Atlantisite naturelle sur fond noir.

Atlantisite : le guide de référence

L’atlantisite est une roche ornementale immédiatement reconnaissable à son contraste entre une matrice généralement verte et des zones roses, lilas ou violettes. Ces couleurs correspondent principalement à l’association de minéraux du groupe de la serpentine, responsables du vert, et de stichtite, un hydroxycarbonate de magnésium et de chrome qui produit les teintes violettes caractéristiques.

Contrairement au quartz, au grenat ou à la tourmaline, l’atlantisite ne constitue pas une espèce minérale distincte possédant sa propre formule chimique et son propre système cristallin. Le terme désigne plutôt une association naturelle de plusieurs minéraux, particulièrement connue dans les serpentinites de l’ouest de la Tasmanie. Cette distinction est importante, car les propriétés d’une atlantisite dépendent directement des proportions et de la nature des minéraux présents dans chaque spécimen.

Les plus beaux matériaux montrent des plages violettes nettement visibles sur un fond vert olive, vert jaunâtre ou vert sombre, parfois accompagnées de petits grains noirs de chromite ou de magnétite. Cette apparence inhabituelle explique pourquoi l’atlantisite est recherchée autant comme pierre de collection que comme matériau destiné au polissage, aux cabochons et aux objets décoratifs.


L’atlantisite en bref

Propriété Donnée
Nom Atlantisite
Nature Roche ou association minéralogique, et non espèce minérale distincte
Constituants principaux Serpentine et stichtite
Composition dominante Silicates hydratés de magnésium + hydroxycarbonate de magnésium et de chrome
Formule de la stichtite Mg₆Cr₂(OH)₁₆(CO₃)·4H₂O
Formule générale de plusieurs serpentines Mg₃Si₂O₅(OH)₄
Couleur Vert avec zones roses, lilas ou violettes
Minéraux noirs possibles Chromite, magnétite et autres minéraux accessoires
Dureté Variable, généralement faible à modérée
Dureté de la stichtite Environ 1,5 à 2 sur l’échelle de Mohs
Transparence Généralement opaque à localement translucide
Éclat Mat à cireux, parfois légèrement nacré dans les zones de stichtite
Système cristallin Aucun système unique pour l’atlantisite
Texture habituelle Massive, veinée, tachetée ou marbrée
Provenance classique Ouest de la Tasmanie, Australie
Localité emblématique Région de Dundas et Stichtite Hill
Utilisations Cabochons, sculptures, objets polis et spécimens de collection
Présence de stichtite au Québec Oui
Atlantisite québécoise reconnue comme provenance commerciale classique Non

Les valeurs physiques d’une atlantisite doivent être interprétées avec prudence. Comme il s’agit d’une roche composée de plusieurs minéraux, il n’existe pas de dureté, de densité ou d’indice de réfraction universel applicable à tous les spécimens. Une zone riche en stichtite peut notamment être beaucoup plus tendre qu’une partie dominée par la serpentine.


Qu’est-ce que l’atlantisite?

L’atlantisite est le nom utilisé dans le commerce des pierres ornementales pour désigner une roche dans laquelle de la stichtite rose à violette est intimement associée à une matrice dominée par des minéraux du groupe de la serpentine. Elle est particulièrement connue grâce aux matériaux provenant de l’ouest de la Tasmanie, où cette association peut produire des contrastes de couleurs remarquables.

Il est donc incorrect de considérer l’atlantisite comme un minéral possédant une formule chimique propre. Deux morceaux vendus sous ce nom peuvent présenter des compositions légèrement différentes selon la proportion de stichtite, la nature exacte des minéraux de serpentine et la présence de minéraux accessoires comme la chromite ou la magnétite.

La serpentinite constitue généralement la majeure partie de la roche. Elle peut être vert jaunâtre, vert olive, vert grisâtre, vert foncé ou presque noire. La stichtite apparaît à l’intérieur de cette matrice sous forme de taches, de veinules, de plages irrégulières ou de masses violettes. Certaines pièces sont presque entièrement vertes avec seulement quelques inclusions violettes, tandis que d’autres montrent une proportion beaucoup plus importante de stichtite.

L’intérêt de l’atlantisite repose précisément sur cette association naturelle. Une simple serpentine verte ne devient pas une atlantisite uniquement parce qu’elle possède une couleur similaire, et une stichtite violette isolée n’est pas non plus automatiquement une atlantisite. C’est la présence conjointe de ces matériaux dans la roche qui définit l’apparence traditionnellement commercialisée sous ce nom.


