selon le matériau.
L’intérêt de la densité apparaît surtout lorsqu’elle est combinée aux autres propriétés physiques et optiques.
Absence de clivage
La howlite ne possède pas de clivage net.
Lorsqu’elle se casse, sa fracture est généralement conchoïdale à irrégulière.
Cette caractéristique permet de la distinguer de certains minéraux possédant des plans de clivage particulièrement développés.
La calcite, par exemple, possède un excellent clivage rhomboédrique et se comporte donc différemment lorsqu’elle est fracturée.
Indices de réfraction
Dans les conditions permettant leur mesure, les indices de réfraction de la howlite se situent approximativement entre 1,583 et 1,600.
Elle est biaxe négative et présente une biréfringence d’environ 0,017.
Le matériau lapidaire étant généralement opaque, les méthodes gemmologiques utilisées doivent parfois être adaptées. Une lecture ponctuelle sur une surface polie peut néanmoins contribuer à l’identification.
Réaction aux acides
La howlite peut également être distinguée de certains carbonates grâce à des tests chimiques réalisés en laboratoire ou sur des échantillons appropriés.
La calcite réagit très facilement avec les acides dilués en produisant une effervescence marquée. La howlite ne possède pas le même comportement puisqu’elle n’est pas un carbonate.
Ces tests ne devraient évidemment pas être réalisés sur un objet fini ou un spécimen que l’on souhaite conserver intact.
Spectroscopie et diffraction des rayons X
Pour une identification définitive, les méthodes analytiques offrent les résultats les plus fiables.
La diffraction des rayons X permet de reconnaître directement la structure cristalline caractéristique de la howlite.
La spectroscopie Raman et différentes techniques spectroscopiques peuvent également être utilisées pour séparer la howlite de la magnésite, de la calcite, du quartz et d’autres matériaux.
Ces analyses sont particulièrement intéressantes lorsqu’une pierre a été teinte, car une coloration artificielle peut complètement masquer l’apparence naturelle du minéral.
Howlite naturelle, synthétique et traitements
La howlite naturelle est blanche à incolore et se présente principalement sous forme de masses ou de nodules.
Le principal problème rencontré sur le marché n’est pas la présence massive de howlite synthétique, mais plutôt l’utilisation de teintures destinées à transformer son apparence ou à lui faire imiter des pierres plus coûteuses.
Sa porosité facilite particulièrement ce type de traitement.
Howlite teinte en bleu
La teinture bleue constitue de loin le traitement le plus célèbre de la howlite.
Le matériau blanc peut absorber une coloration bleue ou bleu-vert, tandis que ses lignes sombres naturelles demeurent visibles.
Le résultat ressemble fortement à certaines turquoises naturelles.
Cette imitation peut être convaincante au premier regard, surtout lorsqu’elle est taillée en perles ou en cabochons.
Une howlite bleue doit cependant être vendue comme howlite teinte et non comme turquoise. La couleur n’est pas naturelle et la composition du matériau demeure celle de la howlite.
« Turquenite »
Le terme « turquenite » ou différentes variantes orthographiques sont parfois utilisés commercialement pour désigner de la howlite ou de la magnésite teinte en bleu.
Il ne s’agit pas d’une espèce minérale naturelle.
Ce nom commercial ne doit surtout pas être interprété comme une variété particulière de turquoise.
Lorsqu’une pierre bleu vif veinée est vendue à très faible prix, la possibilité d’une howlite ou d’une magnésite teinte mérite donc d’être considérée.
Autres teintures
La howlite ne doit pas nécessairement être teinte en bleu.
Sa couleur blanche constitue une base idéale pour différents colorants et le matériau peut être transformé en rouge, rose, vert, violet ou pratiquement n’importe quelle autre couleur.
Une teinture rouge peut notamment être utilisée pour produire un matériau ressemblant superficiellement à certains coraux.
Dans une pierre teinte, la couleur peut être particulièrement concentrée dans les pores, les fissures et autour des trous de perçage.
L’examen de ces zones à la loupe peut fournir un indice important.
Stabilisation et traitements de surface
Des cires, résines ou produits de polissage peuvent être employés pour améliorer la surface de certains matériaux poreux.
Une imprégnation peut augmenter la résistance ou rendre la surface plus brillante.
Ce type de traitement doit être distingué d’une simple coloration, même si une résine colorée pourrait théoriquement produire les deux effets simultanément.
La présence exacte de ces traitements dépend du produit et ne doit pas être supposée pour toutes les howlites du marché.
