Amblygonite : le guide de référence
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L’amblygonite est un phosphate de lithium et d’aluminium de formule idéale LiAl(PO₄)F. Généralement blanche à blanc grisâtre, elle peut également présenter des nuances jaunes, beiges, rosées, vert pâle ou bleu pâle. Les spécimens transparents sont beaucoup plus rares et peuvent être facettés comme pierres gemmes.
Ce minéral se rencontre principalement dans des pegmatites granitiques enrichies en lithium et en phosphore, où il peut être associé au spodumène, à la lépidolite, à la pétalite, à la tourmaline et à différents phosphates. Son apparence massive et blanchâtre peut facilement rappeler celle d’un feldspath, ce qui rend son identification visuelle parfois difficile.
L’amblygonite forme une série continue avec la montebrasite, LiAl(PO₄)(OH). Cette distinction est importante : de nombreux spécimens historiquement étiquetés « amblygonite », particulièrement ceux provenant de cavités de pegmatites, possèdent en réalité une composition plus proche de la montebrasite.
L’amblygonite en bref
| Propriété | Donnée |
|---|---|
| Nom | Amblygonite |
| Formule chimique idéale | LiAl(PO₄)F |
| Classe minérale | Phosphates |
| Groupe | Groupe de l’amblygonite |
| Système cristallin | Triclinique |
| Couleur | Blanc, blanc grisâtre, jaune, beige, rose saumon, vert pâle, bleu pâle, gris; parfois incolore |
| Dureté | 5,5 à 6 sur l’échelle de Mohs |
| Densité | Environ 3,04 à 3,11 |
| Indices de réfraction | Environ 1,577 à 1,613 |
| Biréfringence | Environ 0,02 |
| Caractère optique | Biaxe négatif |
| Éclat | Subvitreux, vitreux, gras à nacré |
| Transparence | Transparente à translucide |
| Trait | Blanc |
| Clivage | Parfait sur {100}, bon sur {110} |
| Ténacité | Fragile |
| Habitus | Massif, cristaux équants à prismatiques courts |
| Minéral proche | Montebrasite |
| Environnement principal | Pegmatites granitiques riches en lithium et phosphore |
| Localité type | Chursdorf, Saxe, Allemagne |
| Utilisation comme gemme | Oui, mais rare |
| Présence de la série amblygonite-montebrasite au Québec | Documentée dans le contexte des pegmatites lithinifères |
La combinaison d’une densité supérieure à celle des feldspaths, d’un clivage très développé et d’une dureté modérée constitue une partie importante de la signature physique de l’amblygonite. Son identification précise peut toutefois nécessiter une analyse minéralogique, notamment pour la distinguer de la montebrasite.
Qu’est-ce que l’amblygonite?
L’amblygonite est une espèce minérale appartenant à la classe des phosphates. Sa composition idéale est constituée de lithium, d’aluminium, de phosphore, d’oxygène et de fluor, selon la formule :
LiAl(PO₄)F
Elle a été décrite au début du XIXe siècle par le minéralogiste allemand August Breithaupt. Son nom provient des mots grecs signifiant approximativement « obtus » et « angle », en référence aux angles formés par ses directions de clivage, qui s’écartent légèrement de 90°.
La localité type se trouve à Chursdorf, près de Penig, en Saxe, en Allemagne, où le minéral se rencontre dans une pegmatite granitique.
L’amblygonite peut former des cristaux relativement grands, mais les cristaux isolés possédant des faces bien développées sont beaucoup moins fréquents. Elle se présente plus souvent sous forme de masses compactes ou grossièrement cristallines intégrées à la pegmatite.
À première vue, ces masses peuvent facilement être confondues avec de l’albite, du microcline ou d’autres feldspaths pâles.
Amblygonite et montebrasite
L’amblygonite est étroitement liée à la montebrasite. Les deux espèces forment une série de solution solide dans laquelle le fluor et le groupe hydroxyle OH se remplacent progressivement.
À une extrémité se trouve :
Amblygonite : LiAl(PO₄)F
À l’autre :
Montebrasite : LiAl(PO₄)(OH)
Lorsque le fluor domine, le minéral appartient à l’amblygonite. Lorsque le groupe hydroxyle domine, il appartient à la montebrasite.
Cette distinction ne peut généralement pas être établie simplement à l’œil nu, car les deux minéraux peuvent présenter pratiquement la même apparence.