Pourquoi l’atlantisite est-elle verte et violette?

Le contraste caractéristique de l’atlantisite résulte de la présence de minéraux différents plutôt que d’un seul cristal possédant plusieurs zones de couleur. La partie verte correspond principalement aux minéraux de serpentine, tandis que le rose, le lilas et le violet sont produits par la stichtite.

Les serpentines constituent un groupe de silicates hydratés riches en magnésium. Leur couleur peut varier considérablement en fonction de leur composition, de leur structure, des éléments traces présents et des autres minéraux mélangés à la roche. Dans l’atlantisite, elles forment généralement un fond vert olive à vert foncé qui peut être relativement uniforme ou présenter des variations marbrées.

La stichtite possède une composition entièrement différente. Il s’agit d’un hydroxycarbonate hydraté contenant notamment du magnésium et du chrome. Le chrome trivalent joue un rôle majeur dans les teintes caractéristiques allant du rose au lilas et au violet soutenu. Lorsque la stichtite se développe à partir ou autour de minéraux chromifères présents dans la serpentinite, elle forme les plages violettes caractéristiques observées dans l’atlantisite.

Des grains noirs sont également fréquents dans certains spécimens. Ils peuvent correspondre notamment à de la chromite, de la magnétite ou à d’autres minéraux présents dans les roches ultramafiques transformées. Une atlantisite naturelle peut donc présenter trois grandes couleurs visibles simultanément : vert pour la matrice serpentinitique, violet pour la stichtite et noir pour certains minéraux accessoires.


Composition chimique et structure cristalline

L’atlantisite ne possède pas de formule chimique unique parce qu’elle n’est pas constituée d’un seul minéral. Sa composition doit plutôt être décrite en étudiant séparément ses principaux constituants.

La stichtite possède une formule généralement exprimée sous la forme Mg₆Cr₂(OH)₁₆(CO₃)·4H₂O. Elle appartient au groupe de l’hydrotalcite et contient du magnésium, du chrome, des groupes hydroxyles, du carbonate et de l’eau structurale. Sa structure cristalline est trigonal-rhomboédrique, même si les spécimens naturels sont beaucoup plus souvent observés sous forme de masses et d’agrégats fins que sous forme de cristaux macroscopiques bien individualisés.

La serpentine ne correspond pas non plus à un seul minéral. Le terme désigne un groupe comprenant notamment la lizardite, l’antigorite et le chrysotile, dont la composition idéale générale est souvent représentée par Mg₃Si₂O₅(OH)₄. La structure cristalline varie selon le membre du groupe, de sorte qu’il est impossible d’attribuer à toute l’atlantisite un seul système cristallin.

Dans les occurrences de Tasmanie associées à la stichtite, la serpentinite peut notamment contenir de la lizardite, tandis que de l’antigorite et d’autres phases du groupe de la serpentine peuvent également être rencontrées selon les secteurs et les conditions géologiques. La chromite, la magnétite, le talc et certains autres minéraux secondaires peuvent compléter l’assemblage.

Cette diversité explique pourquoi une fiche technique présentant l’atlantisite comme un cristal homogène avec une formule, une densité et un système cristallin uniques est nécessairement simplifiée. D’un point de vue minéralogique, il est beaucoup plus juste de la considérer comme une roche composée de plusieurs phases minérales.


Propriétés physiques et optiques

Les propriétés physiques de l’atlantisite peuvent changer d’un point à l’autre d’un même spécimen. Une plage violette dominée par la stichtite est extrêmement tendre, avec une dureté d’environ 1,5 à 2 sur l’échelle de Mohs. Une zone verte dominée par certains minéraux du groupe de la serpentine peut être sensiblement plus résistante.

Cette différence de dureté représente une difficulté importante lors du polissage. Si une surface contient de grandes plages de stichtite et de serpentine, les deux matériaux peuvent s’user à des vitesses différentes. Un lapidaire doit donc travailler avec précaution pour éviter de creuser les zones les plus tendres ou de produire un relief indésirable entre les différentes phases.

L’éclat naturel est généralement mat, gras ou cireux. Une surface correctement polie peut toutefois devenir beaucoup plus brillante, particulièrement lorsque la matrice serpentinitique est compacte et homogène. Les zones violettes peuvent conserver une apparence légèrement cireuse ou nacrée qui contraste avec le vert environnant.