Howlite synthétique
La production de véritable howlite synthétique destinée au marché des gemmes n’occupe pas une place importante comparable à celle du rubis, du spinelle ou du quartz synthétique.
Les imitations artificielles sont beaucoup plus courantes.
Du verre, des résines, des céramiques et différents matériaux composites peuvent être fabriqués avec une couleur blanche veinée ou être colorés en bleu pour reproduire l’apparence d’une howlite ou d’une turquoise.
Une analyse des propriétés physiques permet généralement de distinguer ces imitations d’un véritable minéral naturel.
Howlite, magnésite, turquoise, calcite ou marbre blanc?
La howlite peut être confondue avec plusieurs matériaux blancs et, lorsqu’elle est teinte, avec des pierres naturellement bleues. La couleur seule constitue donc un critère d’identification particulièrement peu fiable.
| Propriété | Howlite | Magnésite | Turquoise | Calcite | Marbre blanc |
|---|---|---|---|---|---|
| Nature | Borate | Carbonate | Phosphate hydraté | Carbonate | Roche principalement composée de calcite ou dolomite |
| Formule principale | Ca₂B₅SiO₉(OH)₅ | MgCO₃ | CuAl₆(PO₄)₄(OH)₈·4H₂O | CaCO₃ | Variable selon la composition |
| Couleur fréquente | Blanche avec veinules grises ou noires | Blanche, crème ou grisâtre | Bleue, bleu-vert à verte | Incolore, blanche ou nombreuses autres couleurs | Principalement blanc à gris |
| Dureté Mohs | Environ 3,5 | Environ 3,5–4,5 | Environ 5–6 | 3 | Environ 3 pour un marbre calcitique |
| Densité approximative | 2,53–2,59 | Environ 3,0 | Environ 2,6–2,9 | 2,71 | Environ 2,7 |
| Système cristallin | Monoclinique | Trigonal | Triclinique | Trigonal | Roche, aucun système cristallin unique |
| Clivage | Aucun net | Parfait | Généralement faible | Parfait | Dépend des grains minéraux |
| Réaction typique à l’acide dilué | Différente des carbonates | Réaction surtout plus nette avec acide chaud ou concentré | Pas d’effervescence comparable à la calcite | Forte effervescence | Forte si riche en calcite |
| Aspect caractéristique | Blanc porcelainé avec réseau sombre fréquent | Blanc parfois très similaire à la howlite | Bleu naturel associé au cuivre | Clivage rhomboédrique | Texture rocheuse composée de plusieurs grains |
| Confusion fréquente | Souvent teinte en bleu | Également teinte pour imiter la turquoise | Imitée par howlite teinte | Peut imiter un matériau blanc massif | Peut ressembler à une masse blanche polie |
La magnésite représente probablement la confusion naturelle la plus importante. Les deux matériaux peuvent être blancs, opaques, relativement tendres et parcourus de lignes sombres. La densité, la composition chimique et les analyses minéralogiques permettent cependant de les distinguer.
La turquoise est surtout concernée lorsque la howlite a été teintée en bleu. Une véritable turquoise possède naturellement une coloration associée au cuivre et une composition totalement différente.
La calcite blanche est plus tendre et possède un excellent clivage. Elle réagit également facilement avec un acide dilué, propriété qui ne correspond pas au comportement de la howlite.
Le marbre n’est pas une espèce minérale mais une roche. Une observation attentive peut souvent révéler sa texture composée de grains de calcite ou de dolomite, contrairement à l’aspect fin et porcelainé de la howlite massive.
Qualité, rareté et valeur de la howlite
La howlite massive utilisée en lapidairerie n’est généralement pas considérée comme un matériau rare ou particulièrement coûteux.
Des nodules importants sont connus dans plusieurs gisements de borates, particulièrement en Californie. Le matériau naturel blanc reste donc relativement accessible lorsqu’il est vendu sous forme de perles, cabochons ou pierres polies.
La situation est différente pour les véritables cristaux bien développés.
Les cristaux de howlite sont beaucoup moins communs que les masses nodulaires et certains spécimens provenant de localités classiques de Nouvelle-Écosse ou de Californie peuvent présenter un véritable intérêt pour les collectionneurs minéralogiques.
Couleur
Pour la howlite naturelle utilisée en lapidairerie, un blanc net et lumineux est généralement apprécié.
Des tons crème ou grisâtres ne rendent pas nécessairement un matériau de mauvaise qualité, mais une couleur blanche propre produit davantage de contraste avec les éventuelles veinules sombres.
Une howlite bleue, verte, rouge ou violette doit être évaluée différemment puisque ces couleurs sont généralement obtenues artificiellement.