Pourquoi l’amblygonite est-elle blanche, jaune, rose ou verte?
L’amblygonite pure peut être presque incolore. Dans la nature, elle est toutefois beaucoup plus fréquemment blanche, blanc grisâtre ou légèrement colorée.
La couleur observée dépend de la composition chimique du cristal, de la présence de traces d’autres éléments, de défauts dans le réseau cristallin et de nombreuses imperfections microscopiques capables de diffuser ou d’absorber une partie de la lumière.
Amblygonite blanche
Le blanc constitue probablement l’apparence la plus caractéristique de l’amblygonite massive.
De minuscules fractures, inclusions, plans de clivage et irrégularités internes diffusent la lumière dans toutes les directions. Un matériau qui serait relativement transparent sous forme de cristal parfaitement pur peut ainsi apparaître blanc et opaque lorsqu’il contient de nombreuses interfaces microscopiques.
Cette apparence explique pourquoi l’amblygonite peut être confondue sur le terrain avec certains feldspaths.
Amblygonite jaune
Des amblygonites et des matériaux de la série amblygonite-montebrasite peuvent présenter des couleurs jaunes allant du jaune très pâle au jaune légèrement verdâtre.
Il faut cependant être prudent avec cette couleur : certains spécimens historiquement commercialisés ou décrits comme amblygonites jaunes possèdent une composition riche en hydroxyle et correspondent plutôt à de la montebrasite.
La couleur seule ne permet donc pas de déterminer l’espèce exacte.
Amblygonite rose
Des nuances rose saumon ou rosées sont également documentées.
Elles demeurent généralement très pâles et sont beaucoup moins communes que les teintes blanches ou grisâtres. De faibles concentrations d’éléments traces et certains défauts structuraux peuvent modifier les propriétés d’absorption du cristal.
Amblygonite verte ou bleutée
Le vert pâle et le bleu pâle sont également possibles, bien qu’ils soient relativement inhabituels.
Des matériaux bleus appartenant à la série amblygonite-montebrasite ont notamment été étudiés dans certaines pegmatites africaines. Là encore, une analyse chimique est nécessaire avant d’attribuer précisément un spécimen coloré à l’amblygonite plutôt qu’à la montebrasite.
Composition chimique et structure cristalline
La formule idéale de l’amblygonite est :
LiAl(PO₄)F
Le minéral contient donc du lithium, de l’aluminium, du phosphore, de l’oxygène et du fluor.
Il appartient au système cristallin triclinique, le système possédant le moins de symétrie parmi les sept systèmes cristallins classiques.
La structure est notamment constituée d’unités phosphatées PO₄ reliées à des polyèdres contenant l’aluminium et le lithium.
Une solution solide avec la montebrasite
La composition réelle des spécimens naturels peut varier considérablement selon le rapport entre fluor et hydroxyle.
Le remplacement progressif de F par OH produit la série :
amblygonite → montebrasite
Il ne s’agit donc pas simplement de deux noms différents pour exactement le même minéral. L’amblygonite et la montebrasite représentent deux espèces distinctes définies par la prédominance du fluor ou de l’hydroxyle.
Les études structurales montrent que cette substitution entraîne également de petites modifications des dimensions de la maille cristalline.
Dans la pratique, une analyse chimique, une spectroscopie Raman ou une autre technique instrumentale peut être nécessaire pour déterminer précisément la position d’un échantillon dans cette série.
Propriétés physiques et optiques
L’amblygonite possède une dureté de 5,5 à 6 sur l’échelle de Mohs. Elle est donc moins résistante aux rayures que le quartz, qui possède une dureté de 7.
Sa densité se situe généralement autour de 3,04 à 3,11 g/cm³, ce qui constitue un indice intéressant lorsque le minéral doit être distingué des feldspaths blancs auxquels il peut ressembler.
L’albite possède par exemple une densité nettement inférieure, généralement autour de 2,6.
Clivage
L’une des propriétés les plus importantes de l’amblygonite est son clivage.
Le minéral possède un clivage parfait sur {100}, un bon clivage sur {110}, ainsi que des clivages moins développés suivant d’autres orientations.
Cette structure explique pourquoi les masses d’amblygonite peuvent se fragmenter en morceaux relativement anguleux présentant des surfaces planes.
Le minéral demeure fragile malgré sa dureté intermédiaire.