L’atlantisite est normalement opaque, mais certaines portions minces de serpentine ou de stichtite peuvent laisser passer une petite quantité de lumière. Comme plusieurs minéraux sont présents simultanément, les propriétés optiques telles que l’indice de réfraction et la biréfringence ne peuvent pas être résumées par une seule valeur comme pour une gemme homogène.

Cette hétérogénéité constitue d’ailleurs un excellent indice d’identification. Une pierre verte et violette présentant des zones de dureté, de texture et parfois d’éclat légèrement différentes correspond davantage à une association minéralogique qu’à une gemme monocristalline uniformément colorée.


Comment se forme l’atlantisite?

La formation de l’atlantisite commence avec des roches ultramafiques riches en magnésium et en fer. Ces roches peuvent contenir des minéraux comme l’olivine, les pyroxènes et la chromite. Lorsqu’elles sont exposées à des fluides aqueux dans certaines conditions de température et de pression, elles peuvent subir un processus appelé serpentinisation.

Pendant la serpentinisation, les minéraux originaux sont progressivement transformés en minéraux du groupe de la serpentine et en diverses phases secondaires. Le résultat est une roche appelée serpentinite, souvent verte et pouvant conserver des grains de chromite hérités de la roche ultramafique originale.

La formation de la stichtite intervient ensuite dans des secteurs suffisamment riches en chrome. L’altération de la chromite et les réactions chimiques avec la serpentinite environnante permettent au chrome d’être mobilisé à très petite échelle et incorporé à de nouveaux minéraux. La stichtite peut alors se développer autour de grains de chromite, dans des veinules ou à travers certaines portions de la serpentinite.

Ce processus explique l’apparence irrégulière de l’atlantisite. Les plages violettes ne sont pas simplement des pigments dispersés dans une roche verte : elles correspondent à un véritable minéral secondaire ayant remplacé ou traversé certaines parties de la serpentinite.

En Tasmanie, les occurrences classiques sont associées à des complexes ultramafiques anciens ayant subi une importante serpentinisation. Leur histoire géologique complexe a permis de réunir une roche riche en magnésium, des minéraux chromifères et les conditions d’altération nécessaires au développement de la stichtite.


Où trouve-t-on l’atlantisite dans le monde?

La Tasmanie représente de loin la provenance la plus emblématique du matériau traditionnellement appelé atlantisite. L’ouest de l’île possède plusieurs occurrences importantes de stichtite dans la serpentinite, particulièrement dans la région de Dundas et autour de Zeehan.

Tasmanie

Stichtite Hill constitue la localité historique la plus célèbre. La stichtite y apparaît sous forme de taches, de masses et de veinules violettes au sein d’une serpentinite verte à sombre. Ce matériau se prête particulièrement bien au sciage et au polissage en raison du contraste remarquable entre les deux couleurs.

D’autres occurrences de stichtite sont également connues dans la région de Dundas, notamment autour de Serpentine Hill, Nevada Creek, West Comet et d’autres secteurs de l’ouest de la Tasmanie. Toutes les roches de ces localités ne possèdent évidemment pas l’apparence recherchée pour être commercialisées comme atlantisite.

Autres occurrences de stichtite

La stichtite elle-même n’est pas limitée à la Tasmanie. Elle a été documentée dans plusieurs autres régions du monde, notamment en Afrique australe, au Canada, au Maroc, au Mexique, en Inde et dans certains autres contextes ultramafiques.

Il faut cependant distinguer une occurrence de stichtite de la provenance d’une atlantisite commerciale typique. Une localité peut contenir de la stichtite et de la serpentine sans produire nécessairement un matériau suffisamment compact, abondant et esthétique pour être taillé et vendu sous le nom d’atlantisite.

La mention de la provenance reste donc importante lors de l’achat. Une pierre vendue comme « atlantisite de Tasmanie » devrait idéalement posséder une provenance traçable, particulièrement pour les spécimens de collection auxquels une origine précise ajoute une valeur minéralogique.


L’atlantisite au Québec

Le Québec possède les environnements géologiques nécessaires à la formation de serpentinites et compte également des occurrences documentées de stichtite. La présence de stichtite dans la province est donc réelle et ne doit pas être confondue avec une simple possibilité théorique.