Une couleur très intense ne constitue donc pas un signe de meilleure qualité naturelle.
Motifs
Les veinules jouent un rôle important dans l’apparence du matériau poli.
Un réseau relativement fin et bien réparti peut créer un motif esthétique sans dominer complètement le fond blanc.
Certaines personnes préfèrent au contraire une howlite presque parfaitement blanche contenant très peu d’impuretés visibles.
Il n’existe donc pas un seul motif universellement considéré comme supérieur. La régularité du dessin et son esthétique générale restent les critères les plus importants pour les objets lapidaires.
Compacité
Un matériau suffisamment compact est préférable pour la taille et le polissage.
Des pores importants, des fissures ouvertes et une texture friable compliquent le travail et peuvent provoquer la cassure des perles ou des cabochons.
La howlite est naturellement relativement tendre. Une bonne qualité de matière première ne signifie donc pas qu’elle deviendra aussi résistante qu’un quartz ou une agate.
Le lapidaire doit simplement rechercher une masse suffisamment homogène pour supporter les opérations de sciage, de façonnage et de polissage.
Qualité du polissage
Une surface correctement polie peut transformer considérablement l’apparence d’une howlite.
Le blanc devient plus lumineux et les veinules gagnent en contraste. Les petites irrégularités de surface deviennent également moins visibles.
Un mauvais polissage peut au contraire laisser des rayures évidentes, particulièrement en raison de la faible dureté de la pierre.
La qualité du travail représente donc une part importante de la valeur d’un objet fini.
Cristaux de collection
Pour les collectionneurs, les critères sont complètement différents de ceux appliqués aux cabochons.
Un véritable cristal tabulaire bien individualisé, intact et correctement exposé sur sa matrice est beaucoup plus rare qu’un nodule blanc massif.
La localité possède également une importance considérable.
Les cristaux provenant d’Iona, en Nouvelle-Écosse, sont particulièrement recherchés en raison de la rareté des cristaux bien développés de l’espèce et de l’importance historique de la province dans l’étude de la howlite.
Provenance
Une provenance documentée ajoute beaucoup d’intérêt à un spécimen minéralogique.
Une howlite de Windsor possède notamment une importance historique puisqu’il s’agit de la région où l’espèce a été décrite pour la première fois.
Tick Canyon constitue pour sa part une provenance classique du matériel californien en nodules et en petits cristaux.
Pour une simple perle blanche polie, la provenance influence généralement moins la valeur que la qualité de la taille. Pour un spécimen naturel de collection, elle peut au contraire devenir l’une de ses caractéristiques les plus importantes.
Utilisation en joaillerie et entretien
La howlite est largement utilisée pour fabriquer des perles, cabochons, pendentifs, boucles d’oreilles, bracelets et petites sculptures.
Sa facilité de taille et son fond blanc contrasté en font un matériau particulièrement adapté aux objets décoratifs.
Sa dureté de seulement 3,5 exige cependant certaines précautions.
Une pierre peut facilement être rayée par de nombreuses autres gemmes et même par certains objets métalliques. Les bagues et bracelets portés quotidiennement sont donc beaucoup plus exposés à l’usure que les pendentifs ou boucles d’oreilles.
Une monture protégeant la pierre réduit le risque de dommages, mais ne change pas sa dureté intrinsèque.
Les perles en howlite doivent également être conservées séparément des matériaux beaucoup plus durs comme le quartz, la topaze, le spinelle, le saphir ou le diamant.
Pour le nettoyage courant, de l’eau légèrement tiède et un chiffon doux constituent la méthode la plus prudente.
Un savon doux peut être utilisé en petite quantité sur une howlite naturelle non traitée, mais un trempage prolongé est inutile. La porosité du matériau devient particulièrement importante lorsque la pierre a été teinte.
Les solvants, produits chimiques agressifs et agents de blanchiment doivent être évités.
Ils peuvent modifier une teinture ou attaquer certains produits utilisés pour stabiliser ou traiter la surface.
Les nettoyeurs à vapeur et à ultrasons ne sont pas recommandés pour une howlite teinte, fracturée ou dont le traitement est inconnu.
Une chaleur importante peut également affecter certains colorants et produits d’imprégnation.
Lorsqu’elle est utilisée en tenant compte de sa faible dureté, la howlite constitue néanmoins un matériau lapidaire intéressant et facile à reconnaître. Son fond blanc naturel, ses veinules irrégulières et son histoire directement liée à la minéralogie canadienne lui donnent une identité bien distincte des pierres qu’elle est parfois utilisée pour imiter.