Propriétés optiques
L’amblygonite est biaxe négative.
Ses indices de réfraction se situent approximativement dans les plages suivantes :
nα : 1,577 à 1,591
nβ : 1,592 à 1,605
nγ : 1,596 à 1,613
Sa biréfringence se situe généralement autour de 0,02.
L’éclat peut être vitreux à subvitreux, mais certaines surfaces présentent une apparence grasse ou légèrement nacrée, particulièrement lorsqu’elles correspondent à des plans de clivage.
Comment se forme l’amblygonite?
L’amblygonite se forme principalement dans des pegmatites granitiques très différenciées riches en lithium, phosphore et fluor.
Les pegmatites correspondent généralement aux derniers liquides issus de l’évolution d’un système magmatique granitique. Pendant la cristallisation du magma, de nombreux éléments sont progressivement incorporés dans les minéraux qui se forment en premier.
D’autres éléments demeurent préférentiellement dans le liquide résiduel.
Le lithium, le césium, le tantale, le béryllium, le bore, le phosphore et le fluor peuvent ainsi devenir fortement concentrés pendant les étapes les plus avancées de l’évolution magmatique.
Lorsque les concentrations deviennent suffisantes et que les conditions chimiques sont appropriées, des minéraux rares commencent à cristalliser.
Pegmatites lithinifères
Dans les pegmatites riches en lithium, l’amblygonite peut être associée à plusieurs minéraux caractéristiques, notamment :
le spodumène;
la lépidolite;
la pétalite;
la tourmaline;
l’apatite;
la triphylite-lithiophilite;
le quartz;
l’albite;
le microcline;
la pollucite;
et différents minéraux de tantale et de niobium.
L’amblygonite n’est toutefois pas présente dans toutes les pegmatites contenant du lithium.
La disponibilité du phosphore et du fluor influence fortement sa capacité à cristalliser.
Le rôle du phosphore et du fluor
Une pegmatite peut être extrêmement riche en lithium tout en étant dominée par le spodumène ou la pétalite.
Pour que l’amblygonite se développe en quantité importante, le système doit également contenir suffisamment de phosphore.
La disponibilité du fluor et de l’eau influence ensuite la composition de la série amblygonite-montebrasite.
Un milieu relativement riche en fluor favorisera une composition plus proche de l’amblygonite, tandis qu’une proportion croissante d’OH conduit vers la montebrasite.
Greisens et veines à étain
L’amblygonite est surtout caractéristique des pegmatites, mais elle est également documentée dans certains granites spécialisés, greisens et veines hydrothermales de haute température liées à l’étain.
Ces environnements possèdent eux aussi une forte concentration en éléments incompatibles et volatils.
Où trouve-t-on l’amblygonite dans le monde?
L’amblygonite est connue dans plusieurs grands districts de pegmatites granitiques riches en lithium.
Elle demeure cependant moins commune que des minéraux comme le quartz, les feldspaths ou le spodumène.
Allemagne
La localité type de l’amblygonite se trouve à Chursdorf, en Saxe, en Allemagne.
C’est à partir de matériel provenant de cette région que l’espèce a été décrite au début du XIXe siècle.
Brésil
Le Brésil constitue l’une des provenances les plus importantes pour les amblygonites de collection et les pierres pouvant atteindre une qualité gemme.
Les pegmatites de Minas Gerais sont particulièrement célèbres pour leur grande diversité de minéraux de lithium.
Des spécimens transparents ou translucides peuvent présenter des couleurs très pâles allant de l’incolore au jaune, au vert ou au rose.
Du matériel facetable provenant du Brésil est connu sur le marché gemmologique.
États-Unis
Plusieurs districts américains possèdent des pegmatites contenant des minéraux de la série amblygonite-montebrasite.
Le Maine est particulièrement connu pour ses pegmatites complexes riches en lithium, béryllium et bore.
Le Dakota du Sud, notamment les célèbres pegmatites des Black Hills, possède également des associations de phosphates de lithium particulièrement diversifiées.
Afghanistan
Les pegmatites du Nuristan et du Badakhshan en Afghanistan sont connues pour une grande diversité de minéraux rares, notamment des espèces contenant du lithium.
L’amblygonite est documentée dans plusieurs champs de pegmatites de ces régions.
Myanmar
Du matériel transparent pouvant être utilisé comme gemme est également documenté au Myanmar.