Une occurrence est notamment connue à la mine Continental, également appelée mine Megantic dans certaines références historiques, dans le secteur de Saint-Joseph-de-Coleraine en Chaudière-Appalaches. De la stichtite a également été documentée à la mine Marbridge, près de La Motte en Abitibi-Témiscamingue. Ces occurrences sont associées à des contextes de roches ultramafiques et serpentinisées compatibles avec la formation du minéral.

Cela ne signifie toutefois pas que le Québec constitue une provenance classique d’atlantisite comparable à la Tasmanie. Le terme commercial est principalement associé au matériau vert et violet particulièrement esthétique provenant des serpentinites tasmaniennes. Une occurrence québécoise de stichtite dans une roche serpentinisée ne devrait donc pas automatiquement être présentée comme de l’« atlantisite du Québec » sans caractérisation du spécimen et provenance suffisamment précise.

Pour un collectionneur québécois, les spécimens locaux de stichtite peuvent néanmoins présenter un intérêt considérable. Ils témoignent de processus géologiques comparables à ceux responsables des célèbres associations tasmaniennes et montrent que ce minéral relativement inhabituel est également représenté dans la géologie de la province.


À quoi ressemble une atlantisite naturelle?

L’apparence classique de l’atlantisite est celle d’une roche verte traversée ou tachetée de violet. Le vert peut être jaune olive, vert pomme atténué, vert grisâtre, vert bouteille ou presque noir selon la composition de la serpentinite et son degré d’altération.

La stichtite produit des zones pouvant aller du rose pâle au lilas et au violet relativement profond. Ces zones possèdent rarement des contours parfaitement réguliers. Elles se présentent plutôt sous forme de taches arrondies, de veines sinueuses, d’amas, de ramifications ou de masses irrégulières réparties dans la roche.

Des grains noirs peuvent être dispersés dans le matériau. La chromite constitue un minéral particulièrement important dans l’histoire géologique de la stichtite et peut rester visible sous forme de petits grains ou d’amas sombres. De la magnétite peut également contribuer aux zones noires présentes dans certaines serpentinites.

À l’état brut, l’extérieur d’un morceau peut être beaucoup moins spectaculaire que sa surface fraîchement cassée ou sciée. Une patine d’altération peut masquer les couleurs, tandis qu’une coupe fraîche révèle soudainement un contraste intense entre le vert et le violet.

Après polissage, les motifs deviennent généralement beaucoup plus visibles. C’est cette transformation qui rend l’atlantisite particulièrement appréciée pour les cabochons et les objets décoratifs : chaque tranche de roche possède une distribution différente de stichtite et produit donc un dessin pratiquement unique.


Comment identifier une atlantisite?

La couleur constitue le premier indice, mais elle ne suffit pas à confirmer une identification. De nombreuses pierres naturelles, roches teintées et matériaux composites peuvent présenter du vert et du violet. Il faut donc examiner la texture, la dureté et idéalement la composition minéralogique.

Une véritable atlantisite doit montrer une association compatible avec de la serpentine et de la stichtite. La partie violette est généralement beaucoup plus tendre que la majorité des gemmes violettes courantes. Elle peut être rayée relativement facilement, ce qui distingue fortement le matériau d’une améthyste, d’un saphir ou d’une sugilite compacte.

Observation de la texture

Les zones vertes et violettes possèdent généralement des frontières irrégulières correspondant à des processus géologiques naturels. Les taches de stichtite peuvent suivre des fractures, entourer d’anciens grains chromifères ou former des masses diffusées dans la serpentinite.

Un motif extrêmement régulier, des couleurs artificiellement saturées ou une couleur concentrée uniquement dans les fissures peuvent justifier une observation plus poussée. Il existe de nombreux matériaux décoratifs sur le marché et une apparence verte et violette ne constitue pas à elle seule une identification minéralogique.

Test de dureté

La stichtite est particulièrement tendre. Cette caractéristique peut constituer un indice utile, mais les tests de rayure ne devraient pas être réalisés sur une surface polie ou sur un objet de valeur, car ils provoquent des dommages permanents.

La matrice serpentinitique possède une dureté variable selon sa composition. Il est donc parfaitement normal que différentes zones d’un même morceau réagissent différemment à un test mécanique.

Analyse minéralogique

Pour une identification scientifique, des méthodes comme la diffraction des rayons X, la spectroscopie Raman ou certaines analyses chimiques permettent de déterminer les phases minérales présentes. Elles sont particulièrement utiles lorsqu’un spécimen possède une provenance incertaine ou lorsque la couleur et l’apparence ne correspondent pas parfaitement au matériau classique.