Certaines amblygonites provenant de la région de Mogok ont été facettées et étudiées gemmologiquement.
Chine
Différentes pegmatites riches en lithium de Chine contiennent également de l’amblygonite.
Le minéral est notamment documenté dans plusieurs systèmes pegmatitiques des provinces de Fujian, Jiangxi et Xinjiang.
Canada
L’amblygonite est bien documentée au Canada, particulièrement dans certaines pegmatites du Manitoba, des Territoires du Nord-Ouest, de la Colombie-Britannique et de l’Ontario.
Le célèbre district de Bernic Lake au Manitoba, qui comprend notamment la mine Tanco, possède une minéralogie de pegmatite extrêmement complexe comportant de nombreux minéraux de lithium.
L’amblygonite au Québec
Le Québec possède d’importants champs de pegmatites granitiques enrichies en lithium, notamment en Abitibi-Témiscamingue et dans le nord de la province.
Le secteur de Preissac–La Corne, entre autres, est connu depuis plusieurs décennies pour ses pegmatites à lithium, tantale et béryllium.
Les documents de Géologie Québec consacrés aux minéralisations en métaux rares incluent explicitement l’amblygonite-montebrasite parmi les minéraux susceptibles de porter le lithium dans les pegmatites granitiques québécoises fortement différenciées.
Ces systèmes peuvent également contenir du spodumène, de la pétalite, de la lépidolite, de la triphylite-lithiophilite, du béryl, de la columbite-tantalite et d’autres minéraux caractéristiques des pegmatites LCT.
Une identification qui demande de la prudence
Il faut cependant distinguer la présence de la série amblygonite-montebrasite dans le contexte géologique québécois d’une occurrence moderne et précisément caractérisée d’amblygonite pure riche en fluor.
Cette prudence est particulièrement importante avec les anciennes mentions minéralogiques.
Des travaux historiques réalisés sur certaines pegmatites québécoises ont montré que des masses blanches soupçonnées sur le terrain d’être de l’amblygonite pouvaient finalement correspondre à du feldspath après analyse.
La situation est également compliquée par la proximité entre l’amblygonite et la montebrasite : sans analyse chimique permettant d’évaluer le rapport F/OH, un échantillon de la série peut facilement être attribué à la mauvaise espèce.
Le Québec constitue donc clairement un territoire favorable aux phosphates de lithium associés aux pegmatites, mais une provenance précise annoncée comme « amblygonite du Québec » mérite idéalement d’être accompagnée d’une identification minéralogique fiable.
À quoi ressemble une amblygonite naturelle?
Une amblygonite naturelle n’a généralement pas l’apparence spectaculaire que son nom peut laisser imaginer.
La forme la plus courante est une masse blanche à blanc grisâtre, parfois légèrement beige, présentant plusieurs surfaces de clivage.
Son aspect peut être vitreux, légèrement gras ou nacré.
Dans une pegmatite, une masse d’amblygonite blanche entourée de quartz, d’albite et de feldspath potassique peut être particulièrement difficile à reconnaître sans mesures supplémentaires.
Cristaux
Les cristaux peuvent être équants, trapus ou prismatiques courts.
Des cristaux et masses de dimensions importantes sont possibles dans certaines pegmatites, où les conditions de cristallisation permettent la croissance de minéraux exceptionnellement gros.
Les cristaux parfaitement formés et isolés demeurent cependant beaucoup moins courants.
Amblygonite transparente
Les spécimens de qualité gemme représentent une fraction beaucoup plus rare du matériel naturel.
Ils peuvent être incolores, jaunes très pâles, légèrement verts ou présenter d’autres nuances délicates.
Une fois facettée, l’amblygonite possède un éclat vitreux et peut produire une pierre lumineuse, mais sa brillance demeure plus modérée que celle de gemmes possédant un indice de réfraction beaucoup plus élevé.
Comment identifier l’amblygonite?
La couleur seule ne permet pas d’identifier l’amblygonite.
Une masse blanche provenant d’une pegmatite pourrait également correspondre à de l’albite, du microcline, du spodumène, de la pétalite ou même certains phosphates.
Une identification fiable repose donc sur plusieurs propriétés complémentaires.
Densité
La densité constitue l’un des indices les plus utiles.
L’amblygonite possède généralement une densité d’environ 3,04 à 3,11.