Atlantisite naturelle, imitations et traitements

L’atlantisite naturelle résulte de processus géologiques ayant associé la stichtite à une serpentinite. Comme elle est principalement utilisée comme matériau ornemental plutôt que comme pierre précieuse facettée de grande valeur, les traitements sophistiqués sont généralement moins importants que pour le rubis, le saphir ou l’émeraude.

Des matériaux commercialisés sous des noms similaires peuvent toutefois ne pas présenter exactement la même composition. Le terme étant avant tout utilisé dans le commerce lapidaire, il est important de vérifier si le vendeur décrit réellement une stichtite en serpentinite et s’il précise la provenance lorsqu’il affirme qu’un spécimen provient de Tasmanie.

La teinture constitue théoriquement une manière simple de renforcer artificiellement certaines couleurs d’une roche poreuse ou tendre. Une concentration anormalement forte de pigment dans les fissures, des couleurs excessivement uniformes ou des traces de coloration sur une surface fraîche peuvent constituer des indices justifiant une analyse supplémentaire.

Des résines ou consolidants peuvent également être utilisés sur certaines pierres fragiles pour améliorer leur stabilité ou leur poli. Cela ne transforme pas nécessairement un matériau naturel en imitation, mais ce type de traitement devrait idéalement être indiqué lorsqu’il influence de manière importante l’apparence ou la solidité de la pierre.

Il n’existe par ailleurs aucune raison minéralogique de parler d’« atlantisite synthétique » au même sens que pour un rubis ou un spinelle synthétique. Puisque l’atlantisite est une roche composite plutôt qu’une espèce cristalline, une imitation serait plus probablement constituée d’un assemblage artificiel, d’une roche colorée ou d’un autre matériau présentant une apparence semblable.


Atlantisite, stichtite, serpentine, jade néphrite ou sugilite?

Plusieurs pierres peuvent présenter certaines couleurs de l’atlantisite, mais leur composition et leurs propriétés sont très différentes.

Propriété Atlantisite Stichtite Serpentine Jade néphrite Sugilite
Nature Roche composite Espèce minérale Groupe de minéraux Roche dominée par des amphiboles très fines Espèce minérale
Couleur caractéristique Vert avec rose, lilas ou violet Rose à violet Généralement verte Vert, blanc à très foncé Rose violet à violet
Constituants principaux Serpentine + stichtite Hydroxycarbonate Mg-Cr Silicates hydratés de Mg Trémolite-actinolite Silicate complexe riche en K, Na, Li
Dureté Variable 1,5–2 Variable selon le minéral Environ 6–6,5 Environ 5,5–6,5
Texture typique Marbrée ou tachetée Massive, lamellaire ou finement agrégée Massive, fibreuse ou lamellaire selon le type Très compacte et tenace Massive
Violet caractéristique Stichtite Couleur principale du minéral Normalement absent Rare comme couleur principale Très fréquent
Vert caractéristique Serpentine Normalement absent Très fréquent Très fréquent Occasionnel ou secondaire
Principale distinction Association naturelle vert-violet Pas besoin de matrice verte Généralement sans stichtite violette Beaucoup plus dure et tenace Violet sans matrice serpentinitique typique

La confusion avec la stichtite est particulièrement fréquente. La stichtite correspond au minéral violet lui-même, tandis que l’atlantisite désigne le matériau dans lequel cette stichtite se trouve associée à une matrice serpentinitique verte.

Une serpentine peut ressembler exactement aux parties vertes de l’atlantisite puisque celles-ci sont effectivement constituées principalement de minéraux de ce groupe. Une serpentine entièrement verte, sans stichtite, ne présente toutefois pas la combinaison typique permettant de la qualifier d’atlantisite.

Le jade néphrite peut posséder des couleurs vertes très proches, mais il est considérablement plus dur et surtout beaucoup plus tenace. Sa structure fibreuse extrêmement compacte lui donne une résistance mécanique remarquable qui contraste fortement avec la relative tendreté de l’atlantisite.

La sugilite constitue une comparaison intéressante pour les zones violettes. Elle peut présenter un violet intense proche de certaines stichtites, mais elle est nettement plus dure et ne possède normalement pas la matrice verte serpentinitique caractéristique de l’atlantisite.