Elle est donc sensiblement plus dense que les feldspaths les plus courants.
Une albite de même volume semblera généralement plus légère.
Dureté
Sa dureté de 5,5 à 6 est inférieure à celle du quartz.
Le quartz peut donc rayer l’amblygonite.
Un test de dureté ne devrait toutefois jamais être effectué sur une pierre gemme, un cristal esthétique ou une surface que l’on souhaite conserver intacte.
Clivage
Le clivage parfait constitue également un caractère important.
Les cassures peuvent produire des surfaces relativement planes et répétitives.
L’angle entre certaines directions de clivage a d’ailleurs contribué au nom même du minéral.
Indice de réfraction
Pour une pierre transparente, les indices de réfraction autour de 1,58 à 1,61 constituent des informations particulièrement utiles.
Les valeurs varient notamment en fonction de la composition dans la série amblygonite-montebrasite.
Distinction avec la montebrasite
Il s’agit probablement de la distinction la plus délicate.
L’apparence, la dureté, la densité et plusieurs propriétés optiques des deux espèces se chevauchent largement.
La différence fondamentale repose sur le rapport entre :
fluor F
et
hydroxyle OH
Une analyse chimique ou spectroscopique représente donc la méthode la plus fiable.
Spectroscopie Raman et diffraction des rayons X
La spectroscopie Raman peut être particulièrement utile pour étudier les minéraux de la série amblygonite-montebrasite.
Les caractéristiques de certains pics spectraux évoluent avec le rapport entre fluor et hydroxyle.
La diffraction des rayons X et les analyses chimiques peuvent également contribuer à confirmer l’identification.
Amblygonite naturelle, synthétique et traitements
La grande majorité des amblygonites rencontrées dans les collections minéralogiques ou sur le marché des gemmes proviennent de cristaux naturels formés dans des pegmatites.
Des matériaux de composition apparentée peuvent être produits artificiellement pour des recherches scientifiques portant notamment sur la structure et les propriétés des phosphates de lithium.
Une production commerciale importante d’amblygonite synthétique destinée à imiter les pierres gemmes naturelles n’est toutefois pas couramment rencontrée sur le marché.
Traitements
L’amblygonite n’est pas une pierre connue pour subir systématiquement des traitements commerciaux comme le sont certaines autres gemmes.
Des expériences ont toutefois montré que l’irradiation peut modifier la couleur de certains matériaux, notamment en faisant apparaître des teintes jaune verdâtre dans du matériel initialement incolore. Un chauffage peut ensuite modifier ou inverser certains de ces changements.
Cela ne signifie pas que les amblygonites jaunes rencontrées sur le marché sont normalement irradiées. La couleur naturelle existe et les traitements de l’amblygonite restent nettement moins répandus que ceux appliqués au corindon, au quartz ou à certaines topazes.
Pour une pierre importante, un rapport gemmologique demeure la meilleure méthode pour documenter son identité et, lorsque cela est possible, détecter d’éventuelles modifications.
Amblygonite, montebrasite, spodumène, albite ou pétalite?
Plusieurs minéraux associés aux pegmatites peuvent présenter une apparence blanche ou très pâle ressemblant à celle de l’amblygonite.
| Propriété | Amblygonite | Montebrasite | Spodumène | Albite | Pétalite |
|---|---|---|---|---|---|
| Formule idéale | LiAl(PO₄)F | LiAl(PO₄)(OH) | LiAlSi₂O₆ | NaAlSi₃O₈ | LiAlSi₄O₁₀ |
| Classe | Phosphate | Phosphate | Silicate | Silicate | Silicate |
| Système cristallin | Triclinique | Triclinique | Monoclinique | Triclinique | Monoclinique |
| Dureté Mohs | 5,5–6 | 5,5–6 | 6,5–7 | 6–6,5 | 6–6,5 |
| Densité approximative | 3,04–3,11 | Environ 3,0 | Environ 3,1–3,2 | Environ 2,6 | Environ 2,4 |
| Clivage | Parfait | Parfait | Parfait | Très bon | Parfait |
| Éclat | Vitreux à nacré | Vitreux à nacré | Vitreux | Vitreux à nacré | Vitreux à nacré |
| Élément caractéristique | Fluor dominant sur OH | OH dominant sur F | Lithium dans un pyroxène | Sodium | Très faible densité |
| Distinction principale | Analyse F/OH utile | Analyse F/OH utile | Plus dure | Nettement moins dense | Nettement moins dense |
La montebrasite représente de loin la confusion la plus importante. Une simple photographie ne permet généralement pas de distinguer les deux avec certitude.
Le spodumène possède une densité comparable, mais sa dureté est légèrement supérieure et sa structure cristalline est différente.
L’albite est souvent très similaire visuellement lorsqu’elle est blanche, mais sa densité beaucoup plus faible fournit un indice utile.
La pétalite est encore plus légère, avec une densité voisine de 2,4 seulement.
Qualité, rareté et valeur de l’amblygonite
L’amblygonite n’est pas l’un des minéraux les plus communs des pegmatites, mais elle n’est pas nécessairement extrêmement rare sous forme massive.
La situation change fortement lorsque l’on recherche du matériel transparent de qualité gemme.
Les cristaux suffisamment limpides, peu fracturés et possédant une couleur intéressante sont beaucoup moins fréquents.
Transparence
Pour une amblygonite destinée au facettage, la transparence constitue l’un des critères les plus importants.
Les fractures internes et les plans de clivage peuvent compliquer considérablement la taille.
Un morceau de brut relativement volumineux peut ainsi produire une pierre taillée beaucoup plus petite que prévu.
Couleur
Les tons jaunes pâles sont probablement parmi les couleurs gemmes les mieux connues de la série amblygonite-montebrasite.
Les spécimens incolores, verts pâles, rosés ou exceptionnellement bleutés peuvent également intéresser les collectionneurs.
La composition exacte doit cependant être prise en compte avant d’attribuer une pierre inhabituelle à l’amblygonite.
Cristaux de collection
Pour un spécimen minéralogique, la valeur dépend de critères différents.
Un cristal bien individualisé, présentant des faces naturelles distinctes, une bonne couleur, une provenance recherchée et une association esthétique avec d’autres minéraux peut être beaucoup plus intéressant qu’une simple masse massive de même poids.
Les spécimens provenant de localités historiques ou classiques peuvent également présenter un intérêt supplémentaire.
Importance de l’identification
La distinction avec la montebrasite peut influencer considérablement l’intérêt scientifique ou minéralogique d’un spécimen.
Une ancienne étiquette indiquant « amblygonite » ne constitue pas toujours une preuve suffisante.
Pour les spécimens importants, une analyse moderne peut révéler que le matériau appartient plutôt à la montebrasite ou se situe très près de la limite entre les deux espèces.
Utilisation en joaillerie et entretien
Les amblygonites suffisamment transparentes peuvent être facettées et utilisées comme pierres gemmes.
Elles demeurent toutefois beaucoup moins courantes en joaillerie que le quartz, la topaze, le béryl ou le corindon.
La principale difficulté vient de leur combinaison d’une dureté relativement faible de 5,5 à 6 et d’un clivage parfait.
Une amblygonite peut donc être rayée plus facilement que de nombreuses pierres utilisées quotidiennement et risque également de se fendre sous l’effet d’un choc orienté suivant un plan de clivage.
Quels bijoux conviennent le mieux?
Les pendentifs, broches et boucles d’oreilles représentent généralement des utilisations plus prudentes que les bagues portées quotidiennement.
Une bague expose directement la pierre aux surfaces dures, aux chocs et à l’abrasion.
Lorsqu’une amblygonite est montée en bague, un sertissage protégeant suffisamment les arêtes et les angles réduit les risques de dommages.
Nettoyage
La méthode la plus prudente consiste à utiliser :
de l’eau tiède;
un savon doux;
un chiffon ou une brosse très souple.
Il est préférable d’éviter les produits chimiques agressifs ainsi que les changements brusques de température.
Les nettoyeurs à ultrasons et à vapeur ne constituent pas le premier choix pour une pierre possédant un clivage aussi développé, particulièrement si elle présente déjà des fissures ou des inclusions atteignant la surface.
L’amblygonite est ainsi davantage une pierre de collection ou une gemme destinée à des bijoux portés avec précaution qu’une pierre conçue pour supporter quotidiennement des chocs importants. Son intérêt repose surtout sur sa minéralogie particulière, sa richesse en lithium, sa relation étroite avec les pegmatites évoluées et la rareté des cristaux suffisamment transparents pour être transformés en véritables gemmes.