Qualité, rareté et valeur de l’atlantisite

La valeur de l’atlantisite dépend avant tout de son apparence, de sa provenance, de sa taille, de la qualité du polissage et de la distribution des différentes couleurs. Il n’existe pas de système international officiel classant l’atlantisite en catégories A, AA ou AAA.

Contraste des couleurs

Les spécimens offrant un contraste marqué entre un vert agréable et un violet suffisamment saturé sont généralement les plus attractifs. Une atlantisite presque entièrement verte avec quelques minuscules traces violettes possède souvent moins d’impact visuel qu’une pierre présentant de grandes plages de stichtite clairement visibles.

La quantité de violet ne doit toutefois pas être considérée isolément. Une répartition équilibrée et naturelle peut être plus esthétique qu’une pierre dans laquelle les deux couleurs forment de grandes masses sans motif particulier.

Qualité de la roche

Les fissures, zones friables et différences importantes de dureté peuvent compliquer la taille et le polissage. Les pièces suffisamment compactes pour produire une surface lisse et brillante sont particulièrement adaptées à la lapidairerie.

Les grandes zones de stichtite peuvent être très attrayantes mais rendent également la pierre plus vulnérable aux rayures. La qualité doit donc être évaluée en tenant compte à la fois de l'esthétique et de la stabilité mécanique.

Provenance

La provenance tasmanienne possède une importance particulière, car l’ouest de la Tasmanie constitue la source historique et minéralogique la plus étroitement associée à cette combinaison de stichtite et de serpentinite.

Pour les spécimens de collection, une étiquette précise mentionnant une localité peut augmenter considérablement l’intérêt par rapport à une simple mention « Australie ». Les collectionneurs accordent généralement davantage d’importance aux informations géologiques vérifiables qu’à un nom commercial seul.

Taille et motifs

Les grandes plaques possédant un dessin équilibré peuvent être recherchées pour la sculpture ou la fabrication d’objets décoratifs. Pour les cabochons, la façon dont le lapidaire positionne les zones violettes devient particulièrement importante : deux cabochons découpés dans le même bloc peuvent avoir une apparence complètement différente.

La valeur de l’atlantisite reste généralement davantage liée à sa qualité lapidaire et à sa provenance qu’à son poids au carat. Contrairement aux gemmes transparentes rares, il s’agit surtout d’un matériau ornemental dont chaque pièce doit être évaluée individuellement.


Utilisation en joaillerie et entretien

L’atlantisite est principalement transformée en cabochons, pendentifs, perles, sculptures, galets polis et petits objets décoratifs. Ses couleurs naturelles permettent d’obtenir des motifs spectaculaires sans facettage, et une simple surface bombée correctement polie suffit généralement à mettre en valeur son contraste vert et violet.

Sa faible dureté constitue toutefois une limitation importante. Les zones riches en stichtite peuvent être rayées très facilement par de nombreux matériaux courants. Une bague portée quotidiennement est donc beaucoup plus exposée à l’usure qu’un pendentif, une broche ou une paire de boucles d’oreilles.

Les bijoux devraient être conservés séparément des pierres plus dures. Un quartz, un spinelle, un corindon ou même plusieurs matériaux beaucoup plus communs peuvent rayer rapidement une surface polie d’atlantisite lorsqu’ils frottent ensemble dans une boîte à bijoux.

Pour le nettoyage, la méthode la plus prudente consiste à utiliser un chiffon doux légèrement humide et, lorsque nécessaire, une petite quantité de savon doux. Il est préférable d’éviter les nettoyeurs à ultrasons, la vapeur, les acides, les produits nettoyants puissants et les changements brusques de température.

La taille et le ponçage du matériau brut demandent également davantage de précautions que le simple port d’une pierre polie. Les serpentinites peuvent contenir différents minéraux du groupe de la serpentine et leur composition varie selon la provenance. Le travail lapidaire devrait donc être effectué avec un contrôle efficace des poussières, en privilégiant le travail humide et en évitant de respirer les poussières produites lors du sciage ou du ponçage à sec.

Correctement entretenue, l’atlantisite peut conserver pendant longtemps son contraste vert et violet caractéristique. Elle demeure cependant une pierre relativement tendre qui doit être considérée avant tout comme une roche ornementale et de collection, plutôt que comme une gemme destinée à subir les mêmes contraintes qu’un saphir, un spinelle ou un diamant.

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